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Le récit du Raton Laveur
Le récit du Chacal
Le récit de l'Electron
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Premier à faire le compte rendu ! arf !
J'avais prévu de courir les 12 heures de Bures car on m'avait dit qu'il
avait lieu le 25 mai pendant la fête des mères. J'avais donc participé au
marathon de Sénart, certes prudemment, mais pensant avoir le temps de
récupérer.
Et puis surprise! les 12 heures sont le 18 mai! La récup n'est pas encore
finie, je ne fais encore que des sorties que de 15-20 kms, il me manque de
la fraîcheur pour aller plus loin. Dans ces conditions j'hésite un peu.
Mais c'est la perspective de rencontrer des gens d'Ultrafondus (UFO) qui me
décide.
Papy Turron l'organisateur me dit qu'il me faut absolument me lever à 3h du
matin pour être sur la ligne à 5h! Gasp! Je n'ai jamais fait cela depuis
..... toujours! Je ne me suis jamais levé à cette heure là aussi loin que
porte ma mémoire! Je n'ai pas pu faire la sieste la veille non plus pour
cause de baptême de plongée sous-marine. Bon, je fais un repérage la veille
car l'accès ne semble pas trivial et j'arrête de courir pendant les 3 jours
précédents la course.
Je décide d'avoir comme objectif :
1. courir très lentement car je suis dans l'inconnu et donc oublier toute
référence de chrono usuelle
2. faire un entraînement de 30 km du dimanche
3. si tout va bien faire 66 km (les 2/3 du 100 km) en répétition pour le 100
km. (je me dis que je tenterais bien le 100 km si tout va bien mais je sais
que ce n'est pas malin, car je serais trop lent par prudence, et cela
m'empêcherait de faire un vrai 100 km d'ici les vacances).
Le matin du jour J, je prends un café extra méga fort, et une douche
brûlante pour me réveiller un minimum, puis du gatosport. J'arrive à me
perdre dans Bures malgré le repérage de la veille, ayant raté l'impasse qui
mène au bassin de rétention de l'Yvette, je tombe sur des entrelacs de sens
interdits qui me perdent complètement. Heureusement j'avais de la marge en
temps, et j'aperçois une petite colonne de gens qui marchent avec des sacs
de sport (à 4h30 il y a peu de chance que ce soit autre chose que des
coureurs). Ils me remettent dans le droit chemin et je suis le 25ème à me
présenter à l'inscription. J'arrive à me garer dans l'impasse tout près du
départ. Cela me sera utile pour prendre ou laisser des affaires dans le
coffre en cours de course.
Un coup d'oeil sur le cardio je suis à 110 alors qu'en temps ordinaire je
suis à 62 dans les mêmes conditions! La nuit quasiment blanche et la récup
non finie font que je vais commencer à courir avec beaucoup moins de
potentiel. Je suis avec mon coupe vent de vélo jaune vif, flashy. Je cherche
les autres ultrafondus mais je ne les vois pas!!!
Le départ dans la nuit est impressionnant et le premier tour groupé derrière
les ouvreurs me laissera un fort souvenir. On hurle le numéro des dossards
au passage de la ligne car les commissaires ne voient rien.
Après deux ou trois tours on commence à bien y voir et j'avais prévu un
rythme cool d'au moins 4 tours par heure (10,5 km/h) que j'avais longuement
répété pour mon 100 km de juin, mais je m'aperçois que si je veux garder un
niveau cardiaque correct, je ne peux en faire que 10 tours pour 3 heures. Je
suis en sous capacité et cela m'énerve!
On a droit à un vent léger puis à de la pluie. La pluie ne me gène pas. Au
contraire, comme le circuit est ouvert et que des promeneurs avec des gros
chiens gênent franchement les coureurs sans vergogne, la pluie les chassent
et on se retrouve entre nous. Je dois en outre faire 2 haltes aux toilettes
pour cause de dérangement intestinal, cela fait deux courses consécutives
que cela m'arrive et cela m'inquiète un peu. J'apprécie la présence des
toilettes mobiles !
Je vois le circuit se monter lentement. Le ravitaillement se met en place
après mon 4ème tour environ, puis je dois sauter par dessus l'arche
gonflable qui commençait à être gonflée au moment de mon passage. Plus tard
des barrières seront posées également pour délimiter le circuit, ainsi qu'un
fléchage indiquant un virage à angle droit après le petit pont (plusieurs
coureurs ayant poursuivi tout droit sur un autre chemin en face).
Les gens sont charmants et mon défaut sera de discuter un peu trop au
ravitaillement avec les coureurs ou les bénévoles. Je fais les tours entre
15' et 17' 30" max mais je m'arrète 5' pour discuter (en fait je ne
m'aperçois même pas du temps d'arrèt!) Ce qui fait que je perds l'équivalent
d'un tour par heure par laxisme! Mais discuter remonte le moral ! Je gère
assez bien la nourriture, et ne me sens jamais fatigué.
Les heures passent en un éclair, j'ai eu la bonne idée la veille de régler
ma radio sur les fréquences locales qui ne sont pas les mêmes que les
miennes mêmes si je n'habite qu'à une demi-heure de voiture. Du coup la
réception est claire et je suis un des rares à rigoler parfois en courant!
Le chacal est premier, et on s'est retrouvé à un ravitaillement. L'intérêt
de ces courses en rond, est qu'on voit tout le monde plusieurs fois sur le
circuit ou sur le ravitaillement (à l'inverse d'un marathon en ligne). Il me
stupéfie par son aisance et sa rapidité. Il finira premier au scratch! A
chaque fois qu'il me prendra un tour (et il le fera souvent! Quand je passe
le 50ème il en est déjà au 65 ème!) on se dit un petit mot.
Je passe le marathon en 4h30, (je visais 4h00 mais bon la nuit a été
courte!) et tiens, j'ai complètement oublié que j'avais une décision à
prendre au 30 ème km! Après le marathon, je retrouve un second souffle comme
libéré car tout le reste est du bonus, du record personnel de distance, je
ressens un plaisir très important. Au cardio je suis bien en dessous de ma
limite inférieure d'endurance. Quand ma famille vient me chercher car nous
avons un RV impératif dans la banlieue opposée (et avec la pluie il y a des
bouchons partout), j'en suis à 25 tours sans souffrance, ni physique ni
mentale. J'ai oublié que ce ne serait pas raisonnable de continuer mais
heureusement ma famille insiste. On fait tous ensemble un tour de piste
commun, je jette un oeil sur le classement, je suis 2 ème vétéran 1 avec un
tour d'avance sur les suivants. Qui l'aurait cru ? L'équipe d'Ultrafondus
était à ce moment là 3 ème par équipe avec juste 5 membres alors que JDM et
Ile de France avaient chacun plus de 50 coureurs à totaliser leurs km
ensemble (le nombre de coureurs n'est pas limité)! J'ai couru 8h30 et je me
sens capable de finir les 12 heures sans histoire, en en ayant encore sous
la semelle, et cela me surprend car je me sentais diminué par rapport à ma
forme d'il y a 15 jours. Quelques coups de fil sur le portable ont eu un
effet considérable sur le moral. Conclusion : toujours courir avec le
portable en ultra !
Au moment de partir j'entends mon nom au haut parleur, c'est l'annonce des
classements et j'entend le speaker qui nous informe que l'électron passe la
ligne. Super je vais le voir un peu avant de partir! Je n'avais pu le
repérer avant. Je l'informe qu'il est 4ème, mais que puisque je pars il fera
un podium. On discute un peu pendant qu'il se ravitaille.
Finalement pour une récup, je me suis pas trop mal comporté. Aucune douleur
sauf un échauffement de la plante des pieds un peu fort à partir du 60 ème
km. Et mes aesics gel 1070 confirment que ce sont d'excellentes chaussures,
vraiment, mais que les gravillons y entrent facilement. Il a fallu faire
plusieurs vidages! Pas de douleurs musculaires. Simplement un regret de
n'avoir pas ma forme normale, je n'aurais jamais du aller à Sénart. Si
j'avais su, j'aurais privilégié sans hésiter les 12 heures!
Mes plus vifs remerciements aux organisateurs qui ont fait un boulot
exceptionnel (d'autant que l'inscription est gratuite), les commentaires du
speaker sont marrants, l'organisation parfaite. Papy Turron avait raison de
me faire lever si tôt ! Et ça, je peux vous dire que ce n'est pas un mince
compliment de ma part ! Bravo aussi à tous les coureurs très sympas,
particulièrement aux Ultrafondus ! J'aurai presque envie de me prendre le
béret UFO pour pouvoir se faire repérer plus facilement, malgré mon aversion
marquée pour les uniformes !
Le lendemain légères raideurs en descendant les escaliers, mais faibles.
Tout est parfait.
Tous mes v?ux de rétablissement au Chacal, un sacré bonhomme, qui a fait un
malaise juste après avoir gagné superbement la course et qui va sans doute
passer sa journée de lundi encore aux urgences. Ma philosophie est de
toujours courir à 90 % des ses capacités mais sans jamais flirter avec les
limites, la santé c'est trop précieux. Mais c'est facile à dire, dans le
plaisir de la course on oublie facilement la prudence.
Conclusion : l'ultra me plait plus encore que le marathon! Je sens que
courir longtemps mais plus lentement, discuter avec des gens (en général
plus agés que sur des courses plus courtes) me plait énormément Bref je suis
mordu!
Je me bloque le prochain 12 heures de Bures sur mon agenda !
A+
Le-raton-laveur-en-jaune-vif
Mardi 20 Mai 2003, Mennecy 91
L'atmosphère de la piscine était étouffante. J'ai trouvé une ouverture en
haut des gradins pour accéder à une passerelle extérieure. L'air y est frais
.. On est presque a hauteur des superbes séquoias de la grande allée du parc de
Villeroy. En marchant tout au bout je peux apercevoir le bassin à travers le
grand mur vitré. Les reflets de la verdure environnante se superposent a
l'image des nageurs et leur donnent l'air de voler. Le long du bord, le petit
tortillard du groupe d'apprentis nageurs patauge avec entrain. On dirait les
petits canards des forains, a la fête du village, que les enfants essaient
d'attraper au passage.
Ils sont sept ou huit, dont mes cinq protégés, en comptant le fils du
voisin, poussant des bras et des mains, menés a la baguette par une
maitre-nageuse experte.
En y regardant de plus près, ils ne vont pas tous à la même vitesse. Une
de mes filles est à la traîne, s'agrippant à sa frite de mousse et battant des
pieds de façon un peu désordonnée, alors que son frère utilise déjà ses bras
et progresse plus vite. Comme ils tournent en rond, on ne sait pas trop qui
est devant ou qui est derrière, et ça n'a pas grande importance.
La fraicheur me fait du bien, et alors que je m'assoupis un peu, les
peupliers de l'Yvette viennent petit a petit s'imposer devant mes yeux, bousculant
toute notion de temps, comme si on n'en avait pas encore fini ensemble...
Quatre heures.. Nuit noire... Arrivé dans les premiers, j'ai tout de suite
trouvé l'Electron et son mini stand ultrafondus, s'emparant avec gourmandise
du dossard Numéro 1. On a inscrit une équipe UFO, pour honorer nos beaux
tee-shirts, dont c'est la première sortie. Ce sera notre première course ensemble,
mais la pasta-party de Paris partagée nous fait déjà nous retrouver comme de
vieux amis.
Le manque de sommeil m'a rendu lent à booter, et je vais de gauche à
droite, cherchant où positionner mon sac pour la course, et tardant à m'habiller,
saluant Pierre Paul et Jacques, dilapidant sans m'en rendre compte ma
demi-heure d'avance . Les dernières secondes avant le départ, égrenées sur la ligne par
tous les chercheurs d'infini du département me surprennent en pleins
préparatifs sous la tente de ravitaillement. Le temps d'attraper la frontale, de
sprinter cent mètres jusqu'a la ligne, et c'est parti.
Le petit halo lumineux est superflu, et beaucoup de coureurs ne s’en sont
pas encombrés, ou comptent sur celle des autres.. Le chemin est bien tracé,
et même pour moi qui ne suis venu que deux ou trois fois en reconnaissance, n’
offre pas de grosse difficultés dans la pénombre, si on prend garde d’éviter
les foulées rasantes, propres à culbuter sur les cailloux.
Mon premier objectif, outre de passer pour la première fois les mythiques
cent bornes, ce que je n’ai jamais véritablement mis en doute, est de
travailler la régularité. Au Trail 91, Mon premier et seul ultra a ce jour, ma
moyenne kilométrique avait varié de plus de 12 au début, a moins de 7 km/h a la fin
de l’épreuve. Je m’interdis donc aujourd’hui de dépasser 11 k/h. Pour cela,
je me suis fixé des temps de passage intermédiaires sur le parcours a ne pas
dépasser. Premier point de contrôle : coup d’œil au chrono. Flûte, il n’est pas
démarré ! Bon, so much pour les temps intermédiaires. Je m’aperçois aussi que
j’ai oublié de badigeonner les zones sensibles de vaseline. Je m’arrête donc
a la fin du premier tour pour réparer tout ça, et repart un petit demi-tour
derrière le gros de la troupe.
Il me semble qu’un trio caracole en tête de l’autre cote du bassin, je
crois reconnaître dans l’aube naissante mes amis Robert (Charvin )et
Jean-François (Atomic), encadrant un coureur à la tenue sombre qui doit être Claude
Hardel . Je réprime une brusque envie d’accélérer pour rattraper tout ce beau monde…
On entre très vite dans la routine des tours et des ravitaillements, et
les premières heures, très calmes car l’animation ne démarrera pas véritablement
avant neuf heures, passent dans un silence religieux, que chacun ressent
comme un prélude à la tempête, car le ciel menaçant n’annonce rien de bon. C’est
le meilleur moment, alors que la machine ronronne d’être si bien ménagée, pour
s’imprégner des senteurs de ce petit coin de vallée. Les quelques hérons
taquinant l’ablette de l’Yvette n’ont pas encore étés chassés par le bruit. C’
est le moment aussi pour faire de nouvelles connaissances, comme Phil, notre
ultra-chameau, parti chercher des croissants et ne résistant pas a l’envie de
nous accompagner quelques tours, ou Gilles, transfuge UFO du JDM, au sourire si
sympa.
A 9 heures, changement d’ambiance : Notre papy Turoom, part pour un tour
de chauffe , manque griller tous les circuits électriques, et accroche un
rythme effréné sur son micro , histoire de dégeler la troupe, qui s’engourdissait
lentement. Les Joggers du dimanche commencent à arriver, et les coureurs sont
de plus en plus nombreux sur le circuit.
J’en profite pour jeter un œil sur le classement après 3 heures de
course, où je pointe à une décevante 12eme place. Je me console en constatant que
personne ne m’a pris un tour, et en me répétant qu’aujourd’hui, premier ou
dernier, l’objectif est la ré-gu-la-ri-té.
Avec le public, arrivent les averses, qui n’attendaient que cela pour
corser la difficulté. Ma veste d’hiver Asics a connu des jours meilleurs, et déjà
peu étanche a l’origine, elle s’imbibe maintenant a une vitesse surprenante.
La problematique de la journee sera le choix entre le tee-shirt UFO, qui
mouille instantanément mais qui sèche presque aussi vite, et la vieille veste,
lourde et gorgée d’eau, dont le seul avantage, a l’instar des combinaisons de
plongée, est d’avoir la couche d’eau près de la peau un peu moins froide que la
couche extérieure. J’avoue que le choix ira le plus souvent au tee-shirt seul.
Je sais qu’il y a notre raton-laveur devant. Je le suis par bassin
interposé avec son coupe-vent jaune, tantôt sur lui, tantôt a la ceinture. On ira
sensiblement a la même allure presque jusqu'à mi-parcours. J’ai commence a
repasser l’Electron, occasion de s’encourager mutuellement. Il va bien , alterne la
course avec une bonne marche , résultat des leçons de Rodio, qu’il m’annonce
juste devant, me procurant ainsi la première occasion de la journée de me
ridiculiser en lançant un bonjour Rodio retentissant au premier marcheur que je
rattrape, qui évidemment n’était pas lui.
Avant de rattraper le vrai Rodio une heure ou deux apres, petit tour sympa
avec Robert, en sortie longue, qui s’apprête a boucler 50 km . Nouveau
classement de Radio-Turoom a la mi-course: Apres le retrait de Claude Hardel , en
sortie de préparation, il ne reste plus dans le premier tour qu’Atomic JF, suivi
de Christophe Laborie, senior de la génération montante, et du Chacal, qui
commence déjà a n’en faire qu’a sa tête, renaclant a la moindre pause.
Tout va aller bien jusqu’au 70eme environ, où je vais curieusement marquer
le pas sur un tour, une douleur à l’extérieur du genou droit, le moral en chute
libre, semblant reconnaître les symptômes qui m’avaient mis au ralenti au
Trail 91. Il me faudra un autre tour pour remonter tout ça, convaincre la bête
que ce n’était qu’une petite douleur plus dans ma tête qu’ailleurs,
parfaitement contrôlable tant qu’elle n’empirait pas, puis, en réalisant que je m’étais
mis inconsciemment à piocher, de « rectifier la position » en relâchant les
épaules, soulageant le cou, ramenant le buste en arrière et détendant les
genoux, ce qui aura pour effet immédiat de relancer la machine, et de me remonter
le moral au point de devenir euphorique, certain maintenant d’aller très loin,
me marrant tout seul, et en surprenant peut-être quelques-uns.
Les tours vont s’égrener entre les peupliers, les passages sous l’arche
et les commentaires de Papy Turoom ( avec même une interview en live sur le
circuit), les mini-arrets à l’Atomic Photo-studio. Jean-Francois gère une
hypoglycémie et a du ralentir un peu la cadence. Je dépasserais plusieurs fois un
groupe du JDM a l’allure soutenue, avec une féminine particulièrement endurante (
il doit s’agir d’Anne-Marie ? , je n’ai pas osé demander) , a l’occasion
sans doute de leurs arrêts plus marques . Merci aussi a Bernard pour son
accompagnement, et ses renseignements précieux sur mon adversaire du jour, que je n’
avais pas encore réussi à identifier.
Vers les neuf heures de course, je vais donc rattraper Christophe Laborie,
qui va essayer de s’accrocher pendant un demi-tour . Mon allure, pourtant
réglée au cordeau, ne semblera pas lui convenir, car il va tantôt accélérer, tantôt
ralentir, pour finalement s’arrêter au ravitaillement, sans doute pour
pouvoir reprendre une cadence plus personnelle.
A ce moment, je me retrouve en tête, et alors que j’ai relativement bien
géré mes ravitaillements jusque là, je vais commencer à sérieusement déconner.
J’avais fait une halte dans la semaine au DK du coin, et m’étais composé
une stratégie devant l’étalage :
- Maxim Orange en boisson , pour 4 gorgées par heures. ( Je n’en consommerais
finalement que 2 litres)
- Assortiment de gels Enervit/maxim/miel-DK pour 1 gel/heure( 6 finalement
consommes)
- Pates de fruits a volonté( 3 ou 4 consommées)
- Comprimes de Dextrose : Un pour chaque tour où je ne prends que de l’eau.
Je me suis tenu à cette stratégie jusqu’à 9 heures de course environ. Après
quoi, le Chacal refusant dorénavant de s’arrêter au sac de ravitaillement, j’
ai dû me contenter d’eau pure et d’un comprime de dextrose par tour, ceux-ci
étant dans une pochette que j’avais avec moi.
Pour la petite histoire, nous devrons essuyer une grosse averse dans l’
après-midi. Comme il n’y aura pas grand monde a vouloir affronter la pluie, le
stand de ravitaillement ne sera plus approvisionné, et il faudra négocier serré à
chaque tour avec les bénévoles pour obtenir un gobelet de liquide, ceux-ci ne
comprenant pas qu’on puisse réclamer à boire sous les trombes d’eau.
Vers une heure de la fin, alors que je n’ai toujours aucun doute sur ma
capacité à garder la cadence, j’ai pu apercevoir Christophe sur la digue, à
moins d’un kilomètre devant moi, c’est a dire en réalité près de 2 km derrière .
Il ne peut plus me rejoindre à ce moment-là, et j’aurais donc eu tout le temps
de faire de longs ravitaillements, sans risque aucun pour ma première place.
Mais rien à faire, le chacal a le feu au trousses, un comble avec le temps qu’
il fait, et ne veut plus du tout s’arrêter. Sur la fin, il faudra même le
Bourrin pour me rappeler l’eau.
La suite, vous la connaissez : 123 km, la victoire, un podium pour l’
Electron dans l’cirage, un podium pour le Chacal dans l’potage, et une ambulance
pour l’émotion.
Sans oublier un Bourrin aux petits soins, et le support aussi d’Atomic,
Patrick et Gilles.
Brr... J’en frissonne et ouvre les yeux. Le vent s’est levé, les séquoias
centenaires ont remplacé les peupliers, et mes canards ne sont plus dans leur
mare. Allez, il est temps de repartir au Vestiaire...
Bonsoir,
Vous le savez, je fais souvent mes CR de façon brève...
Et bien celui-ci ne déroge pas à la coutume ;-)))
-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-
Mais qu'est-ce qui peut bien nous pousser à aller tourner pendant des heures
sur un circuit d'à peine 2,5 km ???
Bonne question, et je me la suis posé plusieurs fois avant de me décider d'
aller rencontrer dame Yvette en ce WE de mai !
12 heures. 12 heures à tourner en rond.
Malgré cela, cette course me fait envie !
Je ne sais d'ailleurs pas très bien si c'est spécialement cette course là
qui me fait envie, ou plutôt le principe d'une course horaire. Il est vrai
que cela fait pas mal de temps que le mythe du 24h me trotte dans la tête
sans que pour l'instant je n'aie osé l'affronter.
Alors pourquoi aller à Bures ?
L'envie, toujours l'envie. c'est aujourd'hui mon principal moteur !
Seulement ne faut-il pas être légèrement dérangé pour se livrer à ce type d'
exercice.
Si je regarde un peu en arrière, de quel retour d'expérience est-ce que je
dispose pour me lancer sur cette épreuve.
Certes, j'ai une belle collection (en nombre, pas en perf) de courses sur
route à mon actif, mais essentiellement des courses situées entre 10 et
21km.
Il y a aussi cette dizaine de marathons, lesquels (si j'extrais les deux
éditions du médoc - hips !) ont été couru entre 3h30 et 5h. on est encore
loin du compte !
Les raid. c'est ça . je vais m'appuyer sur mon expérience des raids. Mais en
fait, tous les raids long que j'ai pu faire, n'ont jamais présenté une durée
de course ou une distance aussi importante sur une seule journée :-((
Parfois la distance totale a été importante (pour moi), mais que ce soit le
Verdon ou le REV, aucune des étapes intermédiaires n'a fait plus de 7h ! ! !
Que me reste t-il donc. Les Templiers. 11h de course. Oui, là on commence à
s'approcher !
Et puis il y a le Raid 28. Mes différentes participations à ce raid
représentent mes records, que ce soit ma plus longue distance parcourue (72
km) ou bien ma plus longue durée de course (15h15 cette année).
C'est un peu léger quand même.
Enfin, avec tout ça je n'ai pas trop de références ni de points de repères
précis !
L'entraînement. je vais me caler sur mes repères d'entraînement. Là encore,
ça fait un « flop »
Avec mes « contraintes » physiques -sur lesquelles je ne reviendrait pas -
qui m'empêchent de faire du volume, je tourne avec entre 20 et 30km de CAP
par semaine ! ! ! Si, si. puisque je vous le dis.Comment ça c'est suicidaire
de se lancer sur un 12h avec si peu de kilomètres. En temps normal, peut
être, mais si on se connaît suffisamment pour s'imposer un objectif cohérent
avec son entraînement, je suis certain que c'est faisable
Un événement va me faire prendre conscience de la durée d'un 12h. Un samedi
soir vers 19h, je pars faire une petite heure de footing. je rentre à la
maison, puis après une bonne nuit, je me lève le lendemain vers 7h00. Et là
ça fait schboing ! ! ! Pour le 12h, il aurait fallu que depuis mon
entraînement de la veille je ne me sois pas arrêté jusqu'à maintenant !
pffffffffff ! ! ! Ça va faire long !
Je commence donc à cogiter tout ça sérieusement avec le seul neurone qui me
reste (puisque à partir de 2 neurones on réfléchit et on reste au chaud à la
maison) et fixe mes objectifs et ma stratégie de course.
Objectifs : Ne pas me blesser. c'est LA priorité number one. Cette course n'
est pas un objectif pour moi, (ou plutôt je ne me l'identifie pas comme un
objectif formel, mais plus comme une étape) l'objectif visé reste le
Mercantour fin juin. donc pas de risques. Depuis le début je me suis mis en
tête de m'arrêter si je ressens la moindre douleur anormale dans les genoux
!
Ensuite, je veux en profiter pour battre mon record de distance (les fameux
72km). Je suis assez confiant, mais je refuse de me fixer un volume
au-dessus de mon record.
Troisième objectif, et pas des moindres, me faire plaisir. c'est bête, mais
c'est aussi ce qui me motive désormais en CAP !
Les autres objectifs sont plus ou moins anecdotiques, comme celui qui vise à
faire quoi qu'il arrive au moins 5 tours pour clouer le bec au Maître
Lapouneur (aussi appelé Félon Normand ou Le Transfuge Havrais) qui a osé
prétendre que , [ pour l'Electron 1, 2, 3, 4, 5 petits tours et puis s'
en vont ]
L'objectif en arrière plan restant évidemment pour moi un test grandeur
nature de course horaire sur un petit circuit.. Une forme de répétition pour
un 24h en fait !
Pour la stratégie, c'est simple. je pars très lentement, je marche
régulièrement (je ne sais pas encore tous les combien) et tout ça tant que
je peux. ensuite, ce sera marche, marche et marche
Sur ce point, une rencontre avec Rodio va être importante dans ma démarche
course-marche. Après quelques échanges par le biais du forum UFO complété
par un entraînement commun, je vais me conforter sur l'importance de la
marche dans les épreuves longues (surtout quand on sait déjà qu'on n'a pas
la capacité à courir pendant toute l'épreuve)
En me basant sur les 2,632 km du tour, et sur la description du parcours que
nous en a fait Phil, j'établi mon ordre de marche sur la base de 8-9 minutes
de course, 2 minutes de marche, puis course jusqu'à la fin du tour et arrêt
au ravito. puis on recommence, et encore, et encore...
Avec tout ça, il n'empêche que l'envie de faire cette course est toujours
là. Je sais que je peux le faire.
C'est dans ces conditions que je me réveille le dimanche matin vers 2h30
(dur, dur). Petit déj classique. Pour une fois, je n'ai pas envie de pâtes
ni de jambon ! Etrange, alors que d'habitude je peux m'avaler une plâtrée de
pâtes sans aucuns soucis. C'est peut être à cause de l'heure et du (léger)
manque de sommeil. ce sera donc croissant avec un chocolat.
3h00 je pars de la maison, et j'arrive à Bures à 4h00 (soit 1h avant le
départ). Le plan fait par le Chacal me permet de trouver facilement le lieu,
d'autant que c'est situé à quelques centaines de mètres du départ du Raid 28
!
Je me gare dans l'impasse qui mène au bassin, et je vais vers les tentes. C'
est calme, noir, pas un chat à l'horizon. c'est pourtant la bonne date.
D'un seul coup j'entends aboyer. et je me retrouve avec deux vigiles qui
sont là pour surveiller les tentes et tout le matériel pendant la nuit en
attendant que les organisateurs arrivent.
Ils me prennent pour un organisateur ;-) Je leur explique que je ne suis qu
'un humble et modeste coureur. On discute un petit moment en attendant les
premiers arrivants !
Deux autres coureurs arrivent, puis en retournant chercher quelques affaires
à la voiture je tombe sur une silhouette que je connais. Le Chacal. Lui
aussi est arrivé en avance pour avoir le temps de se préparer.
Les premiers organisateurs commencent à s'affairer, branchement de l'
informatique, sortie des dossards.
Les inscriptions s'ouvrent et je me retrouve avec le dossard n° 2.. Une
grande première pour moi, d'autant que comme ça, je commence avec un
meilleur score que Phil l'an dernier avait du se contenter du dossard 6 :-)
Mais voilà, l'électron n'est pas UFO pour rien. et en nous entendant
plaisanter avec légèreté sur ces numéros de dossard, voilà que Gilles
(Montambaux) me propose d'échanger son n°1 contre mon n°2.
Vous comprendrez, qu'après avoir accepté avec pudeur
(YYYOOOUUUUUPPPPPIIIIIIIIIII ! ! ! ) je ne me soit pas senti capable de le
battre à l'arrivée ;-)
Ceci dit, avec le dossard 1, y'a pas le choix.il va falloir assurer
maintenant. Cela ne ferait pas sérieux de s'arrêter avant la fin.
Bref, après quelques papotages de rigueur, direction la voiture pour me
mettre en tenue. Je suis étonné car malgré l'heure matinale, il fait
(relativement) doux ! J'opte donc pour un dry-fit à manches longues avec
par dessus le maillot « quirendfou », un cuissard (pour attacher mon
dossard), mes chaussures de route avec des chaussettes DK 600 (il s'agit en
fait d'une double chaussette) et bien sur du seul, unique et véritable béret
UFO ! ! ! (quoi ? vous n'avez pas encore reçu les votre).
Je teste aussi 2 trucs pour les pieds. Des semelles sorbo---biiiiippppp--- ,
et là je sais qu'on ne fait jamais ça le jour d'une course. Mais bon, j'ai
mes anciennes semelles dans mon sac pour me changer au cas où !
Et je me pose des morceaux d'elasto derrière les talons et sous les voûtes
plantaires pour essayer d'éviter les ampoules à ces deux endroits
généralement sensibles pour moi ! On verra ce que ca va donner.
Je prépare aussi mon sac à ravito. 2 bouteilles de 1,5l de Maxim neutre, + 1
bouteille de St Yorres, + Des barres énergétiques Maxim, + des gels Maxim, +
les comprimés de sodium et les tubes d'homéo, + 4 petits sandwichs
jambon/comté, + Plein de trucs qui ne serviront à rien mais que je veux
avoir sous la main en cas de besoin. L'avantage de ce type de parcours, c'
est que comme on ne porte rien et que l'on repasse régulièrement au ravito,
on peu prévoir même des trucs inutiles sans avoir à se les porter ;-)
Je suis fin prêt. Il est 4h53. Dans 7 minutes on va devoir se lancer, et
tous les voyants sont au vert.
Je dépose mon sac dans la tente à ravitaillement (encore fermée à ce moment)
et je rejoins la cinquantaine de coureurs regroupés au départ. y'a du monde
qui s'es levé tôt quand même, même si je sais que plusieurs d'entre eux ne
feront qu'une partie de la course.
Les premières centaines de mètres sont balisées par des torches, et ensuite.
je sais pas. Il fait nuit, on devine quelques lampadaires sur une partie du
tracé, mais dans le doute je décide de partir avec ma frontale. Le béret
restera dans le sac jusqu'au lever du jour
Le Chacal me présente Atomik JF, puis on cherche le raton laveur partout,
mais point d'autre maillot UFO en vue. Il n'a probablement pas pu venir.
Dommage !
Attention, prêt...Partez 7h00
Le départ est donné ! Ca y est on est lancé.
L'objectif de ce premier tour est simplement de repérer le parcours. J'ai en
tête la description de Phil de l'an dernier, et comme le parcours n'a pas
changé, je dois pouvoir retrouver mes petits. On passe devant la tente du
ravitaillement, virage à gauche, quelques centaines de mètres sur la digue
éclairée, puis virage à droite passage d'un pont et virage à gauche (il n'
était pas utile de placer des chicanes pour nous faire ralentir). La petite
descente, puis un chemins agréable à moitié sous les arbres. On finit par
entrer carrément dans la forêt avant d'arriver au petit pont glissant (je
confirme Phil, il glisse vraiment ! ) qui marque pratiquement le point de
retour.
Au fait, dans sa description, Phil faisait état d'une petite montée ! Je n'
ai rien vu. Etrange. Je ferai plus attention au prochain passage.
On continue quelques centaines de mètres entre les arbres, on passe un pont
en béton, puis on accède à la partie « difficile » du parcours. Je dis
difficile entre guillemets car le tracé est plat, large et assez roulant,
mais c'est surtout sur le plan mental que cela peut s'avérer contraignant au
fil des tours, car dès le début on voit au (très) loin la ligne d'arrivée,
puis au détour d'un virage celle-ci disparaît pour réapparaître, toujours
aussi loin, au bout d'une ligne droite. Et là, il faut tenir, tenir et tenir
encore.
Fin du tour de chauffe. Celui ci a été effectué en 16'30. Beaucoup trop
rapide par rapport à mes calculs, mais il faut dire que je n'ai pas marché à
mi-parcours et qu'il n'y a pas eu d'arrêt au ravito.
Hop ! c'est parti pour le second tour, au train, tranquillement. J'ai décidé
pour progresser de me fixer des objectifs « courts termes ». A quoi bon se
motiver sur un objectif situé au km 72 quand on en a fait moins de 3 ?
Je choisis des objectifs de quelques tours, et probablement qu'au fur et à
mesure de l'évolution de mon état, ces objectifs seront de plus en plus
rapprochés. Le premier objectif (et non des moindres) est de faire les
fameux 5 tours, en réponse au Félon Normand (cf plus haut).
A la fin du premier tour, je fais l'impasse sur le ravito et me lance dans
le second tour. Cette fois ci je prends le temps d'identifier la montée dont
parle Phil. Ce n'est vraiment pas grand chose et je comprends pourquoi je ne
l'ai pas sentie lors de mon premier passage ;-)
Arrivé au pont de bois, je décide de mettre en oeuvre dès à présent mon
cycle d'alternance course-marche. Je suis à peu près à mi-parcours et je
marche rapidement pendant 2 minutes. Après ces deux minutes de marche j'
arrive exactement à la fin du petit bois. Cela me fera un repère pour la
suite.
Passage sur la ligne en 17'00. Toujours un peu vite, mais avec les arrêts au
ravito, je devrais retomber dans ma fourchette prévue entre 18 et 20' au
tour (fourchette à tenir le plus longtemps possible).
Je me lance dans mon troisième tour avec cette fois ci un arrêt au ravito.
En fait désormais, mes tours vont être fait à la même vitesse, et seul le
temps d'arrêt au ravito va en modifier la durée. Si je m'arrête juste pour
boire, ça va vite, et si je m'arrête pour manger, et bien ça prend un peu
plus de temps. De toutes façons, j'ai décidé de m'arrêter à tous les tours
en alternant boisson ou solide ou les deux.
Le troisième tour est bouclé en 17'30 (avec marche et ravito), le quatrième
en 17'40 et le 5ème en 17'50.
Mon premier objectif est atteint. J'ai pourri le Félon Normand en repartant
au delà des 5 tours ! ! !
Allez hop. Je suis bien dans ma tête et soyons fous. Un autre objectif à 10
tours. ça fait un compte rond ;-)
Le Chacal a déjà commencé à me doubler, et c'est l'occasion pour nous deux d
'échanger quelques mots d'encouragement. Il en sera de même avec Atomik JF
et Gilles, mais aussi avec de nombreux autres coureurs qui ont, comme nous,
démarré cette aventure à 5h. Au fil des tours et des nouveaux arrivants sur
la course, on a l'impression qu'il se crée quelque chose de spécial entre
ceux qui étaient là au départ. Ce n'est certainement pas un « rejet » des
autres (esprit incompatible avec l'ambiance sur place) mais plutôt un point
d'attache entre ceux qui veulent se faire « la totale ».
Au passage j'en profite pour prendre le portable. J'ai décidé environ tous
les 5-6 tours de modifier mon message d'accueil pour laisser des
informations à jour (au cas où certains souhaiteraient prendre des nouvelles
;-) J'utilise les 2minutes de marche au fond du circuit pour lire et écouter
les messages arrivés, et changer mon message en laissant des nouvelles
rassurantes (on ne sait jamais, des fois que madame Neutron ait envie d'
appeler !)
Enchaînement des 6èmes et 7èmes tours en 18'50 et 17'15 (à la fin du 6ème j'
ai pris le temps d'un ravito solide un peu plus long) puis sur la fin du
8ème tour (il me semble) je suis rattrapé par Phil. Il s'ennuyait à la
maison et a eu la bonne idée de nous apporter les croissants sur le
circuit . Il va m'accompagner durant quelques tours. Le 8ème est bouclé en
18'05, le neuvième en en 17'35 et le 10ème en 17'35 également. un vrai
métronome (aidé par Phil, il est vrai.).
Objectif suivant. 14ème tour. Pourquoi ? Parce que cela fera 36,8 km, soit
la moitié de mon objectif.
C'est reparti avec Phil pour le 11ème tour qui passe toujours sans problèmes
en 19'00 après un bon arrêt ravito et la pause téléphone portable.
A la fin de ce tour, Phil me laisse car il doit être rentré pour 9h00. C'est
donc tout seul que je me relance, enfin, tout seul, si on peut dire car les
coureurs sont depuis longtemps répartis sur tout le parcours et on est
jamais véritablement tout seul. sauf parfois dans « sa » course.
Ce redémarrage est un peu dur pour moi. L'approche des 30 (avec le 11ème
tour on en était 29km) et le fait de ne plus avoir Phil me donnent l'
impression de faiblir un peu. mais je me reprends et je boucle ce tour en 17
'40, soit dans le même temps que précédemment. C'était tout dans ma
caboche ;-)
Au 13ème tour j'ai une barre au niveau des intestins qui commencent à me
gêner. je continue quand même, termine ce tour en 18'10. Mais la douleur est
de plus en plus pénible sur le 14ème tour. Je décide d'un arrêt «
technique » aidé en cela par les toilettes judicieusement installées par les
organisateurs entre la ligne de départ et le ravito. Certes je vais perdre
quelques minutes, mais par rapport aux 12h et à mon rythme actuel de course,
ce n'est vraiment pas grave !
Du coup le 14ème tour sera bouclé en 22'30. Pas grave car en compensation, j
'ai réalisé la moitié de mon objectif. Yes ! Cela fait à peu près 4h15 que
le départ a été donné. il me reste 7h45 pour faire l'autre moitié.Ne vous y
fiez pas, ce n'est quand même pas encore totalement gagné (en fait ce n'est
jamais gagné tant que la ligne n'est pas passée).
Nouvel objectif court termes. Le 16ème tour Il correspond tout simplement au
Marathon.
Après cet arrêt, je me sens terriblement mieux, j'ai l'impression de
repartir facile. mais je me rends vite compte que mon rythme a un peu
baissé. 18'30 au 15ème tour et 19'00 au 16ème. Le marathon est bouclé en
4h53'.
Désormais je suis dans le terrain de jeu des UFOs.
De plus, les messages s'empilant sur le portable, je décide de le garder
désormais avec moi. Comme ça je n'aurai plus besoin de modifier l'annonce et
j'aurai directement mes correspondants en ligne .
Depuis le début je suis resté fidèle à ma tactique. Course jusqu'au petit
pont de bois, puis marche (200-250m jusqu'à la fin du petit bois et course
jusqu'au ravito.
Un nouvel objectif en tête (les 50km du 19ème tour) et je me relance.
Pour la première fois je vais m'autoriser un tour tout en marchant (mais pas
trop lentement quand même). Ce 17ème tour est bouclé en 24'10 après un gros
arrêt au ravito.
Les deux tours suivants sont faits en courant un peu plus doucement en 20'30
et 21'40 car à plusieurs reprises j'ai senti des crampes arriver aux
mollets. Phil m'avait bien conseiller au 30ème d'essayer de me faire masser,
mais comme il n'y a pas de kinés, je n'ai pas voulu ennuyer la croix rouge.
Erreur qui sera lourde de conséquences. Toujours est-il que cela me permet
de boucler les 50km en 5h59'45. Je suis à mi-course (en durée) et il ne me
reste que 32 km à faire.
Je relance. c'est dur sur les mollets et je dois ralentir pour ne pas trop
les solliciter. Le 20ème tour est fait en 21'20.
Petit bilan. Le genoux tiens le coup , les cuisses aussi, pas de bobos si ce
n'est ces pµt@/ns de crampes. Dès que je marche, ça va tout seul et dès que
je cours, elles arrivent aussitôt. J'ai aussi en tête le Mercantour dans 5
semaines, et je me rappelle qu'ici ce n'est pas l'objectif prioritaire. Mais
je n'ai pas non plus envie d'arrêter. Ca ne va pas cogiter trop longtemps et
me remémorant une discussion avec Rodio lors d'un entraînement commun il y a
peu de temps je décide d'en rester là.
Enfin, d'en rester là pour la course. Pas pour l'épreuve. C'est que j'ai
encore deux objectifs à atteindre moi (mon record et boucler les 12h).
Alors je me lance dans ma seconde épreuve. Une épreuve de marche. Pas de la
promenade, ni de la marche athlétique avec le déhanchement qui va bien. non,
non, juste une marche rapide qui doit me permettre d'aller le plus loin
possible.
Et hop ! c'est reparti. Mes arrêts au ravito restent les mêmes que tout à l'
heure, seule la section de marche après le petit pont de bois disparaît,
absorbée dans mon rythme général.
Les 22ème et 23ème tours sont bouclés tout en marchant en 23'00 et 23'30.
Finalement, l'écart entre la marche rapide et mes derniers tours en
trottinant ne sont pas très éloignés.
C'est à ce moment que Rodio me rejoint (je ne sais plus exactement à quel
tour). Il a décidé de venir s'entraîner ici et de tirer les copains.
A partir de maintenant il va m'accompagner par tronçons, profitant du
circuit pour faire des accélérations (toujours en marchant, rassurez-vous)
en vue de son challenge. Paris Colmar. THE race of marcheur ;-))
560km. un truc ouf de chez ouf ! ! !
Au fil des tours et des passages des UFOs, il va accompagner tantôt les uns,
tantôt les autres revenant me chercher de façon régulière pour me faire
aller le plus loin possible.
Je ne pense plus à noter mes temps au tour. Je suis totalement pris par mon
allure de marche, avancer le plus vite possible en contrôlant sans cesse la
mécanique afin d'éviter tout risque de casse.
Des échauffements sous les pieds me laissent penser que je vais probablement
avoir quelques ampoules. Ca chauffe juste à des endroits non protégés par l'
elasto, donc ma protection semble efficace.
Au fil des tours et malgré l'assistance de Rodio, les cuisses commencent à
se raidir. Les mollets ? plus de nouvelles, le changement d'allure ne les
sollicitent plus de la même façon et du coup, les crampes sont oubliées,
mais ce sont les cuisses qui commencent à tirailler dur ! ! ! Quelques
échauffements sous les aisselles aussi. En marche, on sollicite beaucoup
plus les bras qu'en course et du coup les frottements se positionnent
différemment.
Un coup de fil du papy (j'ai oublié de citer tous ceux qui m'ont appelé ou
laisser des messages, j'espère qu'ils m'excuseront !) m'indique que je dois
m'attendre à une visite prochaine du Bourrin qui arrive directement de
champagne où il a couru la Champenoise la veille (il doit être dans un bel
état, quand on sait que la champenoise, c'est comme le Médoc, mais avec des
bulles ;-)))))
Les tours se font un peu plus lent, mais avec l'aide de Rodio, je ne lâche
pas prise. J'ai toujours un record à battre moi !
24, 25,----26ème tour. Je tiens le cap. Ca marche rapidement tout le tour et
une pause au ravito à chaque tour. J'en profite aussi pour plaisanter
quelques instants avec les pointeurs (histoire qu'il n'oublient pas de me
compter un tour !). En fait, je fais ça depuis le tout début de course.
alors après 9h de course, ils commencent à me reconnaître .
Depuis un moment c'est Claude Hardel qui est au pointage. Imaginez, il a
remporté cette épreuve à plusieurs reprises, couru les plus grandes courses
d'UFO (la 333 par exemple) et ce matin à 5h du mat' il était là avec nous,
il a tourné pendant quelques heures, en tête de la course, et puis il s'est
arrêté. Il lui reste une course de 200km à faire la semaine suivante, alors
il préfère se réserver un peu. Du coup, il file un coup de main aux
organisateurs, et c'est lui qui va m'encourager à continuer, me pousser à
repartir pour quelques tours supplémentaires. Beaucoup de sympathie et de
gentillesse de sa part. Je peux vous dire que ça, ça motive.
C'est dans cette période aussi qu'en arrivant au ravito je suis hélé par un
coureur avec un blouson jaune fluo que j'avais repéré de loin plus tôt
pendant la course. il se présente à moi : « salut, l'electron, je suis le
raton laveur »
« cornebredouille. ben je croyais que tu étais pas venu. »
« Si, si, mais je ne vous ai pas vu au départ ! »
« Avec nos maillots qui rendent fou, tu n'aurais pas du nous rater ! »
Bref on papote très rapidement pendant que je me ravitaille puis il m'
indique qu'il est 3ème V1 et que je suis 4ème. et que comme il s'arrête, je
vais passer 3ème et donc avoir une place potentielle sur le podium. Je suis
un peu sceptique, et pis je suis pas venu pour un podium, et pis ça me fout
la grouille dans la tête tout ça. Je commence à avoir du mal à me gérer tout
court, si en plus il faut que je gère ma place. Mais bon, puisque j'y suis.
essayons de maintenir le rang ;-))
On se salue puis, je retourne dans mes tours.
L'arrivée du Bourrin correspond presque au départ de Rodio qui est resté un
peu plus longtemps que prévu avec moi. Je me lance sur mon 27ème tour avec
mes deux accompagnateurs. Pour la première fois je dois faire une pose,
quelques instants au milieu du tour pour essayer de détendre mes cuisses.
puis ça repart Fin du 27ème tour.
L'objectif est proche. Encore un tour et je passe mon record, le 28ème tour
correspondant à 73,4 km. C'est dur, mais la motivation de l'atteinte de l'
objectif me fait tenir le rythme. et je boucle ce tour tant attendu.
Ca y est. tout ce qui peut arriver maintenant c'est du bonus !
Dans la foulée, et après avoir remercié Rodio, je repars pour un tour de
plus avec le Bourrin. on boucle le 29ème tour, et les 76,3 km .
Là, j'ai un flou. je ne sais plus si c'est à la fin du 29ème ou du 30ème ,
mais j'ai les cuisses tellement dures, que j'accepte la proposition du
bourrin de me masser. Comme nous n'avons pas de pommade et que je ne suis
pas tenté par une séance d'épilation à mains nues, on va voir l'équipe de la
crois rouge, qui non seulement nous proposent ce qu'il faut, mais en plus se
proposent pour me masser. Mais pourquoi ne suis-je pas venu les voir plus
tôt :-(((
Je perds du temps mais ce n'est plus grave. il me faut juste tenir mon
dernier objectif du jour, aller au bout des 12h.
Après un massage des deux quadriceps, je me dirige vers la tente de ravito.
Mais j'ai commencé à me refroidir. A peine arrivé au ravito, il se met à
pleuvoir fort. et j'ai froid. Je commence à me dire que je vais attendre la
fin de la course à l'abris, car je n'arrive pas à me remotiver pour me
lancer sous la pluie battante, malgré les relances incessantes du Bourrin.
Cette pluie dure un bon moment, et à la faveur d'une accalmie et d'une
séance acharnée de pompoculthérapie bourrinesque, je sors mes guêtres de la
tente et repars pour un trentième et probable ultime tour.Le redémarrage est
dur. Je me suis complètement refroidi, je suis raide comme un bout de bois
et mes ampoules que je gérais fort bien tant qu'elles étaient chaudes, je n'
arrive plus à les supporter .
Petit à petit au fil des hectomètres les mouvements reviennent, les
automatismes se retrouvent et la machine se remet (modestement) en route.
Les massages ont fait de l'effet, non pas que j'ai retrouvé des cuisses de
Chacal, mais elles sont nettement moins raides.
On termine ce trentième tour et je me pose la question de continuer. Pour
le Bourrin et Claude (toujours au pointage) non seulement, je dois
continuer, mais j'ai encore plus de 45' avant le gong final. il est 16h15 !
Pas possible d'en rester là. On redémarre donc pour un 31ème tour qui
portera la distance à 81,6km.
A la fin de celui-ci, il reste moins de 15mn (alors qu'il m'en faut près de
30 désormais pour en boucler un. Cette fois c'est sûr. J'en termine là avec
ce 12h !
Je passe une dernière fois la ligne, avec le Bourrin, content d'avoir
atteint tous les objectifs que je m'étais fixé. Il reste juste celui de ne
pas me blesser, mais là je ne saurai que dans un jour ou deux s'il a été
atteint.
On attend l'arrivée du Chacal et des autres participants qui bouclent leur
dernier tour. Le Chacal est en tête depuis un bon moment, et il s'est sorti
les tripes pour le rester d'après le Bourrin qui l'a suivi un peu lors des
passages au ravito pendant ma pause !
Quelques coups de fil pour rassurer tout le monde un vêtement sec et chaud
et là j'ai un gros coup de pompe.En plus j'ai promis de rentrer voir ma
petite famille que j'ai encore abandonnée dès que possible. Je préviens
Papy Turoom que je ne peux pas rester après la course et le remercie pour
son animation, et ses encouragements réguliers au passage.
Le Bourrin me dit que je suis probablement troisième, mais avec l'arrêt
prolongé pendant l'averse, il y a peu de chances que j'ai conservé ma place.
je le salue ainsi que le chacal chez qui la pression est aussi en train de
retomber.
Ce qui m'inquiète dans mon coup de barre c'est que j'ai une heure de route
pour rentrer, et je préfère y aller tout doux. ce n'est pas le moment de
prendre de risques.
Finalement, j'ai conservé ma troisième place en V1. Un podium. un vrai de
vrai en course à pied. Après nos récentes perfs avec le Bourrin en CO et en
multi-sport, c'est encore un peu grâce à lui (et aussi aux autres) que je
suis allé au bout ! ! !
Voilà, je rentre fourbu à la maison, j'ai du mal à sortir de la voiture,
mais la douche qui va suivre va me faire drôlement du bien.
Finalement, cette première expérience est tout à fait conforme à ce que j'
attendais de ce genre d'épreuve. convivialité, contact entre les
participants, motivation à répétition. tout y était. jusqu'au parcours qui
est très agréable.Peut être quelques kinés seraient les bienvenus. mais
sinon, vraiment un très grand bravo à tous ceux et celles qui ont rendu
possible une telle épreuve. Soyez en toutes et tous remerciés.
Merci aussi à ceux et celles qui m'ont soutenu par leurs messages, leurs
sms, ou leurs coups de fil, avec une attention particulière pour Phil, Le
Bourrin et Rodio, que j'ai découvert quelques temps avant la course et sur
les conseils de qui je suis persuadé de pouvoir l'an prochain passer au cran
supérieur. A suivre
Côté physique, le bilan est satisfaisant. Les crampes vers les 6h de course.
peut être des massages dès la 4ème 5ème heure auraient pu me permettre de
prolonger l'effort. un hydratation, insuffisante probablement (bien que
régulière). A surveiller au Mercantour.
Les ampoules. une action ciblée doit permettre d'en venir à bout. En tous
cas les morceaux d'elasto ont été parfaits.
Les cuisses. Ca a tiré fort lundi, présent encore un peu mardi, et depuis
mercredi, tout est redevenu normal !
Le point critique. les genoux. Aucune alerte en course. Pas de douleurs, ni
de tensions, tout juste une petite raideur après mon arrêt prolongé.
Dimanche soir compresse de flector pendant toute la nuit, puis massages au
ketum lundi. Petite tension (raideur) lundi et mardi, et depuis plus de
traces.
Une semaine complète de récupération là dessus (aucun sport, si ce n'est un
tout petit peu de marche tranquille) et je me sens frais comme un gardon !
Madame Neutron, probablement effrayée par l'expérience papyesque à St Fons
et par ce qui est arrivé au Chacal, n'a pas pu s'empêcher de me prélever
quelques flacons de sang pour contrôler « au cas où ! »
Désespérément normal. tout juste un taux de potassium faiblement supérieur à
la normale et une taux d'acide urique un petit peu élevé. peut être du à la
mauvaise hydratation. bref pas de quoi fouetter un chat. ni un chacal
Voilà. fin de cet épisode, qui même s'il n'était pas un objectif, n'en était
pas moins important pour moi.
Comme quoi, même avec peu de km on peut faire de l'ultra. il suffit juste de
se connaître un peu et de s'avoir où et quand s'arrêter.
Rendez-vous le 21 juin pour le Mercantour.
D'ici là, je vais me contenter de quelques CO, courtes, juste pour le fun !
! !
J'ai été un peu long, ceux qui ont déjà lus mes CR y sont habitués. quand à
ceux qui m'ont rencontré, ils savent que je peux aussi prendre beaucoup de
temps pour raconter.
Un électron, c'est comme ça et ça ne se refait pas !
L'Electron_objectif_Mercantour