| Le récit du Bourrin |
Courant Février, si je me souviens bien, je reçois un mail d'inscription
d'une Laurence souhaitant participer à cette étape de Franchir l'Horizon. Elle
me précise qu'elle a l'habitude de courir en autonomie, mais qu'elle ne veut
pas faire le trajet seule perdue dans la pampa.
Mon problème c'est que j'ai un autre inscrit sur ce tronçon d'environ 200
kms, qui veut bien faire aussi 20 kms mais depuis Dijon seulement. Pas
grave, on va voir ça.
Après quelques mails, il apparaît très vite que Laurence est plutôt une
grande baroudeuse, qui de plus ne déteste pas se rouler dans la boue
(raid28, Sénégazelle, raid IGN, Ato etc.), j'arrive à lui faire accepter de
faire 40kms et note 50 sur le fichier de liaison des Franchisseurs :-))) (Ca
sent déjà le début de l'embrouille.) en lui disant que si personne d'autres
ne s'inscrit je serais son suiveur mais en VTT, car à ce moment là je ne
pensais pas pouvoir enchaîner les étapes comme ça. et le marathon en 4h me
faisait flipper.
Entre temps, Laurence s'est inscrite sur la ML de la ménagerie et je la
baptise l'Antilope.
Le relayeur du départ d'étape se désiste, mais l'Antilope a préparé son
tronçon avec des copines qui débutent en course à pied, mais voilà le
délégué EdM me rappelle que l'on doit arriver à Sens pour 11h à cause des
élections et non pas 17h comme pour les autres étapes, je négocie une
arrivée entre 12 et 13h (de toute façon on pourra pas faire plus vite ) ! La
cata ! je rappelle l'Antilope, ça lui fout son organisation par terre ! Ses
copines n'étant pas aussi bargeottes qu'elle, elle ne pourra pas les faire
courir de nuit ! Elle me demande, si j'ai d'autres surprises comme ça à lui
révéler. euh? nan! euh? si! j'ai fait une estimation rapide du parcours :
150kms. à vol d'oiseau, mais ça je ne lui ai pas, et j'ai bien fait vu son
caractère. :-)))
Quelques jours plus tard, je la rappelle en lui disant que j'ai fait le
tracé du parcours définitif : 197kms, j'entends comme un klonk. allo t'es
toujours là ?
Elle me dit à son tour que j'ai oublié le changement d'heure. klonk ! (là
c'est le bruit de ma mâchoire par terre.) euh? ça nous fait grosso modo 200
bornes à faire en 17h environ. Impossible! sauf si on prend le relais des
Chambériens à leur arrivée à Nuit St Georges pour l'ouverture du
semi-marathon à 14h. ou à 15h à Dijon. On prend cette dernière solution car
Nuit St Georges nous rajouterait des kms.
Je ne sais plus trop à quel moment l'Antilope m'a embrouillé et roulé dans
la farine mais de faire 50 bornes en suiveur VTT, je me suis retrouvé en
coureur - accompagnateur, plus pour 50 bornes mais pour la totalité du
parcours. mais si c'est pour les ch'tites nenfants. M'enfin ! c'est quoi ce
bazar ? D'habitude c'est moi le spécialiste du roulage de farine ! et là je
me retrouve à dire chiche pour un Run & bike de 200 kms à réaliser en 20h !
'tain ! je suis vraiment pété du casque ! un pôv' Bourrin mononeural
défaillant ! mais je jubile. je vais encore me faire une c#nnerie ! chouette
! :-)))
Entre tous ces événements je poursuis l'entraînement, et là sans autre forme
d'avertissement mon mollet droit se décide à me parler ! Une contracture
assez sévère pour m'empêcher de courir. dés que je pousse avec l'avant du
pied, le mollet se tétanise complètement :((( au point de ne même plus
pouvoir faire bouger le pied de haut en bas. et m#rde ! je rentre en
marchant. même les étirements ne débloque quasiment pas la tétanisation.
massage, pommade, électro-stimulation bof. j'attends quelques jours pour en
parler. je ne dis rien sur la ménagerie pour pas alarmer l'Antilope [200kms
seule à courir ça fait long. :-))) ], manque de chance elle passe sur
RunIrina.com Meuh. nan. il va aller mon mollet d'ici là (10jrs) (je
m'attrape prestement le mollet, le regarde droit dans les zyeux et lui
explique: t'as compris ? pas aller ? t'es jeté ! comme le rognon ! effrayé,
le mollet me confirme que ça ira). 2 séances de mésothérapie et 1 sous les
mains de l'ostéopathe (vendredi matin à J-1) plus tard, je suis prêt !
Dernière mise au point avec l'Antilope, ça s'arrange au niveau participation :
elle a embauché sa belle-soeur, Marie-Aude, son mari pour courir 10kms
chacun en début de parcours et un ami de sa belle soeur nous rejoindra dans
la nuit vers 3h du mat' pour faire une trentaine de kms ! donc ça nous
laisse 140kms de run & bike. ouf, tant mieux car une chose m'intrigue le
froid actuel. J'ai encore le mauvais souvenir d'Orléans-Bourges à -2°
j'avais l'impression de geler de l'intérieur. On aura donc une voiture avec
nous à partir de 3-4h du mat'. ah, ben voilà une chose qu'elle est bien !
Je prends des nouvelles des relayeurs Chambériens régulièrement pour savoir
vers quelle heure on pourra prendre le relais. il semble que pour 15h ça
sera ok ! parfait ! mais ils me disent qu'ils ont souffert du froid, et
connaissant le Toutou, si lui le Savoyard dit ça. c'est qu'il ne faut pas
prendre l'info à la légère. le Toutou n'est pas spécialement du genre à se
plaindre. Extrait du raid28 2001 : attendez moi les gars, je suis tombé et il
faut que je me remette en place le tibia, ce qu'il a fait illico et a
terminer sans se plaindre, il a juste été obligé d'arrêter de courir les
deux mois qui ont suivi. Je complète donc mon équipement d'une paire de
gants moto pour celui qui sera sur le VTT, plus toute ma panoplie grand
froid. Voui, bon d'accord j'ai chambré l'Toutou, mais il faut sinon y
croit qu'on l'aime pu !
Je récupère Marie Aude et on va chez l'Antilope, convoyage prévu par
Jean-Claude jusqu'à Dijon. On fait connaissance avec l'Antilope,
mmmmmppppffffff. je la reconnais de suite : Raid28 2002, l'Electron la
chambrait en lui disant que l'année d'avant il l'avait pourrie d'une place.
j'attendrais de connaître un peu plus le personnage avant de le lui dire. Le
temps d'arriver à Dijon, on fait connaissance. enfin surtout moi, car eux
ils sont en famille ! Il est convenu que Jean-Claude et Marie-Aude fasse
chacun les 10 premiers kms, histoire que l'on s'épargne. l'Antilope me fait
comprendre qu'ils en feront bien 15 chacun :-)))))
Dijon :
On fixe un point de RDV avec les Chambériens, l'heure tourne, on recalcule
notre timing. on a pas le choix on va être obligé de zapper 20kms si on veut
être dans les délais à Sens et à la seule condition de tenir une moyenne de
10km/h ! pas de marge ! On aurait pu se donner une marge d'une heure en
zappant 10kms supplémentaire mais aucun des deux n'évoque même cette idée.
Les Chambériens arrivent. mouarf.. Y a du dégât ! Y sont un peu pâlot !
l'Toutou sentant un peu le cleb's qui a mariné dans son jus je veux pas lui
faire la bise ! :-))))
L'habituel chambrage en règle finit, on fait une photo rapide du passage du
livre d'or et on se sauve rapidement.
C'est Marie Aude qui commence à courir et Jean-claude qui la suit en VTT,
avec l'Antilope on reste au chaud. On commence notre duel de vannage. :-))))
Pendant ce temps Jean-Claude prends son relais, pour quelqu'un qui court
occasionnellement c'est plutôt pas mal ! Marie-Aude et Jean-Claude feront
ainsi les 30 premiers kms.
Je décide de prendre le premier relais en courant, surtout pour voir de
suite si le mollet va tenir.
On charge un sac contenant les vêtements et sur le porte bagage et le sac
ravito sera porté par le cycliste. Je demande à l'Antilope si elle veut mes
gants motos, au début elle dit non, puis très vite se ravise. il est 19h50,
le froid est déjà sympa ! Ayé.. On part. Rrraaaahhhh. que c'est bon de
courir !
Je pars très prudemment. Jean-Claude et Marie Aude nous abandonnent. Nous
sommes seul au milieu de nul part. Le monde contre nous :-)))))))))) mais
nous vaincrons, nous irons au bout dans la bonne humeur et le rire ! C'est
décidé.
Le premier relais se passe très bien, je me sens bien, je tourne à une
moyenne de 11 km/h. C'est plus dur pour l'Antilope qui commence à se geler
grave sur le VTT. Quand on avait parlé de stratégie, on avait hésité entre
se faire des relais de 20kms, 10 kms ou 1h ou 2h. mais sans prendre vraiment
de décision. Vu notre timing un peu chaud à tenir, la meilleure solution est
de faire par des relais court. L'Antilope légèrement bleuie, me demande si
c'est des relais de 2h que l'on fait, je lui réponds non, il vaut mieux que
l'on fasse plus court et idéalement tous les 10kms que ce sera plus
fa..chkling. crouic crouic. cile. ben cékoissa ? je me fais dépasser par
l'Antilope descendue en marche du vélo et qui me jette les gants en hurlant
à toooiiiiii.. Ben m'enfin. j'étais d'ac', pour te le laisser encore moi le
vélo, pi d'abord c'est pas le mien, pi y fait froid. pffffffffffff.. Je me
rajoute, la polaire, le bonnet, les gants motos me mets le sac à dos et
grimpe sur le vélo. et mmmmmerde.. Je manque me casser la figure. j'ai les
pattes qui touchent même pas les pédales. 'tain, c'est pas le modèle naine
de jardin l'Antilope ! je baisse la selle. et j'attaque la remontée. ça va
c'est tout plat. on est parti pour papoter de tout et de rien, on apprend à
se connaître, dire les pires bêtises, se fendre la poire. parler de nos
différentes courses, abandons, joies et peines diverses. j'apprendrais ainsi
qu'elle se fait arrêter aux templiers (barriére horaire) parce qu'elle est
retournée en arrière pour aider quelqu'un en difficulté . idem à la réunion.
mais que malgré tout elle ne regrette pas son geste humain !
Elle tourne entre 10.5 et 11.5 suivant le profil.
Elle se marre en me demandant, ou j'ai le plus froid car elle commence à
peine à sentir ses pieds. euh. ben à part les jambes, moi ça va. d'autant
plus que dans 30' c'est moi qui court :-)))) ben tu ris plus ?
Le début du calvaire est en route !!! le froid en VTT, transperce tout ! on
a l'impression d'avoir l'onglée, les jambes deviennent raides, à la moindre
montée on est à la peine. c'est une joie de courir, une horreur de pédaler.
on était censé épauler le coureur en étant en vélo, mais très vite ce sera
l'inverse. les politesses du genre : allez repose toi, prends le vélo. sont
mal vues ! :-)))
Je me prends à penser qu'il va finir dans le fossé, mais on a rien pour le
cadenasser.
Je reprends un relais au pied d'une longue côte de prés de 4kms et d'un
dénivelé assez respectable. si je suis bien, un petit 10km/h, la pauvre
Antilope souffre pour suivre. satané vélo ! on est pas vraiment fait pour !
:-)))) au moins elle a pas froid là ! je l'ai même pas entendu grogner !
c'est dire ! Bon ok, elle était trop à la peine pour dire quelque chose !
:-)))
Seulement à peine quelques minutes après la côte, elle souffre à nouveau du
froid. on sait ou va se situer la difficulté de notre étape ! le froid et le
VTT ! on angoisse à l'idée d'avoir à monter dessus. et Jean-francois qui
doit nous rejoindre vers 3h du mat' ! ça va être long jusque là ! L'Antilope
me dit qu'il va craquer et venir avant. je l'espère aussi car je nous vois
mal barré pour tenir les délais dans ses conditions. on ne récupère pas
assez sur le vélo, et mentalement c'est pas la joie ce vélo. entre temps nos
séances de chambrages continuent ! Ce qu'il y a de sur c'est que ce n'est
pas la morosité ambiante qui va nous poser des problèmes. parfois quelques
minutes de silence. on profite de la nuit malgré tout. à mon tour de
reprendre le vélo. en cherchant du ravito je trouve le pantalon de survet'
de l'Antilope, en même temps que je lui demande la permission, je le mets. elle
aurait dit non, que je ne lui aurais plus prêté ma polaire ! :-)))) bon
d'accord, il doit bien faire 10cm de trop pour moi, mais m'en fout ! pi les
"pattedéf" ça me va bien finalement. :-))) le Toutou me verrait qu'il en
pleurerait de rire. mais c'est moins pire que de se pisser sur les genoux
comme lui ! Un petit détail, c'est le VTTiste qui a la carte et s'occupe du
parcours. on papotte, rigole quand d'un coup l'Antilope me dit c'est pas là
qu'on doit tourner ? euh. pardon ? koissa ? j'ai le neurone qui commençait à
geler. je regarde, on est sur la D956, le carrefour méne à truc muche, donc
le bout de route à droite doit être le bon, mais il me semble que l'on est
aller trop loin ! l'Antilope ne pense pas. on hésite. Arf. j'ai comme qui
dirait un peu merdu. on change de relais, c'est à moi de courir, j'enlève le
pantalon top mode pattedéf, euh. tiens c'est bizarre, il est un poil
déchiqueté en bas. euh.l'Antilope, il était vieux ton survét ? non ? euh.si
si regarde il est tout bouffé aux mites et plein de cambouis ! Comment ça
c'est paske j'ai les pattes trop courtes ? Le temps qu'elle s'arnache je
pars devant voir si c'est bon. :-))
Beuh. ça correspond pas vraiment à la carte, mais il y a une route plus loin
parallèle à celle qu'on a quitté, l'Antilope arrive on regarde la carte,
mais rien ne correspond vraiment. pour me faire chambrer, je donne ! :-)))
bon ok ! ok ! je te dois un bière. mais en attendant on fait quoi ? on
continue ou on retourne en arrière. au pire on fera 3 kms de plus. ni l'un
ni l'autre n'est partant pour un retour arrière. ;-) une arrive sur une
nouvelle départementale. pas de panneau, un carrefour, deux carrefour.rien.
ah. une borne kms. D9. euh D956. ben c'est la quatrième dimension ou quoi ?
c'est quoi se foutoir ? on quitte une route quasi rectiligne par sa
perpendiculaire pour en prendre une nouvelle qui se trouve être parallèle à
celle que l'on a quitté initialement et on est sur la même qu'au départ !
vous me suivez ? non ? tant mieux ! paske nous on y a perdu notre latin. je
sors la boussole. on se cale sur la carte. dring dring. yeah !!!! c'est
Jean-Francois, il arrive d'ici une trentaine de minutes ! génial on va avoir
du chauffage ! on lui explique où l'on pense être et on se fixe le RDV à
vers Noyers. cette erreur, toute la nuit je l'ai ruminée. et je sais
toujours pas où est la boulette. j'ai merdu ca c'est clair, mais j'aimerais
comprendre l'histoire de la quatrième dimension ! pfffffffouuuu. on a eu du
bol d'être téléporté que de quelques centaines de mètres plus loin !
t'imagine l'Antilope ? on aurait pu se retrouver dans le désert. :-)))) on
aurait mourru de chaud !
On arrive dans Noyers. une voiture. l'Antilope dit c'est eux. c'est eux.
persuadée que son mari serait là :-))))) ben non ! il est pas pété du casque
lui ! il est resté bien au chaud à dormir ! :-))). L'Antilope me dit on
change ? euh. nan ! il me reste encore 3kms pour arriver à mes 10 ! ouille
ouille. ce qu'elle m'en a voulu ! wouahhhhhh.. C'est rancunier ces bêtes là
! Elle a pas apprécié les vieux pavés du bled. :-))) une histoire de
tremblante de l'Antilope ou je ne sais trop quelle maladie de l'Antilope
folle. toujours est il que même après être arrivé, elle m'en a fait la
remarque. (gniark. gniark.:-))))
Jean-Francois excité comme tout de courir prend enfin son relais et moi le
VTT :(((( je fais moins le malin ! il fait maintenant -6°. pas chaud quoi !
l'Antilope congelée monte dans la voiture et part en avant 5kms plus loin,
avec tout le bardas. légère erreur. car je viens de courir et j'avais pris
le rythme de manger et boire lorsque je prenais le relais vélo. dans
l'empressement j'ai rien pris, ni bu. et c'est pas pour dire, mais le coin
n'est pas franchement plat ! dans les montées j'arrive pas à suivre JF, je
m'explose à ne pas trop me faire distancer. et me gèle dans les descentes.
je m'inquiète pour la suite car je ne tiendrais jamais ce rythme jusqu'au
bout ! Le VTT censé me reposer me détruit ! Enfin la voiture.
Je réveille l'Antilope en tapant au carreau. Elle me fait. nan nan je
dormais pas ! Mort de rire. ben voyons. le front sur le volant, les bras
pendouillants lamentablement. tu te concentrais sur ton prochain relais
peut-être ? :-)))))))) je bois et machouille vite fait une barre. et me
lance à la poursuite de JF. je vais mettre plus de 10' pour le rattraper !
il tourne à 10.5-11km/h. il a commencer à courir en Mai dernier. pas mal !
foulée assez dynamique et bien en ligne. il a jamais plus de 20kms et
aimerais en faire au moins 30 !!!
Arrive enfin le moment ou je peux abandonner ce VTT de malheur ! et me
plonger dans les délices de la chaleur de la voiture. mmmmmhhhhh.. Et manger
et boire ! car je meurs de soif et faim. je suis en train de me taper une
hypo.
L'Antilope reprends son rythme et JF goûte aux joies du VTT par -6° sous
équipé. il apprécie tout comme nous l'exercice à sa juste valeur :-)))
Je fais la reco du parcours. seconde erreur. j'hésite à un carrefour dans
une village, d'après la carte ca devrait être juste après l'église que l'on
devrait prendre à gauche, j'avance un peu pour voir, ca semble ok. ayant
peur que mes comparses arrivent au carrefour avant que je n'y sois revenu je
n'explore pas plus loin et reviens en arrière pour attendre.
Ils arrivent et JF commence à partir vers la gauche, je les rappelle en
disant, nan c'est après l'eglise qu'il faudra tourner. on y va. seulement
dans la grosse descente après l'église je ne vois pas la route. je fais
faire demi-tour à tout le monde. elle m'a béni l'Antilope sur ce coup là. ça
me coûtera une deuxième bière. on remonte, et revient sur le carrefour ou
j'ai dit non. :-))) on continue. je suis persuadé que c'est pas bon. et
quelques centaines de mètres plus loin, je confirme. c'était bien après
l'église. :-))))))) bon ça fait pas vraiment un détour, mais c'est plutôt
les cotes qu'il va falloir se payer. c'est à mon tour de courir et à
l'Antilope de pédaler. elle rigole plus là. et je demande à tout le monde de
grimper dans la voiture pour exposer mon plan : on range le vélo sur la
voiture, le coureur reste seul et la voiture à ses fesses. hésitations, oui
mais c'est gonflant d'être seul ! p'têt, mais le VTT c'est trop galére, et
on est toujours à la traîne ! on s'use. alors que si un conduit l'autre peut
dormir un peu ou tout du moins récupérer et comme on est toujours 300m
derrière le coureur à cause des côtes. bof. on est seul quand même. il est
prêt de 4h du mat', on commence à marquer le coup tout de même ! C'est au
tour de l'Antilope de prendre le vélo et ca ne l'enchante pas des masses.
proposition acceptée ! elle raccroche le vélo.
Je prends le relais, la voiture aux fesses c'est pas top, mais ça permet de
ne plus se détruire avec le vélo. Quand 4 kms plus loin, je sens mon mollet
se durcir de plus en plus jusqu'au moment ou ça me tire jusqu'au talon. et
flûte ! Depuis le deuxième relais, ça m'agaçait, mais j'arrivais à gérer.
dés que j'approchais les 11km/h la douleur montait, il me suffisait de lever
un peu le pied. mais là rien à faire, j'ai beau essayer de mettre le pied de
travers, ça continue de tirer de plus en plus.je préfère arrêter là pour
l'instant. JF prend son relais plus tôt que prévu, à son plus grand plaisir
! il est remonté comme une pile ! Y bave partout d'envie de trotter.
L'Antilope, me sort son baume du Tigre. inquiète tout de même car il nous
reste encore une cinquantaine de kms à faire. Elle attendra quelques minutes
avant de reprendre la séance chambrage. Merci, d'avoir attendu un peu quand
même.
Je ne me souviens plus trop la suite si ce n'est que JF, c'est fait une
quinzaine de kms, merci à lui d'avoir pallier ma défaillance. Ensuite, JF
reprend le volant et je me pique un roupillon.
Mon mollet me tire moins, et j'ai envie de trotter quand même. il fait jour,
mais toujours froid. On est à l'entrée d'un village, et je prends mon
relais. La voiture part devant en repérage. J'arrive sur la place de
l'église. je continue sur la route principale puisqu'il n'y a personne pour
m'indiquer le chemin, quand je vois revenir la voiture qui me fait des
appels de phare. demi-tour ! faut prendre juste après l'église. et en fait,
en faire le tour. c'est malin ! j'aurais pu économiser 300-400m. je fais
signe à l'Antilope qu'elle me doit une bière à son tour. elle saute au
plafond et gesticule comme une diablesse dans la voiture ! m'en fout, tu
t'es plantée tu m'en dois une ! :-))) et même deux en temps que grand
blessé.
Une fois sorti du village ça n'est qu'une succession de faux plats montant,
descendant. le paysage n'est pas moche, mais pas exceptionnel non plus : des
champs ! J'explose. plus de jus. je demande que l'on me file une barre. en
fait quand je suis remonté dans la voiture tout à l'heure, je n'en n'ai pas
profité pour m'alimenter et boire. je me tape, un mur. wouah. ça faisait
longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Je serre les dents, la vitesse
diminue. diminue. je marche alors que ça monte presque pas. je me fixe le
poteau pour recourir, ensuite arriver à la bosse suivante, la suivante. un
village plus loin. de mémoire, il doit me rester encore 3-4 kms pour arriver
à me faire presque un relais. 2kms. pffffff à 500m de ce village je me
traîne. arf le panneau. je m'arrête. cuit. grillé le Boubouh'. panne sèche !
ce coup le moteur est rincé ! Je suis vidé. Je n'aurais tenu que 7kms sur ce
relais. désolé.
Pas de moquerie, rien. Merci
L'Antilope prend son relais un peu plutôt, on est à quelques kilomètres de
notre point de rencontre avec le club d'athlé de Sens. Sa foulée semble
moins déliée. la fatigue se fait sentir, mais elle tient toujours son
rythme. Son mari appelle, avec Marie-Aude ils viennent à notre rencontre
d'ici 30' ! Ca re-booste l'Antilope. on arrive au point de RDV : Dixmont, le
club d'Athlé est là à nous attendre. A peine le temps de se dire bonjour,
que l'on repart ! Ayé on a nos guides. plus que 18kms et c'est fini ! Je
leur montre sur la carte, l'itinéraire que j'avais prévu. Et on se met
aussitôt en route. on sort du village quand 500m après, JF me dit qu'on est
pas sur la bonne route, on ressort la carte, m#rde ! il a raison ! je baisse
la vitre et crie STOP ! on est pas sur la bonne route ! L'Antilope fait
volte-face, son oeil a légèrement noirci. ouh. pas bô la colère ! Je recale
les coureurs censés nous guider mais qui ne connaissent pas la route ! c'est
un comble ! c'est nous qui devons les guider ! demi-tour !
Le convoi se reforme, visiblement les coureurs ont beaucoup de mal à tenir
le rythme de l'Antilope ! :-)))) ça explose de tous les côtés sauf deux
coureurs qui tiennent bien.
Le mari de l'Antilope et Marie-Aude arrivent enfin ! Marie-Aude prend le
relais pour les 15 derniers kms! L'antilope apprécie !
Arrivé à 2kms de la fin, on sort tous de la voiture et on court tous
ensemble. j'adore !
L'antilope explose de rire et me demande combien j'ai fait de kms ? intrigué
je lui réponds: 45kms. Morte de rire, elle me dit : L'Bourrin, je t'ai
pourrie ! j'en ai fait 53 !
Ahhhhh. la carne ! Je lui dis puisque c'est ça. je vais continuer et en
faire 8 supplémentaires, encore plus morte de rire, elle me sort vas y,
j'attendrais le dernier kms pour en avoir toujours un de plus ! Elle me tue!
je suis mort de rire !
On sent l'écurie. on lève le pied car le groupe tient pas vraiment. nos
guides ne savent pas très bien par ou passer pour arriver sur le parvis de
la cathédrale ! :(((( je demande à des passants, merci. on repart. yeah ! la
fin. on se donne la main et on finit au sprint ! c'est d'enfer ! on
s'étreint tous ! on se remercie. on nous applaudit.
On va au gymnase, pendant que les copines de l'Antilope ainsi que son mari
et un autre coureur vont attaquer les 75 premiers kms de l'étape suivante :
Sens-Lille.
Douche suivie d'un repas avec l'équipe EdM. et début de la présentation
d'EdM. j'avais oublié de préciser à l'Antilope qu'elle allait devoir monter
sur scène. elle me demande si je me fout d'elle. euh? nan! c'est la vérité !
:-))))))))) elle m'en a légèrement voulu, bizarre non ?
Sur la scène j'annonce aussi que ma société Antargaz a acheté nos kms pour
un montant de 900 euros qui seront versés à Enfants du Mékong. L'Antilope a
une quête en cours dans son lycée aussi.
Encore un super WE de partage. riche en humanité et don de soi.
J'ai beaucoup de mal à atterrir, une fois de plus.
Mes partenaires :
Jean-Claude, coureur occasionnel, il nous fait 15kms car je pense que malgré
tout il se rend compte de notre folie que de vouloir faire 180 kms avec un
VTT pour tout repos ! :-))) et il est aussi notre soutien logistique en cas
de besoin. Merci JC.
PS: pi t'as du mérite. paske.quand l'Antilope. pfffffffff :-)
Marie-Aude, 5 mois de course à pied. 30 kms. ben. t'as une sacré marge de
progression devant toi !
Jean-Francois, pour un coureur tout neuf (moins d'un an) t'as assuré comme
une bête ! se faire 45 kms, comme ça. chapeau ! grosse fatigue à l'arrivée,
mais pour une première, tu peux être fier, d'autant plus que ta venue nous
permet de tenir les délais! Sinon on serait arrivé, de cela je n'en doute
pas. mais sûrement pas à l'heure prévue !
L'Antilope, ben que dire. d'autre que : ne change pas ! t'es une sacré nana !
Comme le dirait l'Toutou : une nana debout ! Pleine d'humanité, de
générosité et d'humour. Un mental et une volonté inébranlable. Je sais
pourquoi tes élèves t'envoient des SMS de soutien dans la nuit.
Par contre quel caractère : faut toujours que tu aies le dernier mot !
:-))))
M'enfin, bon si un jour t'as besoin de quelqu'un sur une course ou un raid,
c'est sans problème ! PS:Enfin, si tu trouves une autre victime..
:-)))))))))
PS bis: je t'ai pourrie sur les kms "Franchis", alors je pouvais bien te
laisser la victoire d'étape ! :-)))
Je sais maintenant, ce que veux dire donner un sens à ses foulées. 247kms
parcours, 247 000 mètres, 247 000 fois le temps d'y penser.
Les 82 000 premières foulées à me demander si ce pari fou de faire un tour
de France en courant pour des enfants allait marcher
Les 58 000 suivantes à réaliser que la vague EdM était en route
Les 62 000 qui ont suivi à me dire, cette fois plus rien ne nous arrêtera
Ces 45 000 à savoir que la folie et le don de soi sont ce qu'il y a de mieux
chez l'Homme
Avoir partagés ces 247 000 foulées avec des gens aussi exceptionnels que :
Annick, Laurence, Marie, Marie-Aude, Pierrette, Christophe, Jean-Claude,
Jean-François, Michel, Laurent, Loic pour sauver des enfants à l'autre bout
de la terre. restera à jamais dans mon coeur. Merci à tous.
|
L'Antilope |
Ben ça y est, j'ai profité de quelques jours de vacances pour le faire le CR Dijon-Sens
de franchir l'horizon... Avant que l'Bourrin y m'fasse une maladie.. :-)
Tout a commencé quand j'ai ouvert la newsletter Irina. J'ai vu le projet
'Franchir l'horizon', l'idée de courir pour d'autres m'a plu, je suis allée voir
sur le site ad hoc, et je me suis inscrite pour 20 kms, sur le relais Dijon-Sens.
Pas grand monde sur ce tronçon, et c'est trop bête. Alors, je dis ok pour 40, mais
il me faut une autre personne parce que mon mari, Jean-Claude, veut bien m'accompagner
en vtt pour que je ne m'ennuie pas toute seule dans la pampa, mais il manque quelqu'un
pour prendre la voiture et éventuellement le relayer. Le Bourrin me dit qu'il m'accompagnera
en vtt, et m'inscrit. pour 50 kms. Et personne d'autre ne s'inscrit, alors je recrute
par ci par là des coureurs histoire de manger quelques kms, j'arrive à persuader mes
copines (qui courent depuis à peine un an pour la plupart), qu'elles peuvent faire
dix bornes chacune, je recrute le copain de l'une d'elles, mon mari, ma belle-soeur,
Marie-Aude, qui recrute un copain, Jean-François. bref petit à petit, on comble les
kilomètres qui précèdent Sens. Jusqu'au jour où le Bourrin m'annonce qu'il faut être
à midi à Sens ! Alors là, pour le coup ça se présente mal. Midi à Sens alors que
les relayeurs Lyon-Dijon n'arrivent que le samedi après midi ! Ca implique qu'il
faut courir de nuit ! Là c'est clair, je sais que pour mes filles, mon mari et ma
belle-soeur, c'est râpé. Sont fous mais pas totalement ! Et si je fais tous les premiers
kilomètres, ça va faire beaucoup plus de 50 ! Et puis c'est le passage à l'heure d'été,
donc on a une heure de moins pour courir. Tout va bien ! Alors dans ma grande faiblesse,
je vais céder sur un plan du genre 'et 200 bornes à deux en bike and run ??' Jean-Claude
me fait remarquer que je m'engage encore dans un plan à la c#n, mais quand je lui
dit qu'on peut se débrouiller sans qu'il nous accompagne. Je crois que comme d'hab'
il ne manquerait surtout pas ça ! Je sais que les filles ne viendront que le dimanche,
mais j'ai dans l'idée que Marie-Aude, Jean-Claude et Jean-François nous feront bien
quelques kilos entre le samedi après midi et le dimanche matin. Surtout que JF a
dans l'intention de nous retrouver dans la nuit.. ouf, un peu de relais nocturne
ne nous fera sûrement pas de mal !
Bref le grand jour arrive, la météo annoncée est assez favorable (pas de pluie).
Le Bourrin amène Marie-Aude à la maison et nous voilà embarqués tous les quatre pour
aller chercher le relais à Dijon. Je ne connais pas le Bourrin mais je suis confiante,
les échanges de mails ont été plutôt positifs et sympas. Et quelqu'un qui ne se prend
pas la tête avec des perfs et qui organise un truc pareil, ça ne peut pas être
foncièrement mauvais. Et puis, comme j'ai du mal à trouver dans mon coin des
équipiers pour mes trucs de fous, ce n'est pas la première fois que je m'embarque
vec quelqu'un que je ne connais pas, jusque là ça a toujours fonctionné, alors,
pourquoi pas avec lui ?
On attend un peu à Dijon et puis voilà les relayeurs. Ouh là là pas frais les p'tits gars!
Mais la bonne humeur est là. Curieusement, ils ne veulent pas nous accompagner pour quelques kms .
Et c'est le démarrage. Marie-Aude qui a des fourmis dans les jambes part en premier
et Jean-Claude l'accompagne en vtt. Le Bourrin et moi on reste au chaud dans la
voiture. Marie-Aude court bien, elle assure la moyenne. JC prend le relais on les
laisse faire, on garde les cartouches pour plus tard, on observe et on fait connaissance.
On commence à recevoir des appels d'encouragement : sympas les gars, y a même le Toro
qui a déjà appelé plusieurs fois (super !) et qui commence à nous narguer en
parlant de pizza. Je note ça dans un coin, ça se règlera un de ces jours.. pour l
'instant on se contente de rigoler, on est dans la voiture ! Nos deux coureurs nous
assureront 30 kms, avant que nous commencions.
Il fait nuit, il est presque 20h quand ils nous passent la main. Ils nous préviennent :
il fait super froid en vtt ! Bon comme c'est le vtt qui va porter les sacs à dos, h
istoire que le coureur soit 'à vide', je rajoute quand même mon pantalon de survêt
dans le sac, on ne sait jamais. On va partir tous les deux, on sait que Jean-François,
nous rejoindra au petit matin mais on ne sait encore pas à quelle heure. On s'équipe,
le Bourrin prend le premier relais à pied, je prend le vtt et . je sers les dents :
ça caille ! mais je ne dis rien ou pas trop, vaut mieux laisser le Bourrin
découvrir par lui-même. J'avais cru entendre à un moment qu'on ferait des relais
de deux heures, ouh là là, faut que je trouve un moyen de lui refiler le vélo à
c't'animal là ! Finalement, question posée, on décide de s'en tenir à des relais
de 1H chacun. J'attends le moment de courir avec impatience. Le Bourrin tient l
e 11/h. Un vrai métronome. Super, pourvu que ça dure, on arrivera plus tôt ! Mais
je me demande si je tiendrai ce rythme ; Et j'essaie de calculer depuis combien
de temps je n'ai pas fait du long. Oups ! on va arrêter les calculs, ça vaut mieux
et de toutes façons j'ai les neurones qui gèlent. Au bout d'une heure, on change :
je me débarrasse du sac, le Bourrin prend sa polaire en plus et il a bien raison,
moi je n'ai pas pris de polaire supplémentaire et je sais que j'ai eu tort, il
grimpe sur le vtt, a les jambes qui pendouillent, baisse la selle. et ça repart.
Bof, j'ai les pieds gelés, je ne sens pas mes orteils. Il me faudra quelques minutes
pour me sentir bien. On reçoit des coups de fil d'encouragement et des sms.
Ca soutient le moral ! Quand c'est celui qui est sur le vélo qui reçoit l'appel,
il faut qu'il enlève les gants de moto pour répondre.. c'est assez casse-g### !
On enchaîne chacun deux relais comme ça, la moyenne reste correcte mais qu'est-ce
qu'il fait froid sur le vtt !!! La deuxième fois qu'il va prendre le vtt, le Bourrin
va enfiler mon pantalon de survêt pour protéger ses petites cuisses.
On affiche tous les deux une légère différence...de taille ! Avec lui mon pantalon
traîne par terre. D'ailleurs, il est tellement grand pour lui qu'il l'accrochera
dans la chaîne, mdr. Le vtt devient une véritable punition et on commence à
pinailler : 'ça va être à ton tour de prendre le vtt', 'pas question, je continue à
courir'. Durant un relais où je suis sur le vtt, à Rougemont, on se prend une côte
de deux-trois kms, assez raide. Ouf, le vtt là dedans avec les deux sacs à dos,
c'est dur. Le Bourrin court devant, c'est à peine si j'arrive à suivre, je ne trouve
pas le bon pignon pour être à l'aise, les cuisses morflent, et je commence à me
dire que le prochain relais à pied, je risque de payer ça! Je grimpe en serrant
les dents, mais arrivée en haut ce qui est sûr c'est que je n'ai plus froid ! Et
je me demande à quoi on ça a servi que je me remette au vtt depuis janvier ! J'ai
l'impression de ne pas avoir de jambe ! Mais maintenant, je sais pourquoi c'est
la course à pied que j'ai choisi comme sport !
Jean-François, qui était sensé dormir dans un gîte près d'Auxerre et venir au petit
matin, nous appelle pour nous dire que finalement il va venir après dîner. Il a
des fourmis dans les jambes !! J Ca nous soulage, même si on sait qu'il a un bon
bout de route à faire.
Au relais suivant, le Bourrin prendra aussi des côtes, ..et sera aussi derrière,
ouf ! l'honneur est sauf !
On papote, on papote, on passe Pasilly, le Bourrin, sur le vtt avec la carte me
dit qu'on va bientôt prendre à droite, on passe la voie ferrée, on papote, on
papote, et tout d'un coup arrivés à un croisement, je lui dis 'c'est pas là qu'il
faut tourner ?' Mrd, il n'a pas fait gaffe et se demande si on n'aurait pas déjà
passé la bifurcation.. Etude de la carte par le Bourrin J J et on décide de prendre
cette route sans être persuadés que c'est la bonne. On échange encore, je prends
le vélo, il part devant. Je me dépêche mais je mettrais quelques longues minutes (
pour moi !) à le retrouver dans le noir. Pourtant avec son coupe-vent psychédélique,
je devrais le voir ! j'ai un instant la crainte qu'il ait tourné quelque part et
que je l'ai perdu.. Avec les téléphones qui ne passent pas on risque d'être bien
si on se paume ! Je le retrouve dubitatif. Un Bourrin qui se pose des questions !
On avance un peu et au carrefour suivant, on ne colle plus du tout à la carte.
On décide d'avancer pour voir.. Et on tombe sur des pancartes qui nous indiquent
que nous sommes . Sur la départementale que nous sommes sensés avoir quittée quand
nous avons tourné !!! Y'a un blème ! et je suis blême J. Bon, on ne se démonte pas,
un petit coup de boussole pour vérifier qu'on est au moins dans le bon sens, et on
décide de rattraper l'itinéraire prévu plus loin. Je sais que ça va rentrer dans
les comptes à régler. J Entre temps JF a rappelé, il n'est pas loin, il nous rejoint
à Noyer. Super ! On va être trois pour se relayer et trois à profiter du bonheur du vtt !
Evidemment, sur ce coup, le Bourrin a choisit la portion la plus facile : Jusqu'à
Noyers, il est en descente (ouh là là ça caille sur le vtt, quand on ne pédale plus !).
On rejoint JF, moi je me dis 'chouette, il va prendre le relais, je vais pouvoir
mettre le vtt au fossé'. Rêve ! Le Bourrin qui n'a fait que 7 kms décide, ses hormones
mâles travaillant dur, de finir les 3 restants. Et m###e ! Bon allez, je remonte
sur l'engin de torture.. Ah ben oui, mais vous ne savez pas ?? Noyers ce ne sont
que des routes pavées.. Décidément je serais mieux à 2 pattes ! Je crois que là
j'ai quand même un peu maudit l'animal.qui me nargue en disant qu'à pied ça va !
JF prend son relais. Il est frais et assure une bonne moyenne. Au tour du Bourrin
de se geler sur le 2 roues mais on lui a enlevé les sacs, il est donc plus léger..
forcément faut ménager la bête., moi je me calfeutre dans la voiture, je vais
stationner plus loin et j'essaie de fermer l'oil quelques minutes. Pas facile
quand on a tout le corps qui joue des castagnettes. Un peu d'hypo, beaucoup de froid,
une barre, un lait concentré, un petit coup à boire et on adopte la position recroquevillée
pour garder la chaleur. Je m 'assoupirais un peu quand même.. juste le temps que le
Bourrin arrive pour récupérer une pile, me réveille (je crois qu'il y a pris du plaisir)
et je repars plus loin sur un autre carrefour. C'est mon tour de courir, chouette
je vais pouvoir me réchauffer. JF prend le vélo. Le Bourrin va plus loin pour écraser
un peu. Je commence à courir et ça va tout de suite mieux. JF n'est pas très bavard
et je me dis que ça risque d'être long s'il ne décoince pas un peu. Au carrefour suivant,
le Bourrin attend. On le réveille, JF me dit 'va à gauche', le Bourrin descend la
vitre pour dire 'non à droite'. Petit topo sur la carte et ils décident d'aller à
droite. Tant mieux, à gauche ça montait.. Donc repartie à droite, super descente à
côté d'une église, je lâche les chevaux, ça fait du bien, le Bourrin fait le tour
et me rejoint en bas,. s'arrête. Baisse la vitre. Et me dit 'on s'est gourés, c'était
à gauche !'. Je vous jure, j'ai cru qu'il me faisait une blague.. non sérieux l'animal.
je regarde ce que je viens de descendre. Et m###e bis.. Je crois qu'il redoute un peu
ma réaction, je m'approche de la voiture et lui dit '2 bières à zéro'. Eclats de rire.
Je repars, de toutes façons, ça va encore alors je remonte en petite foulée tout ce que
j'ai descendu, plus la portion que j'ai cru éviter.., le Bourrin fait le tour de
l'Eglise en voiture.., et JF.. pousse le vélo ! Quel engin de torture, c'est le vélo
qui va nous ralentir maintenant !!
Quelques kms plus loin je finis mon relais, avec regret parce que selon nos conventions
je suis sensée prendre le vélo pendant que le Bourrin court.. Je me crispe d'avance,
calcule dans ma tête : bon la polaire du Bourrin, plus la grosse polaire que j'avais
dans la voiture, et si je mettais en plus mes gants polaires sous les gants moto ??
Avec la taille des gants du Bourrin ça doit passer. J La voiture est là, le Bourrin
évoque l'idée de laisser tomber le vélo, on se met au chaud pour en discuter. Je suis
pas trop d'ak, parce que je me dis que le coureur seul va s'ennuyer, d'un autre côté,
l'idée de laisser tomber le vélo me plaît bien, mais plutôt m'arracher la langue que
de le dire au Bourrin.Emportez c'est pesé. Je ressort dans le froid pour remettre le
vélo sur la voiture. Le croirez vous ? Ces messieurs sont restés au chaud !!!
C'est bien des mecs, un peu froid et y a plus personne !
Le Bourrin prend son relais, éclairé par les phares. Faut que je fasse gaffe à pas
lui rouler dessous, on pourrait penser que je l'ai fait exprès pour me venger (et
on n'aurait peut être pas tort.). JF veut essayer de dormir, mais n'y arrive pas,
remonté comme une pile le petit gars, et pourtant pour respecter son sommeil je ne
parle même pas. (qui a dit exploit ?)
Les relais du Bourrin sont plus difficiles, je me dis qu'il s'économise et c'est
bien. JF a la carte, on arrive à un croisement. Je mets le clignotant à droite pour
indiquer le chemin au Bourrin, et il tourne à gauche. Coup de klaxon dans le petit
village à 4h du mat'.
[mode Bourrin off]
En fait, JF m'a dit à droite et j'ai mis le cligno à gauche, bon il a fait deux
mètres en plus le Bourrin, il aurait pu se souvenir de la carte quand même. En
tous cas faut pas lui dire, je tiens à mes bières !
[mode Bourrin on]
Tout à coup, il s'arrête net sur un 5ième km. Vient vers la voiture, je pense qu'il
veut manger un morceau mais non, il a mal à la patte.
[mode Bourrin off]
ça devait bien arriver et j'étais étonnée qu'il tienne jusque là. Il a de la tête
le petit gars ! mais ça non plus faut pas lui dire, il pourrait croire que je lui
fait un compliment !
[mode Bourrin on]
Il a à peine fini de parler que JF est dehors
pour prendre son relais. Le Bourrin se met au chaud dans la voiture et je lui propose
le baume du tigre, si si je l'avais amené, cf les messages sur runirina ! Il va se
dorloter un peu et moi j'espère très fort qu'il pourra recourir. Un moment plus tard,
on change les places dans la voiture pour que je puisse dormir un peu. JF, vrai
métronome lui aussi, fini son relais, il aura fait 15 km tous ronds et jette l'éponge
pour l'heure. On avait pourtant décidé avec le Bourrin de rien lui dire et de pas
l'arrêter. C'est une idée du Bourrin ça ! J Je prends mon tour. Courir seule, avec
une voiture aux fesses, quel pied ! Même plus personne avec qui parler ! J'essaie
de tenir la moyenne, ça va encore pas trop mal. Je vois le jour se lever. Instant
de bonheur. Les quelques fermes au bord de la route ont les lumières allumées dans
la cuisine. J'imagine le tableau, la café chaud et le pain grillé. Huuum ! N'ayant
plus personne pour papoter, je gamberge et pense que chaque pas est un de plus pour
les galoupiots. Je suis sûre qu'on ira au bout et je savoure d'avance. Je sais que
parmi mes élèves il y en a qui sont près à s'investir pour ce genre de combat. On en
a pas mal discuté avant le we et je sais que ça fait des émules. Chouette, on n'est
pas dans un monde de pourris ! Mais je fatigue quand même et au bout d'une demi
heure, je compte les minutes, cette fichue montre à dû s'arrêter, c'est pas possible !
Je vais finalement arrêter de la regarder, c'est mieux.. Le Bourrin veut prendre
son relais, euh t 'es sûr ? Vi, vi.. bon ben alors cours ! JF se déride et commence
à parler ouf, pas si ours que ça le petit gars ! On arrive encore dans un village,
on cherche le chemin JF a la carte (ah là là les mecs avec une carte !!!) il me
dit accélère on va chercher la route où on doit tourner. j'accélère, on sort du
village mais c'était avant, demi-tour vite fait, je lui dit qu'il faut faire vite
avant que le Bourrin ne soit arrivé. Trop tard, le Bourrin fera le tour de la place
alors qu'il aurait pu couper. Mais faut pas lui dire, c'est forcément lui qui a
fait l'erreur ! Il fera 7 bornes avant de jeter l'éponge et zou JF-sur-ressort
est déjà dehors. Le Bourrin me parle d'hypo. Poï poï poï, c'est rien qu'une petit
chose fragile ce gars là (bon je le pense pas mais c'est tellement chouette à écrire !).
L'est rincé, c'est tout !
JF veut faire 15, jette l'éponge avant et qui s'y colle ? moi, faut bien faire
quelque chose..
Je me dis que le relais de Dixmont n'est pas loin, les jambes commencent à être
raides, mais là bas il y aura des relayeurs et JC doit arriver pour nous épauler
avec Marie-Aude. Ca dope et j'essaie d'accélèrer un peu. Je regarde les panneaux,
dixmont 4, ouf je tiens le bon bout, j'en donne un peu, j'aperçois du monde et je
saurais plus tard que ce sont nos relayeurs. Dixmont panneau d'entrée, je me retourne
et fait signe au Bourrin, ça va le faire !! J RV place de l'église, je tombe sur les
relayeurs, je vais pouvoir me poser.. Une femme crie : ' c'est le relais EdM,
et allez les petits gars c'est parti' et se barre en courant. Je rêve ! Même pas
deux petites secondes pour souffler ! Je l'arrête pour lui dire que je ne suis pas
toute seule alors elle envisage quand même une pause pour dire bonjour. 2 minutes.
J'le sens pas ce coup là, j'le sens pas. et bien sûr aucun des deux gars ne va
faire mine de sortir de la voiture pour courir. On repart et je préviens tout de suite,
je suis un peu fatiguée donc ce sera mon rythme. Je me sens un peu rassurée par leur
rythme et continue et les écoutant papoter, c'est vrai que ça faisait un moment que
je me sentais seule à courir. Là aussi je sais pourquoi je préfère les courses en équipe !
Je me mets au niveau de la voiture pour dire que je m'arrête au 10. Un peu plus loin,
coup de klaxon, chouette, c'est fini ! eh ben non, ils m'ont encore fait le coup de
l'erreur de chemin. J Peut être que cette fois ci ça vient pas du Bourrin, mais quand
même avec un peu de sens de l'observation (s'il n'avait pas été dans le pâté peut être ?? )
il aurait pu voir qu'il fallait pas quitter la carte des yeux . voui, l'Bourrin, ça
c'est juste pour te faire râler, trop bon !J J Je finis mes 10, JF prend le relais,
jusqu'à ce que Marie-Aude prenne la suite, et là, il nous rejoint dans la voiture,
vidé mais content. Il nous fait le coup de l'endormissement immédiat et nous laisse
déblatérer sur sa performance et son état de fatigue avant de nous faire savoir
qu'il ne dort pas et qu'il nous écoute.. heureusement que pour une fois durant
toutes ces heures on n'était pas en train de dire des C####ies ! On suit le groupe
des relayeurs locaux et pour les derniers kms, on laisse le volant à JC pour finir
tous ensemble, moment magique où on sent qu'on a gagné, qui donne de l'énergie, nous
montre qu'on en a encore sous le pied, on se prend même au jeu du 'chiche on sprinte
à l'arrivée !', et on le fera (petite accélération quand même, faut pas exagérer..)
L'accueil est bien préparé, on trouvera boisson chaude et en-cas.. Pour découvrir
que JF nous avait amené du thé bien chaud lorsqu'il nous a rejoint, et qu'il a
oublié de nous le dire : et 1 bière de plus!!
J'organise le départ de mes filles et des deux gars qui vont faire le tronçon Sens-Lille.
JC prendra le premier relais, il fera encore 15 km, les filles se succèderont,
chacune dépassant la distance pour laquelle elle s'était engagée. Elles sont formidables,
mes filles ! Une fois que tout est près et le rendez-vous donné, les bénévoles d'EdM
nous emmènent dans une salle de sport, avec douche (chaude pour moi.) et restauration.
Huuuum ça fait du bien. Kouik sur la forfaiture du Bourrin et l'obligation de monter
sur scène. Ca aussi ça se paiera (en bières).
On reprend la voiture pour rejoindre le relais des filles. Je trouverais encore un
peu d'énergie pour faire un petit km avec deux d'entre elles malgré un pied assez
mal en point, mais juste pour faire bisquer le Bourrin à qui j'ai fait remarquer
que sur ce coup je l'ai pourri sur la distance et sur la résistance, et ce avec
grand plaisir. Il aurait essayé d'en faire plus que j'en aurais toujours rajouté 1. !
Voilà pour ce grand moment de bonheur. Un truc de fous comme je dis et comme j'aime.
Un plan à la c#n comme dit JC, mais qu'il ne louperait sous aucun prétexte.
Le bonheur n'ayant jamais de fin ,j'ai eu le plaisir de rencontrer la semaine suivante
plein de zanimos très sympas, chez EdM, après le marathon. Le Bourrin a ouvert les
hostilités en m'apportant deux packs de bière (pas question que je les boive seule),
alors il a eu droit à un trophée bien mérité. Mais ce repas là, c'est encore une
autre histoire.. :-)
Je voudrais remercier Marie-Aude d'avoir dit tout de suite oui pour venir, d'avoir
dépassé ses engagements pour nous raccourcir la distance. Je suis sûre qu'un jour
je l'emmènerai plus loin.
Merci à JF, de nous avoir supporté (ça doit pas être facile deux zozos comme nous
d'un coup !), d'avoir été au bout de ce qu'il pouvait et surtout d'avoir aimé ça.
A la prochaine sur un truc de fous..
Merci à Jean-Claude, qui dit toujours non au départ et qui finit toujours par se
laisser entraîner au-delà, pour mon plus grand bonheur, pour me soutenir dans
chacun de mes plans à la c#n.
Si j'arrive au bout de mes épreuves, c'est aussi parce que j'ai toujours son soutien.
Merci au toro, fidèle supporter (eh l'toro, si un jour je te rencontre sur le chemin,
pour moi, c'est pizza provençale.)
Merci au toutou, lapouneur, au boeuf et compagnie de ne pas avoir oublié de nous appeler
plusieurs fois. C'est comme si ils avaient peur qu'on ne soit pas capable de dire
des bêtises, alors ils nous ont amené les leurs. !
Merci au petit koala et à biopuce pour leurs appels. J'ai rencontré Biopuce, petite
par la taille mais. quelqu'un de très bien à connaître !. et j'espère rencontrer
bientôt petit koala.
Merci à mes élèves, tous ceux qui m'ont encouragée avant le we et celles qui ont
téléphoné pour soutenir le moral. En particulier à celle que j'appelle 'caliméro'..
Pas rancunière pour deux sous la miss.
Merci à mes filles, pour les appels durant le calvaire du vélo, et surtout pour
s'être surpassées dans l'étape suivante. Clap clap clap. Vous pouvez être fières
de ce que vous faites..
Merci aux bénévoles d'Enfants du Mékong. Accueillants, chaleureux, des gens admirables.
Et puis, je ne vais pas l'oublier lui, le Bourrin, petit mais costaud (si je ne lui
en remattais pas une couche, il ne comprendrait pas !), au courage sans faille, à
l'humeur joueuse, sans qui ce truc de fous n'aurait pas vu le jour, dont l'investissement
personnel vous oblige à dépasser vos limites. On ne peut pas faire autrement avec lui !
Bravo pour avoir monté cette histoire extraordinaire, ce projet grandiose qui a réussi
à mobiliser tant d'énergies, tant de coureurs formidables, toi le premier..
Merci de m'avoir entraînée là dedans pour mon plus grand bonheur. Merci pour la rigolade,
tu n'es pas facile à supporter J mais mon caractère très souple permet de pallier ça.
Je t'ai pourri sur l'étape, pas sur le franchissement, mais c'est juste parce que tu ne
m'avais pas invitée pour les étapes que tu faisais, tu savais que sinon je t'aurais
pourri sur l'ensemble. (euuh bon là peut être pas quand même)
Quand tu veux pour recommencer! Ceci dit, la prochaine fois, n'essaie pas de me
perdre pour me donner un handicap, je peux te laisser passer devant rien que pour
te faire plaisir tu sais ?
Pouvoir chercher au fond de soi le meilleur, pour le donner aux autres.
Et puis bravo à ceux qui ont eu le courage de le lire en entier....
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