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La Seine du pied au cap |
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Ô joie!! Je me lève sans douleurs ni courbatures, ou presque. Je vais à la boulangerie chercher du pain et
des croissants. Reviens au camping pour déjeuner avant de plier la tente et de partir. L'étape du jour peut se résumer
de la façon suivante: 10 kilomètres de montagnes russes le long de la Seine, un coup en bas (10 mètres) un coup
en haut (130 mètres), puis 10 kilomètres tout plat sur le plateau et enfin 10 kilomètres de montagnes russes
à nouveau, après je fais comme je veux. |
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J'avais déjà fait cette partie du GR il y a quelques années et je me rappelle bien le principe du parcours,
aussi je l'appréhende un peu. Mais cela commence bien le temps est ensoleillé, tout va bien. Et voilà la première
montée est faîte, la vue est superbe. Tiens ça redescend, tiens sa remonte. Tout va bien, sauf après
le hameau du Thuit où le chemin est très beau au sol, mais avec des branches en travers qui oblige à de nombreuses
contorsions pour passer : mon sac à dos en garde des traces vertes. C'est peut-être pénible mais le paysage est de
toute beauté. |
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Par contre, passé le hameau de la Roque, commence la partie la plus pénible : 9 kilomètres de plat,
seulement sur de grandes lignes droites. L'enfer. Enfin cela nous mène à Herqueville, sa petite mairie, son
grand château et ses panneaux indicateurs.
L'étape suivante est Connelles à 1 kilomètre d'après le topo-guide (en longeant la départementale),
à 2 kilomètres d'après la borne kilométrique et à 1,5 d'après un panneau indicateur du GR. Dans tous les
cas le chemin descend vers Connelles où je fais le plein d'eau au cimetière et mange à la mairie.
Comme hier et avant hier, j'ai fait ma vingtaine de kilomètres dans la matinée. |
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Une fois restauré, je reprend mon sac à dos et remonte sur le plateau, là encore il n'y a pas grand chose
à voir. Mais recommence vite le manége haut / bas. Avec à nouveau de belle vue sur la Seine. Au loin je distingue
les communes de la banlieue d'Elfbeuf, bof ! |
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Après Amfreville-sous-les-Monts, le chemin remonte pour se diriger vers la côte des deux amants.
Le nom est engageant
et je m'y rends d'un pas alerte. Je m'apprête à un carrefour à prendre à gauche, lorsqu'un couple de vttistes me
demande le chemin pour ladite côte. Je leur donne la direction donnée par le GR. Ils en viennent et me disent que ce
n'est pas par là. Consultation de la carte. Horreurs, enfer et damnation, Le GR me faisait descendre directement
sur la Seine en évitant le sommet de cette côte. Les vttistes puis moi arrivons à ce sommet par le chemin de droite.
IL aurait été dommage de ne pas profiter de ce superbe point de vue sur les écluses de Poses et le méandre
de la Seine. Je ne comprend pas pourquoi le GR passe juste à côté de ce point de vue en l'ignorant.
La côte des deux amants, voilà un nom qui fait rêver. On subodore la belle histoire derrière et de ce pas je
m'en vais vous la compter, ou plutôt vous la recopier comme écrite dans le topoguide : |
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"Le baron Rulphe, seigneur de Pitres, dominait la région, et ne voulait pas se séparer de
sa fille Caliste.
Mais Raoul, fils d'un comte, était très épris de Caliste et son sentiment était partagé. Un jour, dans la forêt
voisine, il survint au moment où la belle fille était attaquée par une "bête sauvage" et lui sauva la vie.
Caliste, bouleversée, lui promit sa main et dit sa volonté à son père. Celui-ci se cabra, puis devant la
volonté de sa fille qu'il aimait tant, il mit une condition à l'union : que Raoul porte Caliste dans ses bras
jusqu'en haut de la côte (45°!). Raoul n'hésita pas à relever le défi, mais parvenu en haut après un effort
considérable, s'écroule, mort. A cette vue, la jeune fille expire à ses côtés. Le baron Rulphe, saisi d'un
immense remords, fait construire à cet endroit une chapelle." |
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Beaucoup plus prosaïquement, je prend une photo et descend vers les écluses. Les dernières à barrer le cours de
la Seine avant la Manche.
Après les avoir longées, je traverse l'Andelle, petit affluent de la Seine et prend le chemin de hallage.
Rapidement, ma progression est très fortement ralentie par les ronces sur le chemin. Celui-ci n'a pas du être
utilisé depuis de nombreuses années, même armé d'un bâton je n'arrive pas à avancer. Je fini par entrer dans
le champ de maïs voisin pour continuer à progresser.
Je débouche afin aux premières maisons de Le Manoir, plus de balisage. De toutes façons, je dois d'abord
trouver un distributeur d'argent. Je fini par trouver la poste "fermée tous les après midis" et indiqué
sur la porte. Gloups!!! Je ne peux pas m'acheter de quoi manger ce soir. Je trouve quelqu'un pour me
remplir ma poche à eau et m'indiquer le prochain endroit où l'on peut retirer de l'argent. C'est Alizay.
5 kilomètres par le GR, mais il est déjà 16h passé, et si je traîne trop, je risque de trouver porte close.
Donc en direct par la route (3 Km). Effectivement, au milieu de ce village tout en longueur se trouve
une poste, ouverte et avec un distributeur automatique. Joie. Je retire de quoi vivre quelques temps. |
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J'en profite pour téléphoner à ma femme et arrêter avec elle le programme des jours à venir.
Je ne pourrais pas être au Havre dimanche soir comme prévu, plutôt lundi. Mais je ne vais pas la laisser seule
pendant nos vacances. Et elle n'a pas envie de refaire de la route dimanche soir pour aller me récupérer à 30
ou 40 kilomètres du Havre dimanche. Donc, il est décidé que nous nous rejoignions samedi (demain) midi à Rouen.
Nouvelle donne, pas la peine de je fasse des milles et des cents aujourd'hui. Sur le topo, il est indiqué
un camping à Alizay, où je suis. Je trouve la pâtisserie la plus proche, achète une petite tarte et un thé froid,
demande où est le camping. "Il n'y en a pas à Alizay". J'ai dû avoir une tête digne des dessins animés de Tex Avery
car immédiatement la pâtissière m'a rassuré en annonçant qu'il était au prochain village, Igoville,
à 10 minutes...en voiture.
Ca voiture n'est pas rapide car moins d'une heure après, et en cherchant un peu, j'entrais dans le camping.
Nouvelle douche chaude. La journée a été belle, une quarantaine de kilomètre, plus de 1000 mètres de montée, en ne comptant que les
plus grandes, le tout en 8h30. Il ne reste plus que 25 kilomètres pour arriver à Rouen demain.
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