Le Mercantour 2003 par plusieurs zanimos
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Le suivi sur la liste
La photo des cyber-coureurs au départ
La première réaction de l'Electron
Premier bilan du Trailer
Le CR du Trailer Des Bois
Le CR de l'Electron
Le CR de la Linotte
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Le suivi sur la liste
Le Dino à 7h00 du matin
Salut les zanimos et les net-teamiens,

 Au cours de ma sortie matinale dans les montagnes au dessus de chez
moi j'ai appelé LTDB et L'électron.

Répondeurs dans les deux cas. Celui de l'électron indiquait qu'il
était en forme au moment du départ :-)).

Voilà c tout pour le moment.
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Le Homard à 9h00
Coucou,
J'ai tél à l'Electron, il disait sur sa messagerie être en forme au départ
et qu'il essaierait de donner des infos au 1er ravito soit vers (son
approximation 8h 8h30)
J'espère qu'ils n'auront pas la chaleur d'ici.
Le homard qui revient d'un petit tour très chaud
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Le Dino à 14h00
Salut les zanimos et les Net-teamiens,

Un petit point à 14h00 environ.

Je viens d'avoir LTDB au bout du fil...il souflait fort, à 2700 m
d'altitude..

"ça commence à tirer, il fait chaud, il reste un marathon à faire"
tels ont été ses mots.

Il m'a aussi annoncé que L'toutou allait probablement mettre le
clignotant au prochain ravito. Trop chaud.

L'électron est dérrière selon LTDB mais j'ai pas réussi à l'avoir au
bout du fil.

Ils ont chaud, ça doit être l'enfer cette vallée des merveilles...

L'dino
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Le Toro vers minuit
trouvé sur le site VO2

"340 coureurs ont osé prendre le départ à 4 heures du matin pour le Grand Raid du Mercantour
alors qu'il était annoncé des conditions climatiques extrêmes avec une implacable chaleur.

Avec le renoncement de Jacquerot et de Barthes, avec l'abandon de Jan Maniak et de Dominique Nugre,
la course s'en trouvait beaucoup plus ouverte.

Elle ne pouvait réussir qu'à des trailers très confirmés.

C'est le cas de Bruno Durand qui s'est aguerri sur les pentes de la Mandala Annapurna Trail.
Il remporte une superbe victoire dans le temps de 12h 37' 55" alors que l'on estimait le temps
du vainqueur en 10h 30'.

Derrière, Daniel Boebion a fait parler son expérience de V2 pour prendre la seconde place ainsi 
que Christian Breysse, un autre HImail racer qui prend la 3ème place.

A 20 heures, seuls 22 coureurs avaient franchi la ligne, dévorés par le soleil."

Amitiés
Le Toro_ki_se_dit_ke_ça_devait_pas_etre_de_la_tarte
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Les Zanimos, UFO et Net-teamiens au départ
avec de gauche à droite : Socrate, La Linotte, Le Trailer, Gé les bômollés, Francis ,L'Electron,
L'Toutou, Zénitramt, le GML
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La première réaction de l'Electron
Salut le zoo ! ! !

Difficile retour à la vie après le séjour sudiste que nous venons de passer...

Une course fantastique mais terriblement difficile !
une nuée d'abandon, mais pas de déception !
Des rencontres et des AAB à foison !

Bref un WE de bonheur que même les arrêts prématurés n'auront pas su gâcher ! ! !

J'ai milles choses à raconter (comme d'hab') mais laisser moi juste le temps de reposer les pieds par terre... je suis encore au Pas des Ladres avec les bouquetins, les lacs et le soleil ! ! !

L'electron_juste_heureux_!
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Premier bilan du Trailer
Bonjour,

Parcours superbe, surtout les 50 premiers km en montagne,
majoritairement au-dessus de 2000m. Mais dur, très dur, technique,
éprouvant. Un final interminable, rarement sur des sentiers permettant
de dérouler sa foulée. 5540mD+ relevé par mon altimètre. 2685m pour le
point le plus haut : la cîme du Diable.

Les conditions météo étaient elles-aussi difficiles avec des
températures élevées et un soleil de plomb. Heureusement qu'en haute
montagne les torrents sont légions et qu'on a pu régulièrement se
rafraîchir. Mais ce ne fut plus le cas lorsque nous sommes redescendus
et la fournaise s'est alors rappelée à notre bon souvenir.

Bref tout cela explique les 109 abandons sur les 316 partants. Le
premier a mis 1h30 de plus que ce qu'il pensait faire, c'est pour
dire.

Perso je termine en 22h19 et le peu de courbatures que j'ai ce jour
atteste que j'ai bien géré le raid. Bref je suis heureux car j'ai pris
un pied, notamment en haute montagne, F.A.B.U.L.E.U.X. Un grand moment
de mon existence car j'ai battu 4 records :
- je suis jamais monté aussi haut que les 2685m
- j'ai jamais fait autant que 97km
- j'ai jamais courru aussi longtemps que 22h19
- j'ai jamais accumulé autant de D+ en une seule étape que les 5540m

Pour le CR kivabien vous devrez un peu patienter car je suis pas chez
moi là et j'ai envie de le laisser mûrir un peu dans ma tête avant de
vous le livrer. Il est des émotions qu'il faut assimiler avant de les
partager.

Amitiés sportives.

LTDB_ki_est_encore_dans_le_Mercantour...
....ses_lacs...
....sa_vallée_des_Merveilles...
....sa_cîme_du_Diable
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Le CR du Trailer Des Bois
Le Trailer en 3 tiers
- GRAND RAID DU MERCANTOUR - 21/22 juin 2003 -

Un tiers montagnard...
Un tiers caniculaire...
Un tiers interminable.

Un tiers... fraction anodine à laquelle on ne prête aucune attention mais qui 
peut parfois se révéler être le fil conducteur d'une aventure humaine comme 
le Grand Raid du Mercantour a pu le proposer.

Un tiers...

C'est à un tiers de la fin du mois de juin que notre sympathique équipe de 
baroudeurs nature s'est retrouvée à Saint-Martin-Vésubie, porte du 
Mercantour, afin de participer à la seconde édition du Grand Raid du 
Mercantour proposé par l'association APACHES, Thierry FADINI en chef 
d'orchestre. Un raid de 97km et 5000mD+ qu'on nous annonce technique et où la 
chaleur sera un paramètre à ne pas négliger.

Un tiers...

Il en faudrait plus pour effrayer notre équipe dont la quasi-totalité des 
membres a l'expérience des ultras, raids, multi-sports... avec des durées 
d'effort approchant ou dépassant les 24h. Bien que de sensibilités initiales 
hétéroclites (un tiers de montagnards rompus à la progression au-dessus de 
2000m, un tiers de coureurs à pied avec des milliers de km annuels dans les 
jambes, et un tiers de " touches à tout " pourvu que ce soit long), l'amitié 
transpire dans chaque propos, chaque regard, chaque poignée de main. La 
passion est commune, l'envie également : se faire plaisir en communiant avec 
Dame Nature.

Un tiers...

Après s'être installés au camping nous prîmes la direction du centre du 
village afin de récupérer nos dossards et de commencer à nous imprégner de 
l'atmosphère si particulière à ce genre d'épreuve. Ceci fait nous décidâmes 
d'aller boire un coup où j'ai pris, je vous le donne en mille... pas un tiers 
mais un demi ;-))) Et c'est à ce moment-là que l'orage décida de nous 
rappeler que la haute montagne n'est pas si loin. Je suis un peu moins 
fringant en imaginant me retrouver à la Cime du Diable au milieu des éclairs. 
Une fois l'orage terminé nous sommes redescendus au camping où la pasta-party 
préparée par mes parents (que je ne remercierai jamais assez pour leur 
dévouement ce week-end) nous a mis dans les meilleures conditions : un tiers 
d'eau salée, un tiers de pâtes, un tiers de sauce au " pistou ". Rien de tel 
pour recharger en glucides.

Un tiers...

Après un tiers de nuit de pseudo sommeil nous émergeons de la tente, nous 
habillons, mettons nos sacs à dos et prenons la direction du chapiteau de 
départ ou règne une ambiance surréaliste. Les coureurs sacrifient au rituel 
du contrôle du matériel obligatoire, vérifient une dernière fois leur sac, se 
concentrent, échangent les derniers mots avec leurs proches. On sent que 
quelque chose d'énorme va se passer ce 21 juin, c'est palpable. Deux ou trois 
photos, le briefing de l'organisateur et on se retrouve sous les ordres du 
starter. Les dix dernières secondes sont égrenées en cœur par l'ensemble des 
coureurs. Le départ est enfin donné. Mercantour nous voilà !

Un tiers...

Je décide, du fait des conditions météo prévues et du fait que le gros du 
dénivelé se situe dans la première moitié du circuit, de faire la première 
montée, le Pas des Ladres, à un bon rythme. Je pars donc seul, dans la nuit 
noire, sans frontale, aux sensations. Que c'est magique de courir la nuit ! 
L'ascension du Pas des Ladres s'effectue en trois phases principales, un 
tiers d'approche pour aller jusqu'à Boréon durant lequel je trottine 
régulièrement, un tiers de moyenne montagne dans la forêt où le pourcentage 
se fait plus fort, un tiers enfin de paysages de haute montagne, cirques 
glacières, lacs d'une beauté à couper le souffle (comme celui de Trécolpas 
avec sa petite île), névés, pierriers... dénivelé. 2h50 pour atteindre le Pas 
des Ladres où un merveilleux panorama s'est offert à mes yeux avec, en 
contrebas, les lacs de Fenestre.

Un tiers...

S'en suit un véritable sentier de montagne pour rejoindre le Col de Fenestre 
avant de se lancer dans la descente, par moments technique, en direction du 
premier ravitaillement à la Madone de Fenestre, au milieu des lacs du même 
nom. A un tiers de la fin de la descente je vois mon père qui me prends en 
photo tout en m'encourageant. J'arrive au ravitaillement du 21° km après 
3h34. Je m'hydrate, m'alimente, refais le plein de ma poche à eau et embrasse 
ma femme et ma fille aînée. Seul manque à l'appel le troisième tiers de mes 
amours : ma fille cadette (elle était en train de déjeuner dans le 
camping-car de mes parents). Je quitte le premier ravitaillement direction le 
second, 10km plus loin.

Un tiers...

Un tiers du temps pour arriver jusqu'à la Baisse des Cinq Lacs par le Vallon 
du Ponset, un autre tiers pour accéder jusqu'au Pas de Prals par les lacs du 
même nom, un tiers enfin pour rejoindre St-Grat par une descente " casse 
pattes " de plusieurs kilomètres durant laquelle le soleil et la chaleur se 
sont pour la première fois manifestés. Je trottine ensuite sur la route le 
petit kilomètre pour arriver au Relais des Merveilles, le second 
ravitaillement. Je suis surpris à la fois parce que je ne vois pas mes 
parents et parce que j'y retrouve José (L'Toutou), un montagnard habitué des 
longues chevauchées (deux Fort'iche et un Grand Raid à son actif, entre 
autre). Il me dit qu'il souffre trop de la chaleur et qu'il n'ira 
certainement pas au bout du raid, se demandant même s'il est raisonnable de 
repartir. En effet le prochain point où il est possible de se faire rapatrier 
se trouve au 54° km et nous ne sommes qu'au 31° ! Après nous être bien 
ravitaillés nous décidons de repartir ensemble afin d'affronter un des gros 
morceaux de la journée : le Pas de l'Arpette (1000mD+ en 6km). Au moment où 
nous quittons le ravitaillement arrivent deux connaissances, Hervé (Socrate) 
et Alain (le GML). Nous les incitons fortement à prendre leur temps pour se 
ravitailler car c'est du costaud qui nous attends.

Un tiers...

Après avoir cheminé deux km sur la route pour rejoindre Pont du Countet, nous 
bifurquons sur la droite et empruntons le sentier grimpant dans le Vallon 
d'Empuonrame qui doit nous conduire jusqu'au Pas de l'Arpette, à 2511m. Le 
premier tiers est agréable car sous les bois. José trempe sa saharienne dans 
chaque ruisseau à côté duquel il passe et cette habitude, que j'ai 
immédiatement adopté, s'est avérée prépondérante pour lutter contre la 
fournaise. En effet, le second tiers de l'ascension, bien que moins pentu, 
était totalement à découvert. C'est à cet instant que José s'est laissé un 
peu distancer, la chaleur n'étant pas sa tasse de thé. C'est également à ce 
moment de la montée qu'Alain, mon futur compagnon de route, est arrivé à mon 
niveau. Mais que dire du dernier tiers !!! Un paysage lunaire, un pourcentage 
ne cessant d'augmenter au fur et à mesure qu'on s'approchait du sommet, une 
chaleur caniculaire, une raréfaction de l'oxygène (du moins en ce qui me 
concerne, habitant du bord de mer). J'arrive enfin en haut à midi tapante, 
soit après 7h56 de périple. J'attends Alain qui était quelques dizaines de 
mètres en dessous et regarde si je vois José. Je l'estime à une dizaine de 
minutes du sommet.

Un tiers...

Nous sommes à la limite de la Vallée des Merveilles et on me demande de ranger 
mes bâtons durant la traversée de ce fabuleux site réglementé. Ce que je fais 
sans rechigner. Un tiers de la distance cumulée du raid à plus de 2000m à 
faire sans les bâtons avec, cerise sur le gâteau, le sommet de l'épreuve : la 
Cime du Diable, 2686m. Moi qui me suis habitué à cheminer avec les cannes de 
randonnée j'ai un peu d'appréhension quant à mes capacités à bien digérer la 
Cime du Diable... surtout après qu'Alain me l'ait montrée du doigt.

Un tiers...

400mD- à faire dans cette somptueuse Vallée des Merveilles pour atteindre le 
troisième ravitaillement au Refuge des Merveilles. 31km d'effectués, presque 
un tiers du raid. Je sacrifie au cérémonial du ravitaillement 
consciencieusement et demande à Alain s'il est d'accord pour m'accompagner 
dans la montée de la Cime du Diable. José arrive sur ces entrefaites et je 
lui prends un peu d'élastoplaste car j'ai un frottement au niveau du tendon 
d'Achille du pied gauche qui m'a brûlé. C'est avec la gorge nouée que je lui 
souhaite bon courage car je sais qu'il y a de fortes chances qu'on ne se 
retrouve qu'à l'arrivée, et je quitte avec Alain le refuge.

Un tiers...

La remontée de la Vallée des Merveilles est magique et la succession de lacs 
tous plus beaux les uns que les autres me fait un peu oublier que j'ai pas 
trop l'habitude de monter sans les bâtons. Lac Fourca, Lac du Trem, Lac de la 
Muta et enfin les Lacs du Diable vont tour à tour s'offrir à nos regards 
émerveillés... et à mon appareil photo jetable. Je continue à chaque cours 
d'eau à tremper ma saharienne et profite de chaque névé pour me frictionner 
les quadriceps avec de la neige car ils commencent un peu à tirailler. Nous 
arrivons enfin au pied du mur d'arrivée du Pas du Trem et en regardant sur la 
gauche je vois le terrible passage pour accéder à la Cime du Diable. Allez me 
dis-je, plus que deux gros coups à donner et le plus dur sera fait. Arrivé au 
Pas du Trem je dis à Alain que je m'arrête une minute pour manger une barre 
et profite de la présence d'un névé pour me frictionner une nouvelle fois les 
jambes. Ceci fait je baisse la tête et entame l'escalade, car c'est le mot 
par endroits, qui m'est proposée. J'arrive enfin au bout de ce mur et j'y 
retrouve quelques coureurs assis, récupérant. Le sentier tourne à droite et 
là je reste scotché : il reste encore à escalader une grosse bosse. Un 
dernier tiers en quelque sorte.

Un tiers...

Je prends sur moi et commence ce que je souhaite être le final de la Cime du 
Diable. A ce moment-là mon portable sonne, il y a enfin une réception GSM et 
je vois que j'ai 5 messages en attente. Comme les bâtons ne seront autorisés 
qu'à partir du sommet je décide d'écouter les messages. Et chemin faisant, 
sans trop m'en rendre compte, je me retrouve à un tiers de la fin de 
l'ascension. Et ce dernier tiers je le ferai en " direct-live " avec Xavier 
(T-Rex) qui a eu la bonne idée de me téléphoner juste à ce moment-là. Je 
raccroche, arrive en haut quasiment en même temps qu'Alain. Un petit vent 
souffle et 360° s'offrent à nous. C'est tellement beau que j'ai oublié de 
prendre une photo... Il est 14h00.

Un tiers...

Le premier tiers de la descente est très technique, très cassant. On contourne 
le Mont Capelet Supérieur en cheminant sur des gros pierriers et je remercie 
la météo qu'il n'ait pas plu. Le second tiers et constitué d'alpages que nous 
descendons par l'intermédiaires de sentiers étroits en lacets (je fais 
d'ailleurs mon Mea Culpa pour en avoir coupé quelques-uns). C'est à ce moment 
que mon épouse me téléphone. Elle m'explique la raison pour laquelle il n'y 
avait personne au deuxième ravitaillement (problème de freins sur le 
camping-car) et me dit quelle se trouve en compagnie de mon père un peu avant 
Peira Cava, lieu du sixième et dernier ravitaillement. Je lui explique que je 
suis sur la route du quatrième et qu'ils ne m'attendent pas avant plusieurs 
heures. Le dernier tiers pour rejoindre le ravitaillement de l'Authion est 
interminable : plus de cours d'eau, une fournaise, des remontées éreintantes, 
des sentiers peu roulants. Bref c'est le moral en berne que j'arrive au 
quatrième ravitaillement avec quasiment plus de liquide, il était temps ! 
1h40 pour faire les 8km entre la Cime du Diable (2568m) et l'Authion (1989m), 
c'est pour dire ! 54km et 4000mD+ d'effectués.

Un tiers...

Je prends mon temps cette fois-ci car j'en ai un peu marre, j'ai les pieds en 
sang, le portable passe pas (heureusement car sinon j'aurais peut-être mis " 
la flèche "), bref j'ai un coup de blues. Arrive Alain, également fatigué par 
ce passage interminable et, me voyant dans cet état de lassitude mentale, 
décide de me faire une séance de " pompauculthérapie " pas piquée des 
hannetons. Et ça fait effet car je me rechausse et lui emboîte le pas.... non 
sans avoir auparavant bu un tiers de litre d'eau et mis les deux tiers 
restants dans un bidon que j'utilise désormais pour m'asperger le visage, les 
points d'eau s'étant raréfiés.

Un tiers...

Ca commence par un peu de route ou je m'efforce à trottiner pour relancer la 
mécanique. Alain étant un marcheur émérite je suis obligé de trottiner afin 
de garder le contact, car à ce moment c'est à cette pensée que je m'accroche 
: garder le contact. Je sais que le moral va revenir, c'est une question de 
temps. Mais que ça m'aurait fait plaisir de voir ma petite famille au 
ravitaillement de l'Authion... Chemin faisant mes jambes se dérouillent un 
peu et je dis à Alain que je vais essayer de courir, nous avons effectué un 
tiers de la distance entre l'Authion et le village de Moulinet, prochain 
ravitaillement proposé. Je trottine comme ça pendant quelques kilomètres 
jusqu'à la Baisse de Déa où je prends un nouveau coup de bambou au moral car 
le cheminement est identique à celui avant l'Authion, long, suffocant, 
pénible. Mais là plus d'Alain pour me motiver. Je rassemble donc toutes les 
images positives que je peux, en l'occurrence ma femme et mes filles, et je 
me projette mentalement à Lucéram, franchissant la ligne. En tous les cas ça 
marche, puisque je cours sans arrêt jusqu'à Moulinet après une descente des 
plus usante qu'il m'ait été donné de faire. Je franchis le torrent de la 
Bévéra et j'y trempe ma saharienne, ça faisait tellement longtemps ! Puis il 
a fallu remonter jusqu'à la place du village pour atteindre le 
ravitaillement.

Un tiers...

A cet instant précis mon cardio bipe et m'indique que sa mémoire est pleine. 
Zut j'aurais dû penser à augmenter le délai entre chaque enregistrement, ça 
m'aurait permis d'avoir tout le raid d'enregistré car j'aurais gagné un tiers 
de place mémoire, ce qui était suffisant pour aller jusqu'à Lucéram.. 
J'appelle ma femme pour lui dire que j'étais à Moulinet et que je m'octroyait 
une bonne demi-heure afin de me requinquer. Je commence par prendre deux 
vitamines C effervescentes (Acérola), retire mes chaussures, bois beaucoup 
d'eau et me dirige dans la salle où est proposé le ravitaillement solide avec 
une envie furieuse de manger des pâtes. Je demande une soupe de vermicelles 
et à ce moment-là j'entends un " coucou ". Je me retourne et quelle en fut 
pas ma surprise de voir Gérard (Gé les Bômollés), moi qui pensait qu'il 
devait être loin devant. Il m'explique qu'il en a marre et qu'il souhaite 
stopper là. J'essaie de le motiver pour repartir en ma compagnie en lui 
disant qu'au pire il pouvait arrêter à Peira Cava étant donné que ma femme et 
mon père y étaient. Mais devant son abattement je n'insiste pas. Je ressors 
manger tranquillement ma soupe au soleil car transpirant beaucoup j'ai un peu 
froid. C'est à cet instant qu'Alain arrive, usé également par cette descente. 
J'avais encore des doutes quant à mon envie et mes capacités de faire les 
800mD+ me séparant de ma femme mais il a suffit d'un seul regard entre Alain 
et moi pour prendre ma décision : on finira ensemble, quoi qu'il advienne..

Un tiers...

Je change de T-Shirt et mets une carline afin de moins frissonner, j'enlève ma 
saharienne car la montée est à l'ombre et je quitte Moulinet avec Alain, 
direction la Baisse de Patronel. Je téléphone à ma femme pour lui dire qu'on 
quittait le village et elle m'indique que les gens mettaient entre 1h10 et 
1h30 pour effectuer la montée, ça nous donne une idée de l'effort à fournir. 
Fort heureusement la montée est régulière, fort heureusement le soleil s'est 
caché, fort heureusement le rythme d'Alain me convient. Il nous aura fallu 
une heure et un tiers pour qu'enfin je puisse embrasser ma femme. Nous 
profitons Alain et moi des bouteilles d'eau que mon père avait apporté jusque 
là puis empruntons le sympathique chemin forestier devant nous conduire à 
l'ultime ravitaillement de Peira Cava. Au fil des hectomètres je parviens à 
proposer une foulée de moins en moins chaotique et arrive physiquement frais 
à Peira Cava.

Un tiers...

Physiquement bien mais une envie de dormir terrible. J'en parle à ma femme et 
à mon père et j'émets même l'hypothèse d'arrêter là et de me faire ramener en 
voiture. Ca fait des jours, pour de multiples raisons que mes sommeils sont 
réduits à peau de chagrin, un tiers de leur durée normale pour être exact. 
Rajouté à ça la fatigue du raid et j'avais les paupières tellement lourdes 
que je les fermais parfois en trottinant ! Mais ne voulant pas trop 
précipiter les choses je décide de prendre mon temps au ravitaillement afin 
de voir si l'envie de dormir me passe, ce qui s'est déjà produit par le 
passé, notamment au Grand Trail de Castelnou. Pendant que je me restaure mon 
père téléphone à ma mère pour la rassurer et il m'apprend que ma fille aînée 
ne veux pas s'endormir tant que je suis pas arrivé. Et là ça a fait tilt ! 
Plus sommeil du tout, un regain d'énergie phénoménal, l'envie de la prendre 
dans mes bras. Je dis à Alain qui était arrivé entre temps : " on reprend des 
forces et on se fait les 17km restants ". Le téléphone sonne juste à cet 
instant et c'est Thierry (L'Bourrin) qui veut savoir où j'en suis, je lui dis 
que je suis au dernier ravitaillement et que je pars pour les derniers 17km.. 
Il est étonné de mon état de fraîcheur... il est vrai que l'effet " fille 
aînée qui attend son Papa " vient d'agir ;-)) Il est 22h15, on a fait 80km et 
5000mD+.

Un tiers...

Frontale en place, un dernier baiser à ma femme accompagné d'un " à tout à 
l'heure ", et nous quittons avec Alain le dernier ravitaillement. Le premier 
tiers, jusqu'au Col de la Porte, était fort agréable et c'est tout guilleret 
que nous avons même gravi les 100mD+ après la Baisse de la Cabanette. Mais le 
second tiers jusqu'au Col du Savel fut pénible : sentiers de moins en moins 
roulants, nombreuses bosses cassantes, le bas du Col St-Roch (200mD+) était 
terrible. Bref ça commençait à faire long, surtout pour Alain qui fatiguait. 
Je reste à ses côtés, je l'encourage, l'aide à trouver la rubalise parfois 
difficile à apercevoir la nuit, bref j'essaie de lui redonner un peu de 
moral. Que dire du dernier tiers ! Une " bavante " terrible, une descente 
glissante en dévers dans le Vallon de la Pinéa ponctuée de nombreuses petites 
remontées éreintantes avant qu'à l'issue d'une énième bosse on arrive sur une 
piste roulante au niveau d'un virage à gauche. Quel ne fut pas notre bonheur 
au détour de ce virage de voir enfin Lucéram scintillant au fond de la 
vallée. On n'était pas encore arrivés, certes, mais plus rien ne pouvait nous 
empêcher de boucler ce raid. Aussi nous forcîmes l'allure afin d'entrer dans 
le village. Plus qu'une volée de marches d'escalier à gravir (en haut 
desquels ma femme attendait) puis un peu de route en montée avant la ligne 
d'arrivée que nous avons franchis en courant, ivres de bonheur.

Un tiers...

22h19 de périple durant lesquels une foultitude de sentiments se sont 
bousculés dans ma tête : béatitude, lassitude, euphorie, blues, bonheur, 
tristesse... pour terminer avec un curieux sentiment de plénitude, 
d'apaisement, comme si je m'étais véritablement trouvé au bout de ces 97km. 
Le fait que ma fille n'ai pas réussi à tenir le coup jusqu'à plus de 2h15 du 
matin n'a pas altéré de sentiment, après tout, elle a certainement rêvé de 
son père. Nous sommes allés ensuite avec Alain et ma femme manger une super 
assiette de pâtes sauce bolognaise accompagnée d'une bonne bière puis je suis 
allé faire un brin de toilette (il y avait la queue à l'unique douche 
éclairée la nuit) avant de somnoler un tiers de nuit dans la voiture.

Un tiers...

A 7h00 du matin j'ai enfin pu trouver une douche car je ne voulais pas 
embrasser mes filles non lavé. Une fois propre je les ai retrouvées et 
embrassées. C'est à ce moment que j'ai appris qu'il y avait un bon tiers 
d'abandons !

Un tiers... décidément !

LTDB_un_tiers_ému,_un_tiers_comblé,_un_tiers_émerveillé
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Le CR de l'Electron

L'Electron en plein effort
[ mode LECTURE ]

Il est presque 10h30 ce dimanche 22 juin 2003. Le camping car est garé sur
le stade de Lucéram, à quelques mètres de la ligne d'arrivée.
Une vingtaine de personnes est regroupée autour de quelques tables placées
sous l'auvent pour déguster l'anchoïade préparée par les parents Trailer des
Bois (LTDB) agrémenté de multiples légumes, gâteaux apéritifs et autres
boissons variées que les participants ont eu la bonne idée d'apporter avec
eux.
Parmi les convives, une bonne dizaine ont participé au Grand Raid du
Mercantour depuis la veille avec des fortunes diverses puisque la moitié
devra arrêter avant la fin. Cependant, nulle tristesse ou déception ne se
lit sur les visages. Les abandons ont tous été volontaires, réfléchis,
posés. L'arrêt avant l'accident. Une décision parfois difficile mais que l'
expérience de ce type d'épreuves nous permet de prendre sereinement.
C'est le moment que choisi Thierry Fadini, l'organisateur, pour venir
partager avec nous le verre de l'amitié !

[ mode STOP ]
[ mode RETOUR ARRIERE ]

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[ mode STOP ]
[ mode LECTURE ]

Juin 2002 : Le Grand Trail de Castelnou. Bien que figurant parmi les
inscrits de la première heure, je dois me résigner, quelques semaines avant
l'épreuve, à renoncer à ce raid. En langage clair, usure très avancée du
cartilage des genoux. Usure, le mot est faible car par endroit il a
pratiquement disparu !

L'année qui va suivre sera celle de la reconstruction et surtout de mon
repositionnement en termes de compétitions.  Fini les courses sur route,
fini les entraînements longs et lourds, fini les performances
chronométriques. Désormais, ce sont les sensations et le plaisir qui vont
devenir mes seuls guides.
Mon entraînement va désormais se limiter à 2 ou 3 sorties en course à pied
par semaine mais ne dépassant qu'exceptionnellement 1 heure. A cela je
décide d'ajouter un peu de volume en VTT ainsi qu'en piscine.

Mes seules sorties longues seront les compétitions. Elles aussi vont
évoluer. Pour la course à pied, je pratique la Course d'Orientation. Ce n'
est pas un hasard. C'est dans les bois, c'est ludique, le circuit A d'une
régionale me prend entre 1h30 et 2h, et en plus cela permet de fractionner.
Pour le reste, quelques raids multi-sports sont aussi les bienvenus, car ils
me permettent de ménager mes articulations défaillantes.

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Bref de Septembre 2002 à Mai 2003,  je ferai une dizaine de CO plus ou moins
longues, le Marathon du Médoc, le Raid 28, deux raids multi-sports, et pour
finir, un 12h, 5 semaines avant le Mercantour. Tout cela en ayant adapté mes
objectifs à mes nouvelles capacités, et sur des durées variant entre 3 et
15h d'efforts suivant les épreuves !

Pas d'abandon, pas de blessure, il semble que j'ai réussi à retrouver une
façon de fonctionner satisfaisante.

Dans l'année s'est profilé un objectif un peu particulier, le Grand Raid du
Mercantour !  Comme le GTC l'année précédente, cette course doit être l'
occasion de nous retrouver à plusieurs pour partager notre plaisir de ce
type d'épreuves, mais aussi celui de nous retrouver et de fêter cela au
travers de quelques AAB ( Appel A Boire ou à Bouffer suivant les cas ).

Pas question d'être éloigné de la fête cette année. Je m'inscris tôt (j'
aurai le dossard 18) et planifie tout le reste en fonction de cet objectif.

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Le Grand Raid du Mercantour.

Départ de Saint-Martin Vésubie, et arrivée à Lucéram
Pour sa seconde édition, ce raid présente une distance de 97 km avec 5200m
de D+ annoncés. Le circuit a été modifié dans les dernières semaines afin de
nous permettre de traverser la « Vallée des Merveilles » une des zones les
plus protégées du Parc !
Le délais maximum est de 30h et les bénéfices de la courses sont reversés à
l'association Horizon 06  qui aide des personnes handicapées.
Il y aura d'ailleurs un moment d'émotion lorsque Thierry nous apprendra la
disparition de la personne handicapée qui avait parrainé la première édition
du Raid !

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Jeudi 19 juin 2003 . 17h00

Les mouvements sociaux de la SNCF ont finalement décidé de m'épargner. Je
monte dans le TGV Gare de Lyon en direction de Toulon où Le Trailer doit me
récupérer. Cela fait bientôt 3 ans que nous communiquons ensemble via
Internet, mais c'est la première fois que nous allons vraiment nous
rencontrer. Nous devons être rejoint par le Toutou qui arrive directement de
sa Savoie.

Une fois n'est pas coutume, j'arrive à pourrir le Toutou en étant en gare de
Toulon avant lui ;-))

Après une petite mousse en compagnie du Trailer et de Sandrine (son épouse)
José arrive enfin. Départ pour Bormes-les-Mimosas où nous passerons la nuit.
L'hospitalité du sud est un peu particulière, tant et si bien que nous
allons dormir sur la terrasse. Il faut dire qu'il y fait beaucoup moins
chaud que dans la maison !

Vendredi 20 juin 2003 . 10h00

Nous quittons Bormes pour rejoindre Pujet où résident les parents du
Trailer. Ils vont nous accompagner sur l'épreuve et assurer la plus grosse
part de la logistique grâce à leur imposant camping car !

A peine le temps de procéder aux formalités d'usages que nous prenons la
route direction Saint-Martin Vésubie où nous arrivons en milieu d'après
midi.

Installation au camping, où nous retrouvons Ray , Gé, La linotte et Socrate
qui sont déjà installés.

Nous montons ensuite dans le village afin de récupérer nos dossards, puis
nous cédons à la tradition AAB en prenant une ou deux petites mousses
pendant qu'un orage de passage en profite pour rafraîchir les coureurs !

Retour au camping ou Mamé LTDB  nous a préparé des pâtes au pistou. Deux
grosses gamelles, qui ne resteront pas longtemps sur la table. nous nous
devions de leur faire honneur .

Ensuite, direction le dodo. Pas question de faire la fête ce soir, d'autant
que demain le réveil doit sonner à 3h00 ! ! !

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[ mode AVANCE RAPIDE ]

rrrrrrooonnnnn-fffffffttttttttttt-rrrrrrooonnnnn-fffffffttttttttttt

[ mode STOP ]
[ mode LECTURE ]

Bip-bip-bip-bip-bip-bip
Samedi 21 juin 2003  3h00
Tout le mode se lève en quelques minutes. les sacs sont prêts depuis la
veille et nous nous mettons doucement en mouvement.
Derniers préparatifs. derniers morceaux d'elasto autour des pieds pour
limiter les frottements, derniers ajustements des sangles et des bretelles
des sacs, derniers réglages des bâtons, dernier petits rien qui font que
finalement on est bien dans sa tête pour partir.

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[ mode RETOUR ARRIERE ]

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Vendredi 20 juin 2003   20h00
Afin de ne pas être ennuyé demain matin je prépare mon équipement et mon sac !

Côté tenue ce sera, mes vieilles NB 804. un peu usées mais je suis bien
dedans, un cuissard, le maillot UFO, un bandeau et le béret UFO. Pour les
périodes de soleil, un morceau de drapeau catalan prêté par Gilles me
servira de saharienne coincé dans le bandeau sous le béret.

Pour le ravito, je pars avec le sac DK 30L , une poche à eau de 2L chargée
de Maxim neutre dosé à 60g /l et de quoi effectuer 5 recharges complètes (il
y a 6 ravitaillements sur le parcours). 4 barres Maxim, 2 gels coups de
fouet et des cacahuètes. J'ai aussi un bidon de 50cl qui me servira à
prendre de l'eau dans les ruisseaux pour me rafraîchir.

Une carline de rechange (au cas où) ainsi que ma pac-lite toute neuve,
toujours au cas où !
S'ajoute à cela le matériel obligatoire, à savoir couverture de survie,
sifflet et lampe frontale.

Quelques autres bricoles (style téléphone et appareil photo) et le tour est
joué !

Ah si. pour la première fois je vais utiliser des bâtons de rando. Le Toutou
m'explique comment les utiliser, et surtout comment tirer partie des
dragonnes afin de monter « tout seul ». on verra cela demain !

Je place tout cela dans la voiture et hop, direction le dodo !

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[ mode AVANCE RAPIDE ]

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Samedi 21 juin 2003   3h40

Nous sommes tous dans le centre de Saint-Martin Vésubie. Nous faisons la
queue pour le contrôle des sacs, puis nous nous regroupons afin de faire une
photo ensemble. C'est à ce moment qu'un coureur m'interpelle.

« -Ah le béret UFO. je connais ça. tu es qui toi ? »
« - Salut, ben moi c'est L'electron ! »
« - Super, moi c'est Zenitramt. »

En fait nous devions nous retrouver hier, mais pour des raisons aussi
étranges qu'inexpliquées, nous nous sommes ratés.

Tout le monde se regroupe pour la photo. clic-clac. En voilà un beau
souvenir !

On écoute le briefing des organisateurs, puis nous nous plaçons sur la route
vers la ligne de départ. Environ 320 raideurs sont présents et prêts à en
découdre avec le Mercantour !

Je laisse un message d'annonce sur mon téléphone portable en indiquant que
je le mettrai à jour en arrivant au premier ravitaillement qui se situe au
km 21.

Les 30 premiers km regroupent à eux seuls pratiquement la moitié du D+ de la
course. aussi un départ prudent s'impose, d'autant que mon seul et unique
objectif est de franchir les points de contrôles et la ligne d'arrivée dans
les barrières horaires !

Je ne pense pas arriver au ravitaillement en moins de 4h étant donné que ça
va monter, monter et encore monter avec dès le début un passage de 980m à
1480m en 6,5 km (pas mal pour un début de course), puis ensuite un passage
de 1480 à 2474m en 9 km. autant dire que ça va pas être de la tarte

La météo s'annonce radieuse. C'est à dire chaude, très chaude, et sans
espoirs de nuages !

Les dernières secondes se décomptent à haute voix, puis le départ est donné
à 4h00.

Nous partons sur les 150 seuls et uniques mètres de parcours plat du
circuit, et immédiatement la route commence à monter doucement.

Je pars tout doucement, et dès que ça monte, je prends un bon rythme de
marche.

Après 2 km nous quittons la route et rentrons sur les chemins, puis sur les
sentiers. Très vite je sors les bâtons qui s'avèrent terriblement efficace.
Une bonne utilisation me permet de soulager de façon très significative les
cuisses mais surtout mes genoux. les sensations sont bonnes, mais l'effet
pervers des bâtons ne m'apparaîtra que plus tard.

La montée se fait toujours en rythme, et dès le début je m'impose de boire
très régulièrement 4 grosses gorgées toutes les 15 minutes.

Passage au lac Boréon où se trouve le premier contrôle, puis on rentre dans
le dur. pratiquement 1000m de D+ en 8 km
Pour rejoindre le Pas des Ladres

Tout est superbe. Dans la lumière naissante du petit matin nous découvrons
les torrents, cascades et autres lacs. Progressivement les frontales
disparaissent et laissent place au jour. Si le lever du soleil nous est masqué
par la montagne, je sais que quand nous atteindrons le col, nous basculerons
dans la lumière. J'attends ce moment avec impatience en regardant le ciel
bleu au-dessus de moi parsemé de quelques nuages rouges. une vraie carte
postale.

Je ressens les effets du dénivelé et de l'altitude pour moi qui ne dispose
que du Sacré Coeur pour travailler mes montées et ma progression en altitude.

J'essaie toujours de gérer au mieux ma montée, bien calé avec mes bâtons, et
finalement j'arrive au Pas des Ladres après 3h de montée. Encore un petit km
pour rejoindre le col de la Fenestre, et là je replie mes bâtons, les
attaches au sac, et me lance en courant dans les 5,5 km de descente qui me
feront perdre presque 500m.

Le chemin est praticable et j'arrive à courir sans trop de problèmes. Je
surveille les genoux, mais pour le moment tous les voyants sont au vert.

Je me fais plaisir sur cette descente et arrive finalement à la Madone des
Fenestre en 4h05' (par rapport aux 4h prévues) où se trouve le premier
ravitaillement. L'heure limite pour ce passage est de 7h, j'ai donc 3h 
d'avance.

 J'y retrouve Ray avec qui je discute quelques instants puis, je fais le
plein de ma poche à eau. Il me reste moins d'un demi-litre. C'est bon, pour
une fois j'ai bien calculé. mais il ne fait pas encore chaud. Toute la
montée s'est faite de nuit ou à l'ombre et la descente était encore tout à
fait praticable.

J'essaye de mettre à jour le message sur le portable mais la zone n'est pas
couverte. J'essaierai un peu plus loin.

Un peu avant de repartir, je retrouve Zenitramt qui me demande si je repars.
OK ! alors nous quittons le ravitaillement ensemble. A peine ai-je quitté le
ravitaillement que le portable bipe !. zut, il m'indique qu'il y a des
messages mais pas moyen de capter un signal correct. Tant pis je l'éteins et
le rallumerai au prochain ravitaillement dans 10km.

Direction le Relais de Merveilles non sans oublier de passer par la Baisse
des 5 Lacs à 2330m.

Dès le début de cette montée je souffre. Pas moyen de reprendre le rythme.
Pourtant nous ne sommes pas encore à la chaleur, la température est même
agréable. Mais pas moyen d'avancer. Je laisse filer Zenitramt et continue ma
progression au ralenti en me disant que ce n'est qu'un petit coup de barre.

Coup de barre, tu parles ! ! !
Plus je monte  plus je suis épuisé. je n'ai pas mal, pas de douleur. Juste
une énorme sensation de fatigue.  Plus ça va, plus je dois m'arrêter
régulièrement.
Sur le final qui me mène à la Baisse des 5 Lacs puis celui de la Balise
365, il me faut pratiquement m'arrêter tous les 2 ou 3 lacets. Il faut dire
que le dernier kilomètre nous fait grimper de plus de 200m de D+

Arrivé à la Balise 365, je fais une bonne pause, profite largement du
paysage avant d'entreprendre la descente vers le Relais des Merveilles où se
situe le second ravitaillement.

La descente sera infernale. Pas moyen de courir, et surtout, je ne récupère
pas de la montée. Pire plus je descends, plus je fatigue. Arrivé à la moitié
de la descente je suis complètement vidé. Tout comme dans la montée, je suis
obligé de faire des arrêts réguliers. Un véritable calvaire.

Après un ultime effort j'arrive enfin au ravitaillement. je suis lessivé,
cassé, vidé. J'essaye de récupérer un peu en mangeant quelques pâtes et en
buvant, mais malgré l'arrêt prolongé, je suis toujours aussi fatigué. Le
problème c'est qu'il reste encore 66 km à faire et deux gros morceaux dont
la montée du Pas de l'arpette (1000m de D+ en 5 km) et la cime du diable à
2685m

J'ai mis plus de 3h pour faire les 10 derniers km, et je suis arrivé à 11h15
au ravitaillement. Du coup la montée du Pas de l'Arpette qui commence après
le ravitaillement  se fera dans le cagnard.  De plus, si je pars, il n'y a
pas de possibilité de retour avant le 54ème kilomètre.

Je discute quelques instants avec le médecin de la course et décide
finalement de ne pas pousser plus loin l'aventure. Je n'ai pas la caisse
pour le faire sans risque, et je ne préfère pas pousser trop loin !
Etrangement, cette décision ne me perturbe pas ! Elle me semble naturelle,
même si la déception d'un abandon aussi prématuré (enfin, 7h15 de
progression quand même)  est là !
Mais je n'arrive pas à me projeter plus loin dans la course, ni
physiquement, ni mentalement.

L'arrêt me semble être la seule chose raisonnable à ce moment là, et je 
l'applique de façon maîtrisée et pesée.

Je décide d'attendre La Linotte qui était derrière moi pour l'encourager. Il
me dit être aussi épuisé, et vouloir s'arrêter, mais après avoir récupéré un
peu il décide de pousser jusqu'à la Vallée des Merveilles dont il avait été
privé, il y a deux ans pour cause de modification de parcours. Il s'arrêtera
ensuite !

Je le regarde repartir. Sur le moment, pas un instant l'idée de reprendre un
bout de chemin avec lui ne m'a effleuré. Aujourd'hui, je me dis que... Mais c'
est si facile de se dire des trucs après coup !

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Samedi 21 juin 2003  - Point des Trois Communes - km 54
J'ai profité du véhicule d'un accompagnateur pour rejoindre le
ravitaillement du km 54. le précédant n'étant pas accessible !

La voiture de Ray est garée là mais elle doit être partie chercher Gé sur le
parcours. Au moins, je ne rentrerai pas en stop !

Gé est le premier coureur de l'équipe à arriver. Il a terriblement souffert
de la chaleur sur le dernier tronçon, d'autant que autant, la première
partie de la course était traversée par de multiples ruisseaux, torrents et
lacs, autant désormais c'est la partie aride de la montagne qu'il faut
traverser.

On l'aide à se ravitailler, tranquillement puis il repart en direction de
Moulinet où se trouvera la dernière grosse difficulté du parcours (800m de
D+ en 9km au 62ème kilomètre)

Avec Ray nous attendons un peu, puis nous décidons d'aller attendre les
autres coureurs de l'équipe un peu plus haut. Le temps de monter avec la
voiture, nous ratons le Trailer (grrrrrrrr !). Il nous faudra un peu de
patience pour voir finalement arriver Socrate suivi du Toutou. Socrate à un
petit coup de barre mais décide de repartir.
Le Toutou, lui, préfère arrêter là. Il a vu ce qu'il était venu voir (la
Vallée des Merveilles) et il souffre trop de la chaleur.

D'ailleurs depuis un petit moment, les abandons commencent à se multiplier.

Les autres coureurs sont encore très loins et nous décidons de repartir vers
Lucéram.
Sur la route du retour, nous sommes bloqués par un rallye automobile qui, du
coup, va nous laisser l'occasion de nous reconstituer un peu devant une
bonne bière bien fraîche, avec la buée sur le verre ! ! !

Nous arrivons à Lucéram, ou nous apprenons que La Linotte et Zenitramt  ont
abandonné aussi au kilomètre 54, et que Gé décide aussi de stopper mais au
kilomètre 69.

Repas de pâtes, douche (froide) puis nous récupérons nos affaires pour aller
nous allonger un peu. Il est presque 22h30 et le Trailer des bois n'arrivera
pas avant 2h du matin.

Même les flon-flon de la fête de la musique n'arriveront pas à nous empêcher
de nous endormir.

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Dimanche 22 juin 2003 - 7h00

J'ai dormi d'un trait, comme un bébé !
Avec Le Toutou, la Linotte, Ray et Gé, nous partons à la chasse aux
informations sur nos copains que notre sommeil nous a fait lâchement
abandonner à leur sort.

LTDB est arrivé dans la nuit après avoir mis plus de 4 h pour effectuer les
16 derniers kilomètres. Socrate est arrivé depuis peu et est en train de se
restaurer  (l'équipe de restauration est restée à l'ouvre toute la fin 
d'après midi de Samedi, puis toute la nuit, et restera opérationnelle jusqu'à
l'arrivée des derniers participants !  chapeau.)

Pas de nouvelles des autres, mais cela ne saurait tarder.

Progressivement tout le monde émerge.   Il y a des coureurs qui dorment
partout. Dans la salle de restauration, sur le stade, dans la cour de l'
école ou sous le préau. Heureusement, la météo de la nuit est restée
clémente !

J'en profite pour faire un premier constat physique. Je suis toujours
fatigué, mais la nuit a été réparatrice. J'ai deux superbes coups de soleil
sur les tibias ! Par contre, pas de douleurs. Ni musculaire, ni tendineuse,
ni articulaire. C'est tout juste si je me rends compte que j'ai fait plus de
7h de course de montagne avec quelques milliers de mètres de D+ ! ! !
Etrange sensation !
Vers 10h nous nous attablons tous ensemble pour un AAB  bien mérité où
chacun relate ses souvenirs, tous très forts.
Personne parmi ceux qui ont du arrêter, ne semble affecté par l'abandon.
Trop de  beaux souvenirs en tête pour laisser place à quelques regrets.

Puis c'est le moment des premiers retours. l'équipe se sépare au gré des
voitures qui retournent sur telle gare ou sur tel aéroport.

Avec le Toutou, nous allons terminer le week-end avec la famille du Trailer
chez ses parents où la piscine (29°) sera fortement appréciée ainsi que 
l'hospitalité formidable dont ses parents auront fait preuve durant tout ce
long week-end.

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[ mode LECTURE  GENERIQUE]


Je voudrai juste terminer ce compte rendu en remerciant :
- les parents du Trailer pour tout ce qu'ils ont fait pour nous. Une
véritable agence de logistique au service des coureurs. ils furent royal
pour nous. Ils nous ont logé, nourri, transporté, bichonné. merci pour tout !

- Sandrine, Amandine et Audrey pour qui le WE n'a pas toujours été facile.
Au fait Amandine, c'est promis, la prochaine fois, on fera notre partie de
cache-cache.

- LTDB pour nous avoir concocté ce WE. Nous avons enfin pu faire
connaissance, et franchement, je n'ai pas été déçu !

- Thierry Fadini, pour ce qu'il nous a permis de vivre. Thierry si tu refais
le raid dans 2 ans avec les modifications que nous avons évoqué, tu as déjà
un coureur au compteur. Et cette fois là, j'irai au bout ! A travers toi, 
c'est aussi l'ensemble de ceux qui t'on aidé à réaliser ce Raid que je
souhaite remercier. Que d'attention aux ravitaillements, ou à l'arrivée !

- Mes équipiers. Tous sans exception pour tous les moments fugaces ou plus
longs que nous avons pu partager.

- Les membres de la ménagerie, de la Net team et les UFO qui ont
littéralement saturé mon portable, allant jusqu'à bloquer mon répondeur et
ma réserve de SMS. J'avais promis des mises à jour, mais la couverture des
mobiles là bas n'est pas encore au point. Le soucis, c'est que si il faut
faire un chois entre l'installation d'antennes relais dans le parc, et 
l'utilisation de téléphones portables, je crois qu'on est pas prêt d'avoir un
bon niveau de couverture ! ! !

- Ma femme et mon fils, que j'ai tristement laissé à Paris mais que j'ai
retrouvé avec bonheur lundi soir !

Voilà. Il est l'heure de refermer ce CR. Les images vont rester très très
longtemps gravées dans ma tête. Quant aux raisons de mon abandon, je pense
aujourd'hui les avoir bien cernées et je vous en ferai part un peu plus tard !

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Le CR de la Linotte
La Linotte en course

Zooo les Zanimossss et la Net Team....

Déjà plus d'une semaine que le Mercantour est terminé et toujours ce sentiment 
frustrant de n'avoir pas été en forme ce jour là pour pouvoir aller jusqu'au bout, 
objectif impossible à atteindre (20h à 5km/h) je décide donc au km 32 de transformer 
cette course en une balade sympa, prenant le temps de jouir du paysage et arrêtant 
cette randonnée au km 54 ....

Deux nuits à peu dormir ajouté à la chaleur et un problème gastrique ont entamés 
sérieusement mon physique et le moral dés le départ..

Déjà çà avait mal commencé avec la grève des cheminots et notre train qui arrive à 
22h30 à Antibes au lieu des 18h45 prévu, on est gentiment logé chez des amis à 
Socrate et on discute avec eux tard dans la soirée (on ne pouvait pas arriver là et 
se coucher de suite), il faut se lever tôt pour prendre le bus de 9h à Nice, ce qui 
fait déjà une nuit de tronquée.

Je vous passe le trajet Nice-St Martin de Vésubie où j'ai bien cru à plusieurs 
reprises que c'était ma dernière heure......tellement le chauffeur roulait vite en 
rasant la falaise et les ravins.....

Nous arrivons enfin à St Martin de Vésubie vers 11h et nous nous dirigeons 
directement vers le camping de St Joseph où les parents du Trailer ont réservé un 
emplacement, l'endroit est agréable et la gérante sympa même si elle nous considère 
bizarrement lorsqu'on lui dit que l'on vient faire le grand raid du Mercantour....

Nous sommes les premiers zanimossss arrivés et comme il est l'heure de manger nous 
partons dans le village à la recherche d'un petit resto, après avoir fait un petit 
tour à l'arrivée pour sentir l'ambiance et dire un petit bonjour à Thierry Fadini 
l'organisateur.

De retour au camping nous retrouvons avec plaisir Ray et Gégé que nous n'avions pas 
revus depuis le GTC.

Une petite sieste plus tard nous sommes réveillés par l'arrivée du gros de la troupe 
des zanimossss, le trailer et sa famille, l'toutou et l'électron...les retrouvailles 
sont chaleureuses, faut dire que ça faisait un bon bout de temps que l'on ne 
s'étaient pas revus.

Une fois tout le monde installé nous partons récupérer nos dossards et nous 
rencontrons Annick et Gilles, çà y est la ménagerie est au complet la fête va 
pouvoir commencer.......d'ailleurs pour fêter cet événement le ciel nous arrose d'un 
petit orage rafraîchissant après cette journée caniculaire......

Le soir au campement c'est pasta-party préparé par Dédé le papa du trailer (on se 
régale...), préparation de sacs et montage de tente dans une ambiante bon enfant, 
tout le monde à la pèche même si l'on peut commencer à sentir la tension monter 
doucement.....

La nuit sera courte et c'est plongé dans un sommeil profond que je suis réveillé par 
un "c'est l'heure !!!"....il est 3h.....

Part 1: "de St Martin au Pas des Ladres" ou "des débuts difficiles !!"
Le départ d'un trail c'est toujours quelque chose d'émouvant, mais lorsqu'il a lieu en pleine nuit çà amplifie cette sensation, tout ce monde qui s'agite alors que l'on sait que l'on va devoir affronter tout seul ce dont on rêve depuis plusieurs mois...c'est presque irréel.... Les sacs vérifiés....le briefing....5.4.3.2.1. c'est parti, au bout d'un moment je ne sais plus où se trouvent les zanimossss à part le trailer que je suis en écoutant Francis (un coureur atypique que l'on rencontre sur de nombreux trails...) raconter son Cromagnon (106km et 5000m de D+) réalisé le week end dernier (il y en a qui ont la santé !!). Bercé par son récit, je reviens à la réalité lorsque je ne l'entends plus, on vient d'attaquer une montée et le souffle a pris le pas sur la parole, le trailer continue lui comme si c'était plat....je ne le reverrais plus.... Nous attaquons une portion de goudron en légère montée, je suis doublé par de nombreux concurrents car je marche, les sensations ne sont pas bonnes, envie de me coucher et de dormir...... Lorsqu'il commence à faire jour je décide de m'arrêter pour ranger ma frontale, Socrate me rejoint et nous partons ensemble, mais il me distance rapidement et c'est l'Electron qui me rattrape et me dit être content d'avoir pris ses bâtons, il pense que Socrate est encore derrière lui, je le suis un moment mais des ennuis gastriques m'obligent à m'arrêter.....je trouve un petit coin pour m'alléger tout en regardant la longue file des coureurs passer...lorsque je repart ça va mieux mais je me retrouve tout seul, bon dernier !!!! J'attaque la longue ascension vers le Pas des Ladres, c'est magnifique, je suis déjà passé par là il y a 2 ans mais je suis toujours ébloui par le paysage, je double les derniers coureurs, je ne suis pas au mieux mais il y a pire que moi...qq. part ça me rassure... Enfin la récompense, l'arrivée au sommet c'est toujours jubilatoire, on a franchi une difficulté et l'on sait que l'on va arrêter de souffrir.....jusqu'à la prochaine.....
Part 2 : du "Pas des Ladres au relais des Merveilles" ou "le bonheur est dans la montagne"
Au Pas des Ladres le contrôleur m'annonce que je suis 300 ème, il n'y a pas beaucoup de coureurs derrière moi, je m'élance dans la descente et un coureur m'emboîte le pas en m'expliquant qu'il est guide de montagne (c'est vrai qu'il court avec des chaussures de montagne !). Pour me rassurer il me dit que je suis dans les temps, 4km/h, mais c'est loin de me satisfaire car un rapide calcul et c'est au bas mot 25h de course, soit toute la nuit à courir....mon objectif c'est 20h soit 5km/h et une arrivée vers minuit ce qui me permettrait de pouvoir enfin dormir un peu, déjà dans ma tête ce sera çà ou l'abandon avant la nuit.... La descente s'effectue sans problème et j'en profite pour remonter qq. coureurs (les bâtons m'aident bien) et j'arrive au 1er ravitaillement à Madone de Fenestre ou je mange qq. biscuits salés. Ne voyant aucun zanimossss je bois un coca et je repart derrière un petit groupe, direction la Baisse des cinq lacs....400m de D+ qui s'avaleront sans problème tellement la beauté du paysage efface la souffrance .... Puis de nouveau descente, jusqu'au Relais des Merveilles, 2ème ravitaillement où je retrouve enfin quelqu'un de la ménagerie, l'Electron, je me réjouis déjà en me disant qu'enfin je ne serais plus seul lorsqu'il m'annonce qu'il abandonne :-( Pendant qq. secondes cette idée passe aussi par ma tête de linotte, je sais que le plus dur reste à faire...mais aussi le plus beau, cette magnifique vallée des Merveilles que je n'ai jamais vue et dont Thierry à eu tant de mal à avoir l'autorisation de traverser... Il n'est que 12h, j'ai encore toute l'après midi devant moi et je décide donc de continuer jusqu'aux trois communes en me baladant et en oubliant le chrono...j'essaie en vain de convaincre l'Electron de continuer avec moi .....
Part 3 : du "Relais des Merveilles aux Trois Communes" ou "quand l'enfer côtoie le paradis"
Me voilà donc parti en plein gagnard vers le Pas de Larpette (1000m de D+ en 5km), une sacré bavante pour avoir le droit de basculer vers cette fameuse vallée des Merveilles.... Je ne sais plus le temps que j'ai mis, mais ce fut long, très très long, interminable même sur la fin dans cette zone rocheuse, sans ombre, sans eau....les yeux rivés sur le sommet que l'on croit voir mais qui n'est jamais le bon..... De temps en temps un regard sur l'arrière pour voir le chemin parcouru et qq. coureurs souffrant dans cette terrible montée..... Quelques marches en bois pour finir et enfin la délivrance, le sommet et cette magnifique vallée tant convoitée avec ses petits lacs d'argent...... Il faut replier les bâtons et redescendre par un petit sentier, le paysage est fabuleux, j'avance comme dans un rêve, un chamois vient à ma rencontre comme pour me remercier de mon effort, un peu plus bas j'aperçois le refuge des Merveilles et ses petits lacs, j'ai le sentiment qu'une fois arrivé dans cet havre de paix je ne pourrais plus repartir....mais je me trompe, les taons, qui n'avaient peut être jamais vus de linotte, tomberont instantanément amoureux de moi et m'obligeront à continuer ma chevauchée vers l'enfer....la cime du Diable... Cette cime je la connaissais pour l'avoir franchie il y a 2 ans, et je savais à quoi m'attendre, mais je ne crois pas en la circonstance que ce fut un avantage....bien au contraire.... Mon seul leitmotiv c'est qu'une fois en haut, une vue à 360° me permettrait d'avoir une vue extraordinaire sur la chaîne des Alpes et sur la Méditerranée....malheureusement lorsqu'il fait très beau l'horizon reste voilé....je restais malgré tout une bonne 1/2 d'heure à admirer le paysage et j'en profitais pour envoyer un texto à l'Electron "il est 16h50, je suis en haut de la cime du Diable". Du petit groupe que nous étions je suis le 1er à repartir, il faut suivre une crête, le début est très technique voire dangereux, je progresse prudemment, une erreur pourrait avoir de graves conséquences ici... Bizarrement c'est à ce moment là que je retrouve de bonnes sensations, je me remets à courir, je distance les coureurs partis derrière moi et j'en remonte même plusieurs autres dans la montée vers l'Authion où j'arrive vers 19h.... J'hésite encore un peu à abandonner maintenant que ça va un peu mieux mais un rapide calcul et je vois qu'il me reste encore 10h de course, soit une arrivée à l'aube et une nouvelle nuit blanche.....je décide donc de rendre mon dossard, avec un pincement au cour, c'est la deuxième fois cette année..... Heureusement le reste n'est que du bonheur, retrouvailles de l'Electron, du Toutou, de Ray et de Gégé à Lucéram, pâtes, bière, douche et surtout qq. heures de sommeil bien méritées..... Le lendemain nous retrouvons le Trailer, Socrate et Gilles qui ont terminés (BRAVO!!!) et ça se termine comme toujours par un AAB dantesque, préparé avec amour par les parents du Trailer que l'on ne remerciera jamais assez, tellement ils ont été disponibles et à nos petits soins durant tout ce week-end...et encore un grand coup de béret zoologique à tous ceux qui ont terminés, il fallait être fort dans sa tête et dans ses jambes pour y arriver... La linot' ps : merci aussi à tous les zanimoss pour leur gentillesse et leur simplicité, à Ray toujours attentive au moindre de nos souhaits, à la famille du Trailer sans qui la fête n'aurait pas été totale, aux bénévoles que l'on ne remercie jamais assez, sans eux rien ne serait possible, et au chef d'orchestre Thierry FADINI, en espérant qu'en 2005 il nous remette çà.....le Trailer lui a déjà fait un circuit de tous les diables, ce qui n'est déjà pas si mal pour avoir le droit de voir le paradis ;-))
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