Franchir l'Horizon
1ère étape : Asnière - Caen


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Le récit du Bourrin
Le Bourrin
Préparation
Septembre 2003 siége social d'Enfants du Mékong (EdM) à Asniéres (92):
Toc-toc. Bonjour, on souhaiterait courir pour Enfants du Mékong !

C'est ainsi qu'a débuté le projet du Tour de France en courant
Franchirl'Horizon.

Je ne vous dis pas l'étonnement des responsables de l'assoce ! et combien ca
va nous couter ? et pourquoi voulez vous faire ca ? Vous faites quoi déjà ?

Je ne vous dirais pas non plus leur incrédulité face à deux cinglés qui leur
disent faire de la course en montagne sur des distances et des dénivelés qui
leur semblent tout bonnement inhumain ! :-)))) et on ne leur a pas tout dit
non plus, sinon ils nous auraient définitivement pris pour des
mono-neuronaux attardés. Nous ? Biopuce et moi.

De réunion en discussion, on commence à devenir crédible, entre temps j'ai
tester la réaction des coureurs sur les divers forum et mailing-list dont je
suis membre : ouais super, j'en veux aussi. allez zou. je me lance, mais
hésitant un peu devant l'ampleur du projet, j'en parle au Chamo (phil UFO),
qui me botte un peu le derche en me disant à peu prés ceci:
-tu y crois ? t'es un UFO ? alors fais pas ch. fonce ! non mais !

Mi Novembre, lancement officiel des inscriptions, ca rentre je comble petit
à petit mes tronçons.
Mi Décembre, ca s'essouffle un peu, EdM me met la pression: préparation des
pub, tracs, peut-on convoquer la presse ? Est-on sur que les coureurs ne
vont pas se désister ? ect.

Je m'engage un peu en disant meuuuhh..nan. tout va bien ! je dors pas
terrible en fait, conscient des investissements en jeu, et tout et loin
d'être bouclé.

Mi janvier, contact avec Irina Kazakova, sur les indications de l'Electron,
accepterait-elle d'être la marraine de l'opération sportive du projet ?
OUI ?
Yoooouuupiiiiieeeee.

Ca relance la machine, j'ai à nouveau des inscriptions qui rentrent. mes
tronçons se mettent en placent. Le bouche à oreille électronique fonctionne
à merveille ! les potes relaient sur leurs sites, Irina marraine de
l'opération, offre sa puissance médiatique pour EdM.

Je m'entraine à courir sur du bitume (c'est pas bon hein ?)  n'ayant eu
aucune candidature sur le tronçon Caen-Rennes je le ferais aussi, mais
seulement les 50 derniers kms ! car j'avais décidé depuis le début de faire
le premier tronçon Asniéres-Chartres qui est devenu Asniére-Caen très
rapidement.

Je m'étais réservé 2 jokers: un tronçon de plus que la raison ne
l'autorisait et une journée de congés de plus à poser  au cas où. le premier
joker est fumé : caen-rennes :-)))) le deuxiéme aussi : assistance d'Abasie
sur Orléans-Bourges ! :-))
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Asniéres le 3 Mars 19h30
L'équipe du premier relais
RDV, fixé avec l'équipée sauvage du premier run: Asniéres - Caen
- La Dofinette: accompagnatrice VTT, elle m'a tellement entendu parlé de mes
périples qu'elle se dit et pourquoi pas ?
- L'Electron il m'a assez trainé dans des trucs de ouf, à mon tour (on s'en
veut jamais, puisqu'on recommence toujours)
- Tonyé (prononcez Ton-yé fils du Yéti soir le yéton d'ou en verlan
Yéton), organisateur du Grand Trail du Castelnou en mal d'aventure et son
pote Laurent triathléte en VTT aussi.

Mais tous, sont unanimes sur une chose pour Enfants du Mékong on ira au bout
porter ce relais.

On charge la voiture, met nos beaux T-shirts Franchir l'Horizon et attendons
à l'arriére de la scéne. Le Chacal nous rejoint et débute les frasques
lyrique de Tonyé qui nous déclame du Shekspeare. et nous fait éclater de
rire sous divers sketchs. on nous appelle. oups on reprend notre sérieux et
accourons tranquillement sur la scéne. Wouah. y a du monde. petit speach de
présentation, applaudissements et on s'élance sous les bravo de la foule.

21h30 Ca y est. c'est parti. j'ai du mal à réaliser, qu'enfin j'y suis. 5
mois de boulot, 3 mois de stress et de nuit "courtes". j'ai vraiment réussi
à mettre ca en place ? dur, de m'en persuader.

L'Electron prend son premier relais suivi de la Dofinette, du Fluet qui nous
attendait et Michel (Un Ufo de grenoble résidant à Paris venu nous
encourager jusque Rueil). Pendant ce temps on prend la voiture et nous
allons au premier point de RDV car les coureurs prennent les sens interdit
et pas nous ! :-)))

L'ambiance ? excellente ! Tonyé animateur, délire sans arrêt ! c'est pas
possible, il faut le voir pour le croire !

J'ai hâte de courir aussi. l'Electron se tape les 20 premiers kms pour
sortir de la banlieue.
Au détour de St Germain je crois, on perds les coureurs avec ses histoires
de sens interdit, mais avec le téléphone on se retrouve très vite.

Mon tour.. Aaaaaaaaaaahhh. enfin !
On s'arrête tranquille, pas pressé ca va toi ? oui. moi aussi, il fait beau.
blablabla. bon on y va ? allez tranquillou. (au moins10' de perdue).

Cette fois je cours vraiment pour Franchir l'Horizon, enfin ! je cherche
très vite à trouver ma foulée la plus neutre possible et la plus économique
sachant que c'est environ 40 kms les deux premiers jours que je vais devoir
faire et 50 le troisiéme.

Je papotte avec la Dofinette, car ca doit être dur aussi pour elle de suivre
à 9km/h environ en VTT, froid et ennui. on sort enfin de la banlieue, nuit
éclairée par la lune. Vers Orgeval. on se paume, je rate une rue après avoir
hésité 1kms plus loin plus de doute demi-tour :-))))

Puis arrive enfin les grands espaces plaine et forêt avec la lune pour nous
éclairer de sa magie. je demande à la Dofinette d'éteindre son halogéne,
afin de mieux profiter du spectacle elle hésite puis s'éxécute et s'étonne
que l'on voit aussi bien la nuit. je savoure: je trottine dans le silence de
la nuit, il est prés d'une heure du mat', quelques voitures viennent
pertuber mes pensées de leur éclairage. je pense très souvent à cette cause
d'EdM. non sans émotion. ma foulée est enfin stable, les cuisses vont bien,
j'ai l'impression de pouvoir tenir longtemps longtemps. je nage en plein
bonheur. Malheureusement après environ 2h10, je dois passer la main à Tonyé
et Laurent qui bavent partout d'envie de bouger. changement de vélos,
ravitaillement, étirements blablabla. la Dofinette refuse de boire car elle
ne sait pas ou aller évacuer le surplus d'eau. :-))))) on lui ordonne
d'aller pisser derrière l'abri bus qu'on ne regardera pas ! Tonyé crie, vite
vite donne l'appareil photo. éclats de rire.

Je monte dans la voiture, wouah. ca commence à vivre là dedans. y a des
odeurs. mmmmhhh. je vais pouvoir jetter les siéges après ! La Dofinette
s'allonge derriére, on n'a pa s le temps de lui demander si tout va bien
qu'elle ronque sans avoir demandé son reste, l'Electron conduit, je tiens la
carte.

Tonyé et Laurent sont parti pour faire 4 relais de 10kms en run and bike.
Tonyé me surprends de sa foulée rapide et aérienne. Le sauvage ! il me
bluffe une fois de plus ! me suis pas entrainé et gnagnagna. en plus il fume
!
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Un nouveau jour
Le temps passe et je finis par légérement m'assoupir. non je ronflais pas !
c'est pas vrai ! :-)))
Euh. j'ai un trou de mémoire jusqu'à la reprise du relais par l'Electron
:-)))

7h30 je crois. on décide de s'arrêter faire un petit déj au premier troquet
trouvé ! Mais bernique ! les bleds sont tellement petits qu'il n'y a pas
l'ombre d'un bistrot ! 9h00, je dis à Tonyé l'Electron va mal. sa tête
penche à droite, c'est pas bon. tout en conduisant, je cherche un troq'

Non. en voilà un. demi-tour au carrefour précédant pour attendre l'Electron
et lui éviter de chercher son chemin quand je vois un dame sortir de chez
elle et attendre sur le trottoir et nous regarder bizarrement. ben faut dire
que vu la pluie incessante depuis 3h du mat' la voiture est complétement
embuée et 3 zozos à la mine Pas TiBulair (y avait un Tonyé dedans),
immatriculation 64 (pays basque) ca devait le faire. bref arrive un
fourgon..

Oh p#tain. ca serait pas un boulanger ? j'attrape mon porte-feuille et
m'éjecte de la voiture comme une fusée : 5 croissants 5 pains au chocolat !
Yahoooooo. c'est la teuf ! on fait demi tou pour annoncer la bonne nouvelle
à l'Electron : il en peut plus il veut arrêter, ok onlui dit dans 400m il y
a un troquet ouvert : il continue alors !

9h30 Teuf dans le troquet ! café au lait chaud et petit déj'. plus petite
clop pour le Tonyé :-))) tout le monde nage en plein bonheur!

On repart qd même 40' plus tard. à moi! :-)) avec les viennoiseries dans le
ventre ca va être tip-top ! il pleut toujours légérement mais ca n'est pas
génant, je mets juste le béret.

J'ai du mal à trouver mon souffle, très vite les jambes ce sont remises
comme quand j'avais arrêté dans la nuit, sauf les cuisses moins dures. par
contre le petit déj me demande souvent la permission de vivre sa vie seul de
son côté, mais ca il n'en n'est pas question, je l'ai trop apprécié ! je ne
cause quasiment plus et m'en excuse auprés de la Dofinette quiavait repris
son tour de garde avec l'Electron. Je lui fais mettre le poncho pour éviter
qu'elle ne soit trempée et gelée et la force un peu à boire car elle est
toujours aussi refractaire de ce côté là !

11h10, je déroule je suis dans ma bulle biendans mon rythme et je savoure le
paysage, long sous bois avec qq côtes qui passent tout aussi facilement. je
m'éclate je tourne aux environs de 10kms/h avec cette sensation de bien être
qui pourrait durer des heures.

village long faux plat montant, je me mets sur le trottoir qd une sorte de
crampe me gnaque le mollet droit. est-ce l'espéce de sol mou gravilloné du
trottoir ? je m'étire, ca passe. dés que la voiture est en vue je demande de
la Sporténine, je continue la douleur passe mais je la sens prét à revenir.
à nouveau long sous bois, j'aime bien malgré que je préférerais être sur les
sentiers. à nouveau grosse émotion, en repensant à ce tour de France pour
une cause humanitaire. tous ces enfants. je continue de trotter.

1h50 que je cours, je préfére en rester là car je sens le mollet hésiter
aussi de son côté et comme ca n'est que le début, autant ne pas insister.
Tonyé reprend la suite, mais n'attends pas et commence à courir. ce sera le
début des relais sans perte de temps. L'Electron me dit 18.5kms. c'est à peu
prés ce que j'avais estimé, donc je suis dans le bon timing aussi pour le
marathon de Paris. J'ouvre la portiére. POUAH. beuh. c'est affreux ! je sais
pourquoi la Dofinette elle préfére rester sur leVTT ! j'hésite aussi à
remonter dedans, après la baffe prise par les odeurs. ca sent l'homme des
bois qui a vécu. genre qu'à pas vu d'eau courante depuis aaahhhooouuuuu..

Je sais plus trop la suite, est-ce une absence de ma part ? bref. il reste
12kms avant l'arrivée quand Tonyé dit stop. l'Electron a mal au genou,
Laurent aussi, et moi le mollet est toujours douloureux. concilliabule: on
fera chacun 4kms, l'Electron commencera. 4kms plus loin, je le vois souffrir
et m'apprête à prendre le relais qd Tonyé me dis j'y vais ! meuh. et moi ?
nan ! j'y vais. pas le temps de réagir qu'il est déjà en train de courir.

Je me demande si il n'y a pas une conspiration pour m'éviter de trop en
faire ! Douterait t'on de mes capacités ? :-)))

Voyant notre premiére étape approcher cela donne des ailes à Tonyé, il ne
s'arrêtera qu'à Bernay (27) lieu de notre pause dodo-ravito. et jonction
avec Annick.
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Bernay et la plaine normande
L'hôtel, la pause et les boissons de sportifs
17h26. YAEH.. 160kms de fait ! 'tain ce que l'on peut avancer avec nos
pattes !

Hotel, Douche, biére. on va chercher Annick à la gare. Re-biére, puis
manger. Biopuce appelle et la passe à l'Electron qd elle lui dit qu'elle
arrive bien à Rennes par le train de 16h15. Quoi ? mais on part de Caen pas
de Rennes ! Eclat de rire, heureusement qu'elle appelle et le dit! Elle
rappelle, ok elle sera là à temps aussi.

Dodo plus que très rapide ! L'Electron a même pas eu le temps de poser la
télécommande de la télé qu'il dormait !

7h30 réveil, rhabillage et petit déj'. L'organisateur du Tour de France en
courant (la vrai course) est venu prendre un café avec nous c'est un ami
d'Annick, il est boulanger à Bernay)

8h50 on a préféré se mettre à la sortie de la ville directement et éviter le
bazar matinal du traffic (pas toujours des trottoirs et les camions rasent
bien).

Je prends le premier relais afin de voir de suite si mon mollet tiendra, je
dois longer la nationale sur 2-3kms, beurk ! et dangereux avec tous ces
camions !

Au rond-point je tourne et continue de trotter. je vois la voiture et
toujours de Dofinette. on a paumé la Dofinette ! heureusement elle a son
téléphone, alors ils partent la retrouver après m'avoir indiqué la route à
suivre.

Le mollet ne me gêne pas du tout, au touché c'est douloureux mais plus en
courant.alors c'est parti ! je dis de suite à la Dofinette que je ne
parlerais plus beaucoup. je suis très vite dans le "truc", le ryhtme, la
foulée, les muscles tout roule parfaitement avec cette sensation que l'on
pourrait le faire des heures durant. dommage qu'il y ait autant de
brouillard. je suis tout surpris quand je regarde mon chrono : 2h00 de fait
! environ 20 bornes de plus! Trop bon cette adaptation du corps ! je me suis
régalé. je prends mon pied: le bitume défile tranquillement, sans douleur,
sans stress géant quoi !

Je remonte dans la voiture et Tonyé s'élance à son tour. Sa foulée me laisse
réveur facile et aérienne. rapide en plus !

Je repionce un coup. :-)))

Annick a décidé de faire environ 60 kms, alors elle attends que Tonyé ait
fait 10 bornes pour continuer avec lui. LeL'Electron prend la suite. ouf. je
vois tout de suite que ca va pas ! il ira pas loin ! pâle et la tête sur la
droite. Mais petit à petit ca s'améliore un peu. et je vois qu'il veut aussi
profiter de courir avec Annick.

Effectivement environ 1h30 plus tard il s'arrête, je me gare à côté d'un
champ ou paissent deux chevaux. :-))) Annick sort de la voiture.  Tonyé fait
l'andouille en rythme avec la musique, quand Annick se met les mains sur les
hanches et fait un mouvement des coudes qui fait dire à Tonyé (encore lui),
tu fais la Canne ? allez pan ! elle sera maintenant la Canne ! séance photo
du Bourrin donnant du pain au chevaux :-)))

Je repars avec la Canne. depuis le temps que je lis ses post sur Ufo,
enfinon va pouvoir papoter un peu. juste un peu, on court quand même. très
vite je me retrouve bien, 20' maxi pour se retrouver comme au dernier
relais. je savoure ces instants courir defront, avec ce petit groupe coureur
et vélo, je m'éclate !

Les kms défilent défilent, quand je sens qu'il faudra bien que j'en garde
sous la patte pour demain, car c'est pour environ 50 bornes que je partirais
et sans relais, sans assistance juste avec Biopuce cette fois !

Tonyé reprends la suite, Annick le préviens pas si vite. Tonyé bougonne
:-))))

On sent l'arrivée approcher l'excitation monte, on calcul qu'il faudra que
l'on fasse un break si l'on ne veut pas arriver trop tôt. contact avec le
délégué EdM, pour qu'il vienne chercher la voiture afin que l'on finisse les
6 derniers kms tous ensemble. Alors à à peine 1km de l'arrivée on trouve un
café. Sstttopp. on sait pas se que l'on va trouver plus loin ! alors on
décide d'arrêter là !

On laisse filer l'heure. devant une biére ! :-))))

Le Délégué appelle, vi vi. on est tous là devant not' biére. ok on vous
attend ! 5' plus tard il arrive et prend la voiture en charge, on le
prévient juste que ca sent un peu fort dedans.

On repart. on va finir on va finireeeeuuuhhh.
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Caen, l'arrivée
Plus que 6 petits kms environs. cette fois c'est tous ensemble que l'on est.
génial !

Arrivé devant le panneau Caen on fait une photo de groupe ! Yeah ! on l'a
fait !

On continue, nous somme à 10' environ de la fin, quand la Canne nous demande
si l'assoce est honnête. wouahhh.. pété de rire ! Elle se fait 60 bornes
pour la cause des chtites nenfants et nous demande après si c'est clean.
chambrages en tout genre ! non non c'est que de la sciento., et je passe sur
les réflexions du Tonyé ! la morale réprouverait. :-)))) toujours est-il qu'
avec l'Electron on a finit par la convaincre de pas rentrer ! :-)))

Ligne d'arrivée. tristoune. mais ça j'avais prévenu tout le monde, qu'il
fallait pas s'attendre à des merveilles d'organisation, 40 personnes pour
une salle de 300. temps et fric perdu pour EdM, mais tout de même 4 enfants
qui seront parrainés et scolarisé ! Un journaliste nous interview.
Le groupe au château de Caen
Soirée Edm, nous arrivons sur l'estrade en trottinant et nous répondons aux
questions d'Edm sur pourquoi comment c'est passé notre tronçon et pourquoi
nous courrons, puis pourquoi le faisons nous pour EdM ? je sais pas comment,
mais Tonyé réussi à subtiliser le micro. légére angoisse de notre part. que
va t'il nous sortir, il nous a tellement balancé d'aneries que l'on s'attend
au pire comme au meilleur. Nous aurons le meilleur ! Tout le monde est
scotché ! il se passe de longues secondes, avant les applaudissements. on
passe le livre d'or à Biopuce ! (nous avions tous mis notre petit mot avant)

EdM voulait le lire, mais je leur dis niet ! vous attendrez la fin du tour !
:-)))

Douches prévues comme je l'avais demandé, par contre les petits casse
croutes ont été passé à la trappe. Les potes douchés, il repartent . je suis
un peu triste de les laisser rentrer le ventre vide.

Au fait les potes. on a sauvé 4 ch'tites nenfants !!! avec les 3 d'Asniéres
ca nous en fait déjà 7 parrainages. bon ok pas que grace à nous. :-)))

Fin de soirée 22h, le délégué n'a pas prévu ni à bouffer ni un
restau pour nous ou les permanents qui font leur tout de France pour leur
film promotionnel.  il nous traine au hasard des ZI pour trouver quelque
chose d'ouvert. heureusement on arrive 10' avant la fermeture de "Chez
Léon". il est prés de 23h quand je peux enfin me mettre quelque chose sous
la dent ! Il était temps car j'ai cru aussi grand soit il, le délégué je lui
faisais manger ses enjoliveurs de voiture !
Puis départ pour aller dans la ferme ou nous devions tous dormir. pas
chauffée nous étions prévenu.

Après 30' de route au nord de caen. vous voyez pas le prbl ? ben c'est que
avec Biopuce nous devons repartir au Sud pour faire notre tronçon. donc 30'
de sommeil en moins et il était déjà plus de minuit. :((( après avoir galéré
sur des routes paumées de chez paumées nous arrivons à Versailles. enfin la
moitié seulement. j'ai des bleu plein le bras gauche car Annick n'arrêtait
pas de me pincer ! non moi je révais pas ! j'ai bien vu l'immense château et
que c'était pas là que nous dormions puisque le plus beau, ben c'est que
môsieur n'avait pas les clefs de la ferme. gnaaaahh. c'est maintenant ou
plus tard que je lui dévisse la tête ?

'tain je me le fais. un meurtre. et je lui bouffe le foie en prime !

Finalement après 5' il récupére ses clefs et nous emméne à la ferme. (j'ai
garé mon bras.) si cette ferme ne fait pas 5000m2 je veux bien être pendu !
par contre c'est pas chauffé, pi Mozart un truc de 80kgs avec des dents de
lion et très joueur. bon il pue un peu, mais c'est un gentil dogue
trucmachin. 1h30. je me couche, réveil prévu pour 6h00. normal on doit se
faire caen rennes en 9h environ tout compris soit voiturage jusqu'au point
de départ + temps de CàP un départ pour 9h de Landéan. pour à vue de nez 50
bornes, vol d'oiseau quoi.:-))) vi j'ai oublié de le dire à Biopuce. sinon
elle serait p'têt pas venu !

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Bilan Premiére étape:

Une nouvelle aventure humaine riche. je suis encore redescendu de mon petit
nuage.
De nouveaux potes géniaux !
-Une Canne, impressionnante de facilité avec ses baskets, sa gentillesse et
son rire !
-Une Dofinette, qui devra apprendre à boire et manger qq soit les conditions
si elle veut aller plus loin en VTT car elle a le mental pour... besoin de
coussin pour s'assoir ? :-))))
-Un Castor silencieux, mais costaud sur un vélo (+de 45km/h sur un VTT. ca
donne)
-Un Tonyé.. ben, un jour un Homme m'a fait un compliment, je te ferais le
même: t'es un homme debout mec!
-Un Electron. toujours aussi électron ! :-))) un vrai pote !
-Une surprise plus les kms s'enchainent plus le corps s'adapte. jusqu'ou ?

Et Enfants du Mékong. je suis fier d'avoir couvert cette étape pour eux ! au
vu de leur film et en plus de ce que je vois qui est fait. Une grande leçon
d'humanité. Alors je sais l'étape 2 ne sera qu'une formalité !
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Le récit de la dofinette
Voici un petit Cr de vététiste !!
- « C'est étonnant tu ne trouves pas ? On a éteint nos lumières, moi mon halogène, 
toi ta frontale et l'on voit comme en plein jour ! »
-« Oui, ça arrive souvent. La nuit est blanche en réalité. J'aime bien tout éteindre et observer
la nature. On n'a plus qu'à observer le ciel et tu vois, là c'est dommage, on ne voit pas les
mille feux du ciel. Ce paysage n'est pas vraiment enthousiasmant, ce ne sont que des plaines à
perte de vue » répond le Bourrin.
- « Oui mais regarde ces voiles de brumes à l'horizon, qui enveloppent la terre comme pour la
protéger, cette étendue infinie que l'on franchit doucement, cette pureté, cette blancheur. C'est
beau aussi la nuit de plaine, on va au bout de la nuit et on peut le voir au loin ».
Le Bourrin courre inlassablement à petites foulées régulières et rythmées, il avance. Je pédale à
ses côtés et je tourne dans le bon sens aussi longtemps que la terre est ronde.
Le sens de l'humanité, du partage, de la générosité nous entraîne à parcourir les kilomètres qui
soulagent la misère et le dénuement. Du 3 mars 2004 au 4 mars, les aiguilles de l'horloge
arrondissent leur gong au rythme des enjambées des zanimos de la toile cybernétique, réunis pour
une cause humaine. Vingt kilomètres citadins pour l'Electron, et le franchissement de la limite
entre la ville et la campagne avec le Bourrin, il est deux heures du matin et bien 40 kilomètres
déjà parcourus.
La Dofinette en action
Tonyé (le fils du Yéti) reprend le troisième relais et, à travers les vitres de l'auto, je
l'observe à la lumière des phares. Une longue silhouette boute en train qui se couvre et s'étire
pour partir, au plus profond de la nuit, pour un plus long parcours de quarante ou cinquante
kilomètres. Etendue sur le velours de la banquette arrière, je fais clignoter de force mes
paupières de plomb pour voir encore. Son accompagnateur vélo, Laurent, tel un ange gardien est prêt
et nous observons tous notre franchisseur sur le point de partir.
Tel Cyrano ou Richard III, il sait ce que relever un défi veut dire. Tonyé nous déclamait quelques
heures auparavant les paroles de l'épouvantable tourment de ces deux héros de la littérature
française dans les coulisses du théâtre  d'Asnières sur Seine pour la cérémonie de départ. Pendant
que de l'autre côté, huit cent personnes étaient assises dans l'amphithéâtre où l'on entendait
résonner les paroles du Président d'Enfants Du Mékong dans le microphone. Voilà maintenant que le
théâtre de la vie n'était plus l'ombre d'une réalité et que chaque coureur devenait tout à coup le
héros véritable d'un enjeu de vie. N'en déplaise à Shakespeare, les marionnettes que nous sommes
ne sont pas toujours de pauvres acteurs qui jouent leur scène et s'en vont. Une vie peut aussi
être l'empreinte d'un don d'humanité que l'on offre et qui touche et soulage autrui.
Il n'y a pas d'absurdité douloureuse dans un microcosme et c'est ce que nous défions cette nuit
là, quoiqu'il en soit. Je m'enfonce dans les ténèbres du rêve pendant que nos deux ombres
s'évanouissent dans l'obscurité.
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Il faut repartir
Le matin est timide et humide. Ça sent mauvais dans la voiture embuée. On cherche des croissants.
Sept heures, j'enfourche mon beau vélo et je pédale en suivant l'Electron.  Quel personnage va se
dessiner chez ce coureur décidé ? Les yeux pétillants de malice, il avale le goudron mouillé,
tranquillement et sûrement.
Des paroles des scientifiques pour me recadrer, ça me fait du bien !! :
-« Ça ne sert à rien de te fixer des objectifs à long terme car tu ne sais pas si tu peux les
atteindre. En revanche, si tu te tiens à des points de moins en moins éloignés, de moyen ou de
court terme, tu réussis par étapes à franchir la ligne ».
- « Oui mais » lui répondis-je, « me fixer d'atteindre ce poteau électrique à trois cents mètres
pour moi ça n'a rien d'exultant. J'aime bien l'idée du rêve. J'espère arriver au prochain village
pour boire un café chaud avec des croissants croustillants hum cela me donne envie d'y arriver !!!»
- « Oui mais cela est très général. Regarde le panneau de ce village là bas. Si dans ce village il
n'y a pas de café, tu vas te décourager. »
Et en effet, trois villages successifs et toujours pas de café et de croissants chauds. Mais qu'à
cela ne tienne, nous bavardons ou je laisse le coureur se concentrer et éviter de se fatiguer, je
pédale perdue dans mes pensées.

Neuf heures du matin. Le Bourrin a zyeuté une camionnette banalisée de campagne et nous trouve un
festin de rois pour un superbe petit déjeuner au coin du feu s'il vous plait ! Tant mieux car les
cartilages de l'Electron ont décidé de mener la vie dure à ses pauvres genoux et nous sommes
trempés. Le Bourrin passe alors après ce repas copieux aux choses sérieuses, car il enfile son
béret bleu pour ce protéger de ce lancinant crachin qui ne va pas nous quitter de la journée.
Le Bourrin, Tonyé, L'Electron, la journée se superpose des foulées de nos zanimos déterminés et
j'ai pédalé environ 60 kilomètres de plus!!!!!

Nous arrivons à notre première étape à Bernay dans l'Eure (27) soit environ 140 kilomètres sont
parcourus. Non, je préfère me couvrir les yeux pour ne pas entendre !!!
Nous faisons la connaissance d'Annick dans la soirée, qui prend le relais pour 60 bons kilomètres
le lendemain jusqu'à Caen.
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Caen
Après une bonne nuit dans un vrai lit, 5 mars, et en effet, Annick parait raide, au départ, dans
son style de course et Tonyé me dit :
-« Tu vois là  une sportive de fond. Elle est partie pour des heures sans s'arrêter »
Et en effet, petite et fine, elle vole légèrement sur l'asphalte.  Incroyablement, elle continue
alors que les heures défilent et inlassablement, ces petites foulées aériennes lui font passer des
kilomètres à pas de géant.
Tonyé à ses côtés  courre avec aisance, on dirait un danseur. Il bondit sur les flaques, il
funambule sur les bouts de trottoirs et pose le pied toujours au bon endroit, précis et mesuré.
Parole de Dofinette, je n'ai jamais vu ça !!!!!!!

Vers dix sept heures, à notre arrivée sur Caen, Le Bourrin, l'Electron, Annick baptisée «La p'tite
Canne »  (car elle s'étire avec les bras comme les cannes) , Tonyé et laurent baptisé aussi Le
Castor et moi-même sur nos vtt respectifs, nous sommes tous ensemble pour la première fois à
parcourir les rues de la ville (non sans quelques difficultés avec la circulation) pour les
derniers kilomètres.
Tonyé danse encore à petits bonds ou saltos arrières, et courre sur les petits murets de un mètre
qui séparent les routes des trottoirs, en disant bonjour aux passants éberlués, et on regarde tous
notre Cyrano explosés de rires.
Nous avons franchi au total de cette étape complète 230 kilomètres environ et je me suis forgée un
« mental d'acier » comme dit le Bourrin avec 180 en vtt il parait !! :-)))))))))

L'épreuve est fascinante car on n'est jamais seul dans des conditions même difficiles et parfois
avec des membres douloureux. L'effort d'équipe nous fait tout oublier. On est encouragé les uns
par les autres sans parfois se rendre compte que c'est la présence des compagnons de route qui
nous motive. La difficulté principale de l'accompagnement vélo est de suivre le coureur à son
rythme à 9 kilomètres/heure environ.  Il faut parfois de la patience pour ne pas mettre un coup de
pédale et partir devant. A d'autres moments, c'est le froid qui gagne car notre effort physique
est bien moindre que celui du coureur. Finalement, obligée de suivre le rythme du coureur à pied,
je me suis maintenue kilomètre après kilomètre bien plus longtemps que je pensais en être capable.
Le deuxième jour j'ai parcouru l'étape complète de 80 kilomètres en VTT alors que le matin je ne
pensais pas y parvenir (après les 100 kms de la veille). Mais chacun, par des mots
d'encouragements, « ça va ? », « allez ! », «vas y » nous fais franchir les étapes tout
simplement.
Belle expérience !!!

La Dofinette
Pour que la terre tourne dans le sens de la générosité, de l'humanité et du partage, je fais
tourner mes pédales dans le même sens.
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Le Récit de l'Electron
L'Electron
Mercredi 03 Mars : 18h00

Ca y est, le sac est prêt. J’espère, comme souvent, ne rien avoir oublié d’important, 
mais bon ! 
Si c’est le cas, il faudra faire avec. Il faut dire que, mine de rien, on part quand même pour 
faire Paris-Caen en courant. Bon, on va se relayer, et on a prévu une halte à Bernay Jeudi soir,
 mais quand même…

Cette halte de toutes façons est indispensable. Pas questions de passer 2 nuits blanches en 
courant et de devoir en plus assurer l’assistance et la sécurité en conduisant la voiture pendant 
qu’on ne court pas.

Quand je dis " on " je parle du Bourrin, de Tonyé et de moi en ce qui concerne la première partie 
du parcours jusqu’à Bernay (soit environ 160km) ainsi que de la Dofinette et du Castor qui vont 
nous suivre en vélo.

A partir de Bernay et jusqu’à Caen, nous aurons le renfort d’Annick (désormais surnommée La Canne) 
dont l’expérience des courses de grand fond et la personnalité seront des atouts importants pour 
couvrir les 80 derniers kilomètres.

Côté équipement, je n’emporte rien d’extraordinaire si ce n’est un nombre important de tenues de 
rechange. Après tout, pour une fois que nous ne sommes pas obligé de porter notre matériel dans un 
sac à dos, je ne vais pas me priver.

La tenue ressemblera à quelque chose du type :

– Chaussures de route
– Chaussettes habituelles DK50
– Collant long
– Carline ou Dry fit
– Maillot UFO
– Coupe vent ou Gore Tex Pas Lite (suivant la météo)
– Béret

Côté ravitaillement, les relais ne seront pas très longs (environ 2h) alors rien de particulier si 
ce n’est une ou deux barres énergétiques. Pour le reste je vais tourner simplement à l’eau pour le 
liquide, et pour le solide, ce sera une alimentation de baroudeur… Saucisson sec, comté, chocolat noir, 
Tuc salés… pas exactement ce qu’on trouve sur des ravitaillements d’Ultra !

Mercredi 03 Mars : 19h30
J’arrive au théâtre d’Asnières. Sur place je retrouve Le Bourrin, Tonyé et celui qui va devenir 
Le Castor (en raison de ses grandes dents et de sa qu… Oups !) je veux parler de Laurent, un copain de 
Tonyé, cycliste, triathlète et grand connaisseur en dopage sportif (n’y voyez aucun lien, ni avec 
les sports qu’il pratique, ni avec notre aventure) capable de vous raconter l’histoire du " pot belge " 
juste pour faire passer les kilomètres plus vite ;-). Le Castor va assurer notre assistance en VTT 
mais il compte bien effectuer également quelques relais histoire de nous soulager dans les moments 
difficiles. 

On commence à charger la voiture, puis le Bourrin va chercher le cinquième élément de notre petite 
troupe à savoir la Dofinette qui va suivre tout ce périple du haut de son VTT. 

On en profite aussi pour faire connaissance avec les permanents d’Enfants du Mékong qui s’occupent 
de la soirée. Petit briefing pour nous en expliquer le déroulement. A notre demande, ils ont accepté 
que nous lancions la course dès le début de la soirée. A l’origine ils voulaient que nous commencions 
à courir après la projection de leur film, mais cela nous faisait partir 2 heures plus tard, 
ce qui restreignait notre marge de manœuvre pour couvrir notre premier tronçon. Nous avons donc 
négocié (habillement) un départ en début de soirée (entre 21h et 21h30) afin de partir l’esprit libre. 

Notre principal objectif est d’atteindre Bernay en fin d’après midi (vers 17 ou 18h) le Jeudi 4 Mars. 
Pour cela nous allons nous relayer avec le Bourrin et Tonyé. La Dofinette et le Castor alterneront 
l’assistance en VTT. 

Pendant qu’un premier coureurs progresse, un second est au repos dans la voiture et le troisième 
conduit. Quand le premier coureur s’arrête, il passe au repos dans la voiture, celui qui était au 
repos prend le volant et celui qui conduisait va courir. C’est simple et efficace ! 
On a juste oublié un tout petit détail de rien du tout… La lecture de la carte… mais on va y revenir. 

Une fois la voiture prête, on enfile les maillots aux couleurs de " Franchir l’Horizon " et on va 
dans les coulisses du théâtre afin d’attendre notre passage sur scène qui donnera le top départ. 

C’est pendant cette attente que Tonyé, sentant l’appel des planches, décide de nous détendre en 
déclamant quelques tirades de Cyrano… Du grand Tonyé ! Nous sommes également rejoint par le Chacal 
qui n’a pas hésité à traverser Paris juste pour venir assister au départ… 

En parlant de départ, c’est d’ailleurs moi qui vais m’y coller. A moi le tout premier relais de 
Franchir l’Horizon. En fait, ce premier relais est surtout destiné à nous faire quitter la banlieue 
Parisienne. Hors, courir en ville ne me gène absolument pas. C’est pour cela que je me suis proposé 
pour prendre ce premier tronçon.
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21h00, le grand départ :
Sur la scéne du théatre
Tout le monde est dans le théâtre. La salle est pleine et les premières présentations 
commencent. Rapidement on nous fait monter sur la scène pour une présentation du " défi " que 
nous nous sommes lancé. On nous remet le carnet qui servira de témoin et sur lequel les relayeurs 
pourront écrire un petit mot. 

Encouragement, applaudissements, et c’est parti au son de Matrix ! 

21h15, nous quittons l’estrade en courant (pas trop vite quand même) et nous continuons jusqu’à la 
sortie du théâtre. Une fois dehors, petite pause auprès de la voiture du Bourrin le temps de prendre 
le porte bidon et de reposer le maillot EdM que nous réutiliserons à l’arrivée à Caen. Il ne fait pas 
rès froid. j'ai juste une carline et par dessus j'ai mis le maillot "qui rend fou" version manches 
longues. En plus il est blanc et se voit bien dans la nuit. 

A 21h30, je me lance pour mes premières foulées qui depuis Asnières doivent me conduire à la sortie 
de Saint Germain en Laye. Ensuite ce sera le début des petite route de campagne… L’idée est de faire 
des relais d’environ 2h, ce qui permet de courir convenablement mais aussi de bien récupérer entre 
chaque tronçon… Ca c’est juste l’idée de départ. 

Dès le départ je suis accompagné par la Dofinette en VTT, mais très vite je suis rejoint par le 
Fluet (ZOO) qui est venu faire une petite heure de footing et par Michel C (UFO) dont je fais la 
connaissance et qui lui est venu m’accompagner en VTT. 

Bien sûr les premiers kilomètres se font sans soucis, en plus à part le tout début dans Asnières 
(où je serai guidé par le Fluet) le reste du parcours fait partie de mes routes d’entraînement 
quand je rentre du boulot… Alors la carte reste dans la poche, et j’y vais les yeux fermés (enfin 
pas trop, parce qu’il y a des trottoirs et des poteaux… shblong !) 

On passe la place de Belgique, après laquelle le Fluet nous laisse pour rentrer à la maison, la 
place de la Boule à Nanterre et direction Rueil où c’est au tour de Michel C de nous quitter. En tous 
cas, un grand merci à eux deux pour ce bout de route. 

A partir de maintenant je suis juste avec la Dofinette. On retrouve régulièrement la voiture. Elle 
part deux km devant s’arrête et ensuite repart après s’être assurée que tout va bien. Traversée du 
Vésinet, puis j’entame la montée du château de Saint Germain en Laye… Ca réchauffe un peu, mais tous 
les voyants sont au vert. 

Pendant la traversée de Saint Germain, on se sépare de la voiture en raison des sens interdits et 
on convient d’un point de contact en sortie de la ville sur la RN13. Avec la Dofinette on traverse 
tranquillement la ville, mais une fois sorti, pas plus de voiture que de beurre en broche ! ! ! 
Allons bon, ca fait à peine deux heures que nous sommes partis et ils se sont déjà perdus ! 

Mon téléphone portable est resté dans la voiture, mais la Dofinette a le sien. Un appel désespéré 
nous parvient de nos trois relayeurs orienteurs " de la mort qui tue " qui me demandent comment ils 
doivent faire pour me rejoindre… mmppffffffff… on est pas sorti de l’auberge… 

Finalement après quelques instants de radioguidage, nous nous retrouvons et en profitons pour faire 
le premier passage de relais. C’est au tour du Bourrin de s’y jeter…

Le Bourrin part le long de la RN13 pendant quelques temps puis il va devoir attaquer les premières 
petites routes de campagne au niveau d’Orgeval. Le parcours, je l’ai tracé afin d’éviter au maximum 
les Nationales et les départementales. J’ai privilégié les toutes petites routes plus sympa. Il y 
aura bien quelques tronçons de routes à fort trafic, mais j’ai vraiment essayé de les limiter au 
minimum. 

Pour quitter la nationale, le Bourrin commence par une jolie montée bien longue comme il faut, juste 
de quoi chauffer ses papattes… Pendant ce temps j’en, profite pour me restaurer un peu, me changer et 
surtout prendre les commande de l’orientation de l’épreuve… 

L’orientation… Parlons-en ! J’ai fait trois copies du parcours avec le traçage. Un exemplaire est 
dans la poche du coureur. En cas de besoin, cela permet de se recaler. Les deux autres exemplaires 
sont dans la voiture. C’est la voiture qui va montrer le chemin. Soit la route est sans soucis, 
et l’assistance part devant sur environ 2 km et attend le passage du relayeur, soit il y a une 
intersection avec changement de direction, et là la voiture se positionne de façon à ce que le 
relayeur ne rate pas l’embranchement. Et ça fonctionne… Sauf que si vous voulez vous rendre à un 
point précis, il est fortement recommandé de ne pas confier la carte à Tonyé… Et comme le castor 
conduit, au lieu de pouvoir dormir un peu pendant ma phase de repos, je dois assurer le parcours 
pendant que le Bourrin court. 

Bref, soit je cours, soit j’oriente, soit je conduis… Et je dors quand moi ??? 

Après quelques kilomètres on traverse le village d’Orgeval dont les rues sont plus proches du 
labyrinthe que de la ligne droite. Et hop, ça ne rate pas… le Bourrin se trompe de chemin et 
commence à faire un peu de rab’… Depuis le temps qu’il attendait de courir… 

Le reste du parcours se fait sans gros soucis. Le Bourrin a trouvé son rythme, la Dofinette 
l’assiste tranquillement, et la circulation est plus que calme… Il faut dire qu’il est 1h du 
matin sur une petite route de campagne un jeudi… Mais qu’est-ce qu’on fiche ici ??? 
Ah oui, les enfants… 

Un peu avant 2h du mat’, on fait une nouvelle pause. Fin du premier tronçon du Bourrin. 
C’est au tour de Tonyé et du Castor de se jeter dans la course. Ils ont décidé d’enchaîner 
leurs 40km (ben oui, ils sont 2) en alternant course et VTT tous les 10km. 

La Dofinette va du coup pouvoir faire une petite pause après ses 40 premiers km de VTT. 
L’arrêt se prolonge un petit peu le temps de changer de VTT, et de permettre au Bourrin de 
commencer à se ravitailler. La voiture commence un petit peu à sentir le " coureur de fond ".
 Un subtil mélange de sueur, et d’odeurs de ravitaillement en tous genre qui va de la barre et 
 du gâteau énergétique au saucisson, comté, camembert et quiche ;-))) On ne va quand même pas 
 se laisser abattre !!! 

C’est parti… Normalement ils en ont pour 4 à 5 heures pour faire leurs 40 km. Donc si tout se 
passe bien, je pourrais recourir au lever du jour. 

La Dofinette s’écroule sur la banquette arrière de la voiture et s’endort pratiquement avant 
que nous soyons repartis. Le Bourrin monte à côté de moi en tant que copilote (il va pouvoir 
s’occuper de la carte), mais très rapidement, au son régulier de son ronflement, je me rend 
compte que je vais être tout seul pour conduire et guider les relayeurs ! ! !… pas dormir 
l’Electron, pas dormir ! 

On conserve le même principe de progression. Je pars 2 ou 3 km devant, j’attends les coureurs 
et je repars. De plus en cas de pépin, on a les téléphones portables… 

Point de relais des 10 premiers km, tout va bien. Tonyé court avec une aisance pas croyable… 
il sait pourtant qu’on est pas sur un semi ! Il prend le VTT et c’est le castor qui se lance
sur la route… les kilomètres s’enchaînent et je dois avouer qu’à une ou deux reprises, ayant 
stoppé la voiture pour attendre les relayeurs je me suis assoupi quelques minutes… comme cette 
fois où ce sont Tonyé et le Castor qui vont devoir me réveiller (le Bourrin et la Dofinette 
n’entendront rien !) 
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Sur la route de Bernay

Depuis 02h30, les premières gouttes de pluie sont apparues.
Au fil des heures elles ne feront que s’intensifier 
et ne nous quitteront pas jusqu’à notre arrivée à Bernay. 

Un second relais, puis un troisième… nous sommes bien dans la course, et les km défilent 
tranquillement. 
Le Castor a quelques soucis physiques pendant son second relais. Du coup, Tonyé prend son tour 
un peu plus tôt que prévu. Vu l’heure (il sera un peu plus de 7h) , on décide qu’à la fin du 
dernier relais qui doit se situer dans le village d’Epieds on s’arrête au café du village afin 
de prendre le petit déjeuner avant de repartir pour notre seconde série de relais. 

Mais voilà… A Epieds, point de café… ni de boulangerie, ni de quoi que ce soit ! ! ! Grrrrrr ! 
Tant pis, je me contente de quelques Tuc et d’un peu de saucisson sec. 

Toujours est-il que c’est à mon tour de repartir. J’ai réveillé la Dofinette, le Bourrin a repris 
conscience depuis quelques instants et nous nous préparons pour cette seconde série… 

...Que c’est dur de repartir… 

Déjà il faut s’extraire de la douceur de la voiture… puis la météo étant moins clémente que 
pour mon premier relais, il faut s’équiper en conséquence… C’est vrai que j’ai emporté tout 
mon stock de tenues de rechange, comme ça je serai au sec tout le temps. 

Pour ce second relais j’utilise toujours une carline et la maillot " qui rend fou " mais entre 
les deux j’inclus un coupe vent reebook léger. Comme ça, ni la pluie ni le vent ne me perturberont.
Le redémarrage est assez laborieux, cela fait plusieurs heures que je suis assis à conduire sans 
pouvoir réellement me détendre. Je décide de relancer la machine tout doucement, sans tirer dessus. 
Je sais que d’ici un ou deux kilomètres les choses iront mieux. 

On traverse le village de Serez, Foucrainville, toujours sans le moindre café à l’horizon (mais 
comment ils font dans ces villages pour vivre sans un troquet ?) … les villages s’enchaînent. 
Le Bourrin propose à un moment que nous fassions un " petit " détours vers une petite ville 
situé un peu plus au sud de notre itinéraire… Seulement voilà, le Bourrin a juste oublié que 
notre carte est au 1/200 000ème, et que 1cm (c’est pas grand) sur la carte ça fait 2km sur la
route ! ! ! Il est gentil le Bourrin, gentil… surtout quand il est dans la voiture et que c’est 
moi qui cours ;-)) 

Alors on continue notre parcours. On quitte partiellement l’itinéraire prévu pour un autre qui 
nous paraît un peu mieux. Les kilomètres défilent (trop lentement à mon avis) et de plus, côté 
paysages, j’ai l’impression de me retrouver dans la Beauce à la fin du Raid28. Des champs tout 
autour de moi, bien dégagés, peu d’objectifs à viser… pas top moralement. Heureusement, il n’y a 
pas de vent, et la pluie ne me dérange pas plus que ça. Et puis j’ai la Dofinette qui continue 
de m’accompagner. 

Depuis quelques kilomètres, je sens une tension dans mes genoux. Pas une grosse douleur, mais 
une tension présente quand même. En fait, pour moi l’ultra doit implique deux choses : Ne pas 
courir en permanence (alterner marche et course) et avoir des sols le plus souple possible. 
Depuis hier, je ne fait que courir et sur du bitume, alors forcément, ça se paye. J’essaie donc 
d’y aller un peu plus doucement (déjà que j’allais pas vite). De plus j’ai aussi les mollets 
qui me taquinent… Les débuts de crampes se font sentir. 
Je continue à boire toutes les 15 minutes et avale un cachet de sporténine. Moi qui ne crois 
pas à tous ces trucs (cachets, homéopathie…) il est vrai que le cachet donné par la Langouste 
sur la fin du Raid Normand m’avait paru efficace. Du coup je décide de re-tester le produit 
aujourd’hui. 

Je progresse encore et encore, quelques virages, de nouveaux des champs à traverser puis un 
village sans café et un pont pour passer une nationale… Là les genoux commencent à tirailler. 
En théorie, c’est mon dernier relais aujourd’hui . Si je veux pouvoir courir demain, j’ai attention 
à me ménager. Je demande à la Dofinette d’aller prévenir la voiture que je vais passer le relais
au suivant. 

Quelques instants plus tard je vois la voiture venir vers moi (je ne leur en avait pas demandé autant) 
et le Bourrin qui me dit " A 600m y’a un troquet… ça y est on en a trouvé un !) " 
Ok, ok, ok… dans ces conditions j’arrête pas, je vais jusqu’au troquet et on fera le passage de 
relais là bas. 

C’est comme ça que nous nous retrouvons dans un petit bar restaurant, perdu au milieu de nulle part, 
en train de prendre un bon thé chaud (ils ont même pas de chocolat !) et de manger quelques croissants 
et pains au chocolat que le Bourrin est allé cherché dans la camionnette du boulanger qui passait 
juste à ce moment là ;-))) sluurrpppp – miiaammm. 

L’arrêt se prolonge un peu, certains se réchauffent dans la salle à manger auprès du feu de bois 
(hé oui, en plein milieu de matinée…). J’en profite pour me changer dans le bar, récupérer un 
peu, tout ça en continuant à écouter les histoires des uns et des autres, dont le Tonyé, repris 
d’une furieuse envie de déclamer quelques vers en anglais… encore des bons moments. 

On est bien resté dans ce troquet 30 à 45 mn (je ne sais plus exactement) mais toujours est-il 
qu’il faut repartir…Il est allègrement plus de 10h lorsque nous nous remettons en route… c’est 
alors au tour du Bourrin de se lancer sur les jolies petites routes de la verte Normandie ;-) 

Le Bourrin reprend doucement la route, le redémarrage devant être également difficile pour lui. 
Il est toujours accompagné par la Dofinette qui continue son périple. 

Les kilomètres passent, le bourrin avance pas trop mal, puis lors d’un ravitaillement il demande 
de la sporténine… visiblement je ne suis pas le seul que les crampes taquinent… 

Il vas tranquillement continuer sa progression pendant pratiquement les 2 heures prévues, puis, 
son mollet le tirant de plus en plus, il décide de laisser sa place au "couple maudit" à savoir 
Tonyé et le Castor …

Au tour de Tonyé… il part avec le Castor en assistance mais aussi avec la Dofinette qui ne veut 
même plus descendre de son vélo ;-) ou bien qui ne veut pas retourner dans la voiture… Cela fait 
près de 16h que nous vivons à 5 dans la voiture, comme il pleut on aère assez peu, et en plus, 
il semble que l’abus de boissons et de barres énergétiques déclenche des rejets gastriques d’ordre 
gazeux… mmppppppppppp pas respirer, surtout pas respirer… 

La formation type, pour rejoindre Caen
Si tout va bien à eux deux ils vont couvrir les quelques 35 km restant à faire… Le Bourrin m’abandonne une fois de plus en s’endormant lâchement me laissant une fois de plus conduire et suivre l’itinéraire qui doit nous rapprocher de Bernay… Tonyé à l’air étrangement bien, il trottine à un bon rythme, ne se plaint pas, (il a même réussi à fumer sa petite cigarette pendant la pause du petit déjeuner), bref, il est royal. Après quelques kilomètres, le Castor décide de ne pas prnedre le relais. Son genou lui fait mal et il préfère s’abstenir. " Pas grave " dis-je, " le Tonyé va finir tranquillement les 35 km " ;-))) " Ca va pas la tête, je fais deux heures et ensuite on change… " répond t-il effrontément ! Ca signifie qu’il nous restera environ 15 km à faire pour moi ou pour le Bourrin… on verra ça sur place. Tonyé progresse bien, et on arrive même à lui faire faire quelques longueurs supplémentaires quand il fini par dire " Stop ! on change ! " Ok ! on change… Heu ! qui y va ??? Il nous reste désormais 12km pour atteindre Bernay… on est tous un peu crevé, le Castor à mal à son genou, Tonyé a envie de faire une petite pause après ses 22-23 km, le Bourrin a mal à son mollet et doit encore courir demain et après demain, et moi j’ai toujours une raideur dans le genou. Pfffffff allez, on ne va pas craquer si près du but… Il reste 12km, le Castor propose d’en faire 4 après moi et le Bourrin annonce qu’il fera les 4 derniers. Alors Hop ! je me prépare pour faire 4 petits km de plus… c’est quoi 4 km ? Je me change, cette fois avec la fatigue et la pluie je sors la Gore tex… et je pars, accompagné par le Castor en VTT alors que la Dofinette remonte dans la voiture (il me semble !). Elle s’est fait une bonne centaine de km depuis mercredi soir quand même ! ! ! chapeau. Je repars très très doucement. Les premières longueurs sont très difficiles, mais ça revient doucement, tranquillement. Je fais mes petits km puis je change avec le Castor. Je prend le VTT et lui commence à courir. Après quelques centaines de mètres non souhaitées (encore un coup de génie de l’orientation bourrinesque) le Castor me dit que son genoux lui fait trop mal pour courir et qu’il préfère arrêter… ok… Je repars donc (génial après le vélo) et ajoute encore quelques kilomètres au compteur. Mais ça commence à devenir dur et pas question de terminer le tronçon… Finalement, le Bourrin ayant encore mal à son mollet, c’est Tonyé qui va repiquer une fois de plus pour couvrir les 4-5 derniers kilomètres nous menant à Bernay… A 17h26 nous entrons dans la ville, fin de notre première partie de parcours… Environ 160km parcourus (sur les 140 prévus initialement !) 20h d’efforts… si on y ajoute la journée de boulot du Mercredi, cela commence à faire un moment que je n’ai pas dormi… Une fois en ville on s’arrête. Il reste à trouver l’Hotel, prendre une bonne douche (mmmmmmmmmmmmmmm) se détendre un peu et commencer doucement à récupérer. La Canne (annick pour ceux qui ne seraient pas encore au courant), doit arriver sur Bernay vers 20h. on décide de l’attendre pour aller dîner, et du coup on se retrouve tous les 5 à 19h au bar de l’hôtel histoire de se jeter quelques petites bières derrière le cornet agrémentées de quelques cahuètes de bonne facture … Un dîner tranquille à l’hôtel où nous allons découvrir comment notre Canne fait pour courir longtemps sans s’arrêter (vous le découvrirez sur les photos) puis direction la chambre où à peine me suis-je allongé que hop ! plus de son – plus d’image… rrrooonnn bbbzzzzz
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Bip – bip – bip – bip - bip. Vendredi 5 Mars - 7h00

Debout là dedans ! On a décidé de se retrouver au petit déj à 7h15, mais j’ai pas eu le courage 
de mettre le réveil plus tôt que 7h00… 
Petite toilette rapide et on retrouve la troupe dans la salle à manger en compagnie d’un copain de 
la Canne, boulanger à Bernay, Organisateur du Tour de France en courant (avec la Canne pour la Chasse 
Marée, Tonyé et son GTC et le Bourrin avec Franchir l’Horizon, on est entouré d’organisateurs ! ! !) 
qui est venu nous dire bonjour, et nous apporter du ravitaillement pour notre étape d’aujourd’hui. 
Plutôt sympa non ? 

On termine de se ravitailler, on range tout notre bazar dans la voiture (elle est vraiment très sale 
ta voiture mon Bourrin !) et on décide de traverser Bernay… en voiture ! 
En fait notre Hotel est à l’opposé de la route que nous devons prendre, dans une ZI et sur une 
route très " passante "… Aussi on préfère ne pas prendre trop de risque et commencer à courir du 
bon côté de la ville. On traverse Bernay et on s’arrête juste à la hauteur du panneau de sortie de 
la ville. On doit faire Bernay Caen aujourd’hui, alors pas question de sortir de la ville en voiture ! 
on a des principes quand même ! 

C’est le Bourrin qui décide de se lancer le premier. Ila envie de courir. Vers 8h45 il se lance pour le 
premier tronçon des 80km qu’il nous reste à couvrir pour rejoindre Caen, terme de notre étape. Le Bourrin 
part devant alors que nous finissons de préparer le VTT de la Dofinette (elle le rattrapera sans soucis) 
J’indique la direction à suivre et en plus c’est tout fléché aux carrefours. 5 à 10 minutes plus tard, 
c’est au tour de la Dofinette de partir… Nous, on remballe un peu notre bazar, on monte dans la voiture et 
on va à leur recherche… 

" C’est drôle, mais elle a quand même drôlement bien avancé la Dofinette ! non ? On aurait du la rattraper 
depuis longtemps ! " on passe un premier rond point, puis après un bon bout on retrouve le Bourrin… Et pas 
de Dofinette ! 
On informe le Bourrin en lui disant de continuer et on fait demi-tour pour partir à sa recherche quand le 
téléphone sonne… " Allo, c’est moi, vous êtes où ??? " Bon, si elle est perdue au moins elle est encore 
en vie ! " 
Petit radio guidage, et après un tronçon où elle aura du mettre un peu la gomme, elle fini par rejoindre 
le Bourrin ! 

Aujourd’hui, il ne pleut plus. Par contre un épais brouillard conserve un fort taux d’humidité dans l’air… 
mais cela va aussi nous donner quelques belles photos sur les petites routes… 

Le Bourrin tourne pas trop mal, son mollet à l’air de tenir, et il va couvrir son créneau de 2 heures sans 
trop de soucis. C’est le réveil, tout va bien… 

Arrivé dans le village au doux nom de Cordebugle, il décide finalement de passer le relais à Tonyé, qui 
se sent aussi en peine forme (mais qu’est-ce qu’ils ont tous ?) et qui démarre comme si il ne s’était rien 
passé la veille … 
Un ravitaillement diététique

Il est " aérien " notre Tonyé… impressionnant, alors que c’est lui qui a bouffé le plus de kilomètres hier ! 

On le laisse partir, puis quelques kilomètres plus loin ce sera au tour de la Canne de partir courir. Oh, 
elle ne va pas prendre le relais de Tonyé, elle va tout simplement faire les 60km qu’il reste d’ici à Caen, 
accompagné par les autres relayeurs, tout ça comme une bonne séance d’entraînement… 60 km comme ça pour rire… 
ou presque ! 

Impressionnante la Canne… Petite foulée régulière, un vrai diesel mais une fois partie, impossible de 
l’arrêter, elle ne stoppe jamais… montée, plat, descente, ravitaillement, elle tourne toujours avec la 
même aisance… impressionnant. 

On attends Tonyé, puis à son arrivée la Canne part avec lui. Là, on sent la différence d’allure… ils vont 
avoir du mal à courir ensemble ces deux là… Mais finalement Tonyé va lever le pied et se mettre à courir 
avec la Canne. Les deux VTT sont de sortie désormais, et ils n’arrêteront pas non plus avant d’être à Caen ! 

Quelques kilomètres après Lisieux, c’est à mon tour de prendre le relais de Tonyé. J’attends ce moment de p
ouvoir courir avec la Canne et surtout de pouvoir papoter un peu, juste pour faire passer les kilomètres. 
Mais dès le départ je sens que ça va être difficile… Déjà en temps normal, elle tourne plus vite que moi, 
mais là elles est chaude et moi j’ai du mal à me mettre en route. On dirait que toute la mécanique est grippée… 

Finalement la Canne lève un peu le pied, je met un peu de dégrippant de mon côté et c’est parti. Mon genou 
me lance un peu, mais c’est supportable, et, comme prévu, nous nous mettons à discuter tant et si bien que 
je ne vois pas les kilomètres passer. 

Une première côte un peu sévère… je me place juste derrière la Canne (je sais, ça ne se fait pas), je me 
cale sur sa foulée, et je me concentre sur ses pieds, sur son rythme. Je sais qu’elle va monter au train 
et sans à-coups. Alors j’en profite un peu…et ça passe. La côte est avalée comme un jeu d’enfant alors que 
par habitude j’ai plus tendance à marcher dans ce genre de trucs ! 

Les kilomètres défiles quand on arrive à une jolie descente (12%). Sur le bitume, je tape plutôt fort, la 
descente est trop raide et je suis obligé de me freiner… Mais se freiner sur du bitume oblige à tirer sur… 
les genoux. Et là ça se passe mal. Un e douleur assez forte apparaît pendant la descente. Sur la fin je 
décide de dérouler un peu pour soulager l’articulation et aussi pour remonter sur la Canne, mais le mal 
est fait… j’ai une barre assez violente sous le genou, et c’est pas bon signe. 

Je continue encore un peu. Cela fait un peu plus de 1h15 que je tourne mais je vais devoir stopper. Ca 
devient risqué de continuer à tirer de la sorte… 

Je passe alors le relais au Bourrin qui va attaquer son second relais de la journée. A lui de discuter 
avec la Canne désormais ;-)) Quelques kilomètres plus loin, premier pépin mécanique sur les VTT. On a eu 
du bol jusque là, mais une chambre à air du VTT de Tonyé vient de lâcher… en démontant on découvre pourquoi… 
Ce n’est pas un clou, ni un morceau de verre… mais la bande anti-crevaison qui a véritablement cisaillé la 
chambre… Pourquoi ? Simplement parce que notre Tonyé a acheté assez de bande anti-crevaison pour toute une 
équipe cycliste mais que par sécurité il a décidé de tout mettre sur une seule roue… moralité, la bande est 
instable est en bougeant a entaillé la chambre à air. Je me demande encore comment elle a pu tenir jusque là ! 

Gros sprint du Castor (je vous rappelle qu’il est cycliste et qu’on lui a confisqué sa pharmacie habituelle ;-) 
pour rejoindre le Bourrin et la Canne, puis c’est au tour du Bourrin de décider de baisser un peu les pattes. 
Nous on arrive ce soir, mais lui aura encore 50km à faire demain. Il passe dont de nouveau le relais à Tonyé… 

Les kilomètres défilent. Trop vite d’ailleurs, puisque à ce train on va être en avance. Arrivé en périphérie 
de Caen on s’offre une petite pause dans un café. Il nous reste désormais 6km pour rejoindre le centre de Caen. 

Le Bourrin prend contact avec le délégué d’EDM qui doit venir cherche notre voiture. Ainsi, nous allons couvrir 
les 6 dernier kilomètres tous les 6 ensembles… génial 

Une petite bière plus tard (enfin 5 bières et un coca pour le Castor), nous repartons pour les derniers 
kilomètres. Progression lente, groupée, on profite de ces derniers instants, ensemble. Un arrêt et une photo 
de groupe devant le Panneau d’entrée de la ville de Caen 

Enfin !
Nous repartons en direction du château situé en plein centre ville, derniers hectomètres, montée vers le château (pourquoi les châteaux sont ils toujours en hauteur ?) et nous voilà accueillis par la délégation EDM… L’objectif est atteint… nous avons commencé à franchir l’Horizon !
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Epilogue !

Photos, interview de Ouest France, papotage… Bon c’est pas la super grande fête, mais le Bourrin nous 
avait prévenu que le délégué local d’EDM était, comment dire… un peu spécial… donc pas d’inquiétude, et 
c’est surtout le Bourrin qui a l’air déçu… Nous on est juste heureux d’être là, content de l’avoir fait… 
juste bien quoi ! 

Passage obligé sur la scène de la salle où va être projeté le film d’EdM, mini interview et au moment du 
final, le directeur général d’EdM demande (au Bourrin)  « Mais pourquoi avoir choisi de supporter EdM ainsi ? » 
Là, sans que personne ne puisse réagir c’est Tonyé qui se jette en avant, attrape au vol le micro que 
l’animatrice allait tendre au Bourrin, et se lance dans un petit discours, improvisé et dont il a le secret 
(merci les cours de Théâtre)… vu les échanges de ces deux jours et le nombre de c#nn&r/&s que nous avons pu 
sortir (surtout lui d’ailleurs) un léger doute s’installe…  Mais non, il nous fait un plaidoyer sur le rôle 
et l’intérêt des organisations humanitaires à en faire pleure la moitié de la salle… Du grand, du très 
grand Tonyé…et quelques frissons aussi ! 

Voilà, c’est fini pour nous. Une douche rapide, une petite bière (encore) en passant au bar du château, et on 
reprend la route laissant sur place le Bourrin et Biopuce qui vont courir le lendemain vers Rennes mais aussi 
la Canne qui avait terriblement envie de passer la nuit dans une ferme pas chauffée avant de reprendre son 
train le lendemain ! 

Une aventure humaine qui se termine en partie… de grands moments d’amitiés entre nous. Des moments forts. 

Le Bourrin… rien à redire, on se connaît assez bien tous les deux… je suis content pour lui que son bébé 
grandisse aussi vite, il le mérite. 

La Dofinette… dire que son club hésite à l’emmener faire une sorite de 60km de VTT. Elle en a fait 180 en 
nous supportant, nous assistant, avec une météo pas top… une grande Dofinette… d’ailleurs on la reconnaît 
bien grâce à son téléphone portable greffé sur l’oreille droite… même en VTT. Longtemps elle m’a accompagné. 
J’ai essayé de lui transmettre quelques sensations, quelques astuces pour gérer mentalement les passages 
difficile. J’espère qu’elle pourra en faire usage. 

La Canne… Elle hérite de ce surnom en raison de sa façon de se détendre. Elle place ses deux mains sur ses 
hanches et elle « bat des coudes »… En tous cas, elle nous a apporté un regain d’énergie et beaucoup de bonne 
humeur sur cette deuxième journée. Une fois le diesel en route, il n’y a plus qu’à se laisser porter…Ce fût 
pour moi un plaisir de partager avec toi ces quelques kilomètres. Et comme en plus elle ne refuse jamais une 
petite bière ;-))) La Canne dans une équipe en ultra, c’est un sacré atout… 

Le Tonyé… Quel personnage. Nous nous étions croisé un peu après le GTC alors que j’étais blessé… Mais là, de 
passer ces deux jours ensemble fut un vrai plaisir. Pas de temps morts, toujours un truc à faire, une bêtise 
à dire (comment ça c’est pas le seul !)… mais beaucoup d’émotion sous son côté rebelle-anar…  Un sacré coureur aussi. 

Le Castor. Je ne rappelle pas comment il a hérité de ce surnom, mais ce que je peux dire c’est que j’ai 
découvert un garçon d’un calme et d’une régularité, tant dans son comportement que dans sa pratique sportive… 
A chaque fois qu’il y avait besoin d’un coup de main il était là. Un grand merci . En plus on en connaît un 
peu plus sur le « pot belge » désormais. Si vous avez des questions sur le dopage, on a trouvé un spécialiste 
qui répondra à vos questions… 

Les Supporters ! Impossible de ne pas les associer à cette épreuve. Je parle de tous ceux qui nous ont soutenus 
pendant ces deux jours. Ceux que j’ai pu avoir au téléphone, ceux qui nous ont laissé des messages, ceux qui 
ont envoyé des SMS… Impossible de tous vous citer… Zoo, UFO, Irinautes, ou tout simplement les potes… Merci à 
tous. A chaque fois ça nous donnait un petit coup de pied aux fesses…   

Le retour est difficile. Après ces jours et ces nuits intenses, le retour au calme laisse comme un grand vide… 
Heureusement, je retrouve ma petite famille, avec qui je vais partager maintenant un peu de mon temps. 

« Voilà, la première page se tourne, mais il en reste encore de nombreuse à lire… chacun va pouvoir écrire la 
sienne avant de voir le livre non pas se refermer, mais partir vers le Mékong, pour que les enfants puissent 
le lire à leur tour »
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Le récit de Tonyé
Les acteurs
Rue ST MAUR, café "les couleurs", le bandonéon d'astor piasola dans les
oreilles, un verre de thé a la menthe, je relis pour la nieme fois les cr
de cette première étape Asnieres Caen.

Que dire apres tout ce qui a si bien été écrit par mes compagnons.

Lorsqu'un matin à mon boulot, j'ai lu le message du Bourrin présentant le
projet de tour de France "Franchir l'Horizon", j'ai su qu'était venu pour
moi le temps de reprendre la route.
Depuis l'édition off du GTC en septembre, les contraintes proffessionelles
m'ont fait  furieusement lever le pied et lorsque je lis les nombreux post
des Z'animos, Neteamiens et autres Ufos, je me sens tout petit petit.

Fin janvier, j'arrive enfin à poser des congés et ces trois semaines me
donnent l'occasion de reprendre à raison d'environ 45' par jour et de
récupérer des sensations.

Je me dis que ce périple  sera un bon test, de toutes les façons, courir
pour les gosses ça boost le moral donc ...

Je parle du projet au boulot, et propose à mon pôte Laurent de se joindre à
l'aventure. Sans poser de questions, il adhère d'entrée de jeu ; il est
comme ça, entier, une confiance inaltérable. Lolo est cycliste , triathlete
et donc il courre un peu aussi. Il a découvert le grand fond en venant nous
aider sur l'organisation du GTC.
Il a partagé nos angoisses, nos joies, rencontré tout  plein de barjots et
il a aimé l'esprit qui nous anime toutes et tous.

Merci à toi gentil Castor, ta présence à mes côtés sur la route a été une
aide précieuse, nos délires dans la nuit froide et pluvieuse nous ont permi
d'avaler les kms sur une portion de parcours bien môche. Quand tu auras
réglé tes petits soucis ostéos qui t'ont empéché de courir comme tu
l'aurais souhaité, ton "allure" et ton gabarit feront de toi un Ufo de
premiere.

Pierrette, j'espère que je ne t'ai pas trop saouler pendant les heures que
nous avons passé ensemble. C'est vrai que je parle beaucoup quand je cours,
j'y  peux rien, j'aime ça et puis ça fait passer les kilometres.
Toi aussi, ta bonne humeur, tes yeux rieurs , ton endurance  m'ont rendu
plus léger sur le bitûme.
Finalement, s'il ne tenait qu'à moi, je t'appelerai "la petite reine", tu
vas leur en mettre plein les yeux aux vttistes qui doutaient de ta capacité
à tenir longtemps sur la selle.

Madame la Canne, total respect, ta régularité de course est
impressionante, ta gentillesse et ta bonne humeur, sont un exemple pour
tous. Ce fut un réel bonheur de courir avec toi.

Mon bon Electron, ton sens de l'organisation, ton engagement dans l'effort
et ton excellent sens de l'orientation ont transformé ce périple en une
promenade de santé.
En tous cas, je le confirme, heureusement que tu ne m'as pas confié la
lecture de carte car je pense que nous serions encore quelque part perdus
dans la pampa normande.

Monsieur le bourrin, toi qui pestait d'avoir quelques kilos de bitûme sur
le GTC, tu as fait preuve de grandes qualités d'adaptation au terrain.
Tu peux etre fier d'etre avec Bio-puce à l'origine de cette grande et belle
aventure humaine. Je te retourne ton compliment, tu es bien "debout" comme
dis si bien le Toutou qui est un grand sage, je suis sur mon tabouret et
quand j'serai grand, j'espère être comme toi.
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Nostalgie, nostalgie quand tu nous tiens
Ces kilometres que nous avons parcourus pour soutenir ceux qui sont notre
futur, nous ont rapproché, ils ont été le révélateur de ce qu'il y a de
meilleurs dans l'Homme, le partage, la compassion, l'esprit d'équipe et la
foi dans ce qui fait de nous ces hommes et ces femmes debouts.

La course nous donne ce que la vie essaie de nous prendre, la liberté. Nous
avons une chance immense et cet engagement aupres d'EDM, nous grandi toutes
et tous.
Pendant que j'écris ces quelques lignes, d'autres coureurs portent l'espoir
de ces enfants du Mékong qui ne réclament rien, souffrent et parfois
meurent en silence ; si demain leur quotidien s'améliore un peu grace à
notre action, notre course n'aura pas été vaine.

Un grand merci à toute la communauté des coureurs internautes qui nous ont
encouragé et soutenu, ce fut autant de "glycogène moral" pour aller au
bout de notre effort.
Les relayeurs et les bénévoles d'Enfants du Mekong
Lorsque je suis rentré chez moi, j'étais soudain sans but, tout
"dépressif" ca me manque déjà grave.

J'ai hate de repartir sur un tronçon de parcours sur Lille et j'ai hate de
retrouver sur le marathon de Paris les acteurs et actrices de cette belle
aventure.

Pour l'avoir vécu avec eux, sachez qu'avec l'Electron c'est tout bon, avec
le Bourrin ça va bien, grace au Castor ça va fort , avec la Canne jamais en
panne , grace a la Doffinette c'est toujours la fete et avec votre
serviteur Tonyé, vous risquez pas de vous ennuyer.
Retour Franchir l'Horizon 2e étape : Caen - Rennes