"Si tu savais mon frère, ce qu'ensemble veut dire là-bas
Si tu savais mon frère, comme chaque jour est plus fort là bas
Si tu savais, il suffit de s'aimer
Si tu savais, aimer c'est partager
Le bonheur c'est partager"
Ces paroles ont accompagné chacune de mes foulées pendant les relais entre
Arles et Gap.
Elles résonnent encore dans ma tête et je n'ai pas vraiment envie de les
faire disparaître.
Je souhaite remercier Le Bourrin (Thierry) qui a permit à de nombreux
coureurs (hommes et femmes) de donner un peu de leur temps, de partager un
peu de leur passion au profit de personnes un peu particulières :
Les bénévoles d'Enfants du Mékong
Ces gens là oeuvrent chaque jour dans les pays asiatiques pour que des
enfants aient une vie meilleure, retrouvent le sourire, l'envie et la joie
de vivre, le désir d'apprendre et de communiquer.
Si nos quelques foulées peuvent mettre en valeur ces personnes là, alors
continuons d'avancer.
Courons pour que l'association Enfants du Mekong soit de plus en plus
connue, soutenue, pour que de plus en plus d'enfants retrouvent le sourire,
retrouve au fond de leurs yeux cette étincelle qui voudra dire :
" Je suis heureux de vivre, j'aime la vie "
Merci Enfants du Mekong,
Merci Thierry (Le Bourin),
Merci Marie (Biopuce),
pour nous avoir permis de participer à cette formidable aventure humaine,
riche en émotions.
Merci de nous avoir permis d'oser
" Ose, redonne à ta vie ses vrais valeurs
" Ose, redonne à ce monde toutes ses couleurs "
Merci mes compagnons de route, Ghislaine (Koala), Olivier (La Langouste),
Serge (Foudejog) pour tous ces bons moments passés en votre compagnie,
moments inoubliables et a jamais graver dans mon cour,
Merci les athlètes de Gap qui nous ont rejoint pour les derniers kilomètres,
Merci Poussman, Superfondu, Pil, Jean François, Jack26 pour les relais que
vous avez vaillamment assuré,
Merci tous les Zanimos, les Ultrafondus, les Irinautes pour vos messages d'
encouragements,
Merci à tous les délégués d'Enfants du Mekong pour les chaleureux accueil,
Mais surtout un grand merci à ma famille et à Aurélie (La Vachette) : je
vous aime
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"Franchir l'Horizon" Etape La Ciotat – Toulon 20 mars 2004
Chapitre I : les motivations
Courant février, j'ai discuté sur le forum UFO de sorties longues en vue
de ma préparation pour les 24h de Saint-Fons. Léonard, qui m'avait déjà
embarqué pour Vallauris, m'a soumis l'idée de faire un bout de chemin
pour "Franchir l'Horizon", belle sortie à trois semaines de Saint-Fons.
Vivant à côté de Toulon le week-end, il y avait bien cette étape
Marseille-Toulon qui m'intéressait.
Mon emploi du temps n'étant pas fixé d'avance, je gardais cette idée
sous le coude, au cas où... Et il s'est avéré que j'étais disponible
pour ce week-end du 20 mars. J'ai donc contacté Cyril / Superfondu, qui
devait parcourir la partie La Ciotat - Toulon, Poussman se chargeant de
la précédente. Cyril m'informe qu'il s'est fait mal au genou, et que
cette sortie allait correspondre à une reprise. Autant qu'il ne soit pas
seul, je m'engage...
Rendez-vous samedi vers 10h, devant un Mc Do. Je ne pensais voir que
Cyril et Virginie, dite Tortue, mais non... Une partie de l'équipe
seynoise (c'est comme ça qu'on dit ?) de Saint-Fons s'était réunie :
comprenez le frère (le "fameux Greg") et le beau-père de Cyril.
Cyril m'explique qu'ils vont aller chercher le ravitaillement pour la
course. "Où ça ? A Mc Do ?" "Euh, oui à Mc Do !"
Hélas, il est trop tôt pour qu'ils puissent avoir leurs z'hamburgers,
mais ce n'est pas grave, nous prenons la route direction La Ciotat et...
un autre Mc Do. Cette fois-ci, le plein de provisions est fait. Cyril me
dit qu'il n'en mangera pas, à ce moment-là, je me dis qu'il a retenu les
leçons de diététique de Bruno, mais était-ce bien le cas ? ;-)
Nous arrivons finalement à La Ciotat. Greg connait le coin, il y
travaille, nous parvenons sans problème au lieu du passage de relais.
Nous nous préparons : vérification des vélos pour nos deux suiveurs,
Virginie et Greg, derniers ajustements... Poussman nous explique qu'il
arrivera en avance. Ce n'est pas plus mal au fond, car selon Cyril nous
devions nous attendre à une quarantaine de kilomètres, en quatre heures.
Poussman arrive une heure en avance par rapport à ce qui était prévu,
nous allons avoir de la marge ! Nous nous mettons rapidement en marche.
L'allure est assez vive, nous tenons une moyenne supérieure à 10km/h sur
les premiers kilomètres, malgré des conditions pas évidentes du fait de
la circulation, du dénivelé, du vent (léger au départ) et de la chaleur.
Très vite je décide d'appeler Léonard pour lui dire qu'on s'est
ravitaillés au McDo. Il nous dit de faire gaffe au fameux mur du 35ème
kilomètre. Cyril lui répond que c'est pas grave : nous avons des
hamburgers en réserve, l'hypoglycémie ne passera pas par nous ;-)
L'ambiance est à la rigolade, aux débats sur la consommation de soja, le
sport à l'école, Millau, etc...
Autour du kilomètre 14, nous arrivons au pied d'une belle montée, une
"côtelette" m'explique Cyril. L'air de rien, on la gravit vite !
Toujours 10km/h de moyenne malgré la pente (et la circulation, hélas).
Après, un faux-plat, et une nouvelle "côtelette" nous attend, beaucoup
plus longue. Quatre kilomètres d'ascension, et un coup de fil du
Millepattes, qui nous dit de faire gaffe quand même, c'est vrai qu'il
faut arriver en un seul morceau à Saint-Fons !
Quelques grimpettes plus loin, enfin une descente. Cyril m'explique
alors sa technique de la foulée bondissante pour descendre sans se
fatiguer, nous tenons alors une belle moyenne là-encore, le Forerunner
m'indique des vitesses de l'ordre de 15km/h. Au bas de cette descente,
petite pause casse-croûte, un gel et de la caloreen pour ma part.
Nous faisons un rapide bilan pour nous apercevoir que nous avons
énoooooormément d'avance sur ce qui est prévu. Cyril me propose un petit
détour en direction de ses terres d'entraînement, ce qui nous ferait
deux kilomètres en plus. Nous nous retrouvons face à la mer, encombrée
de véliplanchistes, avec tout ce vent ! Petite séance d'étirements,
histoire de tuer le temps, et on repart.
Nous atteignons rapidement Sanary, où l'on croise beaucoup de passants,
il faut dire qu'un samedi après-midi, il y a du monde au bord de l'eau.
Après Six-Fours, direction La Seyne, fief de la Superfondu's Family.
Quelques kilomètres plus loin, toujours de l'avance, beaucoup. Nous
avons parfois frôlé les 5 minutes au kilomètre. Toulon n'est plus très
loin, et nous avons encore deux heures. De là, nous prenons les chemins
les plus longs, pour rallonger autant que possible notre parcours. Un
peu après le trentième kilomètre, pour éviter le mur, Cyril succombe à
la tentation de manger un hamburger. Longue pause, pas très loin de Toulon.
Nous reprenons la route, en marchant 90% du temps, en passant par des
coins pas bien terribles. "Tiens, il y a eu un meurtre ici la semaine
dernière". Hum, effectivement, pas bien terrible ce quartier. Sur le
dernier kilomètre, nous avons bénéficié d'une escorte de deux coureurs
d'un club d'athlé, ce qui nous a obligé à courir un peu.
Arrivée devant la salle Mozart vers 16h40, ce qui nous fait 37km en un
peu moins de 4 heures de course effective, je n'ai pas chronométré les
pauses !
A l'arrivée, ravitaillement bien mérité, avec au programme des abricots,
des raisins et... des barres de Lion, et à boire ! Mes 3 litres d'eau
n'étaient pas de trop.
Une journaliste de Var Matin nous attend avec son photographe. Elle ne
comprend pas pourquoi on a couru, on tente de lui expliquer, en glissant
"ultrafondus" dans la conversation (on aura un petit article sur deux
colonnes dans le Var Matin du 21/3, expliquant que l'on a parcouru "40
bornes, pour donner un sens à notre effort").
Irina Kazakova et Bruno Cavelier (+ le chien) arrivent quelques minutes
après nous, pour parrainer l'opération. Les Superfondus doivent rentrer
chez eux, il leur reste 12km à parcourir. Pour une reprise, Cyril en a
fait des kilomètres ! Je reste pour passer le relais à Ghyslaine du
forum d'Irina.
Je discute un peu avec Irina, qui me demande combien de temps je mets
pour faire un marathon. Je lui réponds que... je n'en sais rien, j'ai
toujours fait en-dessous des 42.195km ou au-dessus, comme ça, pas de
temps de référence, je ne me compare qu'à moi-même. J'en suis loin de
toutes les manières de ses 2h30 et 40 secondes ! ;-)
Je retombe sur la journaliste, je lui reparle d'Ultrafondus, mais ca ne
la passionne pas. Visiblement elle a mieux à faire le samedi !
La cérémonie débute, l'attachée de presse nous fait rentrer Ghislaine et
moi sur les mots "Ils ont parcouru 1520 km, je vous demande
d'accueillir...", et les spectateurs nous regardent comme des
extra-terrestres (des UFOs serais-je tenté de dire !), pensant qu'on
avait fait tous ces kilomètres seuls. Je me retrouve sur un podium, avec
Irina à mes côtés, je bredouille deux mots, passe le relais à Ghislaine,
et... je dois partir, il va bientôt faire nuit, et il me reste une
dizaine de kilomètres pour rentrer.
Sur le chemin du retour, je passe devant un magasin de sport bien connu
à Toulon, où je rencontre Frédéric Montu, qui reconnait le logo UFO sur
ma manche. Nous parlons d'Ultrafondus, de Saint-Jacques de Compostelle,
de plein de choses en fait. Il fait vraiment sombre maintenant, il me
propose de me ramener avec le camion de l'organisation du Marathon du
Soleil, mais il me manque des kilomètres pour la CTU, je décide de
continuer en courant.
Je me perds dans Toulon, je coupe par un centre commercial (les gens ont
dû me prendre pour un dingue : imaginez un gars en tee-shirt, avec un
sac à dos, tout essouflé et dégoulinant de sueur un samedi soir dans une
galerie marchande). Pas grave, j'ai l'habitude. Une fois sorti de la
ville, je sens que mes jambes vont bien, j'ai envie / besoin de courir
vite, je fais quelques kilomètres autour des 14-15 km/h. Arrivé pas très
loin de la maison, ma chère et tendre moitié, inquiète, me récupère en
voiture.
Au final, 45.8km, en "fractionné" ;-)
Relativement peu de kilomètres donc, mais une excellente journée, où
j'ai bien bronzé et rigolé (Saint-Fons, prépare toi, j'arrive !).
Merci à tous ceux qui nous ont soutenu au téléphone ou par SMS, et bon
courage aux futurs franchisseurs.
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