La 6000D de juillet 2001

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Compte rendu du Lapinos

Compte rendu du Festnoz

Compte rendu du Boeuf

Compte rendu du Lapinos
Bonjour à tous,

Voici mon premier CR sur la ménagerie, et quel CR ! La 6000D et la
rencontre avec de bien sympathiques z'animaux.

Tout commence samedi soir, par l'arrivée à La Plagne. Déjà, en voiture,
je trouve que c'est un peu long, et l'on ne passe que de 700 à 2000m !
Ça promet d'être drôle !
Il est environ 17h30-18h, je vais tranquillement repérer les lieus et
retirer mon dossard.
Un peu plus tard le portable me sort de ma solitude : c'est la Marmotte
qui vient prendre des nouvelles, alors qu'il se prépare lui-même à
affronter la montagne de Courchevel.
À mon tour, je fais sonner le portable du T-Rex qui ne devrait pas
tarder.
On se retrouve finalement avec L'Festnoz et Mme T-Rex pour faire le
plein de glucides. Je m'aperçois rapidement que L'Festnoz est un pur et
dur, car il ne peut résister à l'envie de s'échauffer un peu en
retournant chercher son ticket de Pasta party oublié à la voiture.
Une bonne assiette bien remplie, vite engloutie et nous voilà repartie
pour Macot où nous attends notre couchage à la salle polyvalente. Après
avoir célébré notre rencontre autour du verre de l'amitié, la famille
Dino repart pour Bourg alors que L'Festnoz et moi-même allons essayer,
j'ai bien dis essayer, de trouver le sommeil.
À 6h étant sur le départ ; on fait sonner le portable du Bouf arrivé
dans la nuit. Son esprit encore certainement embrumé par la route de la
veille ne lui permet pas de bien comprendre ce qui se passe : on se
verra plus tard.
Après un petit déj' vite pris on se retrouve sur le lieu du départ vers
7h. Le T-Rex arrive un peu plus tard , tout le monde est fin prêt.
Curieusement, il n'y a aucune pression, aucun stress, il me semble qu'on
est tous là pour se faire plaisir avant tout. On cherche un T-shirt
Obélix, mais rien en vu.
Boum ! Coup d'envoi, on est parti, ne poussez pas derrière !!
Rapidement L'Festnoz et moi-même qui par souci de bonne hydratation
avant énormément bu, sommes obligés de nous arrêter sur le bas-côté. Et
OH ! Surprise ! On est bon dernier !!
La course débute par 3-4 km de faux plat descendant sur les bords de
l'Isère. Il s'agit d'en profiter vu ce qui nous attend. On discute, on
plaisante...et paf ! On grimpe. Les quelques premiers mètres se font en
courant, puis rapidement on est obligé de marcher. La longue ascension
commence..Tout le monde marche sur une colonne ; il est difficile de
dépasser. Le T-Rex et le L'Festnoz sont devant ; je grimpe d'un bond
rythme pour les rattraper. Finalement ce rythme me convient, je continue
sur ma lancé et les dépasse. Dès que la pente est moins dure, j'essaie
de trottiner un peu. J'essaie de penser à boire un peu d'eau toute les
15mn.
La course suit son rythme fait de grimpette plus ou moins dure de
relance etc.pour arriver à la Plagne. Enfin un peu de monde pour nous
encourager ; et surtout le premier ravito solide. Je prends 2-3 abricots
secs, remplis le porte bidon et c'est reparti. Un peu de descente et de
plat pour relancer la mécanique, c'est parfait les sensations sont
bonnes.
C'est la Roche de Mio qui nous attend maintenant. Le paysage a changé,
nous sommes passé des sous-bois, aux alpages verdoyants. C'est
magnifique, je prends souvent le temps de m'arrêter pour prendre
quelques photos. Le profil me semble relativement aisé (j'ai bien écrit
"relativement"). La montée à la Roche de Mio se fait bien sur en
marchant. Beaucoup de spectateur sont là pour nous encourager. Arrivé au
sommet (2700 d'altitude il me semble), nous redescendons au col de la
Chiaupe par un chemin en pente douce très agréable. J'en profite pour
bien m'hydrater, récupérer, et profiter du paysage.
Arrivé au ravitaillement de la Chiaupe, je refais le plein d'eau, mange
2 figues sèche, évite une collision avec le 2e qui termine sa descente
du glacier.
Le glacier est devant moi, y'a plus qu'à !!! Sur les conseils de la
Marmotte j'attaque très très doucement. De toute façon la pente devient
tellement raide qu'on à pas le choix. On passe de la rocaille à la
neige, je positive : c'est génial la neige fin juillet ! Ça devient
vraiment dur, l'ascension se fait de plus en plus lentement. Une
sensation que je ne connaissais pas : avoir du souffle et respirer
normalement alors que le rythme cardiaque s'emballe. Je n'ai pas de
cardio, mais souvent je prends le pouls pour essayer de ne pas trop
rentrer en zone rouge. Le sommet apparaît, et l'on entend les
encouragements du public : ça fait du bien. Le sommet est dans la neige,
c'est un peu dur, elle est molle et malgré les chaussures de trail on
glisse un peu. Je m'arrête pour boire un coup et aperçois l'altitude
marquée sur les télécabines : 3000m. Il reste donc encore 50 m ..une
bagatelle !!
Content d'être arrivé en haut, la descente va être dure, très dure même.
Entre rocaille glissante et neige où j'ai réussi à m'enfoncer jusqu'à
mi-cuisse, on se fait mal. On est obligé de forcer pour ne pas se
laisser entraîner par la descente, les muscles des cuisses sont bien
sollicités. On arrive à nouveau au col de la Chiaupe (2e passage au
ravito) ; je prends 2 barres maxim et de l'eau. Je grignote une barre
tout en amorçant la descente qui se fait sur un terrain plus souple
(terrain montagneux), mais très pentu ; ce qui sollicite encore les
muscles.
Nous arrivons bientôt au chalet du Carroley où nous attends notre
dernière grosse difficulté : la montée au col. C'est là que je connais
mon passage à vide : environ 40 bornes dans les jambes, environ 2500 m
de dénivelé positif ; ce col qui m'attend.. J'attaque très doucement,
j'essaie de positiver ; je pense à ma femme, qui je le sais est avec moi
par l'esprit ; mes enfants, que je serais heureux de voir ici pour
m'encourager comme ils savent si bien le faire. Je m'arrête, boit
beaucoup d'eau, prends une ou deux photos. Ça va mieux. C'est réparti.
Quel bonheur d'avoir la santé pour faire cela !! Le col du Caroley n'a
qu'a bien se tenir : j'arrive !!
Le sommet est là, Plagne Bellecôte en bas. La descente est terrible : le
paysage superbe, mais on se casse les pattes pour descendre une pente
"vertigineuse". A Bellecôte, il y a beaucoup de monde qui nous
encouragent. Le dernier ravito où je mange quelques morceaux de banane
fraîche.
Je sais qu'il ne reste plus que 11 km et environ 1400m de dénivelé
négatif. Je pense qu'en heure l'affaire sera bouclé ! Je me trompe : les
4-5 kms suivants descendent très peu, on remonte même légèrement
parfois. Je commence à me dire qu'un moment ou l'autre il va à nouveau y
avoir une descente fracassante. Je ne me trompe pas : après avoir
profité d'une descente sympathique dans un cadre superbe, il faut
"tomber" dans la vallée, là-bas tout en bas!!
Là c'est vraiment dur, je ne sais trop comment m'y prendre, mes jambes
me font souffrir, c'est trop raides, même en marchant çà fait mal.
J'opte finalement pour trottiner assez rapidement en faisant de tout
petits pas. Finalement, je commence à apercevoir au travers des arbres
le fond de la vallée. J'entends le son de la sono à l'arrivée. Ca y est,
ça se termine ; un peu de goudron (je savais plus que ça existait !) ;
et je rentre sur la zone d'arrivée, l'animateur annonce le Lapinos (
Oups, pardon mon nom !) , c'est marrant, ça fait plaisir. Je passe sous
la banderole en 6h36mn, heureux, avec le sourire.
Je me sens bien, je bois un coup, quelques étirements. Je me trempe un
peu dans le plan d'eau, et voilà ! Je vais me changer, découvre que mes
talons ont un peu souffert (le Compeed fera du bien).
Plus tard, je retrouve Mme T-Rex, on voit passer L'Feztnoz, puis le
T-Rex. Entre temps j'ai fais connaissance avec la Marmotte. Puis c'est
au tour du Bouf de nous rejoindre, alors qu'il était arrivé depuis un
bon moment (6h13mn il me semble). Et voilà cinq Z'animos heureux de se
retrouver, d'avoir atteints leurs objectifs, mais quand même bien
fatigué.
On ne s'éternise pas trop, il se fait tard, chacun doit retrouver les
siens, prendre la route. À une autre fois, peut être sur un coup encore
plus "dingue" que la 6000D !! On verra bien !
Bilan : superbe week end, content d'avoir rencontré une partie de la
ménagerie et d'avoir terminer cette épreuve superbe qu'est la 6000D.

Le Lapinos
Compte rendu du Festnoz
[Attention, c'est long. Et peut-être aussi chiant et pompeux. J'étais un gros 
naze en rédaction, incapable d'aligner plus de 20 mots. Même les résumés de 
texte étaient trop résumés. Et maintenant, je n'arrive plus à réduire. Je crois 
que je vais devenir un vieux gâteux qui embête tout le monde avec ses histoires 
à 0,24 euros qui durent des heures. Sans parler du fait que je radote... Bonne 
journée quand même.]

Dimanche avait lieu la 6000 D. J'en ai profité pour faire mon premier trail. 
C'était aussi l'occasion de rencontrer de nouveaux animaux. Je me suis donc 
rendu le samedi soir à La Plagne-Bellecôte avec ma liste de numéro de portable. 
Je retire mon dossard et part à la recherche d'une cabine téléphonique. A peine 
la recherche entamée, je croise le Dino accompagné de sa Dinette et nous nous 
reconnaissons instantanément. Nous nous étions déjà vus à Annecy mais je 
n'étais pas sûr de le reconnaître. "L'Festnoz !". C'est la première fois que 
j'entends oralement mon zani-nom, aussi j'ai failli prendre l'interjection pour 
une invitation à danser. 1/8ème de seconde plus tard, la surprise passée, 
j'étais sûr d'être en face du Jurassic Ménagerie Animol, le costume dégonflé et 
les pois verts tombés (il portait une polaire d'un orange Casimir).

Restait plus qu'à trouver Lapinos. Ce dernier avait laissé un message sur le 
portable du Dino, mais quand celui-ci a essayé de le rappeler, il est tombé sur 
un illustre inconnu du zoo. En fait Lapinos avait téléphoné depuis une cabine. 
J'imagine la tête du type qui décroche un téléphone à qui il n'a rien demandé 
et qui se fait traiter de Lapinos par un T-Rex !

Enfin on a le bon numéro, l'animal n'est pas loin dans la station, et nous nous 
retrouvons pour aller à la pasta-party. Repas sympathique, pâtes sauce Beaufort 
(j'enverrai en mail perso la recette à l'Papy pour une nouvelle tentative 
d'empoisonnement) et concert qui nous obligera à hacher notre conversation 
entre deux chansons afin d'être bien entendu.

Le repas terminé, on redescend sur Mâcot où se trouve la salle polyvalente qui 
accueille les SDF de la course. Après un dernier pot en terrasse, la famille 
Dino nous quitte pour Bourg Saint-Maurice et Lapinos et moi-même allons nous 
coucher.

Petite nuit, sommeil léger et porte qui grince, j'hésite à gueuler "Zo-oo" 
quand quelqu'un entre dans la salle. Je me suis rendu compte de l'arrivée du 
Boeuf sans savoir à ce moment que j'étais en présence de l'animal.

Dimanche matin vers 5h45, le Lapinos se lève et j'en fait de même. Ca doit 
faire un petit moment qu'on ne dort plus et il est inutile d'attendre la 
sonnerie du réveil. Il a l'idée de faire sonner le téléphone du Boeuf, ce qui 
nous permettra d'apprécier une vision de celui-ci, la tête dans le gaz, dans la 
pénombre de la salle. Brrr !

On avale vite fait un petit café à Aime avant de se rendre au plan d'eau qui 
fait office de départ et d'arrivée. Nous y retrouvons l'Dino. L'ambiance est 
bonne et on discute avec des types qui ont fait la Fortiche la semaine 
précédente. L'heure du départ approche et il est trop tard pour repérer un t-
shirt Obélix parmi les concurrents. Tant pis, on essaiera de retrouver le Boeuf 
à l'arrivée.

La course ? Ah oui la course. J'avais presque oublié que c'était la principale 
activité du week-end. La rencontre des animaux est importante aussi alors, 
permettez, je prends mon temps. PAN ! Ah ben c'est parti !

On commence par une petite descente sur la piste cyclable, histoire de mettre 
les jambes en route. Tout le monde papote et rigole. Pas de stress, je prends 
pour ma part la course comme une grosse rando. Je m'arrête en même temps que Le 
Lapinos pour la 28 ou 29ème vidange de la matinée et on repart en dernière 
position. T-Rex s'est laissé glisser en queue de peloton afin de nous attendre.

Au bout de quelques km, on commence à monter. D'abord en empruntant un bout de 
la route qui va d'Aime à Macôt, puis dans un chemin en sous bois. Tout le monde 
à la queue leu leu et plus personne ne court. J'adopte un rythme tranquille en 
doublant de temps en temps quand j'en ai l'occasion. Les deux autres animaux 
font de même derrière et on est plus ou moins éloigné les uns des autres en 
fonction de la difficulté qu'on peut avoir à doubler. Le chemin s'élargit et je 
vois revenir à ma hauteur le Lapinos. Il a une bonne allure, je ne le reverrai 
qu'une fois la ligne passée (c'est pas une surprise vu que lui, c'est pas un 
gros poussif. Allez voir sa fiche sur le who's who). On passe un premier point 
d'eau qui n'était pas indiqué sur la carte. Juste après celui-ci, il fallait 
penser à lever la tête pour apprécier la vue sur la vallée et le Mont-Blanc. 
Magnifique !

De petites portions plates ou légèrement montantes permettent de relancer un 
peu en courant. Mais la plupart du temps, c'est la marche qui domine avec de 
courts passages vraiment très raides jusqu'au premier sommet, Aime 2000. De 
nombreux spectateurs nous encouragent à cet endroit, je suis toujours avec 
l'Dino et on se fait gentiment traiter de pipelettes par une spectatrice. Faut 
dire que l'animal a toujours quelque chose à dire.

On descend maintenant vers la Plagne Centre où nous attend le premier 
ravitaillement. Petite bavette avec les organisateurs, quelques étirements, on 
a tout le temps. Il fait beau, le paysage est magnifique, on est depuis un 
petit bout de temps dans les alpages. Et c'est reparti. Prochaine étape la 
Roche de Mio.

La montée se fait par un chemin carrossable. La végétation est de plus en plus 
rare. Belle vue sur le lac des blanchets, c'est en marchant qu'on franchit le 
sommet avec, encore une, fois de sympathiques spectateurs qui nous encouragent.

Il faut maintenant redescendre vers le col de la Chiaupe, point du deuxième 
ravitaillement. Je relance moins vite que le Dino et me fait alors distancer. 
Arrivée au ravitaillement, comme tout au long de la course, je prends mon 
temps. J'essaie d'assouplir les muscles, je remplis la poche à eau de Maxim et 
discute avec les concurrents et organisateurs en buvant et mangeant quelques 
morceaux de bananes.

Ce ravitaillement est le point de rencontre entre ceux qui montent et ceux qui 
descendent du glacier. Je ne sais pas ce que les premiers ont vu là haut (le 
yeti ?) mais vu la vitesse à laquelle ils descendent et le peu de temps qu'ils 
prennent pour se restaurer, ça doit faire peur.

On nous annonce l'approche de la première féminine et j'ai la chance de voir 
débouler Corinne Favre qui arrive en criant : "Du Maxim !", et dégainant dans 
le même temps son bidon. Le récipient à peine rempli, elle repart à fond dans 
un style que je ne qualifierais pas de léger mais efficace.

Bon, ce n'est pas tout ça mais il va falloir penser à grimper jusqu'au glacier. 
Je cherche des yeux le Dino mais ne le vois pas, arrivé avant moi au 
ravitaillement, il est aussi repartit plus vite.

La montée vers le glacier commence par une partie commune avec la descente. On 
découvre également les premiers passages de névés. Puis vient la montée finale 
vers le point culminant de la course. Un vrai mur de cailloux et petit gravier. 
Le rythme baisse considérablement. Déjà qu'il n'était pas élevé ! Là, c'est 
vraiment dur. Pour la première fois depuis le début, j'ai vraiment beaucoup de 
mal. Le coeur bat très vite et comme souvent quand ça monte, je regarde mes 
pieds. J'ai largement le temps de voir mes pieds passer l'un devant l'autre. Je 
positive alors en me disant que ce n'est pas si dur et réduit mes pensées au 
seul fait de mettre mon pied arrière devant l'autre, puis de recommencer. Je 
crois avoir trouvé le mouvement perpétuel. Ca marche et je m'approche du sommet 
où on entend des spectateurs qui ne se lassent pas de soutenir les coureurs, 
c'est vraiment sympa.

Ca y est, je marche dans la neige, signe que je suis sorti de ce mur. Une chose 
m'inquiète : je n'ai plus envie d'avaler quoi que ce soit, j'ai un peu mal au 
coeur et peur de vomir en tentant de boire. Jusque là, je me suis bien hydraté 
et je me dis qu'il est important de continuer à boire vu que l'arrivée est 
encore loin et qu'il doit faire chaud en bas. En fait, je me rends compte que 
les gens autour de moi se plaignent de même douleurs au ventre avec en plus, 
pour certains, des maux de tête. Apparemment, tout devrait rentrer dans l'ordre 
après avoir descendu quelques centaines de mètres de dénivelé.

Je suis donc sur le glacier, il y a un point d'eau et j'ai la joie d'entendre 
une voie féminine crier "Allez l'Festnoz !". Pas question de sortir le biniou 
et de s'envoyer un coup de chouchen, je n'essaie même pas d'accrocher mes 
voisins par les petits doigts pour entamer une danse autour des tables. Il 
s'agit en fait de madame T-Rex accompagnée de son aînée, Clara. J'apprécie les 
encouragements. Elle m'apprend que l'animal de sa vie est passé il y a environ 
5 minutes et qu'il est reparti après avoir dégusté un petit thé chaud. Pour ma 
part, je me force à avaler une gorgée d'eau, l'heure de l'apéro est passé mais 
ce n'est pas pour autant "thea time".

Une dernière bossinette à passer et on entame la descente. En général, j'adore 
les descentes, mais là, vu les efforts fournis, je me suis mentalement préparé 
à ne pas prendre autant mon pied que d'habitude. En fait ça ne se passe pas si 
mal.

Les organisateurs ont choisi de nous faire passer droit dans la pente et dans 
la neige histoire de durcir la course. Pas facile de trouver la bonne 
technique. Je commence par m'écrouler sur les fesses et je glisse un bon 
moment, content d'avoir enfilé un cuissard. J'ai encore une fois une pensée 
pour des otaries bourrées à la bière devant le spectacle de ces coureurs 
cherchant la meilleure méthode pour descendre sans tomber, et surtout, sans se 
faire mal. Dur de courir. Je recommence à glisser. Je heurte un type qui se 
retrouve à plat ventre la tête en haut. J'ai le temps de descendre encore avant 
qu'il ne se mette à glisser et prendre de la vitesse. Il n'arrive plus à 
s'arrêter et est bien content quand je le rattrape par le bras. Je le reverrai 
après l'arrivée, montrant à sa femme ses brûlures aux bras. Il sera alors 
heureux de pouvoir me remercier une fois de plus et je lui rappellerai ce qu'il 
a oublié, à savoir que c'est aussi moi qui l'ai foutu par terre.

Deux ou trois chutes plus loin, je pense avoir compris la technique. J'essaie 
de courir en levant bien les jambes et en faisant ma propre trace dans la 
neige. J'arrive enfin à m'extirper de la neige et continue plus sereinement la 
descente. Je rencontre un coureur qui monte. Le passage sur le glacier se fait 
par une boucle et le type tourne dans le mauvais sens. Je me rendrai compte que 
trop tard, comme tous les gens qui descendent avec moi, qu'il s'est trompé de 
chemin. Dommage pour lui !

"Allez L'Festnoz !" C'est encore madame Dinette qui est redescendu au col de la 
Chiaupe pour nous encourager. Ca fait vraiment plaisir. Enfin on arrive à 
nouveaux au ravitaillement du col de la Chiaupe où je resterai encore plus 
longtemps que d'habitude à me restaurer et discuter joyeusement avec les 
organisateurs et les coureurs. Banane, pain d'épices, eau, Maxim. Il faudra le 
passage d'une belle concurrente pour décider la demi-douzaine de coureurs 
présents à lever le camp.

J'attaque alors le passage que j'aurai préféré. Ca descend mais ce n'est pas 
trop pentu. Le chemin est large mais nous le quittons rapidement pour un beau 
petit sentier. Nous sommes dans les alpages, un torrent coule dans le fond de 
la combe et surtout, il n'y a aucun bâtiment et aucune installation de remontée 
mécanique. Je jubile et fait une bonne descente. Les coureurs sont assez 
espacés et j'en rattrape un de temps en temps pour le doubler et me retrouver à 
nouveau seul dans ce coin paradisiaque.

Ca remonte un petit peu. Un regroupement s'effectue avec d'autres concurrents 
et j'aperçois le Dino. J'ai à peine le temps de le rattraper pour lui signaler 
ma présence que le changement de type d'effort me rappellera que j'ai des 
muscles qui s'appellent des aducteurs. L'un d'eux me fait savoir qu'il n'est 
pas content, j'ai une crampe. Je m'arrête, j'étire le rebelle comme je peux et 
arrive difficilement à enlever le mal. Heureusement, je n'aurai plus ce type de 
désagrément jusqu'à l'arrivée.

Je peux alors reprendre ma course et rattraper le Dino qui n'a pas l'air en 
trop grande forme. Il m'avouera avoir bu du thé sur le glacier qui lui reste 
sur l'estomac. On fait un bout de chemin ensemble, jusqu'au prochain point 
d'eau qui se trouve au pied de la dernière difficulté : la montée jusqu'au col 
du Carroley.

Chacun prend son rythme pépère. L'Dino ne peut pas suivre, il monte un peu plus 
lentement que moi en attendant d'aller un peu mieux. De plus en plus de 
coureurs se plaignent de la difficulté de l'épreuve. J'essaie de dire a l'un 
d'eux qu'on a de la chance d'être là. J'arrive encore à positiver, ce qui ne 
m'empêche pas d'être fatigué. Je ne sais pas combien de temps il me faudra pour 
monter. Je ne me suis jamais soucié du chrono à partir du moment où j'étais sûr 
de rentrer dans les temps. A chaque grimpé, j'ai attendu tranquillement 
d'arriver au sommet, sans trouver le temps long. Je n'ai jamais eu de 
lassitude, seulement de la fatigue.

J'arrive au col du Carroley. D'après ce qu'on me dit, il ne me reste plus que 
de la descente. J'attends un peu avant de relancer la machine, je cours un peu 
et m'arrête au bout d'une centaine de mètres pour m'assouplir. Je me sens alors 
prêt à profiter au maximum de la descente. Celle-ci se passe très bien, je la 
trouve très agréable jusqu'au dernier ravitaillement solide qui se trouve à la 
Plagne-Bellecôte. Avant d'arriver dans la station, il faut descendre un petit 
raidillon, parsemé de quelques spectateurs. Je me fais un plaisir de le dévaler.

"Allez L'Festnoz !". J'apprécie de plus en plus d'entendre mon zani-nom. C'est 
encore une fois madame T-Rex que je remercie pour tous ces encouragements. Avec 
le départ et l'arrivée, elle aura pu nous voir 5 fois. J'hésite à lui dire que 
l'Dino va très mal, il vomit ses tripes mais j'ai peur qu'elle n'apprécie pas 
la blague.

Dernier ravitaillement. Je fais un arrêt rapide. On nous répète encore une fois 
qu'il ne reste plus que de la descente. 11 km à peu près. Je repars, d'abord 
sur une petite portion de bitume puis un large chemin. Et là, comme tout le 
monde, je me demande où est cette chcrumbleudieu de descente. Ca descend 
légèrement, c'est plat, et encore une petite montée. J'arrive de moins en moins 
à relancer et je marche de plus en plus, même quand c'est plat.

Je commence maintenant à trouver le temps long. Enfin la vraie descente est là. 
Après un ultime point d'eau, il ne nous reste "plus que" 5 km, droit dans la 
pente. Ca parait encore loin quand on devine le fond de la vallée. Chaque 
organisateur croisé nous donne une approximation de l'arrivée qui n'a rien à 
voir avec ce que nous a dit le précédent. Je n'en peux plus, j'en ai vraiment 
marre de cette descente. Le plaisir n'est plus là, j'ai mal aux jambes, je 
marche mais ça ne va pas beaucoup mieux.

Je me rappelle ce que m'avait dit le Papy quand j'écrivais pour le marathon 
d'Annecy que je ne pouvais plus accélérer sur la fin : "Tu n'as pas senti la 
ménagerie te croquer les mollets ?". Je relance avec cette idée en tête mais 
n'arrive pas à tenir. Tant pis, l'arrivée n'est plus très loin.

Enfin, on sort de ce chemin. Quelques centaines de mètres sur une portion de 
bitume, on entend les haut-parleurs. Je me remets à trottiner et la machine 
repart tranquillement jusqu'à l'arrivée. "Allez L'Festnoz !", ben oui, j'y ai 
encore le droit. Dernière ligne droite et je passe la ligne en 7h35. Heureux de 
l'avoir fait et d'en avoir terminé. Ces 5 derniers km sont vite oubliés et j'ai 
hâte de me refaire une telle course. Il fait chaud mais c'est qu'une fois la 
ligne franchie que je m'en rend compte.

J'assiste à l'arrivée du Dino. Il franchit la ligne en compagnie de sa femme, 
qui porte la petite dernière, et de Clara, son aînée, qui pique un sprint 
terrible, il ne peut pas suivre. Cette scène me rappelle une histoire sur 
l'arrivée d'Embrun, sauf que l'Dino ne s'écroule pas le nez par terre. C'est un 
peu dommage, on en aurait encore parlé dans 10 ans.

Lapinos est là, tout frais et en forme, malgré quelques douleurs aux pieds. La 
Marmotte nous a rejoint et nous retrouverons plus tard le Boeuf. Dommage qu'on 
n'ait pas pu rencontrer plus tôt ce dernier.

J'aurais bien voulu dire du mal de ces animaux, histoire de ne pas écrire ce 
que j'ai l'habitude de lire sur cette liste. Mais vu que j'ai trouvé ces 
rencontres vraiment sympas... même si Lapinos n'est pas un gros poussif, la 
Marmotte est petite, L'Dino court moins vite que sa fille et que L'Boeuf n'est 
pas venu à la pasta-party.

Bon, j'arrête. Faut que je me force parce que je serais encore capable d'en 
rajouter. Notamment sur ces gros porcs qui laissent traîner leurs déchêts.

Bonne journée,

L'Festnoz
Compte rendu du boeuf
coucou,

juste avant de partir en vacances (le 1er août), ça me démangeait
de faire une petite course. la dernière remonte au raid altitude,
le 30/6 et 1/7. et puis la marmotte, en vélo. depuis, plus rien.
bon, j'ai qd même tenu 1 mois sans courir (quasi) pour essayer de
récupérer mes genoux. c'est déjà bien. j'aurais peut être du choisir
autre chose que la 6000D pour m'y remettre, mais on a bien regardé,
y'avait rien d'autre dans la région ce WE là!


1) prépa 1
==========
la préparation est surtout mentale ;-)
j'essaie de me faire rentrer l'idée dans la tête que, après tout,
un abandon c'est pas si grave. ce serait bête de gâcher 2 semaines
de rando en corse, à partir de jeudi, pour une petite course comme
ça... ;-)
malgré tous les conseils, je n'ai pas l'occasion de me baffrer de
pâtes avant le WE. j'ai eu une semaine très dure, avec des tas de
choses à boucler avant les vacances. qques sorties mal placées, et
peu de sommeil. aie.
samedi je conduis 400 bornes, en m'arrêtant en 4ème vitesse sur la
route pour enfiler une assiette de pâtes.
je récupère mes copains (fred et céline) qui doivent s'essayer au
trail: il n'ont jamais couru la moindre course en montagne. faut
bien commencer ;-)
pour ceux qui suivent, ils ont fait partie de mon équipe au raid
INPG en avril dernier.
on arrive à la salle polyvalente vers 11h15. tiens j'ai oublié mon
duvet? et hop dodo. j'espère qu'on n'a pas réveillé les zanimos qui
trainent par là...

2) prépa 2
==========
mon tél, qui fait office de réveil, me tire d'un sommeil inégal à
5h58. tiens, je l'avais réglé à 6H??? 2 types s'approchent de moi,
me traitent de boeuf. je suis tout embrumé, je comprend rien à
ce qui se passe... il s'agissait du festnoz et du lapinos, qui
voulaient me repérer parmi les qques dormeurs de la salle...
présentation rapide, on se reverra.
on a un peu de mal à trouver le départ. faut dire qu'on n'utilise pas
le plan fourni...
on se pointe au retrait des dossard à 6h45. un peu à la bourre...
je me tâte encore pour savoir comment m'équiper.
je regarde les gens passer. aucun d'entre eux ne part les mains
vides. il va faire chaud. à cause de mes petits souçis de genoux,
mollets, etc, il me faut bcp boire. non, ce n'est pas raisonnable.
je me décide pour le sac&camel bak, 1,5l d'isostar-maxim. 2 barres
énergétiques et des fruits secs en cas de défaillance. mon tél, pour
jouer à "devine d'où je t'appelle" ;-). le topo de la course.
je me tartine de crême solaire, de nifluril sur les genoux.
mais j'oublie l'essentiel : de la crême anti-échaufemments entre
les cuisses... et je vais le regretter.
fringues : chaussures trail adidas, short léger, tee shirt en fibre
trucmuche, préféré en dernière minute à mon tee shirt obélix.
et j'oublie encore un détail vital : la casquette!!!

3) départ
=========
7h50, on se dirige vers le départ. fred croise un collègue à lui, qui
"l'a déjà faite" et vise 8h. nous n'avons pas tellement de points de
repères. je sais que le "MOP" (c'est ça?) fait 7h. habituellement, je
suis dans le 1er 1/5ème en càp. mais comme l'épreuve est
particulièrement
dure et la population probablement très différente de celle des semi
ou autres petites courses de montagne, je vise plutôt le MOP.
en plus de ça, la marmotte me refroidi en corrélant ses 2h43 sur
marathon et 6h55 à la 6000D.
sinon, j'aimerai bien courir avec fred, qui m'avait semblé très fort
pdt le raid INPG. style, il poussait céline en VTT, et on avait du
mal à le suivre...
8h presque pile, top départ.
je me bat avec ma dernière acquisition, un gadget qui fait boussole,
cardio, alti, toussa, le café et l'addition. ah ça y est, il va
enregistrer mn par mn l'altitude et le cardio.

suite au prochain numéro, y'en a qui bossent ;-)
taka faire plus court. ouimé euuuuuh...

4) beuh c'est tout plat
=======================
on commence tranquillou, je courre avec fred. ça descend, y'a
du monde, et comme on est arrivé un peu à la bourre au départ,
on n'est pas dans les 1ers.
on double des gens petit à petit.
j'ai un peu de mal à suivre fred. ça veut donc dire que je ne
suis pas parti cool, comme prévu...
damned! je me rends compte que j'ai oublié de me tartiner
l'entrecuisse de nok!! aie aie aie!

5) ah non, finalement...
========================
juste avant la montée, je doit m'arrêter pour refaire mon lacet.
doubles noeuds.
je perds fred de vue. je compte bien le rattraper plus tard.
je passe la 1ère heure à l'agonie. je sais pas ce qui se passe,
y'a plus de jus. je force comme un âne, et je me fais doubler
par plein de monde. y compris hervé, qui est parti pour 8h.
gasp.
environ 7,5 kms et 800m de D+, cardio moy 169
à cet instant précis, j'ai du mal à imaginer comment je vais
tenir le coup! non seulement je pars trop vite niveau physique,
mais en plus je galère.
j'ai mal dans le bas du dos, mes mollets se rappellent à moi,
je dois marcher sur la pointe des pieds le plus souvent. je me
sers bcp de mes mains pour pousser sur les cuisses.
j'attribue cette méforme à la mauvaise semaine que je viens de
passer, à la bourre en permanence...

6) tel le phoenix
=================
et puis, peu avant aime 2000, je ne sais pas ce qui se passe,
la machine repart, toute seule. je ne galère plus. je suis bien.
je m'éclate. je repasse hervé peu avant aime 2000.
je double régulièrement des coureurs.
1er sommet à 9h45
2110m (alti 2060m), 11,16 kms et 1450m D+ en 1h45
cardio à 167 de moy sur cette portion.
ravito à 9h52
contrairement au début de course, je ne suis plus à 2 doigts
de vomir. je mange 1 barre, des fruits sec, 2 gobelets de maxim.
et de l'eau.
et ça repart. je remets ma genouillère dans les petites descentes,
je la laisse tomber sur la cheville qd ça monte (elle me coupe un
peu la circulation).
on est sorti des sous-bois, le paysage est splendide! je ne serais
pas venu pour rien...

7) ça grimpe
============
après cette petite descente qui a bien dégourdi les jambes, de
nouveau ça grimpe avec une bonne pente. j'arrive sans encombre au
lac des blanchets à 10h24.
2h24 de course, 1900m D+, 18kms.
cardio à 166 de moy sur la dernière portion, tout va bien.
le douleurs au dos, aux mollets sont oubliées.
le genoux fait un peu mal, mais c'est stationnaire.
qques mns après le lac, mon tél sonne. je l'avais surtout pris
pour repérer les zanimos au départ (échec), et pour jouer à
"devine d'où je t'appelle". ce coup de fil imprévu me ragaillardit.
bon, le moral était au top, mais j'étais qd même un peu au taquet,
ce qui fait que j'ai pas du être très clair au tél. d'ailleurs, je
ne me souviens plus de l'identité de mon supporter, honte à moi!
j'entendais assez mal, j'ai pas fait répeter... alors, qui?

8) Roche de mio
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belle grimpette. on évite de penser à ce qui nous attend après...
10h48 et ben y'a du monde pour nous encourager au sommet!
(public fantastique tout le long de cette course)
2h48, 2700m, 2170m D+ et 21,3 kms.
7,6kms/h et 775mD+/h, cardio à 168 sur cette portion.
tout va bien, mais je commence qd même à perdre ma lucidité.
la preuve : je ne suis même pas capable de sortir le topo
pour essayer de voir combien de tps je peux mettre. je n'ai
aucune idée de ma position, et je m'en contrefous. pas de PDT
comme ça. je profite de la course, du paysage...
ah si, un objectif qd même. depuis un moment, je double des
dizaines de coureurs, reconnaissant des dossard, des vêtements
qui m'ont dépassé tt à l'heure. je sais que je me rapproche de
fred... à moins qu'il n'ait accéléré?

9) Descente
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puis on se tape une petite descente jusqu'au 2ème ravito solide.
je commence à souffrir dans les descentes, à raidir la jambe droite.
pas cool.
11h02, j'arrive au ravito du col de la chiaupe à 2492m
3h02, 24,3 kms, cardio à 159 sur la dernière portion. je gère.
je prends tt mon tps, je mange 1 ou 2 barres. ça doit être à ce
moement que je recharge mon camel bak avec 1l de maxim.
je jette un oeil à ce qui m'attend. ça m'excite... je jubile...

un rapide petit calcul que je n'ai pas été capable de faire à ce
moment là : si je continue avec cette moy, je vais passer sous
les 7h... sauf défaillance, je vais sans doute aller plus vite
dans la descente.

10) LE glacier
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je réfléchit pas à ce qui m'attend. de tte manière, je suis au
taquet depuis un moment. je plane...
je commence l'ascension assez vite, mais moins que les gars que
je croise sur la partie commune (montée et descente), dont le
dossard 2, jacquerod, environ 300m après le ravito (ce qui signifie
que je dois être juste devant Lapinos!)
ces gars là, ils volent dans les pierriers, c'est impressionant!!!
je monte tjs assez vite, doublant régulièrement des coureurs.
et soudain, au détour d'un rocher, j'aperçois fred et son petit
short rouge. youpi!
je le double peu après et continue à mon rythme.
on commence à croiser des névés. c'est bô par ici. mais la neige,
c'est pas pratique.
je double un type assis par terre. je lui demande s'il est blessé.
"non non, plein le cul..." ah? ;-)
reste un monstrueux mur avant le glacier, qui nous surplombe.
y'a une trace pile dans la pente. je suis d'humeur joyeuse, même
si je ne suis pas capable d'additionner 2+2... et je m'y engage.
on est qques uns à faire ça. ceux qui continue sur la piste de
ski jugent que ce mur va nous casser les pattes...

c'est vrai que je rame. je dois me servir des mains, sinon je n'arrive
pas à garder mon équilibre. curieuse sensation, d'être tout faiblard
et de ne même pas tenir sur ses pieds...
j'ai vraiment du mal, mais j'essaie de ne pas m'arrêter.
et je débouche sur le glacier à 11h39
je me sens ridicule, parmi tous ces gens qui m'applaudissent, je
n'arrive pas à tenir debout sur la neige, je titube...
3h39, 28,3 kms, cardio à 163 sur la dernière portion.
2680m D+, le plus dur de la montée est passé!
si on m'avait dit à ce moment qu'il me restait 27kms à parcourir,
je me serais probablement couché dans l'herbe...

ravito, boire, bcp, manger, encore.
10'plus tard je passe au point culminant. 2727m D+


11) et on redescend
===================
je suis survolté dans la descente vers le col de la chiaupe. un peu
trop même, je me ramasse sur la fesse droite, ouille. petit
avertissement sans frais.
la descente dans la neige est délicate. sur les fesses, ça fait mal,
si seulement j'avais mon collant... et debout, c'est difficile de
garder son équilibre avec les cuisses qui coincent un peu.

peu avant le col, je croise céline, qui a l'air de ramer un peu. mais
ça va, c'est fort ce qu'elle est en train de faire...

12h07 au col. 5 kms en 19', record battu ;-)
34 kms de faits. 8.5 de moy. cardio à 162.
je commence à refaire surface. je réalise que je ne dois pas être
loin des 6h, en bourrant un peu. je demande ma position : 103. oula.
ça me remotive à bloc! mon objectif est désormais de rentrer dans les
100. c'est faisable, si les jambes ne lâchent pas dans la descente.

la descente est technique, c'est dangereux, il ne faut pas relâcher
son attention 1 seule seconde. dommage pour le paysage... que je
regarde de tps en tps, mais pas assez.

12) dernière "difficulté"
=========================
12h22 : je suis à 2000m, au dérochoir.
encore 340m de D+. je galère dans cette montée. je double qques
concurrents. j'essaie d'en garder un peu pour la descente, qui me
fait peur. je compte : 103, 102, 101... et je rentre dans les 100
avant le sommet. cette dernière petite côte aura été très dure.
12h57 au col du carroley.
cardio à 164 sur la dernière portion.
4h57, je boucle un marathon, 42,180kms et 3067m de D+
il me reste 12,8 kms, en 1h c'est faisable non?
je prends qd même le tps de boire et manger, je me retourne pour
admirer le paysage : splendide!! alpages et montagnes enneigées...
et zou. allez on bourre!!!

13) longuuuuuuue descente
=========================
je descend vite. mais c'est dur. je double, me fait doubler. petit
passage à vide. je suis parti trop vite dans la descente, qui est
très raide.
la plagne, 1940m, 13h11. 44,4 kms.
je marche 100m pour récupérer un peu.
puis ça redescend. je rame un peu, j'ai mal aux muscles des cuisses.
je perds du terrain.
gasp, on nous a menti. il y a plein de petites côtes. c'est pas du
tout une descente! comment je tiens ma moy moi dans ces conditions
là???
la 6000D fait plus de 6000m de D!! si si!!
à 13h28, je passe la dernière bosse. enfin. 1840m  à l'alti.
au lieu dit "les frasses" je crois. il reste 7,3 kms.
la motivation est tjs là. heureusement.
je me force à ne pas marcher. je me force à courir, plus vite.
même si j'ai l'impression de ne pas vraiment pouvoir contrôler
mes enjambées. la descente est très raide, j'ai l'impression de
jouer avec le point de rupture au dela duquel je ne pourrait plus
retenir mes pas.
ok, j'ai mal aux cuisses, mais curieusement ça ne fait pas bien 
plus mal en accélérant...
je double des coureurs qui sont au ralenti. c'est dur pour tout
le monde ici. je ne connais plus du tout ma position...

ah, de la route? tiens ça descend moins. on entend la sono de
l'arrivée. youpi. un petit détour pour passer la ligne de chemin
de fer. ah la la, comme ils sont faciles ces derniers mètres!

je pousse une accélération sur tout le dernier km, j'ai l'impression
qu'il y en a un qui me rattrape ;-)

et je passe la ligne en 6h12'04, on se prend un peu pour une star,
avec tout le public, le speaker qui m'encourage par mon nom...

43' pour les 7,3 derniers kms. à peine du 10 km/h...
cardio à 164 de moy sur la course (FCM 190)

14) récup
=========
en plus il fait beau, chaud. un peu trop sans doute.
je me dirige droit vers l'ombre, récupère.
je bois, mange, tout va bien. je quitte ces affreuses chaussures.
ah, y'a qques ampoules qd même.
le genou va bien. ça fait mal, mais ça va.
je mets un bon 1/4 d'h pour tomber sous les 100bpm.
je fais trempette pour me rafraichir.

puis j'entame ma tournée des soins : récup électro-machin (c'est
rigolo...), kinés (oh oui c'est trop bon. j'ai l'impression
d'avoir des jambes neuves!!!), osthéo (le dos bloqué), podologue,
qui me soigne mes ampoules (mais monsieur, ils sont où vos orteils?
ben ça fait lgtps, ils sont presque tous partis...), kiné encore
pour me cataplasmer le genou de nifluril.

j'ai l'impression d'être tout neuf! je déambule vers l'arrvée. c'est
vraiment top, il fait beau, y'a un point d'eau, plein de gens...
je termine 89ème, sur presque 600 inscrits.
fred arrive en 6h49. il en a bien bavé sur la fin, surtout dans la
descente.
et céline, en 8h05, ça m'impressionne. en plus elle n'a pas réussi
à avaler gd chose de la journée, elle avait la gerbe. tout ça sans
entrainement spécifique, juste des randos le WE!!!
on se sent un peu décalé, pami tous ces gens qui parlent de grand raid,
d'entrainement quotidien, de fortich'...
un marathonien termine avec fred, il vaut 2h40!!!
pas gd chose à voir donc, le trail et le marathon...

15) zanimos
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je retrouve mon sac, tiens un message sur le portable. c'est la
marmotte, ils sont en train de larver par là bas.
je vais papoter avec eux un moment, vautrés à l'ombre.
je (re)fais connaissance de Lapinos et Festnoz, de la Marmotte,
de T-Rex accompagné par sa petite famille.
échange d'impressions, c'est sympa de voir les têtes. j'aurais bien
aimé être à la pasta party, pour faire davantage connaissance.


16) récup (2)
=============
peu après l'arrivée du dernier (vers 18h), quelle ovation!!!, nous
quittons la 6000D : je reviendrai, c'est clair!
dodo à 11h, presque 10h de sommeil!
j'ai un peu de mal à descendre les escaliers, mais le genou est quasi
retourné à l'état d'avant-course.
entre les cuisses, c'est une boucherie. je n'ai quasi rien senti
pendant la course, mais aujourd'hui ça me gène pour marcher...
jeudi matin je pars pour le GR20, espérons que ça passe vite...

conclusion : et comme à chaque fois que je tente un truc un peu
risqué ou dans de mauvaises conditions, avec un peu d'appréhension,
je suis ravi, je m'éclate, c'est trop bon ;-)
la 6000D, c'est trop bon. mangez-en.

L'Boeuf

PS : ouf!
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