Les 100 Kms de Chavagnes 2003 par 2 Zanimos
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Le récit du Shadock
La récit du Papy, (1), (2), (3), (4), (5), (6).
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Les 100 kms du Shadock
Départ à 5 h du matin, la température de la veille est un peu tombée, c'est
tant mieux. La majorité des 650 coureur à décidé de partir normalement, sans
tenir compte des conditions météo eprouvantes.
Je pars donc sur des bases de 8h30, pour profiter de la relative fraicheur
du matin (env 18°C), quand il fera 30°C, on avisera...
En fait je pars trop tranquille, la nuit faisant et l'heure inhabituelle du
levé (3H) fait que que démarre trop lentement. Au 5 ème (26minutes), je plante Jésus (UFO) 
qui ne me suis pas (cloué sur place il pense que parti à ce rythme je ne
finirais pas) et trotte à + de 13 km/h rejoindre Bibi, en fait je la passe
et continue vers le 12ème ou mon accompagnateur Fred, m'attend en vélo.
Premier problème et ce dès le debut, j'ai une gène à la cheville gauche ,
elle ne se fera oubliée qu'après 50 kilomètres. Second problème plus génant,
j'ai une diarrhée et idem il me faudra deux tours pour être vidé et courir
sans penser à ça, Fred m'a dit  que je m'étais surement trop hydraté avant
Càd 1,25 litre de st yorre chargé à 50 g avec de la caloreen dans les
3/4 heure avant le départ.
Je vais continuer à 13 km/h pendant 20 km puis me laisser décrocher
volontairement par Muriel Brionne et ses lièvres improvisés car ils vont de
plus en plus vite. Je les cueillerais par la suite en approchant de l'arrivée.
Je ferais ensuite une bonne partie de la route au alentours du Papy, sans se
coller, chaqu'un s'arrêtant selon sa course pour s'alimenter ou s'hydrater,
nous passons le marathon en 3h28, au 50 ème en 4h10, mais je sens que j'ai
peut être abusé sur le début et qu'il va falloir lever le pied. Après une
période de doute j'arrive au 65 ème kilo en étant sur de passer une nouvelle
et dernière fois la ligne d'arrivée sans arrêter ma course (4 tours de 25kms),
je gère donc les 10 kilo suivants et arrive sur cette ligne assez frais et
sans m'être fait prendre de tour par le premier, j'y suis en 6h36,
j'apprendrais que le 1 er arrivera en 7h12, j'avais de la marge.
Le dernier tour et de loin le plus dur, les muscles commencent à faire mal, au
kilomètre 80 Fred qui téléphone m'apprend que Bibi n'est qu'à 4 minutes soit
750 m derrière, à l'allure ou je vais, je pense fortement qu'elle finira par
me rejoindre en me faisant un finish à la Papy. Fred m'interdit de marcher
hors ravittos et épongement. Je cours maintenant avec des gars avec qui
j'irais au bout, on se retrouve toujours aux postes de récup.(épongements et ravittos),
mais j'ai des fourmillemnts intenses aux doigts puis à la tête, jusqu'a la racine 
des cheveux. Au 85 ème, Fred prend des nouvelles du Papy, il est juste au bout de 
la même ligne droite que moi , après l'avoir couru, elle faisait 1500 mètres de long,
 soit 9 mn...
Je remonte sans arrêt des concurrents attardés, je fais du 10 au kilo et
j'ai l'impression de les laisser sur place !
Au 95 ème, c'est un soulagement, je sais qu'ensuite tous les kilomètres
 sont marqués, mais les portions de routes en faux-plats se sont transformés 
en vraies-côtes, et j'évite la crampe en marchant 30 mètres avant le dernier
épongement. Je me retrouve à 12 à l'heure dans le 99 ème grace à un
compagnon de galère qui finira à ce rythme pendant que je laisserais un
 peu aller..
200 mètres, je vois la ligne que je franchie en 9 h 05'30"

l'shadock
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Les 100 kilomètres du Papy
La préparation
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Salutatouss...

Tiens, je remarque que je commence souvent comme cela mes CR... Arf... 
Alors je vais un peu changer. Je vais essayer de faire plus... Plus... 
Sérieux ?

Bonjour mesdemoiselles, Bonjour Mesdames, Bonjour Messieurs,

bienvenue dans le CR des 100kms de Chavagnes En Paillers (Vendée), 
championnat de France 2003 de la discipline... Avec l'un des parcours les 
plus rapide de France, vous allez voir que les chronos vont tomber comme 
les bombes à Gravelotte... Enfin... C'est ce que voulait nous faire croire 
la publicité mensongère d'un tour opérateur vendéen !!!
J'y ai cru, j'y ai même révé d'y faire 8h15', vu ma forme du moment...
Avais je trop bu, ou cela était réalisable ?

Je suis arrivée Jeudi 29 Mai 2003 peu après 23h en gare de Nantes, 
accueillis par la Tortue. J'avais déjà rencontré cet imposant zanimos
lors de séances de pieds maritons au Médoc 2002, et j'avais pu déjà apprécié le 
personnage. Accueil chaleureux de sa tribu (la aussi je suis battu, 5 
enfants) et de ses amis, le temps de glisser quelques bouteilles de 
champagne au frais, je me glisse rapidement dans les draps douillets...

Grasse matinée, repas animé avec des amis de la Tortue, ce vendredi 
commence bien. Je prépare mes bouteilles de Caloreen et Sporténine (18 
en tout) rapidement (1h15') et nous nous dirigeons vers le lieu des 
opérations, Chavagnes en Paillers. Tout de suite nous apparait ce qui 
deviendra notre problème numéro UN, la chaleur...

"Chez nous, il pleut tout le temps" est un leitmotiv Nantais que la Tortue
nous servait les années précédentes. Je ne dois donc pas avoir de chance, 
puisqu'il fait un temps magnifique avec des températures au dessus de 27°C 
sous abri... Dès notre arrivée au parking, la sortie de la voiture nous
scotche littéralement au sol.
Péniblement nous allons vers les dossards en traversant un stade qui me 
rappelle mes tournois de sixte enfantin, au soleil brulant du midi de la 
france. Mon rêve commence à s'écorner. Je commence à douter sérieusement de 
l'intérêt chronométrique de la compétition du lendemain. Heureusement, 
c'est un championnat de France, et, si je le termine, mon égo 
surdimensionné (Arf...) pourra peut être dire qu'il a fait dans les 100 premiers...
Il est dommage de ne pas apprécier un tel soleil...  :-(((

Nous montons, la Tortue, ses mouflets et moi même, vers les dossards, ou
rapidement nous obtenons toutes les informations. Il apparait que les 
organisateurs ne sont pas de grands spécialistes de la chaleur car aux 
questions relatives aux épongeages ou aux rajout possible de "lance à 
incendie", il m'est répondu poliment par la négative avec une mine 
compatissante... Heureusement que certains épongeages furent maitrisés 
par d'excellent bénévoles avec un arrosage performant.

Je cherche après les organisateurs du Grandhuit, lorsque je tombe en face
de Chantal Haton. Elle est resplendissante aujourd'hui, semble sur d'elle 
et prête à faire un coup... Elle a tenté un coup de poker en changeant 
radicalement son entrainement au début de l'année. Nouveaux horaires, plus 
de vitesse, de nouveaux compagnons d'entrainement, un nouvel enthousiasme 
lui évite la blessure souvent synonyme de ce type d'évolution. Elle parle 
de 9h, mais je la vois bien taquiner le 8h30', si... Si le soleil veut bien
se cacher ! Doudou, son mari parait légèrement plus stressé, car il a
des ambitions de classement pour Chantal et cherche à connaitre ses adversaires.

Je continue mon tour, sous le cagniard, et je sens un début de coup de 
soleil... Il va falloir prévoir de se couvrir demain car sinon, la sanction 
sera terrible ! Je rencontre divers UFO (qu'il m'excuse mais je n'ai pas 
noté tous les noms...) homme et femme, vetus du fameux t-shirt respirant
blanc. Celui ci, de belle facture, sera idoine pour demain. C'est là que 
je rencontre l'Shadock et Bibi... Ils sont accompagnés de leurs suiveurs et
nous sentons la tension monter. Le Shadock est un peu plus tendu qu'à Lyon, 
mais moins excité qu'au 100kms de St Nazaires.
Il a déjà réussi sa saison avec son marathon rhodanien, il vient donc
récolter des fruits "bonus" dans cette course vendéenne, et la Bibi ???

Il y a 5 mois, celle ci m'avait interpellé sur son idée de préparer 
Chavagnes pour finir son premier 100kms. Après un rapide état des lieux,
il nous sembla raisonnable de l'envisager, et rendez-vous était pris pour 
après l'organisation de sa course du Grandhuit, mi février, pour mettre
en place un process de montée en puissance vers Chavagnes...
Oui, mais... Le destin ne l'a pas décider ainsi...

Le Grandhuit a complètement usé nerveusement la Bibi, qui a mis des 
semaines à récupérer, se créant moults blessures et soucis personnelles. 
Nous avons cherché à sortir de ce tunnel infernal ou le déplaisir se
disputait avec l'ennui... Nous avons eu du mal à trouver la sortie et, si
ma mémoire ne me fait pas défaut, la Bibi a commencer à remonter la pente 4 
ou 5 semaines avant Chavagnes. Le Shadock a même pensé à annuler son
inscription. Il a fallu travailler sur le plaisir de courir et surtout, sur
"comment enlever la pression". En effet dans un couple de coureur animé de 
la même passion, la pression peut parfois mener aux excès...
Il ont fait des essais de boissons, des sorties couplés VTT/CAP, des 
enchainements type Triathlons, etc... Enfin, tout ce qui pouvait les faire
sortir du "ron-ron" quotidien et leur amener un peu de fun !

Voir la bibi avec un sourire me rassure un peu et en échangeant avec elle, 
je sens qu'elle va mieux. En plus, savoir que Chantal accepte de lui servir
d'étalon, lui redescent de nouveau la pression. Il faut savoir que Chantal 
en est à son 16ème 100kms, c'est un "personnage" du monde centbornard (
que de chemin parcourus depuis que nous fractionions ensemble le mercredi soir
sous la pluie en 1990) et qu'elle rassure la Bibi.

Je me retourne et aperçois le Chamo à son stand... Une légère déception me 
prend lorsque je ne vois aucune affiche ou publicité... Le Chamo n'est pas 
un as du marketing (on ne peut avoir toutes les qualités)
Alors je lance un appel au fidèle UFO, donnez des idées au Chamo, ou venez 
l'aider avec des idées commerciales pour animer son stand et attirer plus
les Ufos qui dorment en chacun des coureurs !

Nous tournons encore un peu avec la Tortue puis, laissant les zanimoss 
aller manger puis dormir au couvent des Ursulines (Chuuuuuut, plus calme 
que le gymnase de St Nazaires) nous rentrons sur Nantes préparer le départ 
du lendemain...

Un rappel...
Le départ est à 5h, la Tortue me préconise un lever à 3h15' pour 
être la bas à 4h30'... C'est très bien tout cela... Mais, mais....

Il fait chaud, nous mangeons dehors, avec un p'tit vin bien frais... La 
soirée est agréable, les convives ne savent pas du tout ce que c'est la
course à pieds, et... Et... Je me couche vers 1h45' ?

Je sens que le réveil va être chaud....
.
..
...
Pardon ?
*.
**.
***.
Plus fort au fond de la salle, je n'entends point ?

?
??
???

Constance... Veuillez à mener un micro à la demoiselle, je n'entends point 
la question...

"Vous n'allez pas vous arrétez avant le départ ?"

Non, bien sur...

Nous voilà... 3h du matin, Arf ! J'ai bien dormi les quelques minutes qu'il 
m'était imparti et je file boire un coup, histoire de nettoyer rapidement
des intestins encombrés. Malheureusement, comme vous avez pu le lire... 
IL EST TOT ! Alors l'intestin me rappelle qu'il dort encore !!! Je sens que le
100kms, de ce coté la AUSSI, va être chaud !!!

Je ne mange pas et comme d'habitude, je ferais ma course à jeun... Enfin
presque, vu que mon dernier verre de vin avec le dessert date de juste 
avant mon sommeil... CAD depuis 2 bonnes heures... Arf... Quel préparation 
au top... Il n'empèche que comme à Lyon, je suis cool, pris en charge par 
un zanimos performant et cela permet une sérénité importante...

Nous partons dans la nuit, pour arriver à Chavagnes vers les 4h15', nous
trompant de route dans cette nuit bien noire. La Tortue place la voiture 
dans un endroit intelligemment pensé pour les ravitaillements en bouteille 
et l'ombre, nous croisons le Canari qui me fera le plaisir de nous 
accompagner, je tente désespéremment de vider sans succès les derni
ères surcharges pondérale et me voilà sur la ligne de départ...

Chantal toujours aussi rayonnante, Bibi stressé mais confiante qui aperçoit 
enfin celle qui lui servira de référence, mais... Pas de shadock !!! Je
tente désespéremment de voir s'il saute ou bondit quelque part...
Rien... Je suis un peu inquiet et déçu car j'espérais que nous partirions 
ensemble...

Plus le temps de penser... On se positionne sous les projecteurs...
PAN, c'est parti....
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Le Premier tour, ou balade en Vendée...
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Plus le temps de penser... On se positionne sous les projecteurs...
PAN, c'est parti....

La troupe se meut dans le noir. Nous faisons un petit tour dans Chavagnes 
sous les lueurs des projecteurs. Cela fait un peu la course des zombis... 
Comme je ne me suis pas échauffé, j'ai du mal à me mettre en train, j'ai 
mal un peu de partout, avec ce sentiment diffus d'être parti trop vite.

Bzzzz...

Trop vite ? Mais ou sont mes ambitions ???
Au mois de Février, malgré des séances (R) de VMA et autres 30"/30" 
beaucoup plus poussés que d'habitude complétés par quelques cross poussifs, 
la Printanière, course de nos zanimoss Belges, vient m'expliquer que je 
suis "moins bien" qu'un an auparavant. Je fais presque le même temps que 
l'année précédente, mais à une place bien plus éloignée. Comme je m'étais 
mieux préparé, la déception fut grande.

C'est alors que je pris la résolution d'amener la Bibi à Chavagnes dans de 
bonnes conditions. J'ai beaucoup fait cela avec Chantal Haton, et je me 
souviens avec plaisir du nombre importants d'entrainements ou de courses 
faits ensemble. Cette approche commune avec la Bibi, suite à une demande de 
sa part, me rajeuni donc de quelques années, j'y puiserais une motivation....

Bzzzz...

Le second km se profile et je suis toujours mal, le doute me prends déjà à 
98kms de l'arrivée !!! C'est vraiment mal "barré" si les pensées négatives 
commencent à m'envahir. Heureusement durant ces premiers kms, j'aurais en 
point de mire Chantal devant. Comme habituellement elle part sagement 
(C'est quand même son 16ème 100kms !) je me persuade que je ne suis pas 
trop vite. La méthode Coué a du bon car, dans le noir le plus complet en 
revenant vers la ligne de départ, mes sensations reviennent...

Nous passons, sous les projecteurs, cette ligne d'arrivée et mon béret 
zanimal fait son effet. C'est d'ailleurs lui qui permettra à la Tortue et 
au Canari de me repérer dans cette foule de coureur. Ils m'interpellent, 
cela me rassure, me voilà parti pour 4 tours de circuit.

La Tortue sur son engin magique
3ème km, 14'15"... Quoi ??? 4'45" le km ??? Je vois que Chantal est 
toujours devant, alors je continue la méthode Coué et je me focalise sur 
mon rève, et oui, mon rève...

Bzzzz...

Début Mars, j'ai repris le vélo avec plaisir... Comme les (R) sur piste ne 
m'apportaient que déception et courbatures, j'ai repris mes bonnes vieilles 
habitudes en sortant le dimanche matin avec les cyclistes. Mes nouvelles 
ambitions s'accordait bien avec ces extras et, en plus, cela allait avec ma 
philosophie de l'entrainement croisé (Vélo=(R),CAP=(E)) dont je vante les 
bienfait depuis plus de 10 ans... Tant pis pour les puristes, je ferais ce 
que je pourrais à Chavagnes. C'est à ce moment là également que j'ai 
atteint mon sommet comique dans les performances.

En effet, comme je n'avais pas encore décidé de revenir complètement à mon 
entrainement croisé, j'avais gardé le cross d'Epernay dans mon programme... 
Arf, je fus le plus beau clown de la journée. Imaginez une quarantaine de 
coureurs plus ou moins bons, dans la boue, sous la pluie, avec, au milieu, 
un SEUL guignol sans pointe !!!
Vous avez gagné, c'était moi !!!
Au bout de 400m j'étais au milieu du peloton, au bout d'1km j'étais... 
Dernier !!!! J'ai fait un tour de piste devant le public 50 metres derrière 
le peloton, arf....
Vous imaginez mon moral à ce moment là de la course ??? Heureusement, j'ai 
joué le comique troupier avec les spectateurs et j'ai remonté quelques 
coureurs pour ne pas finir trop ridicule...  8-))))

De retour chez moi, décision était prise de me refaire mes sinusoïdes 
cardiaque en vélo car ma vieille carcasse ne savait plus réagir aux 
entrainements classiques d'athlétisme...
La dessus, pour couronner ces instants d'enthousiasmes et d'espoirs(sic), 
la Bibi m'annonçait blessures sur blessures, manque de motivation et ras le 
bol façon "être et avoir été"... C'était la joie !!!  :-((((

Bzzzz...

Le 5ème km vient d'être atteint en 23'55", j'ai ralenti mon allure, Chantal 
aussi. Nous ferons comme cela, à quelques metres l'un de l'autre, quelques 
kms, puis elle se calera derrière moi. Il faut savoir que Chantal a 
l'habitude de me laisser partir, puis, de me rattrapper, pour finalement 
m'enrhumer à la fin. J'espère qu'elle y arrivera encore aujourd'hui, mais 
que je ne serais pas loin derrière au final...

Le soleil commence à se lever et nous attaquons une partie du parcours qui 
à cette heure, est très agréable à faire. Il doit faire une vingtaine de 
degré encore à ce moment là et ma machine commence à être bien huilé. Je 
cours seul, mais bien en ligne, il me manque quand même mes zanimoss à mes 
cotés... Pourquoi ?
Il est vrai que j'ai oublié de vous préciser que ceux ci n'ont le droit de 
nous accompagner qu'à partir du 12ème km.
Ma seule inquiétude vient du béret. Je l'ai mis pour ne pas avoir froid au 
départ de la course, ce fut pertinent, et son succès motivant, mais, alors 
que nous ne sommes qu'au 8ème km, de fines goutelette de sueur commence à 
descendre le long du visage... Il faudra vite penser à me changer. J'ai 
prévu 3 casquettes de rechange, dont la fameuse Bangkok, pour me protéger 
la nuque.

Je suis toujours en dessous 5'/kms et je me sens bien, on m'annonce 87ème, 
ce qui me fait penser que je suis un peu vite. Il est vrai que vu la 
chaleur prévu, j'avais retenu, quand même, l'objectif de rentrer dans les 
100 premiers sur les plus de 700 inscrits à la feuille de pointage.
C'est la première fois que je peux faire cela à un championnat de France, 
alors ne méprisons pas les petits plaisirs.
Mais, 87ème à ce niveau de la course, ce n'est pas un peu tôt pour finir 
dans les 100 ??? Surtout que je n'ai toujours pas vu le Shadock, que 
Chantal est derrière ainsi que la Bibi partit prudemment... La Bibi ?

Bzzzz...

Il me souvient ses mails désabusés, m'expliquant qu'elle ne comprenait pas 
avoir été aussi bonne à l'Automne (4ème au Sparnatrail, Vainqueur de la 
SaintéLyon) et aussi mauvaise au mois de Mars. Nous sommes passé par tous 
les états possibles, en analysant aussi bien le coté entrainement, que le 
coté médical ou psychologique. Analyse de sang, médication, vélo, 
entrainement croisé avec le Shadock, HTV, etc... Que n'avons nous pas 
cherché. Le summun sera atteint lors du semi de Paris avec son plus mauvais 
temps sur la distance malgré un dossard privilégié...
Les semaines qui suivirent furent très très dur pour ce petit bout de 
femme, surtout que son Shadock de mari pompait de plus en plus vite. Nous 
nous sommes retrouvé d'ailleurs pour le marathon de Lyon, fin mars ou nous 
finissons presque ensemble sous les 3 heures, ambition shadockienne enfin 
réalisé après plusieurs années de tentatives.

C'est à ce marathon que mes espoirs sont revenus. En effet, ayant repris 
depuis 4 semaines l'entrainement croisé Vélo/CAP, j'y ai ressenti les 
premiers effets significatifs qui sont une baisse de la vitesse de pointe, 
mais une augmentation de la capacité à tenir une vitesse de croisière.... 
Malgré un léger claquage débutant au 3ème km, se finissant en une large 
déchirure, je finis sans m'écrouler ce Marathon dans un temps 
raisonnablement bon. Mon ambition revient, et je recommence un peu à réver...

Bzzzz...

"Hé ho L'Papy", Mes potes Tortues et Canari me réveillent, je suis au 12ème 
km, bien avant l'heure, je me sens toujours bien et leur arrivée me 
réconforte. L'allure me va bien et le papotage peut commencer. Assez 
rapidement le béret est remplacé par une Casquette CSGV beaucoup moins 
chaude, mais je reste encore en débardeur, la chaleur n'est pas trop forte. 
Il me semble que c'est à ce moment là que le Shadock fait son apparition... 
Tout sautillant, on dirait qu'il fait un 100m !!! Il nous explique avec 
force détails qu'il vient de se faire un échauffement, un fartlek, un 
30"/30" puis une accélération pour arriver à mon niveau. Ses sautes 
d'humeur ne me disent rien qui vaille et pourtant, lorsqu'il court bien en 
ligne (c'est pas souvent, je sais, mais cela arrive ! :-))  ) il dégage une 
grosse impression de puissance. Les kms passent les uns après les autres, 
nous commençons à nous tremper le dos aux épongeages, la chaleur arrive 
petit à petit.

C'est à ce moment là qu'une sourde angoisse me prend...
Je n'ai pas mis de quartz sur moi, pour une question, non tranchée, 
d'énergie soit disant consommé par celui ci. C'est donc la Tortue qui doit 
me donner tout les 5kms mon tempo... Et... Celui ci est toujours sous les 
25' au 5kms...

Ce n'est pas un peu rapide cela ??? Surtout lorsque l'on sait le temps 
qu'il va faire et l'ambition première ? Par contre si l'on se réfère au 
rève revenu mi Avril... Pourquoi pas ???

Bzzzz...

En effet, a cette époque, la Bibi est dans le trou. Malgré quelques 
tentatives de contact, je suis comme ma "soeur Anne", je ne vois rien au 
nord d'Auxerre. Le Shadock est peu loquace sur sa femme car il est très 
inquiet aussi. Ne voyant plus rien dans ma messagerie, je décide, au vu des 
résultats de mon entrainement de courir pour moi à Chavagnes.
Comme je suis déchiré, je fais du vélo en surplus et je me tape de belles 
sorties à cravacher comme un malade pour rester dans les roues de mes 
copains spécialistes. Les sensations d'efforts ne sont pas les mêmes et je 
dois souvent me secouer pour ne pas rentrer seul, tellement la douleur est 
aigue lors des attaques, échappés ou contre. Les 100kms sont couvert à plus 
de 30MY, à mon plus grand plaisir... Le rève ? Je vais pouvoir de nouveau y 
repenser, même si j'ai 3 mois de retard...

Bzzzz...

Mais il ne faut pas qu'il se transforme en cauchemar car ma sourde angoisse 
est toujours là. En effet, la Tortue me certifiant que je tourne à 24' et 
des poussières mes 5kms, je ne comprends pas pourquoi je me fais tant 
DOUBLER ??? C'est absolument incroyable mais c'est par dizaines que les 
coureurs me remontent. Est ce que le chrono de la Tortue marche bien ??? 
J'ai des doutes... Mais comme je suis bien, je passerais dessus en 
échangeant plusieurs fois avec le Shadock, son accompagnateur et mes 
souffres douleurs Nantais...

Nous passons le 15ème approchant le 20ème km dans des lignes droites que 
j'imagine dévastatrices dans les tours suivants. Pas l'ombre d'une... 
Ombre(sic), et un horizon très lointain. Il y a même des travaux à passer 
que j'imagine difficile pour des muscles endoloris. Le rythme est quand 
même toujours soutenu, sous les 5'/km, la foulée facile et le sourire au 
lèvre... Sourire qui vient de se figer lorsque nous rentrons dans Brouzils...
Brouzils, son soleil, son ravitaillement, sa brioche, sa fontaine (pas 
potable) et... Sa cote à l'entrée ! Elle est très facile à ce moment de la 
course, mais dans quelques heures ? Ce petit "coup de c*l" va faire de gros 
dégat et m'empèchera certainement de finir comme dans un rève, rève que je 
tiens encore au bout des chaussures...

Bzzzz...

15 jours après le marathon de Lyon, quelques sorties vélo et des pansements 
alcoolisés salvateurs, je peux recourir, ma déchirure s'est cicatrisé..
(vous arrivez à suivre ? Sinon je recommence depuis le début ? Non ?)
Je peux m'amuser, soleil aidant, à faire des sorties champêtres style trail 
avec poche à eau, avec notamment le JET. Le moral revient car lors de ma 
sortie hebdomadaire de vélo je commence à titiller les meilleurs.
Je finaliserais ma préparation début Mai par un test croisé en vue de me 
fixer mes objectifs. Ceux ci sont à la hausse, d'autant plus que la Bibi 
réapparait...
Après avoir touché le fond, nous avons eu quelques échanges productifs et 
sa machine semble enfin redémarrer dans le bon sens.
Je tente de calmer, quand même, le feu qui semble couver en elle, en 
enlevant toute ambition chronométrique ou de place, lui répétant qu'elle 
viendra pour apprendre et ne pas se faire mal. Ayant l'expérience des fins 
de courses du Shadock, je sais que la même chose au féminin serait beaucoup 
plus dévastateur. Surtout si la fin de course est pénible...

Bzzzz...

Et elle le sera car non seulement Brouzils nous offre une belle bosse à 
grimper, mais le reste du parcours, hors le dernier km, est une suite de 
montée et descente, de zig et de zag relativement épuisant pour des corps 
dont la lucidité aura disparue depuis longtemps. Nous passons le 25ème km, 
toujours sur les mêmes bases, dixit mon chronométreur en chef, la Tortue, 
mais, encore à ce moment là, je me fais doubler par des bolides.
Malgré tout, les sensations sont toujours bonnes, la chaleur ne nous est 
toujours pas tombé sur la tête, malgré un soleil radieux, je peux encore 
réver que le coup de poker que je tente va réussir...

Bzzzz...

Coup de Poker ?
La veille, sous un soleil difficile à supporter, la Tortue m'avait demandé 
mes réelles ambitions. En analysant les paramètres en ma possession, je fis 
grise mine et lui annonçait que je serais heureux si je terminais en moins 
de 10h, sans simplement abandonner à cause de ce soleil. La Tortue s'en 
rappelera au moment opportun, vous le verrez.
J'ai également annoncé à Chantal et Doudou (Son mari) que je tenterais de 
partir au carton et qu'après 2 tours, si cela chauffe trop, je "mets la 
flèche", comme disent mes amis cyclistes. Ils pensèrent, à ce moment là, 
que j'allais me faire une "Rognonas", 3 tour de circuit puis une bonne 
douche de récupération... Mais avant d'attaquer le 3ème tour, il fallait 
terminer le premier.

Bzzzz...

J'attaque le dernier km avant la banderole de ce premier tour et j'avoue 
que j'apprécie ce passage. La Tortue me laisse entre les mains du Canari 
pour aller charger de nouveaux bidons. Je n'ai bu que 2 bouteilles de 
Caloreen, l'une de 80 et l'autre de 100gr/l, ce qui me fait 1,5l. C'est peu 
et beaucoup à la fois. Peu car il faudrait augmenter la dose avec la 
chaleur qui arrive, beaucoup car justement, avec cette chaleur, de petits 
soucis de malabsorption apparaissent, mais sans dégat à ce moment.
J'arrive a 200m de la ligne, je salue les accompagnateurs et autres 
spectateurs, il fait beau, pas trop chaud... La vie est belle !!!
Je passe la ligne et le chrono me donne : 2h12'54"... Une moyenne de 4'56" 
au km me montre que j'ai légèrement ralenti sur la fin, la chaleur monte... 
Il va être difficile de réver encore longtemps ???

Ce n'est pas grave, le moral est bon, la Tortue et le Canari sont toujours 
là, même s'ils commencent à ressentir sur leur arrière train, les effets 
bénéfiques de la selle de vélo...

Alors ce rêve ?

Bzzzz...

Quelle heure avez vous à votre montre ???
Il se fait tard ?
Excusez moi, je vais vous laisser tranquillement vous reposer, je 
reviendrais vous expliquer mon reve égocentrique demain... Ou après demain ?

Merci de votre attention.
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Le second tour, ou la balade des gens heureux...
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Reprenons notre fil...

Ce rêve semble pouvoir tenir sa route... Cela fait longtemps que j'ai envie 
de faire quelque chose sur 100kms, alors c'est aujourd'hui que cela devrait 
se faire !
Surtout, et c'est un souci, que l'on ne peut pas refaire une course tout 
les dimanches (ou Samedis, arf !).
La problématique du "coût" physique en préparation, mais aussi en 
récupération, d'une compétition comme le 100 kms est loin d'être 
négligeable. Cela oblige à gérer ses saisons sur plusieurs années, alors 
que pour le marathon ou semi, un de planté, quelques jours de repos et on 
peu remettre cela...
Voilà pourquoi cette chaleur, qui commençait sournoisement à nous tomber 
dessus, m'inquiétait... Si je n'allais pas jusqu'au bout, comment serais je 
pour faire les 24h de la Chapelle St Luc ?
Chaleur ???

Bzzzz...

Je sors de l'aire d'arrivée, suivi par le Canari et son bidon, nous passons 
devant les arbres ou la Tortue a caché notre montagne de ravitaillement et 
nous la hélons bien fort...
Les coureurs autour, encore frais, ont bien marqués leur étonnement. 
Lorsque je leur ai confirmé, qu'outre une Tortue, un canari m'assistait, 
ils ont compris que j'étais trop fort pour eux... :-)  Malgré tout, je me 
faisais encore doubler et cela durera jusqu'aux environs du marathon.

J'ai fait une bonne partie de ce tour avec Patricia Taillebresse, dont je 
ne connaissais pas le nom à ce moment là. En fait, jusqu'au 30ème kms, elle 
me doublait, puis faisait un tour dans les bois, me redoublait, bis 
répétita dans le bois, ainsi de suite puis nous avons "roulé" de concert 
sur plusieurs kms, en échangeant avec son suiveur très sympathique.
J'espère que Chantal et la Bibi suivent un plan de route moins chaotique 
que Patricia, et ne s'enflamme pas trop...

Bzzzz...

Chantal a changé son type d'entrainement depuis le début de l'année. En 
effet, après quelques années d'Ultra, elle a envie de revenir à des 
plaisirs plus court, moins usant sur le long terme. Elle a quand même 
réalisé, entre autre, 198kms sur 24h et terminé le Spartathlon dans les temps.
Des changements professionnels lui permettent également de s'entrainer à 
des horaires qu'elle n'avait jamais pu utiliser. Tout cela ajouté à une 
envie de courir différemment lui ont permis d'avaler un entrainement qu'à 
priori je jugeais, à tort, trop en (R)... Emulation de groupe et sensations 
qui reviennent ont balisé cette recherche de la vitesse. Nous avons échangé 
quelques fois sur ses différentes semaines de travail, et après avoir 
marqué mon étonnement sur la dureté des séances, j'ai surtout marqué mon 
étonnement et mon plaisir de la voir revenir dans d'aussi bonne condition 
psychologique, arme principale sur 100 kms.
Vu ses résultats avant ce championnat de France, ses séances de travail 
semblent avoir été idoine pour l'amener dans les meilleures conditions.
AMHA, vu sa fraicheur mentale et physique, elle peut louvoyer dans les 
8h30, voire moins ? (Son record est de 8h24') Son départ montre qu'elle 
doit y penser un peu, elle est, parait il encore dans mes roues, pourquoi 
pas un nouveau record ?

Bzzzz...

Record ??? Il va falloir serrer fortement les dents si je veux rester dans 
l'optique de mon rève... Au 35èmekm Patricia ralenti et c'est l'Shadock que 
je vois réapparaitre. Nous trottinons et devisons tranquillement sous les 
bois, toujours juste en dessous des 5'/km. Le soleil fort nous avait pris 
juste avant l'ombre de la forêt. J'ai pensé à mettre un t-shirt blanc sous 
mon débardeur pour protéger la peau, l'imbiber d'eau et renvoyer la 
chaleur. Mais lorsque nous sommes sortis des bois... Qué calor...
Heureusement, un épongeage était là !!!
Le quarantième km arriva et j'interpellais ma bonne Tortue pour qu'elle me 
sorte sa "botte magique"...

Bzzzz...

La veille de la course, la Tortue eu une idée. (J'en vois qui ricane 
sottement, mais je vous assure que c'est souvent !!! ;-))))   ) Elle me 
sortit un vieux pulvérisateur et me proposa de s'en servir. Après moult 
réflexions, il décida de prendre le siège enfant et d'y installer ce fameux 
outil. Les premiers essais ne furent pas concluants car la gachette cassa. 
La Tortue "no-stress", passa quelques minutes à réparer cela et me confirma 
que pour le lendemain il serait OK.
Il ne savait pas le nombre incalculable de coureurs et accompagnateurs 
qu'il lui feront la remarque "Oh, ce n'est pas C*n comme idée !". 
Tellement, qu'excédé, il répondit au Nième personnage, "Ce n'est pourtant 
pas marqué c*n sur mon front, Tortue oui, pas c*n !!! ". Je n'ai pas pu 
décelé si, à ce moment là, c'était de l'humour ou de l'agacement, arf...
Surtout que...

Bzzzz...

La tortue accéléra pour mettre en action sa "botte magique"... Apparemment 
quelque chose clochait car il accéléra de nouveau à notre vue. A la 
troisième fois, il m'annonça dépité, qu'une pièce venait de casser et qu'il 
venait de faire un marathon vélo avec 6kgs en trop...
Le marathon, justement, que nous venons de passer en ??? Ou est passé mon 
chronométreur ? Toujours en train de se battre avec son pulvérisateur ?
(AMHA c'est le pulvérisateur qui a gagné !)
Au dire du shadock et de 2 autres coureurs avec chronomètres, nous passons 
ce Marathon dans les 3h28'/3h29', toujours en cadence...
Mais la chaleur tombait de plus en plus...
Nous voilà de nouveau à Brouzils pour la seconde fois, et pour la seconde 
fois nous attaquons cette bosse. Je la sens passer malgré un rythme soutenu 
et en dépit d'arrosages fréquents je commence à ressentir la marque des 
rayons du soleil.
Le chronomètre, quand il marche(arf), semble nous indiquer que nous 
maintenont toujours la cadence, d'ailleurs, le nombre de coureur qui nous 
double est infime, c'est plus des accordéons qui se forment.
Le Shadock commence aussi sa partition et après quelques "à toi", "à moi", 
il se cale dans ma roue. Chantal est un peu plus loin derrière, quand à la 
Bibi, je prie pour qu'elle ne soit pas partie trop vite ?

Bzzzz...

Trop vite ? Peut être... En effet, depuis sa réapparition (Cf part II) la 
Bibi a accumulé les kms cools avec quelques exercices spécifiques de 
montées de coeur en vélo ou en entrainement croisé. Elle reprend gout au 
sport, surtout après la découverte d'une carence importante, connue en son 
époque par Chantal, et à sa correction rapide. Elle a quand même peur, 
mais, AMHA, il lui suffira de se soustraire au départ à l'enthousiasme de 
son mari de Shadock, pour qu'elle rentre dans sa course.
A ce niveau de la compétition j'espère qu'elle est toujours "en dedans", 
car cela ne fait que commencer, la chaleur n'a pas encore fait trop de 
dégat. Pas encore ?

Bzzzz...

Nous arrivons sous le pont de l'Autoroute peu avant le 45ème km et même si 
tout va bien, et que mon rythme n'est pas encore trop atteint, je remarque 
qu'il y a déjà quelques coureurs à la dérive. Ce n'est pas encore la 
bérézina, mais je remonte certains coureurs qui avaient, quelques minutes 
auparavant, de plus belles foulées que celles, heurtées, qu'ils me 
présentent maintenant. La ménagerie ainsi que les Ufo commencent, 
doucement, à se manifester avec le portable de la Tortue. Attention, il ne 
faut pas que je m'enflamme car le 50ème km arrive et note une légère baisse 
de rythme. Nous passons, encore facile, en peu ou prou, 4h10'... Court pour 
le rève, mais excellent pour réaliser un temps correct, vu mon état à ce 
moment là.
Pour le rève, ma chère Gazelle, je crois que j'y repasserais...

Bzzzz...

Vous connaissez presque tous la Gazelle Chico, plus de 350kms à Surgères 
sur 48h, des marathons en 2h40', Embrun en plus ou moins 13h, plus de 
210kms/24h (Excuse moi pour les erreurs, mais c'est presque cela ?).
Surtout un gars d'une gentillesse extreme, que j'ai eu le privilège de 
rencontrer au 24h de St Fons 2001.
Il est à l'origine de mon rève...
Il est parti faire le 100kms de St Nazaires 2003, épreuve rare ou l'on vous 
propose d'avoir un filleul qui vous encourage durant la course.
Les habitués se rappelleront mes tribulations en 2002 avec l'Blueb', 
L'Shadock, le Millepattes, L'Boeuf, L'Toutou,la Sauterelle et... Luka mon 
filleul !
Ne pouvant y retourner, j'ai conseillé mon filleul 2002 à la Gazelle. Il se 
sont s'y bien entendu que Luka et la Gazelle ont fait 8h04'... Gasp...
ALors je me suis promis de réver de faire de même, même si Luka ne sera pas 
à coté de moi, je me l'imaginerais...
Mais pour faire 8h04' ou approchant (n'exagérons pas quand même...) il me 
fallait passer sans encombre les 50kms, être lucide, bien gérer le 3ème 
tour et prier pour que la chaleur s'en aille...

Bzzzz...

J'arrive en vue de la ligne d'arrivée pour la seconde fois, je suis encore 
bien, pas loin de réver, toujours sous les 5'/km. La Tortue part 
ravitailler, le Canari prend la relève et je passe les 51,300 kms en 
4h15'19"... Je tiens encore le bon bout... Mais le public lui même commence 
à souffrir, pas un nuage à l'horizon, j'ai peur que le début de mon rève ne 
se transforme en cauchemar avec un thermomètre qui monte sans discontinuer 
depuis 4 heures...

Est ce que la Tortue et le Canari vont tenir ce rythme infernal ???
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Le troisième tour, ou le purgatoire
***********************************
Reprenons notre fil... Début du 3ème tour... Bzzzz... Je sais qu'il n'est pas facile de supporter un coureur pour un accompagnateur. Mais je sais que si je n'en ai pas un, je ne prends pas le départ d'un Ultra sur route. Même le marathon, quand je peux, j'y prend un accompagnateur. Il y a des moments forts à passer et il m'ennuie de les vivre en solo. Pour Chavagnes j'ai de la chance. Non seulement j'ai la Tortue, habitué du management sportif par un passé de volleyeur sur et au bord du terrain , mais en plus, botte secrète qui remplace la "botte magique", j'ai le Canari. Il fut d'une discrétion exemplaire, toujours vigilant de ne point déranger les coureurs, il me fallait, par moment, le héler pour qu'il vienne à mon niveau. Il voulait voir un 100kms de l'intérieur, je ne pouvais donc pas décemment, le décevoir. Il fut très judicieux dans ses interventions, surtout au 3ème tour. Bzzzz... Ce 3ème tour ne commence pas vraiment sous de bons hospices, je sens rapidement que la chaleur va être terrible et que maintenant, le combat va commencer... Je ne ferais pas 8h comme la Sauterelle pensait faire à St Nazaires, je ne sais pas encore combien de temps je vais je résister à ce rythme, mais je sens que je puise dans les réserves, et c'est trop tôt ! Le 55ème km passe après l'épongeage salvateur de Popinière, mais je commence vraiment à regretter que le pulvérisateur de la Tortue ne marche pas. Ma casquette Thaïlandaise fait merveille lorsque je la mouille dans les bassines, mais elle sèche avant d'avoir fait 1km. Il faudrait un épongeage tous les km pour que cela soit performant ! Le millepattes appelle peu avant le 60ème km, et la tortue lui annonce 5 heures de course... 5 heures ? Mais on n'est pas encore au 60ème km ? Je bougonne, mais la Tortue balaie cela d'un revers de main... Arrive le 60ème km, dont je demande le temps ? Il m'est annoncé un "5h" du bout des lèvres que j'imagine plus être 5h5', voire plus... C'est le début des doutes.... Un "lièvre" me double une nouvelle fois, cela sera la dernière, car à bout de souffle, il marche de plus en plus entre ses accélérations digne du Marathon. Nous entrons dans le bois et Le Canari intervient pour la première fois sur mes ennuis gastriques. Bzzzz... J'avais presque tout prévu... Mon dosage Caloreen fort, (90/100 gr/l) pour passer dans le sang, ma Sporténine, en cachet et en boisson si j'avais eu envie d'un peu de goût, mes bluboïdes, dont la Tortue avait eu la recette par le Lieutenant Himself, etc..., etc... MAIS... J'avais commandé trop tard ma solution magique d'électrolyte et c'est sans elle que j'ai pris le départ, me persuadant que je n'en aurais pas besoin... Pas besoin ??? J'étais optimiste ! Bzzzz... Depuis un moment, sous la chaleur, j'avais de plus en plus de mal à boire mes gorgées de Caloreen toutes les 10'. Non pas le gout, inexistant, qui m'ennuyait, mais plutôt la vidange gastrique qui s'embouteillait. J'avais pourtant dosé bien fort. La chaleur augmentant, le sang étant de plus en plus demandé sous la surface de la peau pour rafraichir le corps, l'estomac était en manque. Mes pertes en électrolytes étaient multipliés, j'aurais bien du mal à finir ce 100kms si rien de nouveau se passe... C'est alors qu'après une discussion avec mes acolytes, le Canari se proposa de me prendre du Coca... Même si cela ne vaut pas une bonne solution de réhydratation avec électrolytes, le Coca permet de faciliter, pour certains, le vidangeage gastrique. Sprint de l'oiseau de la ménagerie et prise au vol du verre que j'avalais d'une traite. 800 metres plus loin, un rot "des familles" me confirma la bonne nouvelle, le Coca avait fait son travail. L'ombre de la forêt aidant, mon rythme des 5'/km fut repris. Bzzzz... 5'/kms est un rythme relativement facile à tenir pour tout un chacun. C'est pourquoi, lorsque l'on projette virtuellement, on se dit que cela pourrait être facile à tenir durant 8 heures ? C'est comme cela que l'on s'imagine capable de réaliser tous ces ultras, que ce soit en route, trail et même en Triathlon. Mais la machine humaine s'use aussi lorsque l'on s'en sert... Même si l'on pense être bien en dessous de ses possibilitées durant de longues heures... Les sanctions sont terribles pour ceux qui l'oublient... Bzzzz... Terrible et cela commence à se voir... Doucement, je remonte, un par un, tous ces coureurs impétueux, c'est d'ailleurs remotivant. Malheureusement, au sortir de la forêt, après l'épongeage salvateur, j'entame le retour "brulant" vers l'arrivée. Je passe dans les travaux de la Copechagnière qui, après avoir été anecdotiques les 2 tours précédents, deviennent traumatisants pour mes cuisses. Je souffre et souffle comme un boeuf avant de repartir. Je commence à avoir la tête qui bout et insensiblement cette sensation de me liquéfier et de bientôt ne plus pouvoir courir. Je m'accroche au semblant de chronométrage Tortue qui m'annonce du bout des lèvres des 27'/28' pour 5kms, mais déjà, après avoir renoncé à mon rêve, et avant d'attaquer le cauchemar, je sens que même les objectifs raisonnables s'envolent. Bzzzz... Objectif raisonnable ? J'avais dit, la veille de la course, que faire moins de 10h sous cette chaleur serait déjà un exploit. Mais, en dehors du rève, je me pensais bien sous les 8h30' à température optimale. Le soleil dardant ses rayons meurtrissant tout le temps de notre préparation à Chavagnes, c'est désapointé que je rentrais sur Nantes en m'estimant heureux si le lendemain je battais mon record (9h22'). Heureusement que le matin fut relativement frais pour que l'optimisme et les rêves reviennent... Mais à l'approche des 6 heures de courses, suffoquant, où en étais je ? Bzzzz... OU ? Je ne sais pas, mais je n'étais pas beau... La cote des Brouzils se faisait attendre au bout d'une ligne droite longue comme un jour sans pain, sans une ombre. J'ai même tenté, sans succès, de me mettre dans l'ombre de la Tortue. Et pourtant, même si celle ci à moins d'envergure que le Gorille, elle est haute et large !!! Les temps de trajets s'allongent, les cuisses deviennent dures, le moral commence a être atteint, alors que nous n'avons pas encore fait 70kms... La cote des Brouzils s'annonce avec la légère descente la précédent.. La Tortue me conseille de dérouler, c'est gentil... Mais il est difficile de dérouler avec les muscles tétanisés. Les ondes de chocs se répercutent tout le long de la colonne vertébrale me poussant à ralentir encore... Cette réaction m'annihile tout espoir d'élan pour la relance et je suis littéralement scotché dès les premiers metres pentus. Je tente de marcher rapidement à la "Rodio", je me lance des "tire sur tes bras", je repars pour m'arréter de nouveau quelques mêtres plus loin. Cela sera l'un des moments les plus difficile de la course... Rognonas 1998 me revient en mémoire ou peu après la claque sur les fesses d'Heubione, je suis passé de 5'15"/km à presque 9'/km avant d'abandonner de peur de me détruire comme à Amiens en 1992. Les douleurs de St Fons aussi, mais, le plus marquant c'est le remake de St Nazaires 2002... Et la Bluboïde ? Bzzzz... En 2002, A ST Nazaires les Eymes (près de Grenoble) j'avais repris contact avec le 100kms sans aucune prétention. J'ai eu un terrible coup de bambou vers le 60ème km, et une furieuse envie d'abandonner avant que Luka puis la bluboïde ne me remette en route pour finir, en 9h22 à 4'/km ! J'en avais déduis que ma Caloreen à 80gr/l n'était pas assez concentré, et qu'il fallait y rajouter du sucre rapide au vu de mon rythme augmentant. C'est pourquoi, cette fameuse bluboïde était dans mon ravitaillement... Bzzzz... Mais celle ci n'avait eu aucun effet, si ce n'est me rajouter une charge stomacale supérieure. AMHA, les cachets de sporténine toutes les 30' suffisaient à l'effort sous la chaleur, les compléments homéopathiques faisant leur effets également. La bluboïde, prise après la Copechagnière, 5kms auparavent ne me relance guère. Je suis à la limite de vomir, cela ralentira encore mes prises de boissons :-( Je suis toujours scotché dans cette bosse, je le rappelle pour ceux qui dorment, mais elle se termine et je relance jusqu'au ravitaillement 500m plus loin... J'y fais une grosse erreur ! Une fontaine coule au bord de la route, un concurrent s'y rafraichi sous mon regard gourmand. Mais mon niveau de compréhension est tellement lent, que je ne percute que 50m plus loin qu'il aurait été intéressant de m'y rafraichir. Je suis tellement mal, que je ne fais pas les 50m retour pour y plonger tête et casquette... :-((( Mauvaise décision... Car la suite devient de plus en plus terrible... J'ai mal de partout, j'ai chaud, j'ai envi de vomir, le sucré Coca/Bluboïde commence à m'écoeurer et les routes n'ont aucune ombre à proposer... L'abandon se profile à la fin du 3ème tour... Ils vont bien rire les copains... Bzzzz... Ils vont bien rire... Entre ceux qui trouvent que j'en fais trop, que je me fais trop mal et qu'à froler la mort, je la trouverais un de ces quatre matin sur la route (belle mort, mais dure pour ceux qui reste) et ceux qui trouvent que je suis une petite nature qui abandonne souvent, ou se situe la vérité ??? Pourtant, je connais autant de personnes qui pensent ne pas pouvoir se faire aussi mal que moi que d'autres qui trouvent que je ne force pas. Cela montre la diversité des compréhension de l'être humain ou quand X personnes voient la même chose, chaque historique personnel va donner un ressenti différent, et donc, X témoignages divergents. Je ne lutte plus, d'ailleurs, contre les moulins à vent lorsque des a priori résistent des années, malgré des dénégations évidentes, d'ou ma signature d'internaute... Et sur ce 100kms, j'ai vraiment l'impression de toucher le fond, alors que le Canari et la Tortue pensent que je suis encore "en dedans", arf... Bzzzz... En dedans ? Cela fait longtemps que je n'y suis plus, j'ai même décidé de tout mettre pour tenter de passer les 75kms sans trop de retard, nous venons de passer les 70kms et mon chronométreur fait mine d'avoir oublier comment marche sa tocante. Il m'avouera, après course, certaines portions à 32'/33' pour 5kms. Le pont de l'autoroute arrive, il fait toujours très chaud, cela grimpe encore un peu (parcours facile ? Grrrrr), J'en ai marre, je marche encore... Je m'accroupis, respire, mais la rage m'ordonne de repartir. Je ne vais quand même pas tout laisser tomber maintenant ? Je sens bien que je vais moins vite, que je dois dépasser les 30'/5kms, mais j'arriverais quand même à rentrer sous les 10heures ? 10 Heures ? Alors que j'avais réver 8h04' ? Pourquoi continuerais je à me faire mal pour juste faire 10h alors que ce soleil va encore me cuire sur presque 30kms encore... Je commence à raler ferme et sature en pensée négative. J'arrive au dernier ravitaillement, moins de 3kms avant l'arrivée. L'estomac va un peu mieux, je tente de prendre un verre d'eau gazeuse, mais la table commence a être vraiment dégarni... Comment seront elle pour ceux qui finiront au delà de 10 heures ? Le rève se transforme en cauchemar ? Bzzzz...

Mais c'est qu'il à l'air fringuant notre Papy!!
Nous avons tous des rèves, qui se réalisent parfois. Par contre nous avons 
des objectifs réalisables, qu'ils soient professionnels, privés ou 
sportifs... Il faut régulièrement faire des concessions pour tenter de les 
atteindre. Jusqu'à quel point ? Il y a un moment ou toutes les contraintes 
admises sont refoulés et la réaction inverse peut causer de gros dégats. 
Surtout si on a puisé très fort dans ces réserves pour, finalement, se 
rendre compte que tout ses efforts ont été vains...
Ces retours de baton sont très visible dans le monde sportif, mais en 
chacun de nous, il existe ces moments de difficultés. Il faut savoir ne pas 
exagérer et revoir ses ambitions si celles ci sont trop hautes... La vie 
est longue. D'ailleurs...

Bzzzz...

Voilà, c'est fini, je n'irais pas jusqu'au bout... J'en ai marre, je 
n'arrive presque plus à courir, je marche, marmonne, rale et fait des 
calculs bizHaaaarre... J'en arrive à me persuader que finissant à cette 
allure j'aurais des difficultés à rentrer sous les 10 heures... J'en fais 
part à mes acolytes, leur déclarant la fin et commençant à les remercier 
pour avoir cuit dans la même poêle que moi, sans résultat. C'est ce moment 
là que choisi la Tortue pour me mettre un smash que seules des années de 
volleyeurs de haut niveau peuvent permettre... Je vous livre, en substance, 
l'échange in vivo :
" - Ma chère Tortue, c'est fini, excuses moi, mais j'en ai marre, on arrète 
les frais...
   - Pourquoi ?
   - Parce qu'à cette allure, je ferais juste en dessous des 10 heures, et 
je ne voudrais pas me tuer sous ce soleil pour cela...
   - Pardon ?
   - Faire juste moins de 10 heures ne m'intéresse pas !!!
   - Pourtant tu te rappelles ce que tu nous as dit hier ?
   - Pardon ? Non ?
   - Que si tu faisais moins de 10 heures avec une chaleur pareille, cela 
serait déjà un exploit !!!
   - J'ai dit cela moi ? Tu es sur ? Répète moi un peu !!!"
?
??
???
J'étais scié... Le smash avait troué ma défense que je croyais de fer.
Plus d'argument valable à un abandon raisonné, il me fallait continuer.
Alors que je cherchais vainement comment j'allais me venger de ce "coup bas" :-), 
je me fait inviter par l'accompagnateur de Patricia Taillebresse à 
recommencer comme au second tour.
Celle ci ayant repris du tonus arrive à mon niveau.
Mais je n'ai pas le moral pour continuer, malgré son insistance. En 2kms, 
celle ci me prendra pas loin d'une minute, ce qui montre vraiment la dérive 
dans laquelle j'étais.

Tant bien que mal, je me traine jusqu'à cette ligne d'arrivée, en 
maudissant la lucidité de la Tortue et je passe sous le chronomètre...

Sous le chronomètre ???
6h31'29"... Rapide calcul... Mais quelle tête de c*n, je fais... Ou ai je 
été cherché que j'allais froler les 10h ??? Il me reste 2h28' et moins de 
25kms pour tenter de rentrer sous les 9h !!! Avec cette chaleur, cela sera 
plus qu'honorable ?
Mais surement pas dans la facilité car mes dernieres portions de 5kms 
tournaient plutôt en 32'/34'... Il va donc me falloir "retaper dans la 
butte" !
Je me ravitaille comme je peux, m'arrose et file pour un dernier tour qu'il 
me faudra faire plus vite que je n'ai terminé celui là...

Je vous laisse, car je vais préparer mon sprint... Arf...
Un sprint à presque 6' le km, la Tortue va passer pour un lapin !

A suivre...
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Le Sprint de la... Tortue ?
*************************** Reprenons notre fil... Fin du 3ème tour, début du 4ème tour... Je passe sous le chronomètre d'arrivée... Je vais piquer mon sprint de Tortue... J'hèle pour la 3ème fois celle ci se battant avec les ravitaillements, le Canari suppléant toujours présent durant ces changements. Les étonnements sont toujours là, mais moins vivace :-))) C'est plutôt des sourires de connivence... Je réattaque les premiers kms de ce dernier tour avec une motivation nouvelle. J'ai de nouveau des jambes et je m'enflamme un peu. Je pense à la possibilité d'une décharge d'endorphine précédent la terrible hypoglicémie, alors je réclame un coup de Caloreen hors top chrono dès que la Tortue nous rejoint. Je ne crois pas faire des kms en dessous de 5', mais le nombre coureurs que je laisse scotché sur place devient important. Je ne suis que rarement sans point de mire, et ceux là grossissent rapidement pour disparaitre derrière. La tortue continue de faire la Standardiste, mais je ne peux prendre les appels téléphoniques comme sur un 24h... Bzzzz... Je me rappellerais longtemps la première fois ou nous avions mis les téléphones portables au service du coureur... C'était à Gravigny en 2000. La ménagerie avait 2 ans, nous ne nous connaissions que par courriel. Il me souvient de messages forts et d'une motivation décuplé avec ces appels. J'ai "pleuré" de désespoir lorsqu'un appel du Blutch m'arriva au moment de mon abandon les jambes tétanisés, avec 20 de tension du au bandage ensérant ma déchirure musculaire... Le téléphone, sur des ultras, peut devenir un super outil de soutien. En trail ou en raid, c'est plus difficile, car les couvertures sont aléatoires et les conditions d'utilisation pas optimum quand le GSM sonne au fond du sac alors que l'on grimpe !!! ;-))) Pour Chavagnes j'ai eu des appels du : Millepattes Homard Bourrin Toutou Tarine Electron LTDB, Le Tartarin De Bormes Heubione Micro Bichounette... Et si j'en ai oublié, qu'il m'en excuse, nous n'avions pas tenu comme à St Fons, la liste des appels. (Rappelez le moi en PV svp, je n'aime pas omettre cela... Merci) Certains m'ont même appelé plusieurs fois, relatant nos évolutions sur la Ménagerie et Ufo L'shadock m'a appelé aussi, mais nous en reparlerons, arf... Bzzzz... Je ne peux prendre le téléphone mais je note que vous êtes là, dans la fournaise, aidant la Tortue et le Canari dans leur soutien... Fournaise ? Plus tout à fait... En effet, de sympathiques nuages viennent obérer la puissance d'Aton (dieu unique d'Akhénaton représenté par le disque solaire) et la chaleur cesse d'augmenter. Epongeage à popinière, passage de l'autoroute, nous approchons du 80ème km, je sens que je maitrise la situation. En plus j'aperçois, assez loin, la silhouette féminine de Murielle Brionne... Je ne pense plus au chrono, car je suis out, je pense juste à gérer mon capital pour utiliser la maximum dans un temps minimum sans casse physique. L'ombre des bois me manque un peu et j'ai un léger passage à vide que je rattrape en voyant passer le panneau du 80ème. Et je me remets à jouer de la calculette... Bzzzz... Autant, lorsque l'on est sur un Trail, l'indication kilométrique est peu importante, hors "grosse louche". On évalue surtout en % du parcours fait.. Autant sur une course de bitumeux, c'est primordial. Le chrono, n'en déplaise au MENFOUDUCRONO, est le juge de paix, alors on recherche constamment les marques kilométriques pour juger de son évolution. Il n'y a qu'à voir le fiasco des "hommes ballons" à Lyon pour se rendre compte de l'importance de ces marques... Sur 100 kms les marques sont tout les 5kms, mais lorsque l'on se bagarre, il est, des fois, psychologiquement important de découper en des morceaux plus petit les parcours. Un frac de 1000m se découpe en 5x200m avec vérif du rythme à chaque fois p.e. Alors la calculette mentale tourne... Bzzzz... Je sais, qu'en gros nous avons fait 2,4 kms avant de d'entamer les 4 tours. (en fait 2,6kms ) Je divise cela par 3 et j'obtiens 800m... Et donc le prochain marquage du 10km sera à 800m du 35kms lui même à 800m du 60kms lui même à 800m du 85kms... Bzzzz... Une courte coupure pour vous avouer que j'avais calculer 2,4/4=600m... Je m'étonne d'avoir trouvé certain 600m long, il faisait 840m !!! ;-))))))))) Bzzzz... La ligne droite précédent les bois va se terminer, je continue de remonter et même de prendre un tour à certains coureurs. Je note un UFO avec un "t-shirt" spécial fait maison, il me semble que c'est Diogène qui m'assure qu'il ira jusqu'au bout (Bravo car avec la chaleur qui règnait vers 15h/16h, cela a du être terrible). J'aperçois la borne des 10kms précédent de peu le ravitaillement. Un peu d'eau gazeuse dans le cornet, il ne reste plus grand chose, et me voilà dans ma portion favorite sous les bois. Je me rapproche de Murielle Brionne qui marche puis accélère plus vite que moi, puis remarche, etc... Je passe bien en rythme le 85ème km ou j'entend une Tortue estimant, vaguement un 27'/28' pour 5kms... Cela doit être vraisemblable car j'ai accéléré depuis que nous avons été en vue de la forêt. La distance me séparant de la jolie cent_bornarde se réduit et c'est au moment de sortir du bois, à l'épongeage de Graslière, que je la passe.... Je me mouille et je me relance plein d'espoir, il reste environ un demi tour pour finir ce 100kms... Malheureusement, Aton est revenu !!!! Bzzzz... Vous est il déjà arrivé de croire que vous allez obtenir quelque chose et que cette chose se dérobe au dernier moment ou presque ? Surtout pour des éléments que vous ne maitrisez pas bien ? C'est terrible comme impression, vous avez le Graal à porté de main, vous allez vous en saisir et... Hop, il disparait... A ST Fons j'ai fait 198kms et des brouettes, le graal des 210kms, voire plus, était pourtant largement dans mes cordes 4 heures avant la fin, à Gravigny qui pouvait penser que je me déchirerais alors que je volais à plus de 10kms/h ? Ces exemples sportifs, peu importants dans une vie d'homme (et de femmes bîssûr), montrent quand même qu'il ne faut jamais vendre la peau de l'Ours avant de l'avoir DEFINITIVEMENT tué !!! Bzzzz... Avais je tué mon Ours ? Je l'ai cru en repartant de cet épongeage... Mes remontées continuait, je me sentais frais, des kms fait en 5'15"/5'30" jusqu'à... Jusqu'à ce que je sèche, car Aton etait bien revenu. Lorsque je suis arrivée dans les fameux travaux de Copechagnière, pour la 4ème fois, j'ai commencé à avoir de nouveau des soucis... Plus de Coca ni d'eau gazeuse au ravitaillement, mes cuisses de nouveau dans le dur et le retour des pensées négatives. Je tente de relancer, mais c'est difficile et en même temps je fais un topo de mes ennuis du jour. La chaleur bien sur, mais aussi les ennuis gastriques qui se limite car je bois peu. J'ai peur de la déshydratation, c'est pourquoi je demande régulièrement à la Tortue de m'asperger le dos. Jusqu'au 90ème km mon rythme va fortement chuter, je ne sais pas ou j'en suis du chronomètre mais ces quelques kms vont largement dépasser le rythme de 6'/kms. Vais je m'écrouler ? Bzzzz... Il existe de nombreux paramètres pour s'écrouler. Il en est un dont j'ai omis l'apparition (il me semble du moins) au début du second tour : Les ampoules. C'est un fréquent sujet à grand champs de Pommes De Terre. Il y a moults techniques pour se durcir la corne des pieds ou au contraire l'assouplir... J'ai beaucoup testé de techniques différentes dont les pansements, entre autres... Aucune technique n'a eu deux fois de suite les mêmes résultats. Je n'ai jamais pu tirer d'axiome ou de règle générale des centaines de cas vus, lus, écoutés, audités ou examinés sur les routes de France et de Navarre... Alors, depuis 7 ou 8 ans, j'ai pris le parti de "m'en foutre". Je me badigeonne les orteils de crème nok avant la course, mais c'est tout. J'ai les ongles noirs et régulièrement des ampoules, mais pas plus que lorsque je préparais *spécialement* mes pieds. ? ?? ??? ... J'allais oublier... J'ai quand même, depuis 2 mois et de nouveau avec succès, ressortit la vieille technique de Grand Mère qui consiste à courir avec des chaussettes retournées... C'est excellent, et mes pieds me remercie. J'ai donc, ce jour, utiliser une paire de socquettes de "sabot" retournée.. Miracle, je n'ai AUCUNE ampoule, enfin presque... La seule que j'ai eu, au début du second tour se situe... ?..??....??? Au dessus du cou de pied droit, sous le noeud du lacet. Une petite pierre y est certainement rentré et lorsque j'ai voulu l'enlever, j'ai éclaté une petite ampoule sanguinolante. Heureusement elle ne me géna que quelques kms... Bzzzz... Les ampoules ne sont pas la cause de la brusque chute de régime, mais plutôt un soleil revenu. J'ai du mal à "arquer" de plus en plus, je m'accroupis de nouveau et tente de me remotiver, après avoir cru que je tenais le bon bout, il serait dommage de ne pas finir honorablement ce 100kms ! Je repars, m'arrose, fait les zigs et les zags à la sortie de Copechagnière et passe le panneau 15, puis 840m plus loin le 40 puis le 65 et enfin le 90ème km... 90 kms ? Il en reste 10, c'est une pécadille et je tente de relancer sur... 100m ! Car nous arrivons sur les longues lignes droites précédant la cote de... de... Allooooooooo ? Il y a encore quelqu'un ? Il n'y en a même pas 2 qui suivent... La journée a du être très dur ? Même pas ? Alors pour ceux qui dorment encore, c'est la cote des BROUZILS !!! C'est écrit assez fort ? ;-)))))) Bzzzz... Je garderais longtemps en mémoire les longues lignes droites de Chavagnes, surtout qu'elle me rappelle feu le 100kms d'Amiens, un A/R de 50kms avec de très longues lignes droites (et des bosses !). Mais le soleil de Chavagnes et la température suffoquante donneront un air de "salaire de la peur" à cette édition 2003. J'ai entendu 40% d'abandon par le staff d'arrivée, mais je suis étonné et heureux de ne pas avoir entendu le son strident des ambulances. Nous reviendront sur ce sujet avec l'arrivée de la Bibi... Bzzzz... Je conserve de ces moments des impressions d'euphorie lorsque j'imagine mon arrivée et de pessimisme quand je vois que mes jambes ont du mal à tricoter. Je souffre, mais la délivrance n'est pas loin. J'ai une pensée pour Chantal, dont j'attends le retour, pour la Bibi dont les nouvelles la situe à 2 kms derrière et pour le Shadock qui... Pardon ?... Qui téléphone à la Tortue pour savoir s'il peut me faire le coup que je lui ai fait à St Nazaires ??? (Claque sur les fesses à 200m de l'arrivée). Imaginer notre shadock, inimitable pompeur, téléphone à l'oreille, bagarrant pour finir son 100kms m'a donné une bouffée d'oxygène incroyable. L'envie de rire m'a fait oublier quelques instants la longueur de la ligne droite dont l'horizon, peuplé des cloches d'église vendéennes, a du mal à se rapprocher... La cote des Brouzils... Ouille... Aïe... "Détends tes muscles dans la descente" qu'il a dit la Tortue... Je lui en "foutrais" des "detends toi..." :-))) Je ressens au plus profond de moi chaque choc, mais je tente de conserver mon rythme pour attaquer la remontée... Bernique, je suis encore scotché, alors j'agite désespéremment les bras pour que les foulées ne se transforme pas en marche épuisée... Et je m'agite jusqu'au sommet, comme un cycliste... Et comme un cycliste j'espère me reposer après l'effort, mais nous sommes en CAP ! Je l'avais oublier quelques instants, mes jambes dures se chargent de me le rappeler... J'arrive sur la fontaine, QUE JE NE LOUPE PAS, et je m'arrose. Il n'y a plus rien au ravitaillement, je n'ai plus droit à l'eau gazeuse que mon ventre appréciait. Mais comme mon rythme a baissé, j'assimile un peu plus. Je sors du village guette désespéremment le panneau des 5kms que l'on m'annonce régulièrement et je me traine... Ce n'est pas possible ? Je ne vais pas y arriver ? C'est quand que je sprinte ? La Tortue fait toujours la standardiste et il me semble que c'est le Bourrin qu'elle a, à ce moment précis... Quelques mots bien placé et me voilà regaillardi en vue de l'épongeage de Californie dont je repars pied au plancher. Bzzzz... J'imaginais déjà mon arrivée avec mes assistants. Comme j'allais faire quelque chose d'honorable, je voulais une photo de l'équipe. J'avais même envie de braver les interdits en amenant près de moi la Tortue sur son vélo proche de l'arrivée. Comme je suis loin de mon rève, je ne suis pas "déchiré", je pense pouvoir aller chercher les autres, une fois la ligne franchie Bzzzz... J'arrive dans la ligne droite sous le pont de l'autoroute, si dure au tour précédent, et je me pique avec un autre coureur à une allure folle... Nous remontons ensemble quelques autres concurrents, mais je sens que cela va un peu trop vite. Si j'avais été à quelques minutes près, il me semble que je me serais accroché, mais, au grand désapointement de la Tortue, j'ai laissé partir ce coureur là. Mais je continuais à en remonter. Dernier ravitaillement, cela sent l'écurie... Mais... Bzzzz... Je me permettrais de faire une constatation sur ce sujet. J'ai remarqué comme un désintérêt de certains bénévoles sur ce dernier tour. Sur les 5 épongeages, 2 étaient à l'abandon, buses d'arrosage fermée. Il ne restait plus beaucoup de choix sur les tables de ravitaillement, certaines n'avaient plus que de l'eau. Les bénévoles encore concernés par la course avouaient leur impuissance. J'ai craint pour les courageux à plus de 10h. J'en ai touché deux mots à l'arrivée à 2 responsables qui, inquiets, ont téléphoniquement donnés des ordres pour palier aux insuffisances. Apparemment sans succès si l'on en croit le CR de Diogène. Il est vrai que ce n'est pas facile de maintenir autant de bénévoles en haleine durant des heures, mais laisser un carrefour sans signaleur alors que des coureurs finissaient encore leur course, c'est prendre de gros risques ! Bzzzz... C'est presque fini, le panneau 2kms passe, je sens que je peux accélérer, mais je n'en ai pas vraiment envie. J'ai un peu d'émotion, mais aussi pas mal de déception. Je passe encore à coté de ce qui, à mon niveau, aurait pu être un exploit. Même si le combat sous la chaleur fut dur et explique mon temps, même si ma place finale au championnat de France montre que j'ai été correct, le chronomètre, qui montre à chacun d'entre nous nos propres limites, m'indique que je ne les ais pas encore tutoyé... Dernier km, et je me propose de faire un test... Les "pleurs" anti douleur.... Kesako ? Même si celle ci n'est pas à son top, j'ai quand même un peu d'émotion et j'ai envie de finir fort. Je crie, j'ahane et avec l'émotion je pleure un peu... Je me rappelle la fin de mon marathon de Reims ou, pour passer sous les 2h48', j'avais chialé de rage comme un cycliste. Durant 300m, je me suis mis à chialer et surprise, toutes les douleurs ont disparu et j'ai accéléré... Je n'ai pas continué car le jeu n'en valait pas la chandelle, mais la constatation à valeur d'intérêt. En pleurant, il se peut qu'une décharge d'endorphine se fasse... A méditer pour les grandes occasions ! J'arrive à 200m de l'arrivée, hurle à la Tortue de rester à mes coté pour ces derniers mêtres, au grand dam des pointeurs ou autres chronométreurs. J'arrive sous la banderole d'arrivé, 8h54'25"... Bien, sans plus... Le soleil a tué mon rève... Ou sont les autres ? A suivre...
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Epilogue
********************

J'aaaaaaaarrive à la fin du 100kms...
..../...

Je me retourne et scrute l'horizon et ne vois rien. Je fais 35ème au 
scratch, ce qui est relativement inespéré vu mon niveau, mais il n'y a que 
9 coureurs sous les 8h. Je tourne un peu dans l'aire d'arrivée puis regarde 
le chrono défiler les secondes et approcher les 9h... Chantal ? Le Shadock 
? Houuuuuuu houuuuuuu... La Bibi étant 2 kms derrière, je pense qu'elle 
arrivera plus tard.
Les 9h passe, une tension s'échappe, dommage, je n'embrasserais pas le 
Shadock sous la barre des 9h comme les 3h de Lyon...
Je n'ai, par contre, pas envie d'aller les chercher en courant. Je sens les 
courbatures me tomber sur les cuisses de manière abrupte. Oublié le petit 
footing de récupération prévu tout à l'heure... J'omets de boire 
gouluement, et ce n'est pas la meilleure des choses... Je tourne et vire, 
salue, serre des mains et regarde anxieusement au loin sur le parcours...

J'y aperçois enfin mon shadock, qui fini comme il peut, le compteur tourne 
et il passe en 9h5'30"... Je le trouve moins joyeux qu'à son arrivée à 
Lyon, peut être un peu éteint par la chaleur... Quelques secondes derrière 
voilà Chantal... Quelle classe, elle a encore la force de sourire et de 
saluer le public qui l'applaudit chaleureusement ! C'est une grande dame 
des 100kms.
9h6'23"... Une fois la ligne franchie, on note quand même une usure du à la 
chaleur, je l'amène sur un fautuil. Après quelques secondes de 
récupération, elle semble mieux et peut se relever pour discuter dans 
l'aire d'arrivée.
Elle a encore fini fort revenant sur Murielle Brionne et soufflant l'air 
chaud (ou frais peut être) dans le cou du Shadock. Elle lui reprend presque 
6' dans le dernier tour et fait 5ème féminine.
Nous attendons Bibi... Et je suis inquiet car comme on me l'avait annoncé 
2kms derrière, je vois les secondes s'égrener, et rien à l'horizon. Coup de 
chaud ou casse physique ? Lorsque je me remémore les fins de courses du 
Shadock, cela ne me rassure guère pour son épouse...
Le temps passe quand on aperçoit, enfin, la frêle silhouette de Bibi. Il 
n'est plus question de bien saluer le public mais de franchir cette ligne 
d'arrivée. Cela parait très difficile à faire et la Bibi y met tout son 
coeur. Elle passe la ligne en 9h17'45" avec la rage de finir. Je lui prend 
ses bras et son regard marque une énorme détermination... AMHA, elle a fini 
à la rage, oubliant ou ne jugeant pas utile de s'hydrater plus. Elle a du 
mal à se déplacer et son apparence nous donne une idée de la volonté 
qu'elle a du déployer pour finir.
En mon fort intérieur je ne regrette pas qu'elle n'ai pas su que Murielle 
Brionne était 2' devant. Elle aurait certainement risqué d'outre passé ses 
limites.
Elle a d'ailleurs eu les symptomes d'une déhydratation aggravée dont il 
faudra qu'elle tire des enseignements pour l'avenir, car sa santé risque 
d'en patir.
Ceci écrit, ce FORMIDABLE petit bout de femme a une volonté impressionnante 
et une fois qu'elle aura récupéré, elle pourra envisager de voir plus 
haut... Mais piano, piano...  ;-)))

Photos d'arrivée, sourire, échanges... La fête se termine...
Se termine ???  Non !

Dans un élan euphorique, la Tortue décide de rajouter 10kms à son 100kms 
vélo... Il fait une chaleur "à crever"...
Je vais me faire masser, je me douche et pimpant comme un jeune premier, 
j'attends sur la ligne d'arrivée notre reptile... J'apprends, avec plaisir 
que les coureurs font 3 ou 4 tours et je vois passer les premiers... 
Quelques secondes plus tard (des secondes de Tortue) je vois le bel animal 
en difficulté. AMHA ce n'est pas une sinécure de faire 10kms après ce qui 
l'a fait, mais, de plus, sous ce cagniard, cela doit être horrible...

En même temps arrive quelques coureurs du 100kms en 12h/13h, que je plains 
beaucoup vu l'ardeur d'Aton à ce moment là... Je rencontre quelques Ufos 
supplémentaires, serre quelques pinces, note que ma puce n'a pas marché au 
3ème tour et retourne pour l'arrivée de la fable de la Fontaine.

Je vois bien ma Tortue arriver, mais presque avec le lièvre dans les 
bras... Arf... Vous pourrez noter, sur les photos dans quel état notre 
Tortue est arrivée !

Nous mangeons le plateau repas, faisons un dernier tour des popottes, et 
comme Ma'ame Tortue, fatigué d'un WE chargé, n'avait pas la forme pour 
aller guincher le soir, nous sommes retournés vers Nantes...
(D'habitude j'aime bien guincher après une course, l'Bouc costaud peut en 
témoigner après les 6 jours de Toul, mais ici je commençais à avoir les 
jambes... Heuuu... Difficiles ?)

Voilà, la fête est vraiment terminée, nous croisons les derniers valeureux 
coureurs finissant leur 100kms et le film des évènements commence à se 
dérouler dans ma tête, alors que nous roulons à vive allure vers la maison 
de la Tortue.

Le temps ne nous a pas permis de bien figuré chronométriquement.
La place que j'obtiens est en général sous les 8h30' à Chavagnes avec 30% 
de concurrents en moins. Le premier en 7h12' a déjà fait au moins 6h45', le 
second en 7h35'=>6h50', le troisième ???? , le quatrième 7h40'=>6h56'...
Le troisième a juste fait 2h31' sur marathon et 191kms sur 24h, Arf... 
L'exception qui confirme la règle... Derrière les premiers, certains 
coureurs font plus d'une heure par rapport à leurs habitudes sur le même 
parcours !
La déception est grande donc, car Chavagnes avait la réputation d'être très 
rapide, et les conditons physiques, d'encadrements, de coureurs, d'ambiance 
et de logistiques paraissaient au top !

Il restera quand même de ce week end de grandes émotions, des rencontres 
zanimoss de grandes qualités, l'envie d'un "revenez-y" bien sympathique et 
des images de fournaises pour des années encore... Vous pourrez, dans 
quelques jours allez sur www.conseil.org/papy pour voir quelques photos 
prises par le Canari, la Tortue et l'entourage du Shadock...

Pour la première fois, depuis longtemps, je n'ai pas pu monter, ni 
descendre un escalier sans me tenir... ;-)))))))))
Le lendemain matin j'ai fait, merci la Tortue, 37' d'HTV avec des exercices 
facile en moulinette, puis (il y avait des galbées !) le plus difficile !!! 
Mon orgeuil me l'a fait finir très honorablement, mais je me suis liquéfié, 
arf... J'ai bien bu et au retour, miracle, je montais (doucement) et 
descendais les escaliers sans me tenir. Lundi je marchais normalement, 
mardi je courrais tranquillement 30' au stade... Voilà pour une excellente 
récupération grace au HTV.

Plus d'objectif à ce jour, je m'encroute avec les fêtes d'école de Juin des 
gamins, spectacle de danse, théatre et barbecue...
Il me reste à contacter la Tarine pour savoir si je fais l'UTMB, autour du 
Mont Blanc, 150 km - 8 100m de dénivelé positif, fin Aout.

http://www.ultratrailmb.com/accueil.php


J'ai du omettre des détails, vous voudrez bien m'en excusez...

Au plaisir de vous revoir,

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