L'historique
C'est du grand Est enneigé que je vous écris ce soir ce CR d'une formidable aventure
que j'ai vécue le week end dernier en compagnie de zanimos tout aussi magiques que
d'habitude, d'autres personnes étonnantes soit par leur cœur grand ouvert soit pour
d'autres raisons moins flatteuses…
Tout a commencé quand notre Bourrin a jalousé un de ses frères zanimal et a voulu
comme d'habitude se distinguer dans la communauté zanimalesque …En effet notre
Bourrin avait noté depuis quelques temps qu'un autre zanimal au grand cœur avait
eu la géniale idée de "courir utile" et parcourait des kms pour soutenir une association,
bénévolement…
Ayant réfléchi à cela des jours et des nuits durant, notre Bourrin commença à avoir
une sérieuse envie de s'investir également dans un but tourné vers autrui…Il en
toucha un mot à sa fidèle compagnonne de CAP La BioPuce qui comme à son habitude
s'enthousiasma de suite ….La volonté du Bourrin de trouver une association tournée
vers les enfants, associées à la passion de La BioPuce pour l'Asie les mena au
forum des associations d'Asnieres un beau jour du mois de septembre. Les deux
zanimos présentèrent leur passe temps favori à quelques personnes présentes ce
jour derrière le panneau "Enfants du Mékong" …Il n'y eu tout d'abord pas beaucoup
de réaction, un étonnement surtout face aux histoires aussi sottes que grenues
mais pas tant que ça évoquées par les deux bestiaux concernant des courses natures
longue distance…"combien de km vous dites?" des questions financières furent
évoquées et vite réglèes, bien sur qu'ils voulaient juste courir ces zanimos mais
"courir utile" en essayant de mobiliser des foules autour d'une cause à laquelle
ils croyaient.
Et l'aventure démarra….Tour de France d'EDM pour présenter le film relatant leurs
actions en parallèle d'un tour de France de CAP en relais par plein de zanimos
en folie, d'UFO et autres prisonniers de la CAP…ou des causes du cœur! Franchir
l'horizon était né…
Notre Bourrin travailla d'arrache pattes pendant des mois durant,
mobilisant un nombre considèrable de personnes autour de ce qui allait devenir une
grande aventure…les mois passent, l'hiver arrive, la neige tombe dans le Grand Est
et recouvre toute la nature, tandis que dans le reste du monde zanimalesque la vie
continue, chez certains chanceux sous le soleil…et arrive enfin l'échéance le départ
de Franchir l'Horizon…
Vous avez tous lus les précédents CR des autres zanimos je pense…
(non? Ccomment ça non??!!! Allez chaussez tous vos lunettes!). Par conséquent ayant
pris le train en marche( au fond chuuuut) je commencerai donc mon récit à l'arrivée
à Caen…où très ponctuelle pour une fois je me trouve à 17h au palais ducal impatiente
de voir arriver mes amis zanimaux relayeurs…Les personnes d'EDM sont là, je ne les
ai pas vues depuis longtemps, depuis que je suis en retraite professionnelle dans
le Grand Est, loin du reste du monde civilisé…là où passèrent encore cette après
midi au CHU des ours polaires à ski portant une écharpe rouge volant au vent….
Tout est prêt pour accueillir les relayeurs sauf que je ne constate pas vraiment
la présence de beaucoup de gens d'EDM autres que ceux de Paris et que il règne un
certain flou quand au lieu d'arrivée des coureurs, de la sauce à laquelle ils seront
mangés en arrivant etc…enfin les voici et je fais connaissance avec plein de nouveaux
zanimos en une fois, le Ton-yé un phénomène…, La Cane (je pense à la lecture de
certains CR que Cane ne prend qu'un N si on considère bien la bebete et pas le bout
d'bois….avisss à une certaine personne qui se reconnaitra mais que par décence je
ne citerai pas ((((((( le Bou…))))))))), La Dofinette-à-vélo, le Castor, et Mr L'Electron
que je n'ai point vu depuis fort longtemps égalemen!
Interview des relayeurs par qq journalistes puis on rentre au chaud où le délégué
local n'a rien prévu de particulier pour les coureurs, à mon grand étonnement…J'en
viens même à me demander s'il a compris qu'il y avait des gens qui avaient parcouru
250 km depuis plusieurs jours, dont une nuit blanche!
La soirée commence et la diffusion du film d'EDM que je visionne une première fois en
entier me bouleverse. J'ai vu les yeux de ces enfants en Indonésie dans certains petits
villages de campagnes où j'ai eu l'occasion de passer et leur sourir malgrè tout et
c'est tout cela que je revois dans le film, accompagnés de ces gestes simples des gens
d'EDM qui peuvent changer la vie des adultes de demain…J'ai noté qu'avant la diffusion
du film, un des responsables d'Edm a dit "regardez ce film avec votre coeur ouvert"….
comment peut on le regarder autrement? S'il n'y est pas il s'ouvre automatiquement
pendant la diffusion des images, judicieusement choisies……
A la fin de la soirée c'est avec difficulté que nous trouvons un endroit où manger,
je me fais du souci car il est tard et qu ele Bourrin a accumulé beaucoup de fatigue
les jours précédents et que nous faisons l'étape suivante ensemble…Le délégué bof il
n'a pas l'air concerné, vit sa vie, n'a pas les clefs d'ou nous dormirons et prend
quand même le temps de prendre de l'essence avant qu'à enfin 1h du mat' nous arrivions
tout d'abord devant le château de Versailles où La Canne et moi même avons durant un
instant d'égarement pensé que nous dormirions…pui snous arrivons devant une magnifique
ferme en restauration non chauffée avec pour seul point d'eau un robinet livrant de
l'eau froide et pour motivation à ne pas bouger de nos lits un garde très spécial en
la personne (si on peut dire) de ….j'ai nommé Mozart!!!! Un énorme chien qui doit
faire deux fois ma taille une fois sur ses pattes arrière. La nuit est courte et
froide, et je me rends compte que j'ai oublié le bouchon de ma poche à eau….je suis
partie un peu comme une touriste je crois…hum une bonne leçon à tirer de cela aussi,
non?!
Nous partons le lendemain matin en compagnie de Véronique et Jean Baptiste d'EDM
pour Fougères où après un p'tit café nous décollons à 9h45 Le Bourrin et moi, en musique,
avec Matrix, pour une mission très spéciale que nous avons accepté ...courir pendant 40
km aux couleurs des enfants du Mékong.
La matinée se passe au rythme de plusieurs arrets de ma faute, puisque je veux mettre
des pansements sentant des frottements aux pieds, déserrer mes lacets qui me serrent
trop etc…je mets du temps à m'équilibrer en fait et pourtant pendant la première heure
notre rythme me convient nous parcourons environ 8km je trouev que c'est raisonnable…
Le midi nous nous arretons dans un petit café où enfin notre Bourrin se verra offrir
par la Biopuce le fameux jambon beurre bière qu'il réclame depusi plusieurs jours!
Sous les encouragements du cafetier et au bout de 20 min de pause revigorante nous
repartons. L'après midi se passe bien , le soleil est au RDV depuis le matin, la
campagne bretonne me plait bien, je suis heureuse d'etre là!! Loic Lebon nous rejoint
vers 14h et des brouettes et nous parcourons une trentaine de km avec cet homme étonnant
de gentillesse. L'opposé de notre hote de la veille. Des que je suis pendant trop
longtemps seule-puisque lui et le Bourrin sont devant_ il fait demi tour et me rejoint,
on discute un peu ou alors on court en silence. Il est super humble c'est génial! Et
pourtant j'étais stressée quand il nous a rejoint, un peu peur que ça casse le petit
rythme que nous avions…je ne suis pas encore assez "indépendante" peut etre à ce niveau…!
Des que j'ai du mal et que je sens ma tete qui flanche je pense à ces enfants je pense
aux images que jai vues la veille et qui me poussent, j'ai une bonne raison d'etre là
et si ma tete parfois refuse que mes jambes avancent c'est mon cœur qui prend le relais….
c'est une expérience formidable. Par moment j'associe qq personnes à mes pensées pour
me motiver dont la vie a également été rendue difficile par des événements malheureux
et ça m'aide à mettre un pied devant l'autre…Pourtant je trouve qu'on n'avance pas….
à raison puisqu'en arrivant à Rennes après avoir traversés une partie de la zone
industrielle et retrouvant deux femmes nous rejoignant et nous encourageant sur
les derniers km Le Bourrin m'apprend qu'il m'a menti depuis longtemps !!!! en fait
quand nous serons arrivés nous aurons parcouru 53km…Merci L'Bourrin si tu m'avais
dit la vérité je me serais assise sur le bitume en tailleur dans la position du
lotus et j'aurais pleuré….!!!!
J'ai remarqué une fois de plus pendant ces heures de course sur le bitume à quel point
le corps et la tete sont liés et ne sont pas liés…à quel point en se mettant dans sa
bulle on s'en va loin de ses pieds et de ses jambes, comme une sorte de méditation…
tellement de choses nous passent en tête …. C'est important d'arriver à s'isoler…
certainement que les adeptes du yoga arrivent plus facilement à cet état …. Peut
etre que dans qq temps vous retrouverez dans les CR une biopuce yogi…..
Bref…notre arrivée à rennes est super géniale et après avoir bu et grignotté qq
chose je pars avec la femme du délégué local Jacques, qui m'emmène chez eux pour
prendre une douche. Ensuite nous retrouvons tout le monde à la soirée qui contrairement
à la veille fut une réussite à tout point de vue. 14 parrainages en un soir ….!!!
Je vois le film une deuxième fois et de l'avoir vu avant et après les kms parcourus
c'est drole, parce qu'avant on sait pourquoi on va le faire et après on se dit encore
plus qu'il fallait le faire..bref…un grand moment démotion cette journée…!
Le lendemain nous repartons pour Paris où après le semi marathon plusieurs autres
animaux nous attendent dont Le Papy, La Tarine, Le Dob, La Dobie, LaTarinette,
Le Fluet, le Troll, Le mouton, Le Ratounet et La Ratounette….Quel plaisir de voir
encore de nouveaux zanimos et d'en revoir d'autres!
Bilan de ce WE : courir c'est génial, courir en étant motivée pour soutenir une action
telle que celle des enfants c'est magique. Ca vous donne des ailes, car ils osnt la
vie, l'espoir, ils sont les adultes de demain, que nous devons guider. Alors merci
au Bourrin de son engagement dans cette cause merci d'avoir mobilisé tellement de
coureurs, merci pour le temps que tu as passé à mettre en place Franchir l'Horizon,
et merci de ces 53km parcourus ensemble, qui donnent encore plus l'envie d'y retourner!
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Caen - Rennes - 6 Mars
6h00 Dring!!
Vite s'habiller, après une petite nuit (5h de sommeil) et une
troisième journée à courir, je suis un peu stressé à l'idée de faire 60kms
en courant sans assistance mais en même temps je suis content de courir une
fois de plus pour Enfants du Mékong.
Préparation du sac à dos et de la poche à eau, mais d'abord il faut trouver
l'eau courante dans cette ferme château (lire épisode précédent
Asniéres-Caen) ! Pffffff.. Ayé ! Dans les toilettes douches il y a de
l'eau.
Pour la douche vu la température ambiante on verra une autre fois ! d'autant
plus que je suis sur que l'eau est froide.
Je remplis juste 1L, on verra en route pour le reste.
Petit déj' : 1café ! Notre hôte n'ayant pas pensé qu'un coureur a besoin de
s'alimenter. Y a rien d'autre ! Le DG d'EdM est levé, il a pas terriblement
bien dormi à cause de Mozart (monstre à 4 pattes de 80 kgs avec des dents de
tigre) qui lui a fait la lèche toute la nuit! :-))))
6h40, on part pour Caen, déposer Annick à la gare et on s'échappe vite car
je veux démarrer la balade du jour à Fougères et non plus Landéan comme
initialement prévu ! pourquoi ? mais à cause de ma longue nuit de récup' et
2 marathons en 2 jours, je choisis la sagesse en économisant 10kms cela fera
encore environs 42-45 kms. Qui a dit que c'était un gentil garçon l'Bourrin
? hein ? j'en vois un qui baisse la tête la bas au fond ! gnagnagna pas la
peine de ricaner. Bon d'accord, j'ai pas vraiment regardé la carte, juste
rapidement au téléphone 3 jours plutôt pour fixer le point de RDV avec Loic.
Je profite des quelques instants qu'il me reste dans la voiture pour
grappiller encore du précieux sommeil.
Biopuce est un poil stressée ! 40-50 kms aïe aïe. et surtout ce qui l'effraie
le plus c'est de penser que Loïc Lebon nous rejoindra après sa matinée de
travail à mi-chemin et quand elle repense à son CV c'est pire! Ben voui :
membre de l'équipe de France de 24h, vice champion de France des 24h,
quatrième perf. mondiale du 24h (si je me rappelle bien), Ca le fait quoi !
J'ai beau lui dire qu'on va l'attendre, rien n'y fait! De plus pour arranger
son stress elle a oublié sa poche à eau, elle a une bouteille de Badoit à la
place.
Cluck. dodo. pip-pip-pip je me réveille à la sortie de l'autoroute Fougères!
On se gare prés de l'église. Je fais mes calculs de timing, ok on le temps
de prendre un vrai petit déj' : croissant, café.
Retour à la voiture, on s'arnache, JB met la musique de Matrix à donf sur le
parking, je déchire la carte Michelin pour ne garder que le morceau qui
m'intéresse et plie le tout de façon à n'avoir qu'un morceau de carte de
3cm x 5cm à lire tout en courant avec le pouce qui marque le dernier point
passé.
Le départ
9h30, on s'élance sous le regard amusé des quelques passants, musique à donf
et Véro prenant des photos. Pendant que je pliais mon bout de carte, j'ai
fait un rapide comptage des kms: Mouarf! Un cinquantaine au minimum,
j'oublie le mot mini quand j'annonce le kilométrage du jour à Biopuce !
Je l'adore, à chaque fois je lui fais le coup. :-))))
1ere étape 7.5kms de grosse départementale très fréquentée, pas terrible.
Mise en jambe assez rapide, ca me scie ! J'ai vraiment l'impression que plus
je cours, plus le corps s'adapte aux enchainements. Je fais gaffe quand même
de ne pas aller trop vite pour Biopuce.
Ca faisait longtemps que l'on avait pas couru ensemble maintenant qu'elle
habite Nancy, alors blablabla.
????? village Ca y est on est chaud, et 8km/h de moyenne. Perfect ! On
s'arrête, Biopuce enlève une couche de vêtements. On se prépare à repartir.
Stop! Ca lui gratouille sous le pied. hop déballage de sac à dos, je sors un
compeed de ma pharmacie et hop. Oups, 10' de perdue.
Trois kilométres plus loin, j'avais repéré sur la carte une route suivie
d'un chemin qui doit nous raccourcir de 3kms environ. bof. pô trouvé le
chemin. demi tour ! pffffffff.. C'est 3kms de perdu mais plus de 20' aussi
:-(((( soit prés de 2h pour faire 12kms seulement! Aïe ! c'est pô gagné !
en deux heures on a perdu la moitié de notre marge de manouvre.
Biopuce face à l'Horizon
En tout cas il fait beau et tous ces petits vallons bretons, sont jolis. On
voit assez loin, le paysage alternant champs et bois est ma foi assez
plaisant, surtout après les deux derniers jours passés sous la pluie ou dans
le brouillard. On trottine ainsi en devisant, quand au sommet d'une côte
Biopuce me dit: Bobo papatte !
Ah. c'est le compeed qui s'est barré et laisse à nouveau l'échauffement à
nu. Je ressors la pharmacie et lui coupe un gros morceau d'élastoplaste à
scotcher largement sur l'ampoule naissante, ca devrait tenir mieux. On ne
s'attarde pas, car c'est encore quelques minutes d'envolées.
Je me régale , les jambes vont super bien. J'ai vraiment l'impression
d'avoir passé un cap. Les facultés d'adaptation du corps humain ne cesseront
de m'étonner.
Je suis perdu dans mes pensées quand je me dis qu'il faudrait que je trouve
un bled disposant d'un café qui ferait des sandwichs. pô gagné! Et une petite
pause fera du bien, car quand on court on est à un peu plus de 8km/h. quand
on court :-)))
Premier troquet avant Dourdain: Bonjour! Vous faites des sandwichs? Non?
Merci, au revoir.
On repart pour 8kms.
De papottages en montées de vallons, on tient notre rythme. Au sommet d'une
côte je montre à Biopuce notre chemin au loin, à la droite de la forêt que
l'on voit là-bas au fond.
Dourdain???? 24kms, 3h30 pas terrible mais compte tenu des arrêts c'est
correct, par contre il ne faudrait plus trop faire de pauses. On trouve
notre troquet du paradis ! Je commande le jambon/beurre/biére dont je rêve
depuis trois jours que je suis parti ! C'est Biopuce qui me l'offre. (elle a
pas jeté le sien non plus, sans bière par contre). Vingt minutes plus tard
on repart non sans avoir refait les pleins d'eau (1.5L). Sur la table du
troquet, je mets ma poudre énergétique dans ma poche à eau, mouarf ! koment
ki me regarde le patron ! Je lui explique que c'est du sucre (maltodextrine)
et au passage pourquoi on court aussi.
Allez zou, c'est reparti. Wouah, c'est beau des papattes de Bourrin! Même
pas mal !
Au détour d'un virage en haut d'une ôte je prends Biopuce en photo sur le
long serpent de bitume, bordé par une magnifique ferme.
Je la rattrape. une petite boule me noue la gorge, tout à l'heure je vais
devoir arrêter de courir et laisse le livre d'or trotter seul pour la
défense des enfants, passer de mains en mains de coureurs tout au long de
cette chaine de solidarité. 5 mois de boulot et je vais devoir passer la
main! 'tain ca me fait quelque chose ! Allez re-saisi toi mon Bourrinou
c'était le but! Ouais ben j'ai envie de continuer quand même !
Coup de téléphone, c'est Loïc, on se fixe un point de rendez vous. Trente
minutes plus tard, une voiture se gare devant nous, Biopuce se cale derrière
moi, intimidée? :-)))) Loïc, se précipite vers son coffre pour prendre ses
affaires pendant que Mme, toute sourire, nous dit bonjour, Loïc me tend une
main généreuse le sourire jusqu'aux yeux ! Bon ben, je me laverais plus la
main, elle a touché celle d'un champion ! :-))))
Il a pris, juste une bouteille d'un demi litre d'eau, car il nous avoue que
n'allant pas transpirer, il aura peu de besoin en eau. pffffffff..
:-)))))))) pas tout à fait comme moi !
Après la séance de présentation, on se remet en route. Je me retourne et
Biopuce a déjà pris 20m. Oh oh. elle est encore plus tendue qu'une arbalète!
Je suis mort de rire. le CV de Loïc l'a vraiment effrayée ! :-)))))
Petite montée d'un kilomètre. ouille ouille Biopuce décroche vraiment. je
sais par habitude qu'il suffit que je lève un peu le pied et que je garde
quelques mètres d'avance sur elle pour qu'elle raccroche le wagon. Loïc est
inquiet, car il a peur de ne pouvoir courir aussi lentement :-)))
Arrivé en haut de la côte je lève le pied, Biopuce recolle, on papotte
joyeusement tout alignant les vallons. Je questionne Loïc sur son
entrainement, lui transmet le bonjour de la Cane (Annick) je remarque aussi
son laçage particulier: croisé sur les deux premiers oillets, puis un oillet
sur trois ensuite.
Biopuce, commence a avoir un peu de mal, allez courage ! il nous reste
environ 25 kms. Loïc alterne avec moi, repart en arrière relancer Biopuce
puis revient vers moi et ainsi de suite. Moi je préfère monter les côtes à
mon rythme et lever le pied en haut pour attendre Biopuce. Notre vitesse a
chuté et est proche des 7kms/h maintenant.
Le soleil a disparu et un vent très frais s'est levé.
Les kilomètres passent ainsi, et je vois avec un peu d'inquiétude Biopuce
s'accrocher, bien qu'elle n'ai pas de douleurs en particulier, on dirait
plutôt que c'est son stress qui l'a épuisée d'un coup. bizarre.
Loïc et la g...Biopuce
A un moment ou nous ne sommes que tous les deux, je lui demande ce que ca
lui fait de courir à côté d'un champion, réponse : je me sens une grosse
nulle ! Pffffffff. y a du boulot là. je lui dit que tout à l'heure je
chambrais Loïc en lui disant que mon surnom c'était l'Bourrin et que c'était
lui qui en avait le coeur et les pattes ! Sa réponse, ben voui on est pas
tous égaux devant la course à pied. ça c'est clair ! parce que quand je le
vois accélérer pour rejoindre Biopuce, je vois bien que c'est du retenu en
plus ! record sur 100kms : 7h05. vi vi. pas mal.
Je savoure ces instants où l'on court tous les trois, mais c'est dur car on
est sur une route ou il y a pas mal de passage alors on est plus souvent en
file indienne.
Il commence à faire vraiment froid, je mets mon coupe-vent.
Encore une douzaine de kms, Biopuce commence à piocher, elle ne dit rien,
mais je vois bien qu'elle est pas au mieux, Loïc aussi, il fait tout ce
qu'il peut pour l'aider et la rassurer.
Un joggeur nous croise : bonjour! Un petit moment plus tard il nous double,
je le rattrape et lui demande la distance pour arriver à notre lieu de RDV:
10 bon kms. aïe, je pensais 7-8 tout au plus, il me demande d'ou on vient,
je lui explique, il a pas vraiment l'air de me croire :-)))). Biopuce est
vraiment sur la corde raide, mais elle n'arrête pas de trottiner.
La voie ferrée, sur mon bout de carte, je dois traverser et je n'ai pas la
route à droite qui longe la voie. dans le doute je préfére suivre la route
que j'ai sur la carte. Plus d'eau. Loic n'ayant quasiment pas touché à sa
bouteille, il nous la propose avec mon mono-rognon je ne peux pas me
permettre de ne pas m'hydrater correctement alors je n'hésite pas, je la
prends.
Elle nous méne sur la Z.I. de Cesson-Cévillé, beurk, plein de voiture,
trottoir en travaux. pas la joie.
Je sens l'écurie et je me rends compte que j'accélère. J'essaie de joindre
Marie, qui doit faire les derniers kms avec nous et nous guider dans Rennes.
Biopuce est impatiente aussi de retrouver nos guides Rennais car cela
signifie la fin de la balade ! :-)))
D'après la carte toujours tout droit et on doit arriver place du parlement,
fin de notre périple ! J'arrive enfin à avoir Marie au tél. je lui explique
notre route, elle me dit qu'elle nous attend avec quelqu'un d'autre sur la
berge de la Vilaine. Je regarde la carte, non ça nous ferait 1 à 2 kms de
plus, et Biopuce à vraiment du mal alors je lui dis que l'on continue sur
notre trace, soit tout droit ! On passe le panneau Rennes, Loïc me dit que
ce qui est écrit dessous c'est le nom en Breton ! ok ok. Maintenant avec le
recul, je me dis que j'étais aussi dans le potage, car je voulais faire une
photo du panneau Rennes. tant pis. de même j'aurais pu lui dire aussi que
dans le pays basque c'est aussi écrit en basque. Touché le Boubouh' ? beuh.
même pas vrai! Koike.
Une côte, Biopuce lache prise. je l'attrape par la main et la tracte sur
quelques dizaines de mètre, elle repart.
Enfin nos deux accompagnatrices-guides. Présentation, bonjour on repart, il
reste environ 4 kms. ouf. une demi-heure au vu de notre rythme.
Long long, passage dans Rennes city ! Moi aussi, la tête commence à
flancher. les pattes vont bien, mais je commence à en avoir marre de la
ville.
Les Franchisseurs à Rennes
Je commence à reconnaître une rue, puis deux. enfin la place de la fin.
place du parlement. Un stand pliant EdM est sur la place et symbolise la
ligne d'arrivée, tout le monde nous tourne le dos ! (on devait arriver par
les berges de la Villaine) Je crie. Yahoouuuu. ils se retournent. trop tard
on est sur eux. les photographes demandent à ce qu'on la refasse. Biopuce
grogne qu'elle pourra plus courir, on lui dit mais si! Alors comme d'hab'
elle obéit ! :-))) et elle court : flash. photo dans le journal.
Puis interview des journalistes, pourquoi on court, pourquoi j'ai
monté ce tour de France pour EdM, et là je craque. ca y est c'est fini, je
dois passer la main et regarder de loin, gérer les petits soucis de
derniéres minutes, mais maintenant l'opération est lancée et va vivre.
demain le Chacal prendra le relais, après demain un autre et ainsi de suite
jusqu'au 1er Avril ou je reverrais le livre d'or. Et quand je constate le
résultat, ca me fait quelque chose, le fait de penser que grace à notre
passion, on arrive à sauver des familles, des vies. ca me bouleverse, nous
avons une passion, nous vivons pour et là nous apportons de l'espoir. y a
pas ça donne des jambes ! On ne pense qu'à continuer. Malheureusement, je
cours pas assez vite pour suivre le Chacal et puis c'est 112kms et puis je
peux pas faire tous les tronçons, mon patron ne serait surement pas tout à
fait d'accord.
Franchissez l'Horizon et vous ne serez plus tout à fait les mêmes.
Sur la scène à Rennes
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