Franchir l'Horizon
11e étape : Toulouse - Montpellier


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Le récit de Léonard
Etape Marseillan - Montpellier

Franchir l'Horizon, les canards, les flamands roses et les mouettes

Voilà, pour moi c'est fait, Marseillan/Onglous - Montpellier, 56,8Km au
compteur GPS. J'espère que nos kilomètres permettront d'apporter encore
beaucoup de parrainages pour remplir les assiettes et scolariser ces
enfants. Je commence par là mon compte-rendu parce que c'est l'essentiel.

J'ai vu le film hier soir, j'ai vu cette misère, ce que nous faisons est
dérisoire à côté de l'engagement des bénévoles d'EDM et les volontaires
(les bambous) dans ces pays. Mais si nos kilomètres peuvent contribuer a
développer ces actions, c'est le moins qu'on puisse faire, nous qui
courons pour notre plaisir. Ces enfants sont malades, du sida, de la
lèpre, orphelins, abandonnés, rejetés en raison de leur maladie, vivent
dans la rue sur les trottoirs de Manille. Il y a beaucoup à faire!

Bon après "joie de donner", voici "plaisir de courir".

Hier matin la météo annonce 22° à l'ombre. Il faudra donc compter un
minimum de 25 au soleil à une période de l'année où l' organisme n'est
pas encore habitué. Je charge donc la poche à eau à 3l puisque je fais
mon tronçon en autosuffisance. Il faut de la place pour les vêtements.
comme je prends le car je pars "en civil" et je me mettrai en coureur
sur place. J'arrive à Marseillan/Onglous à 11h45. Le lieu est symbolique
pour moi parce que c'est là que doit arriver l'épreuve que je vais
tenter en Juillet, l'Intégrale de Riquet. Aujourd'hui c'est la suite, le
dessert avant le plat principal!


En route
Je me lance à midi. J'ai tous les renseignements, j'ai discuté avec un
autochtone dans le bus, il m'a dit que je pouvais longer l'étang de
Thau. Au bout d'un kilomètre je suis déjà dans les marécages, un pied a
pris l'eau. Mais ce n'est pas grave, le spectacle est magnifique, les
canards et autres oiseaux s'envolent à mes pieds, des espèces que je
n'avais jamais vu. J'ai prévu à trois semaines de mon prochain 24h, de
faire du spécifique, entre 9,5 et 10km/h. Et puis compte tenu de la
chaleur, ce sera suffisant. Mais là je commence par prendre du retard.
Je rejoins donc les vignes de Listel où je trouve une longue ligne
droite qui va me mener à Sète et où j'arrive à reprendre une partie du
temps perdu dans les marais. Comme le sac est un peu lourd et qu'il fait
chaud -il n'y a pas d'air, elles sont abritées ces vignes- je n'hésite
pas à tirer sur la pipette. Je veux éviter la traversée de Sète et tente
un passage par un chantier où une glaise me colle aux chaussures. A ce
moment là le Toro, m'appelle, je suis obligé de le quitter car je suis
face à un canal et je dois escalader un mur anti-bruit pour me retrouver
sur la route que je voulais éviter. Je m'étais déjà fait piéger à
l'étang de Thau par un canal, j'avais dû rebrousser chemin. La traversée
de Sète par une route à grande circulation puis la zone industrielle ne
m'aura pas laissé un souvenir impérissable. Ah si, au port je marque un
arrêt un peu prolongé. J'ai refait mon retard, j'ai même un peu
d'avance, je profite de la vue, me ravitaille, mouille la casquette
saharienne. En quittant les Z.I. entre Sète et Frontignan, je sais que
je viens de faire la partie la moins intéressante du parcours. Une
dernière escalade pour accéder de la voie ferrée au pont au-dessus me
permet de me retrouver du bon côté pour rejoindre Frontignan-plage et
les Aresquiers où je sais qu'il fera moins chaud, on sent déjà le vent...

Je traverse les Aresquiers par la piste cyclable qui me semble
interminable. J'aurais dû prendre par l'intérieur, la route était moins
rectiligne mais certainement moins monotone. A la sortie je me rends
compte que la poche à eau s'est considérablement allégée et je n'ai pas
profité pour faire le plein, or je vais m'engager le long du canal du
Rhône où il n'y a rien d'autre que des étangs de chaque côté. Je suis
bien au milieu de ces étangs avec les mouettes et les flamands. C'est
déjà le printemps chez les mouettes, elles profitent du chemin de halage
pour s'accoupler et ne semblent pas gênées par ma présence. Le téléphone
ne sonne plus. Plus tard je verrai que par mégarde j'avais coupé la
sonnerie et je trouverai les messages sur le répondeur. J'en profite
pour vous remercier de vos encouragements. Au moment où je m'arrête pour
photographier des flamands roses bien roses, je reçois un appel de
Patrick D'Esnambuc qui est à Villeneuve-les-Maguelone. J'estime être à
deux Km de la cathédrale Maguelone, Patrick propose de me rejoindre mais
je lui conseille de m'attendre de façon à ne pas se perdre car je ne
sais pas s'il a bien situé ma route. Et je retrouve la civilisation des
hommes, laissant à regret mes oiseaux.


Perdu
Après un arrêt avec Patrick et son épouse, je rentre dans Villeneuve. Je
ne sais pas pourquoi je tiens à remplir ma poche à eau dans un cimetière
alors qu'il aurait été plus simple de rentrer dans une épicerie, j'ai de
l'argent sur moi. C'est sans doute l'envie de retrouver certaines
émotions de mes longues randos à vélo dont une de trois semaines en 1997
à raison de 150km par jour avec bagages et tente de camping pour un
poids total de 25kgs. Mais là je sors de Villeneuve sans voir le
cimetière. Je pense être sur la route que j'ai choisie pour faire au
plus court mais un panneau indique Montpellier dans mon dos. Je fais un
demi-tour et cours un moment avant de me rendre compte que ce panneau
dans lequel je suis tombé me dirige vers la route Montpellier-Palavas.
Un bref coup d'oeil sur la carte et je prends un chemin en cul-de-sac
mais au bout il semble y avoir un sentier piétonnier. Je ne vois pas ce
sentier, d'instinct je sais qu'il me faut aller vers l'ouest, je
rencontre une gare en pleine campagne, je traverse le passage à niveau
et rentre dans une propriété. Je me dirige vers l'homme au fond de son
jardin pour le saluer et m'excuser de traverser sa propriété, mais au
premier abord il se montre plutôt agressif. Je lui explique l'action que
nous menons et lui signale que si je suis rentré dans sa propriété c'est
parce que je l'ai vu dans le jardin. Il s'est calmé et se montre presque
sympathique mais je n'ose pas lui demander un verre d'eau, ma poche est
sèche, ma gorge commence à l'être aussi. Je retrouve enfin ma route et à
18h je rejoins Didier de Nîmes marathon venu prendre le relais à
l'entrée de Montpellier. Il me reste moins de trois kilomètres à
accomplir et je dois être à 19h au rendez-vous d'EDM au centre ville. Je
prends donc le temps de faire connaissance avec Didier qui me propose sa
bouteille d'eau, ouf que ça fait du bien! Didier fait quelques photos.

Je suis accueilli par la sympathique équipe d'EDM, encore une séance
photos, et je retrouve Jacqueline et Patrick D'esnambuc. Nous laissons
EDM installer la salle pour la soirée qui débute à 20h30 et ensemble
nous allons manger au restaurant ...le "Mékong II"! Puis nous assistons
à la soirée où Véronique d'EDM nous propose de présenter notre sport et
en particulier l'ultrafond avant la diffusion du film. Je ne sais pas si
notre présence aura contribué à aider l'opération, je ne connais pas le
nombre de parrainages car à 23h30 quand je suis parti les futurs
parrains se renseignaient encore auprès d'EDM. J'espère pour ces enfants
que Montpellier aura connu autant de succès que les villes étapes
précédentes.

Quant à moi j'ai pris beaucoup de plaisir sans fatigue excessive, je
marche normalement, ce matin  surlendemain je vais courir un peu. En
courant la Sauta Roc cinq jours avant, mon intention était de provoquer
une préfatigue et de courir 1/4 de 24h sur cet état, me mettant ainsi
dans les conditions du 2ème ou 3ème quart. J'ai eu cette impression au
départ, j'ai couru à allure spécifique, mais la mini secousse attendue
n'est pas venue. Alors je vais chercher un trail court pour dimanche,
c'est dans l'esprit du plan d'Irina que j'ai suivi globalement malgré
cette entorse des deux dernières semaines.  Le plan d'Irina comporte un
10km à J-15. Je pense que deux semaines avant mon 24h quelques kilos
plus rapides passeront bien avant de me mettre au jus. 
 


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