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La Seine du pied au cap |
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Après une bonne nuit de sommeil, ponctuée de réveils et d'étirements, je sors la tête de la tente, le temps
est ensoleillé avec un peu de brume sur la Seine. Superbe. Je me prépare repasse sur la place du village pour faire le plein d'eau et retrouve mon épicier. Celui-ci s'inquiète de ma nuit, de ma forme et me propose de venir prendre le thé avec lui. Je suis déçu de devoir décliner l'invitation. En effet, il près de 8h20 et son thé n'est pas encore prêt et si je veux faire une bonne journée de marche autant partir de bonne heure. |
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Les 9 premiers kilomètres sont ceux que j'ai failli faire hier, et heureusement que je me suis arrêté à
Vétheuil, car la première côte est bien longue et l'arrivée sur La Roche-Guyon est elle aussi vallonnée. Depuis
mon départ j'avais envie de voir La Roche-Guyon, car je me souvenais d'un épisode de la BD Blake et Mortimer
qui se passait dans cette ville. Je n'ai pas pu retrouver l'album en question avant mon départ, sinon
j'aurais tenté de retrouver certaines vignettes pour les photographier. |
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© 2003 Editions Blake et Mortimer / Studio Jacobs n.v. DARGAUD – LOMBARD s.a.
www.blakeetmortimer.com/ |
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Je profite de mon passage dans cette ville pour acheter du pain et un croissant histoire de me faire plaisir.
Qui a dit que la Normandie était plate ? Car on repars de là par une jolie côte qui mène sur le plateau.
Certes le dénivelé n'est pas impressionnant mais on repasse du niveau de la Seine (18 mètres) à celui du plateau
(105 mètres) encore une fois.
Et mon rythme ? J'ai passé toute la fin de l'étape précédente, et le début de celle-ci à y réfléchir j'ai fait
la paix avec moi-même. Fini le défi de courir 60 Km par jour pour rejoindre le Cap de la Hève d'ici dimanche soir.
Fini toute velléité de vitesse, je me reconcentre sur mon second objectif : pro-fi-ter, prendre du plaisir. Et
finalement cela se traduit par une légère baisse de vitesse, je passe d'un 5,5 Km/h de moyenne, toutes
pauses comprises à un presque 5. La différence est minime en chiffre, mais énorme en efforts. Tout de suite cela
se ressent dans les bras, les jambes, la tête. Finalement, sans m'en rendre compte le stress m'a fatigué durant
mes deux premières étapes. Alors que là, tout va mieux. |
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Giverny est atteint en fin de matinée. Je regrette que le parcours du GR évite soigneusement le centre
et surtout la fondation Claude Monet et le musée américain. Je les cherche pour prendre une photo et
me boire une canette de cidre (pas terrible). En repartant, par une côte, j'aperçois deux daims dans un champ un peu plus loin. Je les recroise dans un autre champ. Ils sont donc en liberté. Je continue et tombe en arrêt à 10 mètres de l'un d'eux. Doucement. Je sors mon appareil photo de ma poche. Je l'ouvre. Je le porte à ...Il est parti, pas de photo. |
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Hier, les tours de Mantes avaient été comme un point de repère, aujourd'hui il s'agît de celles de Vernon.
Je m'en rapproche plus en plus. Au passage, j'indique leur chemin à plusieurs américains à vélo cherchant la
route de Giverny. Arrivé à Vernon le GR monte sur le plateau pendant 5 kilomètres par une grande ligne droite
sans aucun intérêt, puis il redescend vers la Seine par une autre ligne droite de 5 kilomètres, soit un total de
10 kilomètres pour se retrouver 3 à 4 kilomètres après Vernon. Pourquoi? Pour éviter un passage sur le bord d'une route très fréquentée. Personnellement, je ne suis pas redescendu sur la Seine, un PR indiqué sur la carte permettait de continuer vers l'ouest et de retrouvé le GR, 5 kilomètres après son retour sur la Seine à Pressagny le Val. |
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Il se fait près de 16h et comme j'ai laissé la vitesse derrière moi, je commence à chercher un coin pour
dormir. Le topo-guide indique un camping à Bouafles, mais à 15 kilomètres par le GR. Je regarde la carte et décide
de couper en longeant un bout de départementale. Juste avant je hèle quelqu'un travaillant dans un jardin pour
refaire le plein de ma poche à eau. Ce qui est fait très gentiment. "Vous venez d'où?" " De Vétheuil" "???" Avant Giverny" "!!!Quoi??!!" Voilà un rapide résumé de la conversation. Ce brave monsieur me souhaite plein de chose et déclare préférer faire l'entrée du garage en plein soleil que de crapahuter comme moi. Ca tombe bien, je préfère, moi aussi, ce que je fais à ce qu'il fait. |
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La route est longue et en plein soleil. J'arrive après 3 bons kilomètres à Bouafles. Je cherche le camping.
Un panneau!! Avec seulement une caravane?? Bizarre, je suis les indications en pensant déjà à la douche chaude.
Et voilà le camping : "Caravaning résidentiel" Plonk!! Zut!! Mais pourquoi est-il indiqué sur le topo ?
Je regarde le topo et cherche un autre lieu pour dormir, les hauteurs de Château Gaillard seraient bien ou
alors le camping des Andelys.
De plus je le connais, c'est un vrai camping. Mais de Bouafles aux Andelys, il y a 6 kilomètres, commençant par un raidillon (12 à 140 mètres en moins de 1 kilomètres) et se terminant par son petit frère dans l'autre sens. J'estime que vu la chaleur et mon état cela fait beaucoup. J'opte pour la solution, je marche par la petite route pour faire les 2 gros kilomètres jusqu'au camping. J'avoue que l'idée de faire du stop m'a traversé l'esprit, mais cela me semblait tricher, mettre une rupture dans la démarche. Je ne prendrai la voiture quand j'aurai fini. Je m'installe au camping, file en grimaçant vers les douches et profite de ce bonheur simple : la douche
chaude, l'eau qui coule sur le corps, le bronzage qui disparaît. Je suis bien, quelques étirements et
je vais en même marcher en ville, les chaussures presque pas lassées, pour faire quelques emplettes au
supermarché à un kilomètre du camping. Je fais même un détour pour marcher en bord de Seine.
Aujourd'hui cela va mieux, j'ai faits 45 kilomètre en 9 heures et en prenant mon temps, je me couche même
vers 21h30, une folie. Mais je sais que demain l'étape sera dure.
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