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Le Tchimbe du Bourrin, (1), (2), (3),
(4)
Le Tchimbe de la Langouste
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Yo l'Zoo et la Net-team!
Je me suis fait une de ces ballade ! je vous dis que ça ! faut que je vous raconte ?
Bon? mais je vais faire un petit rembobinage du film?
Fin décembre : je me fais une rupture du neurone droit, si si !
Le seul que j'avais d'à peu prés intact? koike? bref, j'ai pas mal de Miles
Air France (point collector) , suffisamment
pour avoir deux billets d'avion AR n'importe où. Curieuse coïnci
dence, je réalise ça en feuilletant Endurance Book fraichement sorti en kiosque q
uand je tombe sur la pub du Tchimbe raid ! (j'en rêve depuis 4ans?) Sboiiiinnng
? (bruit d'explosion neuronale), je dis à Biopuce tu sais que vas courir le Tchimbe ?
Elle : ah bon ? (Sourire jusqu'aux yeux tt de même)? et hop dans la semaine
toutes les résa sont faites ! :-)))
Seulement Biopuce ne peux plus venir? cause de thése? pfffff
fff?. Un dossard perdu? Un Bourrin seul?
Diing? idée lumineuse : je poste de partout (FRSC, ultrafond, zoo, net-team)
pour proposer le billet et le dossard, une réponse, je m'empresse d'aller au comptoir
Air France effectuer le changement de billet : Schkronch? un billet prime
est nominatif et non échangeable ! Déception ! De moi et du candidat ! Je reçois peu
après un mail : moi je veux, moi je veux !!! je lui explique que non c'est pas
possible, le gars me fait Moinenarienapéter, j'ai plein de Milles AF alors
j'arrive !
Je suis mort de rire, il a pété une durite ! il est fou ! un gars qui
avait l'air si gentil !
Le lendemain il me recontacte : c'est bon j'ai mon billet je viens!
Entre temps, appel aux organisateurs du Tchimbe pour faire le transfert
de dossard, super sympa ca ne leur pose pas de probléme ! génial !
Me voilà donc arriver qq jours plus tard en Martinique? wouah
? il fait beau et chaud ! j'ai quitté la grisaille ! Arf de chez arfinet? Seulement il
va falloir
s'acclimater au plus vite je décide donc dés le lendemain matin de me faire une
petite sortie de 2h à la fraiche dans les bois du Nord à Anse Couleuvre
? il fait tout de même 27° à 6h30 :-))) j'ai uniquement marché très vite pa
s souhaité courir à une semaine de LA course, suivi naturellement d'une
baignade.
Deux jours plus tard mon acolyte inconnu arrive? tin tiiinnnn?
tin tiiinnnn? j'ai oublié de prendre mon célébre béret? mais impossible de le rater
avec ses palmes immenses, ben oui il n'y a pas que la course à pied dans
la vie! :-)))
Acclimation obligatoire pour lui aussi le lendemain matin? on reconnaît
un bout du parcours de Fonds St denis à mi-pente de Morne Piquet. Ben ca
promet à descendre ce truc ! c'est dingue il y a des cordes pour s'agripper
tellement c'est raide ! avec la fatigue ca va être coton. On rigole moyen tout
de même!
On tuera le temps le lendemain en allant pécher une langouste
à la main?
enfin c'est Olivier qui la chopera au vol et qui du coup devient la Langouste du
Zoo ! On s'amusera encore une bonne heure à tenter d'attraper ses deux soeurs
dans l'épave à 1m20 de fond environ?
en plein soleil? Détail ayant énormément d'importance pour la suite : 3h
sous le plus terrible des soleil de 11h30 à 14h30? pas de chapeau? juste créme
solaire costaud? mais costaud aussi les coups de soleil dans le dos, la tronche?
Ca c'est pas malin ! à deux jours de la course la surchauffe et la fatigue due à
un coup de soleil, mais quel c@n ! c'est pas vrai !
On en avait parlé avant de faire gaffe, de gnagna? Trop tard !
on passera deux jours à se biafiner les rougeurs ! En attendant elle était bonne
cette langouste tout de même :-))))
Heureusement encore qu'il fallait retirer les dossards à 16h sinon on
aurait fini plus cuit qu'elle.
Retrait des dossards:
La pression monte? monte? je regarde le parcours et demande
à une des organisatrices pourquoi on ira pas jusqu'au sommet de la Pelée ?
Trop dangereux
de nuit et surtout il n'y a qu'un seul chemin très étroit pas de possibilité de
faire une boucle ! Ah ? je suis un peu déçu? Je dirais plus tard à
la Langouste (Olivier), que je serais bien tenté de le faire tout de même ce sommet
si je suis en état? pfffff quel prétentieux, je fais ! J'ai le dossard 119
et la Langouste le 118.
La veille de la course, préparatif des sac, je fais mes petits sacs
ziploc de poudre énergétique environ 80gr/sac ce qui devrait me permettre de
tenir un peu plus de 15h en tenant compte des ravitos organisations je devrais
avoir de quoi tenir un peu plsu de 16h? mais pas plus comme c'est mon objectif
ca tombe bien et comme j'ai plus de poudre j'ai pas le choix ! je prends aussi
7 barres énergétiques et 3 gels coups de fouet. Pas besoin de plus après ca reste !
Matos:
Trousse pharmacie 1er secours
Frontale + pile rechange
Batons randos
Sac Lafuma 25L
Gants VTT
Une paire chaussettes rechange
Poche à eau 2L
Sifflet
Coupe vent
2 appareils photos jetables
Et je me mets au fourneau pour faire le superbe et magnifique gateau
énergétique qui servira de petit déj' pour le lendemain matin? gout
Ananas qu'il était écrit sur la boite? j'ai failli une fois de plus le faire un poil trop
cuire, il sentait un peu le roussi il me semble, non ? Pour me rattraper je fais une
Pasta-party en faisant une petite bolognaise maison avec les moyens du bord, y
pô eu de rab' ! :-)))))
Samedi 3 Mai 2003
Enfin ce jour tant attendu arrive, à 3h30 les trois réveils sonnent? oui
trois, on avait un peu peur de se rater? non c'est pas vrai on était pas stressé !
Dix minutes plus tard on est déjà en tenue de combat à machouiller
de cet excellent gateau? gloup? la premiére bouchée est passée? ggggll
loooouuup la deux'? aïe? c'est pas gagné pour se goinfrer une moitié de cet
étouffe chrétien? en se forçant beaucoup mais vraiment, hein? re-gggggllllouuuuppp? vit
e jus de fruit? j'entends encore le truc faire pppssscchhhhhhh dans le ventre que
même une miette elle aura pas pu tenir en plus ! ah pour se sentir calé là on le sent
bien calé le truc? si si? justement la Langouste me fait la même remarque en
frimant et tentant l'exploit d'une quatriéme bouchée? petit joueur il a pô pu !
on file dans la voiture et hop direction Fort de France l'Hotel du conseil
de région.
Accueil hyper chaleureux.
Si on le souhaite il y a du café, jus de fruit bananes, gateau etc? oui ?
non, on ne souhaite pas ! Merci c'est très gentil? Non non on peut pas
vraiment pas? même dans l'autre sens y ressortirait pas non plus le gateau truc
de toute façon!
On met dans le sac étiquetté à nos noms ce qu'on laissera aux
organisateurs notre change qui sera transporté à St Pierre.
Et on attend dehors sur la ligne de départ? puis vous aussi pour la suite !
Tchô les p'tits poulets ! A plus pour la suite !
Donc nous sommes sur la ligne d'arrivée… je réalise que nous sommes avec la premiére ligne !
Grosse frayeur ! je dis à la Langouste que je file à l'arriére avant de me faire piétiner
au coup de starter… :-)))) 05h00.
5… 4… 3… 2… 1… ca commence à partir et … 2 secondes plus tard PAN… :-)))
je mets en route l'altimétre/chrono (je vous ferais le détail du relevé plus tard)
on pars doucement en trottinant. Pour une fois pas j'ai pas vu de fou partir en sprint,
mais bon 4000m de D+ ca calme quand même !
Etape 1: Conseil régional – Absalon 10.457 km / 426m D+
Mais aussi premiére barriére horaire à 07h30. Donc nous trottinons joyeusement avec la Langouste,
mais cela fait à peine trois minutes que nous sommes partis, qu'il fait déjà un arrêt technique…
ben il est pas arrivé si il pisse toutes les trois minutes comme ca ! :-)))
On traverse Fort de France, Schoelcher dans la fraicheur matinale (27°) et on prend
une route avec quelques petites côtes, descentes histoire de s'échauffer et d'étirer le peloton.
Super bonne ambiance dans le peloton, on se parle très facilement et dans une super bonne humeur !
J'adore ça ! avant le passage dans le tunnel pour emprunter le début du parcours de santé dans
la ravine, plein de spectateurs sont posté et nous encourage… il y a un gars qui souffle dans
un énorme coquillage (conque ?), je fais demi-tour dégaine le jetable et le prends en photo !
J'ai les pieds qui commence à chauffer comme d'hab' sur le bitume… enfin on quitte le bitume
pour attaquer enfin un sentier large puis la premiére côte… mais pas de prbl, ca passe tranquille
avec la Langouste on commence à se dire qu'on est au même rythme et qu'on va finir main dans
la main si ca continue ! Quel régal que de courir dans cette forêt ! Je vis enfin mon rêve,
je commence à prendre mon pied. Fin de la premiére côte, et arrivée à la fin de cette étape
de mise en jambe en 1h20. Je ne fais pas encore de calcul car dans l'étape qui vient le monstre
Dumauzé nous attends…
Je prends un verre, rempli ma casquette d'un autre verre d'eau et hop sur la tête… en plus du dénivellé,
l'autre ennemi sera la chaleur. Je refais le plein d'eau (0.8L) du Camel back mais je ne rajoute pas de
poudre énergétique car j'ai trouvé le dosage trop sucré. Pourtant j'ai respecté le dosage
"constructeur" 50gr/l ce qui donne une osmolarité de 300 mol. Je prends un morceau de banane
séchée et je repars en serrant la pince de la Langouste car maintenant c'est chacun sa course… il est 6h35..
Etape 2: Absalon – Morne modeste.
Les chose sérieuses commence ! on est sur un petit sentier étroit ou on peut pas doubler, mais c'est pas
plus mal pour l'instant, ca permet de continuer à monter en température tranquillement, le temps que
toutes les petites douleurs des 3 premiéres heures passent. Mon petit coup de pompe habituel des 2
heures arrive, je prend une barre, bois un petit coup en plus et fais un premier point : tout va bien,
quaisment aucune douleur mes vielles Trabucco me vont très bien aux petons. En effet à 3 semaines plus
tôt j'ai décidé de ne pas prendre les North Face: Ultra 100, car j'ai toujours des problémes avec le
pied droit : ampoules voute plantaire, sensations moyenne en stabilité, accroche et appui technique.
J'ai posé la question à coureur qui avait le même modèle : idem, Biopuce: idem ! J'ai juste mis des
semelles intérieures neuves. Oui Papy, je sais on mets pas du neuf un jour J, mais j'ai qd même fait
3 fois 2h avec, c'est bon ? :-)))
Je souffre pas de la chaleur, par contre ca commence à monter et sa ralenti devant et je me retourne…
Ben la Langouste… mais c'est extra ca ! on va vraiment finir ensemble !
Le paysage se dégage au fur et à mesure que l'on monte ! c'est absolument magnifique ! on est sur une
ligne de crête sous une voute de plantes tropicales et qui nous protége du soleil. Au travers on voit
le relief alentour, les ravines… fabuleux !
Je sors les batons, car ca commence à tirer sur les cuisses ! La langouste prend un léger coup de barre,
après quelques photos on se serre la louche encore une fois et on se re-sépare une fois de plus… snifff :-))))
Mais quand je parlais des choses sérieuses je pensais que ca allait être à se point ! Ici les traceurs
de sentiers sont des furieux ! Pour avancer de 20cm il faut en monter 80 ! C'est délire ce truc !
J'avais un peu de mal à le croire, quand je lisais sur divers articles que ca montait terrible et
par pallier de 80cm… de grosses cordes longent la crête et nous permettent de progresser… Tout va
bien mais je m'inquiéte sur les dégats que ca va provoquer en fin de journée… car l'effort est dur :
bras, jambes…
tout y passe ! j'ai raccourci les batons au max, et en les plantant dans la terre je m'en sors pas trop
mal, apparament mieux que ceux utilisent les cordes. Heureusement qu'il ne pleut pas sinon ca serait
la cata de chez cata, déjà qu'avec l'humidité ambiante ca glissouille un poil, car maintenant on est
orienté sous le vent… et comme chacun le sait l'air en s'élevant brutalement se trouve avec une pression
moindre et refroidi donc condense et fait un beau nuage :-))) ca s'appelle le Foehn… c'est beau hein ?
En attendant maintenant il pleut ! Donc ca glisouille encore plus ! par contre la végétation est
complétement différente ! des petites fleurs rouges sublime, des plantes un peu comme les rodhodindrons
mais plus gros, des petis arbres dont les racines passent par-dessus le sentier, faut se Aaaiiiee… baisser !
j'en ai reculé de 15cm., donc 60 plus bas… j'avais pas vu cela de racine ! faut passer à quattre pattes…
ses arbres aux racines comme ceux que l'on trouve dans les mangroves, sont couvert de mousses à
grandes filoches qui font goutte à goutte… je vous dis pas se que je me prends dans les mirettes !
j'avance en regardant sans arrêt de tout côté, mais je commence à le trouver un peu raide ce Dumauzé !
Il en finit jamais ! A chaque fois qu'il semble ne plus y avoir de sommet, c'est juste pour rire,
le temps d'aligner trois pas sans grimper plus de 20cm ! :-))) mais finalement enfin le sommet 1112m!
pour les 300 derniers métres on a grimpé de 300m ! Pas mal non ? j'avais prévu d'y faire une pause photo,
régalade de zoeil bourinesque, mais compte tenu des nuages et de la vue lmitée j'insiste pas et en plus
ce ferait bouchon ! En effet 10m plus loin c'est déjà la descente… Et comme je l'avais un peu crains
à l'identique de la montée : boue, et cordes sur le côté ! Pas vraiment mon trip cette descente, car
au vu du pourcentage de la pente, hors de question de faire le bourrin volant et je veux la finir cette
course alors corde à la main droite et je sautille comme je peux sans vraiment lacher la bête qui me crie
dans le neurone gauche (le défaillant) vas y mon gars éclate toi… allez… NON! Sale bête ! ca va me
flinguer les pattes ou la tête ! Je double quand même quelques concurrents, ca descend comme ca peut…
le plus souvent en crabe inversé ! :-)))
On fera souvent du yoyo sur cette ligne crête entre 900 et 1000m pour remonter au piton Lacroix à 1197m
dans les même conditions que précédemment… je me régale… du pur bonheur,. Une trouée dans les nuages…
J'en ai le souffle coupé ! On a une vue sur le Carbet (notre lieu de gite) absolument FA.BU.LEU.SE…
la mer, et ce paysage tourmenté par le volcan… pfff trop beau ! Dommage qu'il régne une sécheresse terrible
actuellement sur l'île ce qui ôte un peu à la richesse des couleurs… Je repars pour aller chercher
le morne Piquet à 1159m via des petites montagnes russes pas dégueu et sa terrible descente équipée aussi
de cordes. On se taquine un peu dans les descentes avec une nana… je lui colle aux basques, elle accélére !
ben c'est quoi que ca ? on voudrait-y pas me pourrir dans une descente ? moi le Bourrin aux sabots d'or ?
Je sais pas si c'est du à l'haleine fétide dans son dos, mais elle me laisse passer en me disant je vous sens
plus équilibriste que moi et j'ai eu un début de rupture du neurone gauche… j'ai
mis un peu les gaz… il n'y avait personne devant que je risquais d'embarquer avec moi en cas de chute…
on s'est régalé car elle m'a emboité le pas, quelque chose de meuh-meuh… (la descente de l'Imbu au Verdon
c'était fastoche à côté), puis j'ai doublé deux trois gars et on s'est plus revu… J'entends crier et applaudir
en bas… le ravito est proche ! Il y a des photographes, je léve le pied car ca ferait un peu tanche, si je me
prenais les pattes dans une racine maintenant… :-))) cris d'encouragement… vraiment c'est extra le monde
qui est là pour nous soutenir ! Je défais le sac, fais des étirements me ravitaille eau, coca, banane séchée,
refait le plein de la poche à eau 1,8L remet de la poudre et je n'attends pas plus car je sais pour l'avoir
reconnu que je suis à environ 1h20 de Fonds St Denis qui est la deuxiéme barriére horaire fixée à 13 et
je veux quitter ce point à 10h30, il est 9h ce qui me donnera le temps de faire une pause là-bas !
Vous aimez les feuilletons ? oui alors la suite bientôt ! :-)))
Donc je redécolle pour rejoindre Fonds St Denis
Morne Modeste - Fonds St Denis 4.8 kms / 166m D+
Total fait : 18 kms / 1589m D+
Restant: 40.425 kms / 2396m D+
Je léve tout de même un peu le pied histoire de récupérer de mon
défoulement? je sais c'est bête mais j'ai pô pu me retenir? mais je me suis
bien régalé ! :-))) et je suis venu pour cela et toc ! j'ai dégainé les
bâtons et j'adopte la marche style fondeur? en essayant surtout de ne pas me
laisser emporter par l'envie de trotter dans les descentes comme on l'avait
fait avec la Langouste lors de la reco !
[mode Langouste OFF]
hé? imaginez vous qu'il a essayé de me pourrir dans une des descentes un peu
technique, et je dois avouer qu'il a tout de même fallu que je m'énerve un
peu pour le lâcher !
[mode Langouste ON]
Donc je me bride, et connaissant un peu chaque coup de cul, je profite un
peu plus du paysage? cette voute de verdure verte parsemée de trouées
lumineuses, c'est qq chose ! un cathédrale de dame nature !
Je m'en suis collé plein les mirettes sur cette portion tout en essayant de
récupérer un maximum de mes aneries précédentes, arrive la riviére du Carbet
et son pont [dommage y a un pont :-))))] mais maintenant il va falloir
monter les quelques escaliers présents? La derniére fois on les avait déjà
particuliérement bien apprécié ! Je les ai tellement aimé que j'ai vraiment
pas eu envie de les refaire !
Maintenant route jusqu'au ravitaillement de Fonds St-denis. Comme je l'ai
décidé dans haute stratégie, sur bitume je marche, je compte environ 10'
pour arriver ce qui me ferait approximativement 1h-1h10 le tronçon? super !
pendant ce temps le bitume défile? tac-tac les batons? tac-tac? pffff? ca
castagne dur le soleil? je déplie mon arme secréte ! j'ai cousu un morceau
de tissu à la casquette pour la transformer en saharienne? et hop nuque et
oreille à l'ombre ! je regarde la montre? ouais ben ou il y a un lézard avec
les distances ou je m'endors et je rêve que j'avance ! je mettrais 1h20 pour
rallier Fonds St-Denis ! en ayant ramer pour faire environ 1,3kms? aïe?
petite sonnette d'alarme ! depuis quelque temps j'ai des gravillons qui me
gêne dans les chaussures? je vais pouvoir en profiter ! et je décide de
m'accorder 15' de pause ravito/étirements/papotage?
10h20 d'abord je bois, m'alimente: banane séchée, chips, cacahuétes, du
sucré, salé, sucré? je bois coca, eau? refais le plein du camel back, me
rafraichis la tête, le dos, et remplis la casquette d'eau, puis j'enléve mes
pompes et fais des étirements, durant cinq bonnes minutes mais tout en
douceur, très lentement je vide les chaussettes et les godasses, me
ré-équipe, je regarde la monte 10h33? je commence à repartir, quand? oh? mon
Bourrin t'as pas remercié les bénévoles ! hop demi tour, je sors l'appareil
photo: clic ! et je hurle mes remerciements? et m'en vais pour de bon, 10h35
pile poil dans mon timing à 5' prés ! je repars tout content d'avoir presque
2h30 d'avance car je sais que c'est quasiment gagné car j'ai 7h25 pour faire
environ 18 kms et 1000m de D+ avant la prochaine barriére horaire? et le
premier tiers effectué en 5h35, même si le rythme baisse ca devrait le faire !
Je devrais pouvoir tenir peu ou prou mon objectif de 16h
Fonds St Denis ? Ste Cécile : 4,9 kms / 224m D+
Total Fait 22.8 kms / 1755m D+
Restant : 35.625 kms / 2230m D+
Je décide compte tenu de la chaleur qui ne cesse d'augmenter de ne plus
courir même en descente, j'ai un peu peur de la déshydratation? pour
l'instant la mécanique tourne bien, je n'ai pas eu de réel coup de pompe?
ouich? y grimpent dur leur escaliers pour aller à l'église et sortir du
village, pi y commence à faire chaud? j'augmente la prise d'eau? j'ai laissé
un dosage à environ 35-40 gr/L, car je trouve sucré? bizarre car d'habite
jusqu'à 70gr/L je n'ai pas de prbl, mais il fait moins chaud et je bois
moins? sinon les jambes sont ok, pas de douleurs, aucune raideurs, les
pieds? beuh? compte tenu que ce sont mes vieilles Asics je relativise? ca va ! :-)))
hormis un peu chatouillis à l'arriére de chaque talon? les
chaussettes sont trempées de sueur, la peau est pas mal humide aussi, alors
un Compeed sera inefficace, autant ignorer ces tracassseries? j'ai chaud !
Vivement le retour dans la forêt !
Elle arrive? ahhh? un peu de fraicheur et surtout du sentier ! petite
grimpette? mais dans l'allégresse d'avoir retrouvé de la verdure, au bout
d'un moement je redescends, passe dans une autre vallée, on est sur une
sorte de piste de coupe forestiére et je me dis tiens j'ai pô vu de
rubalise? et pi point d'autre chemin? je hausse les épaules continue? (ça
réfléchi vite un Bourrin) pi j'ai vu personne depuis un moment? hola mon
brave ! rajoute donc pas de la route inutilement ! je sors le road-book, la
boussole, si pourtant ca alors ok? j'hésite? tant pis je fais demi-tour?
re-réfléchi ben si c'est bien le col du Yang Ting que j'ai passé tout à
l'heure ! ouf? un coureur arrive? je remballe tout et lui emboite le pas ?
enfin presque car il court lui !
On arrive sur la route? tac- tac les bâtons? ca chauffe dur sur la tête du
Bourrin? je bois? aïe le ventre? j'ai l'impression de sentir l'eau descendre
dans les intestins? ca fait pas vraiment du bien? bof douleur passagére !
tac-tac? les pieds aussi chauffent? les talons surtout ! tac-tac? on est au
mileiu d'une banneraie, je regarde devant, je me marre tout seul : y vont qd
même pas nous faire prendre cette ligne de crête avec la p'tite colline de
taffiole qu'est la au fond ! je compte sur mes doigts (ca devient dur?) ben
si? wouarf? tac-tac? je suis heureux? je sais quelle va être ma motivation?
je l'ai trouvée depuis unpetit moment? ca m'inquiétais de pas trouver quel
allait être la petit étincelle qui ferait que la volonté tiendrait !
laissons ca tapis pour l'instant j'en ai pas besoin ! tac-tac? pfff ma qué
calor ! je bois? wouf? je suis plié en deux, les jambes qui se transforment
en coton? mince ! c'est quoi cette histoire? je continue? tac-tac? mais je
cogite dure ! je réveille le neurone droit et tire mes hypothéses :
-probléme de filtration ? le rognon qui me reste étale pas assez ? le
spécialiste avait que non de ce côté là pas de risque !
-coup de chaud ? bon ca c'est emballé mais maintenant que je marche
seulement, bon d'accord ca va vite, environ 8kms/h mais qd même !
-l'osmolarité de de la poudre ? je force encore le neurone à 50gr/l je suis
à 300mol, et mon dosage actuel est à 35-40gr/l donc 20% de moins si 20% de
moins de 800mml/h de capacité max. d'absorption par le systéme digestif? ben
je suis mal? car avec la chaleur ben j'ai pas vraiment le choix faut que je
boive?
Je devrais pas tarder çà arriver à Ste Cécile, je referais le point là-bas?
je commence la petite descente intérieure? celle qui nous envoie dans notre
bulle et nous fais avancer? je bois, ca va presque.. tac-tac... je reprends
de la piste, le ravito est à moins d'un kilo? tac-tac? Ste cécile ! toujours
dans les temps 1h15'. Je bois deux verresde coca, même pas mal au ventre !
je mange? mais j'arrête la banane séchée pour de la fraiche? de l'eau, dans
la casquette aussi je me mouille la tête, papotte et hop photo du ravito,
recharge mon camel et dose toujours à 35-40gr/l à cause du sucré que j'ai du
mal à supporter maintenant. Je préfére ne pas enlever les pompes pour
enlever les quelques minuscules gravillons car sitôt un enlever un autre le
remplace ! et puis je suis pas sur que je pourrais les remettre ! les
ampoules je commence à bien les sentir :-)))
Ste Cécile ? Ajoupa-Bouillon 13.8 kms / 854m D+
Total fait: 27,7 kms / 1979m D+
Restant : 30.725 kms / 2006m D+
Allez c'est reparti pour une superbe ligne de crête tout du moins vu d'ici !
:-))) je chanterais peut-être moins une fois là-haut ! En attendant c'est
encore de la bananeraie avec la chaleur? ça me fait nettement moins rire ça
! c'est vert, c'est beau? mais chaud ! Tac-tac? je commence à baisser la
tête et regarder un peu moins autour de moi? je bois? aïe? je ralentis la
cadence le temps que le coup de pompe associé à l'absorption passe, 5
minutes environ? et je réaligne? je me rappelle moins bien cette portion
hormis, un yoyo sans fin, de coup de cul, de descente rapides mais courte
avec des montées tout aussi nerveuse, on oscille entre 550 et 630m d'alt.
jusqu'au morne Jacob à 782m sur environ 4,5 ? 5kms j'ai bien aimé ce tronçon
usant car un peu plus frais à nouveau et la boisson passe mieux, mais je
bois un peu moins aussi du fait de la fraicheur relative ! :-))) je pense
vers les 28° et dans des panoramas absolument merveilleux, soit sur la pelée
soit la mer? je double quelques coureurs qui m'avaient lachement, que dis?je
traitreusement enfumé pendant ma faiblesse passagére? je m'extasie toujours
autant sur la végétation ! et puis il y a ces petits lézards vert tachetés
de rouges à peine effrayé par les coureurs, j'hésite souvent à les prendre
en photos, mais comme je me dis que le temps que je dégaine il sera parti,
je remets à chaque fois pour plus tard.
Morne jacob ! un point de contrôle? je fais une pose car la vue sur la Pelée
est splendide, le cône du volcan est pratiquement visible, je me fais
prendre en photo sous une fougére géante ! Le mal de ventre passe (euh, ben
voui il est revenu) alors je remets le sac, un des bénévoles me dit que
c'est tout la ligne de crête sur la gauche (morne la Piquonne) qui va nous
amener jusqu'à Ajoupa-bouillon? et hop c'est reparti, un poil glissouillante
la portion là, car on est à nouveau sous les alizées (le foehn, vous vous
rappelez ? de tte façon je re-explique pas), youps? un derriére de Bourrin
dans la boue? ah? je fatigue ! tac-tac.. c'est reparti ! mais en yo-yo ! et
la chaleur qui revient, comme ca descend, monte, fatalement le c?ur, il est
pas vraiment régulier, et j'ai un peu de mal à réguler, mais à lever le pied
aussi, sauf qd je bois, là c'est immédiat ! je marche tranquillos jusqu'à ce
que les jambes reviennent ! le truc qui me chauffe gentiment les talons ?
ho? j'y fait même plus gaffe? je commence la gamberge intérieure, les idées
qui défilent, les coups pompes qui vont qui viennent au fur et à mesure de
la prise de boisson toujours calée à 1 prise toutes les 10' et 12' si plus
frais? je n'ai pas de floc floc dans l'estomac, j'urine une fois par heure,
donc ca semble bien passer côté liquide ni trop ni pas assez? je suis dans
l'expectative? je sais pas vraiment ce qui m'arrive ni le pourquoi, je
prends un gel? il fera son effet qq minutes plus tard durant environ 1/4h
j'estime que ca vaut pas le coup de les gaspiller pour l'instant, j'ai
encore la Pelée à me farcir !
Je mer renferme encore un peu plus en moi-même? c'est toujours un moment
particulier ce renfermemant en soi? c'est là qu'on va chercher sa vrai
motivation, si on trouve bingo, rien ne nous arrêtera ! sinon clignotant à
droite et Stop? fini?
Des moments de rage, puis d'apaisement, de raisonnement? je suis venu me
prendre mon pid, alors ne gardons que le positif de la ballade? allez je
descends un peu plus loin encore? ouf? le ravitaillement pas vraiment prévu!
je ralentis le rythme du tac-tac? mon métronome? point de contrôle, je sens
que je pars.. vite je m'assois, mange du sucre rapide et bois vite du coca?
je reste 10 bonnes minutes assis? je ne me marre pas ! C'est la premiére
fois que ca m'arrive? j'ai suffisament d'avance sur l'horaire limite pour
attendre de me sentir bien pour reprendre? je me souviens avoir pas mal
manger et beaucoup bu, et surtout m'être aspergé d'eau, car la chaleur est
pas mal? au moins les 31° dans cette banneraie ! la nan premiére V1 arrive
Cécil Hend? me rappelle plus? je fais mes étirements (me suis remis debout
tranquillement, sans prbl), je marche un peu en rond à côté du PC, le coup
de barre est passé, hop je repars avec Cécil H. je dis un ou deux mot mais
j'ai pas vraiment envie de faire la causette? tac-tac.. il fait chaud? je
bois, bing ! je m'arrête que la douleur passe? tac-tac ca repart, arrive un
concurrent de ma gauche, il avait raté le chemin et a mis 1km pour réaliser
son erreur? y a pas que moi qui suis pas vaillant ! il se met à courir pour
rattraper son temps perdu? moi il y a un petit moement que j'ai décidé de ne
plus courir mais juste marcher le plus rapidement que je pourrais? tac-tac?
je reprends ma descente intérieure rythmée par le tac-tac des bâtons? je
suis bien, j'ai pas mal au pattes il n'y a que ce prbl de ventre, les talons
je les sens plus, je suis en train de recontruire mon monde intérieure :-)))
il est pas mal finalement ! il me plait bien, même? tac-tac? descente au
saut Babin? stop?. Demi-tour, j'étais sur la passerelle ! je sors l'appareil
photo cli-clac dans la boite ! une spectatrice attend son mari je lui
demande si elle peut me flashouiller sur la passerelle :-))))? merci ! je
repars? tac-tac? je bois? crac ! plié en deux, je monte péniblement, je
serre les dents et grimpe marche par marche? je re-bois? beuuuuhhh? je pose
mes fesses par-terre, plus de jambes ! je reste à nouveau 10' par-terre à
attendre que ca revienne? allez c'est bon t'y est presque ! il est 15h20
environ? je gravis les quelques marches qui me restaient avant la route?
tac-tac? je sens Ajoupa-Bouillon? le voyage intérieure est fini ! j'ai
trouvé ma motivation? pof ! une ampoule du talon gauche qui perce? oh, c'est
sympa comme sensation cette petite douceur qui vous envahit d'un coup?. Qq
minutes après je la sens plus qd re-plof? tient c'est la droite maintenant?
c'est marrant ca fait la même sensation de douce chaleur ! :-))) enfin
douce? façon de parler? mais du coup j'ai plus cette pression qui me gênait
un peu? de la musique? enfin Ajoupa-Bouillon ! des spectateurs qui
applaudissent, et encouragent d'un Tchimbe raid, je réponds Pa Molli, merci !
En créole Tchimbe signifie tient bon, et on se doit de répondre Pa molli !
enfin le ravito ! la barriére horaire ! OUAIS ! c'est quasi dans la poche !
je lache pas qd même le flux? au contraire un accés de rage ! j'y suis !
15h50 ! puis une grande joie? ohhhhh? j'ai les pattes qui foutent le camp?
vite une chaise ! je bois,bois, mange, bois mange sur mon propre ravito car
j'ose pas me lever, je me sens limite et j'ai pas envie de me faire arrêter
par un toubib, je suis pas pressé? qd je vosi la tête des autres je me dis
qu'est-ce qu'on est pas malin ! :-))) mais qu'est-ce que c'est bon d'être
c@n ! :-))) ca va mieux, ca doit juste être l'arrêt je discute avec les
bénévoles et les complimentent pour leur organisation, leur gentillesse et
la magie de leur pays, on rigole, je leur pose plein de questions sur les
plantes (j'ai oublié pas de trucs d'ailleurs?) je refais les niveaux liquide
et solide après 20' d'arrêt je me sens comme neuf ! :-))) je me prépare à
repartir qd arrive la Langouste ! Wouah ! la décence et le lieu public nous
a empécher de nous sauter au cou je crois ! et puis il était hors de
question de ternir la réputation du zoo, mais ce fut un grand instant de
joie que de se retrouver à se stade ensemble ! Lui aussi, se sent limite à
l'arrêt on s'assoit papote se congratule? fait état de souci, bref on est
content tout va bien ! photos ! on s'est remis debout? il est en train de se
regonfler la pile qq chose de bien ! je lui dis que pour ma part j'y vais
car je m'arrête 10' toutes les demi-heures donc ca va être long et il nous
reste environ 1h50 avant la nuit? j'aimerais pouvoir être en haut de la
Pelée pour faire une photo avant la nuit ! On se donne RDV sur la ligne
d'arrivée ! et pourquoi pas ensemble main dans la main ! chiche !
J'y vais tout de même? car on a quasi le même rythme
Fait 41.5 kms ! restant 16.925 et 1152m D+
Ajoupa-Bouillon - 1er refuge 8.225 kms / 1072m D+
Total fait: 41.5 kms / 2833m D+
Restant : 16.925 kms / 1152m D+
Remise en route, allez ca tire un peu? 30' d'arrêt c'est trop! Ouille
ouille, il faut se réhabituer aux ampoules, je me dis que ca doit pas être
joli joli sous les chaussettes ! :-))) je quitte enfin la route pour une
bonne descente à riviére falaise? je tombe en arrêt devant une espéce de
grande marche (presque 2m), j'hésite à dévaler en prenant appui sur ce que
je peux mais la zone d'atterrissage est plutôt encombrée de rocher, quand
j'avise une corde? descente style rappel? sans la fatigue je serais surement
passé sans mais là? après en discutant avec les organisateurs, ils nous
avoueront avoir hésité et une nan à juger plus prudent de la mettre, merci ! :-)))
Traversée de la riviére, sans se mouiller les p? non rien! Hein ? euh juste
un peu la patte droite qui a glisouillé? mouillée ? bof? si peu? :-)))
montée, toujours aussi peu raide? ma petite pause ventrou habituelle? avant
d'attaquer la route. Tac-tac-tac?
On longe des champ d'ananas, bon rythme mais toujours mal au bide, j'arrive
au ravitaillement avant d'attaquer vraiment la Pelée, contrôle de la
frontale fonctionnement et pile, je dois m'asseoir: léger tournis (encore),
je refais les pleins camel et barres puis je repars toujours alternance 30'
marche-5' pause.
Dans les champs qui bordent la route et les chemins il y a des vaches et
des veaux d'une maigreur incroyable? Ce sont des vaches du sud de l'ile qui
ont été transférées ici à cause de la sécheresse terrible qui régne
actuellement, merci les alizées (vous vous souvenez tjrs de l'effet Foehn ?)
Ca grimpe réguliérement et pas avec un dénivelé d'enfer, je tiens un bon
rythme mais plus de tac-tac dans l'herbe? à peine quelques bruits
d'insectes? boisson, mal au bide, ralentissement, ca repart ect?
De temps en temps je regarde en arriére pour admirer briévement le paysage
quand je me péte pas un câble ! je suis venu ici, aussi pour le paysage !
Alors je m'assois et contemple, je reste 15' à faire le bilan depuis l'année
derniére, et à la même période l'Euskal trail ensuite le GTC avec mes
angoisses concernant mes possibilités de continuer à courir et maintenant je
me dis que la chose la plus importante en fait c'est la vie et qu'il faut en
profiter un max. hop fin du ¼ d'heure sérieux du Bourrin ! :-))) le reste ne
concernant que moi. Je prends qq photos et je relance, je calcule que
j'arriverais pas au sommet avant la nuit? je serais trop court d'environ
30', dommage?
Je rattrape le chinois avec qui j'alterne les pauses un coup lui un coup moi
et deux martiniquais je les double quand un des deux martiniquais demande si
nous avons du Synthol, je réponds que non, et j'allonge un peu content de
doubler encore du monde, quand d'un coup je me mets une grande claque sur le
museau : ben mon Bourrin, qu'est-ce que c'est que ces maniéres ! on te
demande de l'aide et toi tu files ?
Euh? (les mains qui se tortillent, le regard sur les baskets pas fier) j'ai
pas bien compris la question, pi comme ca allait bien ben
j'avais pas envie de m'arrêter? et pi j'en ai qu'un
seul de petit sachet de gel Arnica. Pardon ? si j'en ai besoin pour
l'instant ? euh? oui oui j'attends qu'ils arrivent à ma hauteur? quelques
secondes plus tard, mes deux gars arrivent, si c'est pour des problémes
musculaires ou crampes j'ai un sachet d'arnica en gel, sinon un petit sachet
de gel de massage au choix? que je leur dis. Je déballe mon bardas sors ma
trousse pharma. et donne le sachet d'arnica et attends un peu avec eux, le
temps que son pote le masse.
Le gars se reléve apparament un peu soulagé,moi aussi :-)))
Je repars, la nuit tombe (j'apprendrais plus tard par la
Langouste qu'il les a doublé dans la descente)? depuis la fin de la route,
le chemin est jalonné de cyalume, cela nous fait un guide lumineux, c'est
super sympa car au fur et à mesure de l'obscurité qui tombe on découvre
notre trace, je regarde l'alti, toujours 600m/h de montée, alors que j'ai
l'impression de ramer à mort? certes c'est 200m de moins qu'en temps normal?
la végétation à changé pour une sorte de rhododendron, et la c'est la
féérie totale ! Walt disney y peut aller se rhabiller ! la pente est
couverte de lucioles virevoletantes ! par centaines et leur particularité
c'est d'être clignotantes ! c'est fabuleux, c'est noël? la montagne brille
de toutes ces lucioles, ajoutez à cela le sifflement des grenouilles (de
ttes petites grenouiles de la taille d'un ongle de pouce, mais au volume
sonore impressionnant), un sorte de Ffuuuiiiiittt, et une autre bestiole
mais là impossible de savoir quoi qui émet un sifflement à 5 tons comme la
soucoupe de rencontre du troisiéme type? c'est magique !
Non j'ai pas fumé la moquette ! z'aviez ka venir et toc!
J'attendrais d'être en haut du cratére pour mettre la frontale, on est dans
les nuages et toujours guidés par les cyalumes et derriére mon chinois quand
on apercoit enfin un cyalume sur une perche, donc on est au sommet ! OUAIS !
Encore un petit peu avant d'arriver au refuge ou est le PC. Et voilaaaaa?
19h30 ! je déballe la frontale et le coupe-vent, car le vent et l'humidité
des nuages ont bien rafraichi l'atmosphére. Je plaisante avec les deux
contrôleurs qui n'ont pas très chaud? si j'avais voulu aller tout en haut du
cône, c'est là que j'aurais du quitter le chemin de la course, mais vu mon
état de fraicheur? on va pas faire l'andouille et de nuit ca n'apporterait
rien sauf des ennuis à l'organisateur? donc je repars pour le refuge de
l'Aileron
1er refuge ? Saint Pierre 8.7 kms / 80m D+
Total fait: 49.725 kms / 3905m D+
Restant : 8.7 kms / 80m D+
Je sais pas pourquoi pour moi ce refuge était à qq centaines de métres et
sur la même courbe de niveau que le précédent. Tac-tac? avec la fraicheur,
le mal de ventre a quasi disparu et je bois moins aussi il faut dire, tiens
ca fait un petit moment que j'ai pas vu de cyalume mais il me semble pas
avoir raté de chemin non plus? je continue? toujours rien ! et M?e demi-tour
jusqu'au prochain cyalume? 10' de perdu? qd arrive un gars qui connaît le
secteur et me dis que c'est bon? Gnnnnaaaaahhhh? demi-tour, j'allonge encore
le rythme? une bonne descente, avec des planches plantées sur champs et qui
servent d'escaliers? moyen moyen? car avec l'humidité elles sont glissantes
et vu la déclivité avec la nuit et le brouillard c'est pas top top? j'ai
surtout peur qu'avec la fatigue je ne léve pas assez un pied, que j'accroche
et tomber sur ses planches sur tranche je sais pas pourquoi je le sens
plutôt moyen? je double qd même deux concurrents et je rattrape un gars qui
va pas mal mais qui souffre d'un genou? il a pas vraiment le moral, on
papotte, il veut arrêter au ravito du refuge de l'Aileron? j'essaye de le
convaincre de continuer car si prés du but, ce serait vraiment dommage, rien
à faire ! Il est d'ici, et préfére le refaire mieux préparé l'année
prochaine car il l'a déjà fait plusieurs fois? On arrive tout de même
ensemble au ravito.
Ravito de l'Aileron
Le gars décide d'arrêter, je tente vainement de le faire revenir sur sa
décision? deux autres coureurs sont arrêtés et déchaussés? épuisés, ils font
un break. Je m'arrête un peu, coca, eau, barres de céréales, bananes
fraiches et je repars? direction l'ARRIVEE? youpi ! mais la descente est
tout de même technique et bien raide ! un passage notamment environ 1m50 de
haut et à l'atterrissage peu de largeur d'appui? me jette ou me jette pas?
si je me rate je vais dévaler loin? je choisis de me jeter mais sur le côté
et de m'agripper aux plantes qui bordent le chemin en priant pour que leurs
racines soient solides, car apparemment je suis pas le premier à le faire?
ca passe ! :-)))) tac-tac? aïe? plus de cyalume? pas vraiment de chemin, une
sorte de champs? je descends en effectuant une sorte de cercle pour essayer
de voir si il y a un cyalume bingo un peu plus haut sur ma droite, il y a
des traces de pas, je les emboite tel le sioux moyen !
Il recommence à y avoir des cris d'insectes et autres animaux, surtout les
grenouilles siffleuses et des BéteAcinqTons, il y a des vaches aussi on
dirait, je continue cette descente que j'aime pas car pas assez pentue, trop
roulante et dans une sorte de truc sableux, que ca me rempli les godasses de
gravillons bien abrasif? mmmmhhhh un pur bonheur sur les ampoules explosées
et les petits norteils qui n'attendaient que cela aussi? mmmmhhh tiens il y
a des chévres aussi ? ben il y en a un sacré troupeau? euh? c'est bizarre on
dirait qu'il y en a même dans les arbres? je m'arrête, limite plié de rire?
C'est quoi ce bordel ? elles grimpent aux arbres les chévres ici ? je délire
? c'est la fatigue ? pas vraiment un bélement mais une multitude de mêê?
très bref? étonnant? j'apprendrais plus tard que ce sont des sortes de
criquet? je sors des nuages tac-tac? une piste sableuse avec de gros nid de
poules, pas terribles pour les chevilles, mais avec les batons ca va, j'ai
décidé de ne pas courir et tenté d'arriver à 21h ce qui me ferait mon
objectif c'est jouable? 1h15 encore environ? je bois enfin je tente? plus
d'eau ! ben? ah le c@n ! j'ai oublié de recharger le camel tout à l'heure !
alors je tiens le rythme rapide et hors de question de courir ! pas de prise
de risque avec ca? n'ayant pas de roue de secours en rognon, je joue pas
avec ! une heure et des poussiéres en marchant ca ira, mais pas en courrant
surtout avec la journée passée ! je dois tenir un rythme de 9km/h environ et
sans fatigue particuliére? alors hop? le bruit des bestioles en tout genre
devient assourdissant? une véritable cacophonie j'adore? on commence à voir
des lueurs de village? arf? ca sent la ligne d'arrivée? et au détour d'un
virage? sur la droite tout là-bas en bas ST PIERRE? je l'estime à encore
5kms? je m'arrête pour mettre le maillot du Tchimbe, car l'organisateur nous
a demandé de partir et d'arriver avec leur maillot pour honorer les sponsors
de l'épreuve car les inscriptions ne couvrent que 10% des frais? j'en
profite pour écouter le raffut des bestioles en tout genre? et en même temps
je me dis, heureusement que c'est pas la Guyane car je serais moins rassuré
à entendre le vacarme nocturne? y a pas de bêtes dangereuses ici, hormis les
serpents fer de lance? justement c'est pile poil leur heure? brrrrr? j'aime
pas ces trucs, je repars, tout beau comme un tracteur tout neuf? la lumiére
du stade? je double des coureurs qui me disent que j'ai l'air bien décidé !
je leur réponds que je commence à en avoir un peu ras la casquette !
tac-tac-tac? je maintiens une bonne allure. Rapide calcul, 20h55? je peux
encore y être pour 21h00 mais pas sur car j'ai un peu de mal à estimer la
distance? et? ben? pourquoi on va à gauche ? c'est tout droit le stade ?
Bon tant pis, c'est con j'arriverais à la bourre?. Pffffff? j'allonge encore
un peu plus, mais ca commence à tirer sur les adducteurs, et l'arriére des
cuisses tact-tac-tac? je double encore des coureurs, derniers instants de
solitude? et cette lumiére qui grandit? le stade? l'arrivée? boule d'émotion
qui commence à me nouer la gorge? tac-tac-tac? j'aime pas cette route en V
c'est plein de gros caillou et de feuilles de cannes à sucre entassées dans
le fond de la rigole, je me dis et si il y avait un fer de lance la-dessous?
:-))) ben y créverait enpoisonné si il me mordait? et crac? je me shoote un
gros caillou? argh? même pas mal! Koike? un peu? là juste au-dessus de
l'ongle du petit doigt de pied gauche?
Un espéce de courant d'air me renverse à moitié ! un coureur vient de me
pourrir à 400m de l'arrivée? m'enfin? je me marre? non j'irai pas le
chercher ! je pense que je pourrais car du côté des pattes ca va pas trop
mal? je lui laisse sa joie? :-)))) et puis p'têt que j'aurais pas pu? p'têt
que si? et puis je savoure trop ma ligne d'arrivée par avance? je me demande
ou est la Langouste? et si je l'attendais ! oui mais si il tarde trop ? et
puis je suis venu me faire MA course? alors je continue? la boule me noue de
plus en plus la gorge? un peu avant le stade, un gars avec un talky walky
communique mon numéro de dossard à l'arrivée, je rentre dans le stade, sous
les feux de la rampe ! les derniers métres, je prends mes batons d'une main
je vais pas abimer leur beau tartan tout de même? je continue à marcher
vite? je savoure? savoure, le speaker m'annonce, applaudissements, pffffff
quelle joie? je montre du doigt l'organisateur et léve le pouce pour lui
dire bravo? chapeau votre course? l'arche d'arrivée? top chrono ! 16h12' !
Je l'ai fait? youpie? je marche un peu pour pas arrêter brutalement d'un
coup, et une personne de l'organisation marche avec moi pour pas me laisser
seul et il ne me laisse pas arrêter non plus :-)))
J'entends pas annoncer l'arrivée du 118 ! mais c'est la Langouste? méga-top
super ! l'un derriére l'autre ! je fonce vers la ligne d'arrivée et
l'applaudit à tout rompre (oui, bon je seul à faire autant de bruit), on se
serre la paluche de joie et se tape dans le dos (y a du monde? tout de
même)? voilà fin d'un rêve? marqué à vie? il va me falloir un moment pour
redescendre de mon petit nuage?
Bilan:
Une course superbe, une organisation sans faille, sauf le manque de cyalume
entre les deux refuge sur la Pelée. Des ravitaillement bien placés, bien
approvisionnés, un accueil et une gentillesse des bénévoles? extraordinaire,
toute la chaleur des caraïbes?
Alors le parcours? pour l'instant c'est simple il devient LE meilleur? mon
plus beau? le plus dur, le plus exigeant physiquement et mentalement mais
incomparable de technicité et beauté?
Ne manquez pas la remise des prix le lendemain : superbe buffet accras et
autres spécialités créoles arrosé de jus fruit pour les plus timides ou de
rhum arrangés pour les autres?
Des organisateurs, heureux de satisfaire les coureurs?
Ah? juste un petit reproche : les douches froides ! Mais bon froid de la
Martinique ca se supporte? :-)))))
La course:
- Les kms sont des kms vol d'oiseau ! :-)))))) vous voyez le truc ?
re-calculé au moins 65kms paraitrait-il? certains disent plus?
-Les coups de soleil, n'ont surement pas été neutre quand à ma difficulté à
gérer les coups de chaleurs.
-Mes vieilles Trabucco? elles ont fait ce qu'elles ont pu? et très
honorablement, deux énormes ampoules explosées, une à chaque talon, une sous
le gros orteil droit et une autre un peu après. C'est la premiére fois que
j'ai des ampoules. J'ai fait une priére pour quatres ongles de doigts de
pieds (pouces et petits doigts) paix à leurs âmes. Questions tenues de route
toujours parfaites !
-ma gestion physique? je n'ai pas eu de crampes, pas de douleurs
musculaires, pas de réel coup de pompes? dommage? aurait pu mieux faire?
-ma gestion hydrique : un monumentale bourde ! au tout début du CR je vous
parle de l'osmolarité? avec un dosage à 50gr/l qui permet une absorption
maximal/horaire estomac/intestin du liquide d'environ pour l'homme un maxi
de 800ml/h. Je bois 7 litres de boisson énergétique et environ 5L de coca et
eau de source? soit 750ml/h mais sous-dosée en poudre énergétique pour avoir
une sensation de moins sucré, je diminue ma capacité d'absorption/transfert
dans le sang mais j'urine plus(faut bien évacuer), et toujours très clair.
Je crois être bien hydraté alors que c'est l'inverse qui se produit puisque
je dois retomber à 600ml/h et j'ai besoin de plus mécaniquement et pour
refroidir le corps (sudation) et en prime je nourris moins bien les muscles
CQFD? Si je raisonne plus loin, m'hydratant moins bien ma capacité de
recylage des déchets musculaire diminue, ces déchets doivent grossir et ils
vont ? ou ? dans le rognon? moins bien nourri le muscle il prend ou son
énergie ? en lui-même et ca lui fait produire encore plus de toxine et après
c'est le cercle vicieux. En relisant mes archives au trophée picard en fin
de journée j'ai eu le même type de douleur intestinale, mais aucune note
concernant mon dosage Hi-Tense bien que j'ai toujours toujours tendance à
diminuer le dosage en fin de journée alors que je ne devrais pas? Bien que
ca ne soit qu'une hypothése, sinon je vois pas quoi d'autre?
-courir en milieu de séjour: aussi une erreur, car il faut au moins 15 jours
pour vraiment commencer à être acclimater à la chaleur et on profite mieux
du séjour car la deuxiéme semaine 3 jours sans pouvoir marcher c'est pas
terrible ! talons à vif? j'ai quand même craqué le samedi suivant en allant
faire une rando de 5h dans les cascades du Nord de la Pelée? :-))))
je préconiserais la course en fin de séjour et rentrer à la maison pour
récupérer?
-la préparation: endurance, endurance et trois semaines (un mois avant le
jour J) à faire de la bosse en accélérant soit en descente soit en montée,
mais sur de courtes durée entre 10" et 45" maxi en fartlek, pas de sortie
supérieur à 2h, sauf le Trophée Picard mi-mars avec l'Electron.
-les batons : je suis vraiment content de les avoir pris, sans eux la
moyenne horaire aurait bien chuté ! et en marchant c'est terriblement
efficace. Moins évident en courrant.
-La Langouste : un digne représentant du zoo? sauf qu'il faut qu'il améliore
sa capacité à se tenir correctement lors des AAB à venir? :-))))) pour le
reste, pas de probléme
Maintenant repos 2 mois? et j'en ai besoin car depuis l'année derniére je
n'ai fait aucune coupure sérieuse, et faut pas que je tire trop sur la bête
si je veux l'emmener loin?
Par contre je viens de me réaliser un rêve extraordinaire, le prochain ?
j'ai plein d'idée mais pour l'instant je déguste celui-ci et j'en ai encore
pour un petit moment.
PS: 3 jours, après vous auriez vu la tête de la Langouste quand je lui ai
dit : tu viens te refaire pourrir de 3 minutes à l'ultra trail du Mont Blanc ?
(il a posté son inscription depuis, on se demande pourquoi)
L'Bourrin_heureux_tout_simplement
Bonjour à tous !
Lecteur occasionnel de fr.rec.sport.courir, je suis tombé par hasard sur
l'invitation au Tchimbé Raid postée par le Bourrin. Un coup d'oeil sur l'agenda: ...
une semaine libre ! Fébrilement, je tapote
sur le clavier pour chercher des infos sur cette
course que je ne connais que de nom. 65 Km, 4000m de D+ et surtout... à
la Martinique !!! Zboïng (c'est le bruit du câble neuronal surmoitesque qui lâche),
il était déjà trop tard. Cinq minutes
plus tard j'envoie ma candidature au Bourrin, le
lendemain je me précipite chez Air France pour réserver le vol.
Par respect pour les travailleurs de la grisaille qui me lisent
peut-être, je n'évoquerai ni le cadre paradisiaque, ni les
activités touristiques, plongeatoires et mangeatoires du séjour...
Passons tout de suite au vif du sujet: le parcours vu par la Langouste
dossard n°118.
Départ
Je n'avais jamais essayé de gloutir du gatosport (en fait un clone,
excellemment préparé par Le Bourrin, dont les talents
culinaires m'ont bluffé): après 3 bouchées, sensation de satiété
absolue. Je me force encore... effort de déglutition
énorme... glourps, c'est passé. Il a eu très envie de ressortir par où
il était entré pendant les 25 Km de virages entre le
gîte et Fort-de-France ! Peut-être que la ventrée de pastas sauce
bourrignaise de la veille y était aussi pour quelque chose.
Rassemblement dans le hall du Conseil Régional, un peu tendu. Tout le
monde se place derrière la ligne de départ, le Bourrin
et moi restons derrière pour éviter de partir sur un rythme trop rapide.
5...4...3...la moitié du peleton passe la ligne de
départ !...2...1... PAN ! C'est parti.
Premier ravitaillement: Fort de France - Absalon (10 Km, 426 m de D+)
Départ tranquille dans les premières lueurs de l'aube, soulagement
d'être enfin au pied du mur. Je fais pratiquement toute
l'étape en compagnie du Bourrin, malgré quelques arrêts urinatoires ou
photographiques. Nous faisons la distance en courant à
petite allure et en marchant dans les côtes en prévision de la montée
monstrueuse des Pitons du Carbet.. Je suis content,
tout va bien et je me sens bien motivé. Ravitaillement, eau et quelques
tronçons de bananes séchés.
Deuxième ravitaillement: Absalon - Morne Modeste (7.5 Km, 1163 m de D+)
Joli chemin en sous-bois, avec quelques bosses qui commencent à
sélectionner. Je rattrape le Bourrin qui avait pris de
l'avance au ravitaillement. "On est bien partis pour finir main dans la
main!" se dit-on en dépassant quelques
concurrents.... Une petite bosse plus longue que les précédentes. Le
paysage devient très beau, puis vraiment magnifique, ça
monte toujours dur mais je vais bien et suis toujours euphorique. Arrêts
photos, on s'extasie sur la végétation. Brutalement,
je sens que ça tire dans les mollets et que ça fait déjà un moment que
la petite côte dure. Imbécile ! Je suis rentré comme
un fou dans la plus grosse côte de la course, 600 m de D+ en 1 Km sur la
carte ! On arrive déjà dans les nuages, je laisse le
Bourrin passer devant et ralentis le rythme. Après une fin de montée
difficile (je profite des queues de 4 ou 5 coureurs aux
passages difficiles pour souffler un peu), j'atteins enfin le sommet du
Piton Dumauzé. Enchaînement immédiat dans une petite
descente boueuse glissante dans laquelle je me vautre deux fois, puis
remontée assez raide sur le Piton Lacroix, je me sens
mieux. La descente après le piton est aussi boueuse, je me gaufre encore
quelques fois, pour finir la teinture marron du
cuissard et du T-shirt. Crête sympathique dans les nuages puis descente
très raide du morne Piquet au morne Modeste. Je
préfère éviter les cordes sensées faciliter la descente, et descends "en
insecte": 2 pieds, 2 mains et 2 fesses en appui ! La
fin de la descente est pénible, l'accumulation des impacts fatigue les
jambes. De plus, des gravillons se glissent dans les
chaussures et commencent à attaquer les orteils... L'arrivée en bas est
un soulagement, un coup d'eau + coca au ravito, et
c'est reparti en marchant...
Troisième ravitaillement: Morne Modeste - Fonds Saint-Denis (4.8 Km, 166 m de D+)
...jusqu'à Fonds Saint-Denis, à part quelques tentatives de trottinement
dans les descentes. Les petits cailloux me
chatouillent les orteils mais je ne veux pas m'arrêter. Le dernier
kilomètre avant le ravito se fait sur une route où le
soleil cogne. Je me félicite d'avoir bricolé une saharienne sur la
casquette officielle de la course (une taie d'oreiller,
les ciseaux à ongles du Bourrin et quelques épingles à nourrice... Le
Bourrin a fait mieux en poussant le perfectionnisme
jusqu'à coudre soigneusement la sienne avec du fil assorti !). Je passe
10 minutes au ravito, bois plein de gobelets d'eau et
de coca, fais le plein de mes deux bouteilles de 1.25 L avec un fond de
coca + de l'eau et repars confiant.
Quatrième ravitaillement: Fonds Saint-Denis - Sainte-Cécile (4.9 Km, 224 m de D+)
Etape courte mais chaude, je recours et me sens mieux. A Sainte-Cécile,
je prends le temps d'enlever mes chaussure pour
extraire les petits cailloux et je complète le plein d'eau.
Cinquième ravitaillement: Sainte-Cécile - Ajoupa-Bouillon (13.8km, 854 m de D+)
Pourtant, ça commençait bien: montée régulière sous les arbres. Mais
après un certain temps, impossible de monter à une
vitesse convenable: plus de jus, la fréquence cardiaque s'emballe... Dès
que le terrain devient plat ou en descente, je
reprends un rythme normal, marche rapide ou course sans aucun problème.
Je me traîne comme un escargot dans toute la montée
du morne Jacob qui n'en finit pas, avec des redescentes et des
remontées. Dans une montée particulièrement rude, je désespère
et dois m'arrêter cinq minutes, boire beaucoup et manger un bon morceau
de pâte d'amandes pour pouvoir repartir. 30 mètres
plus loin je vois le coin de la tente du poste de contrôle du sommet !!!
J'y reste un petit moment et fais encore un petit
calul de moyenne horaire: Impossible de rejoindre Ajoupa-Bouillon avant
la limite horaire (18h) à cette vitesse !
Screugneugneu, ça ne se passera pas comme ça: c'est reparti et je décide
de me donner à fond dans les descentes puisque je
suis incapable de monter. La crête du Cournant se passe relativement
bien, enfin la descente du Bois Jourdan dans laquelle je
me régale, des arbres bien disposés permettent de slalomer en courant
dans un descente rapide. Arrivé en bas, les bénévoles
du ravitailement liquide m'indiquent qu'il ne reste que 6 Km avant
Ajoupa. C'est bon, je suis dans les temps. Pour fêter ça,
je marche comme un dératé dans la bananeraie qui me sépare de Saut
Babin une jolie cascade traversée par un petit pont. Les
200 marches qui remontent de l'autre côté sont difficiles à avaler,
mais je me motive bien en pensant que c'est la dernière
difficulté avant Ajoupa. J'arrive bien remonté à 16h au ravitaillement,
et qui vois-je ???? Alors, qui vois-je ??? Et oui, Le
Bourrin en personne, arrivé 10 minutes plus tôt !!! Alors ça, ça a fini
de me remonter le moral au top, on passe 10 minutes
irréelles ensemble, photos, serrage de mains et il repart déjà. Je finis
les 30 minutes que je me suis octroyé pour attaquer
en bonne condition l'ascension de la Montagne Pelée, et c'est reparti à
mon tour, avec dans le ventre une excellente soupe de
légume et l'impatience d'arriver au bout.
Sixième ravitaillement: Ajoupa-Bouillon - 1er refuge de la Montagne Pelée (8.2 Km, 1072m de D+)
La reprise se fait bien, mais je commence à avoir mal aux pieds. Après
le passage de la rivière Falaise, on emprunte une
petite route bétonnée qui monte interminablement. Au bout de cette route
commence un chemin de terre. Je décide de m'arrêter
un peu pour boire et grignoter un peu de pâte d'amande. Parti regonflé,
j'attaque avec hargne le premier virage... un
ravitaillement m'y attend !!! Tant pis, je mange encore pendant que les
organisateurs vérifient ma lampe frontale et fixent
un cyalume jaune à mon sac. La montée reprend, longue mais relativement
facile car les appuis sont bons, il est toujours
possible de poser le pied à plat. Je maintiens un rythme inespéré grâce
à un coureur meilleur que moi mais qui attend
régulièrement sa femme, plus lente. Il me sert de locomotive et nous
discutons un peu. A la tombée de la nuit, le cheminement
semble irréel, les cyalumes balisent une montée céleste sans fin,
jusqu'au dernier que j'atteins avec la nuit. Petite pause
pour sortir la frontale, que je prends à la main pour mieux voir le
relief du chemin sur le Plateau des Palmistes. Le
brouillard et la végétation spécifique rendent l'ambiance étrange, mais
je ne m'attarde pas, et, passé le point de contrôle
du deuxième refuge, je marche à vitesse maximum avec pour objectif
Saint-Pierre avant 21h30. La descente sur le refuge n°1
n'en finit pas, je ne l'avais pas bien estimée sur la carte. Des éclats
de voix, une lumière, quelques applaudissements (c'est bête mais ça fait
toujours plaisir!), j'y suis. Un verre de coca, un verre d'eau, une
banane et c'est reparti vers...
Arrivée: 1er refuge - Stade de Saint-Pierre (8.7 Km, 80m de D+)
Saint-Pierre ! Un petit passage pentu surprenant juste après le refuge,
puis une large piste qui descend doucement jusqu'à
l'arrivée. Les bruits de la nuit tropicale s'amplifient, la température
remonte au cours de la descente. Je marche aussi vite
que possible, en cherchant le déhanché de la marche sportive. Les pieds
commencent à chauffer mais je ne veux pas perdre du
temps pour vider les scrupules qui me rongent les orteils. Ca y est, les
lumières du stade m'éblouissent et je m'élance comme
un papillon attiré par une ampoule ! Mais il est encore loin, après 5
minutes de course trop rapide je remarche, d'autant
qu'il ne reste plus que quelques minutes avant 21h, je calcule dans tous
les sens, il me sera impossible de terminer en moins
de 16h. Tant pis, je me concentre alors sur les concurrents que
j'aperçois devant moi et me raccroche à cet objectif pour
finir: les passer avant l'arrivée. Je rattrape un groupe à moins d'un
kilomètre du stade, marche un peu avec eux puis
m'élance pour les derniers 500 m en courant. Je me sens léger, heureux,
presque prêt à sprinter. Mes pieds se font oublier,
j'accélère encore, l'arrivée sur le stade est magique, j'entends le
speaker qui annonce mon dossard puis mon nom, des
applaudissements, et me prends quelques secondes pour une star. Envie de
lever les bras pour passer la ligne (mais je me
retiens, il y a du monde !). Et après 16h16 de course, je tombe
devant.... Le Bourrin qui m'attendait derrière la ligne,
arrivé 3 minutes 38 secondes avant moi ! Une membre du staff me remet un
t-shirt de finisseur et une médaille.
Du mal à réaliser, grosse émotion, ... un tas de sentiments
difficilement descriptibles, une sorte de bonheur.
Merci aux organisateurs et aux bénévoles: c'était quasi parfait.
Grande reconnaissance au Bourrin et à la Biopuce...
En conclusion:
Ô Joie ! C'est quand le prochain ?
La Langouste