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La Seine du pied au cap |
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De Sartrouville à la gare de Triel sur Seine, départ officiel du topo-guide du GR2 il y a 18 Km,
dont une petite moitié dans la forêt de Saint Germain en Laye. Aussi je commence d'abord par une traversée
de Sartrouville et de Maison Laffitte en marche rapide pour la rejoindre. Là, je tente de trottiner, mais une douleur
apparue hier dans la traversée de ville vers Sartrouville se réveille. Elle met fin à mes envies de courir.
Je penche pour une tendinite à la cheville gauche. J'opte pour une marche rapide et met 2h30 pour couvrir les
18 kilomètres me séparant de la gare de Triel. |
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Ma déception est forte en y arrivant. Rien. Absolument rien n'indique qu'il s'agît du départ officiel d'un GR.
Pas un panneau, pas une trace de balisage non plus.
A partir de ce moment je me sens comme porté par le parcours.
Rien de bien différent, par rapport à hier, sauf que je vais toujours vers l'ouest. Rien de bien différent par
rapport à mes 18 premiers kilomètres, sauf que je suis les marques blanche et rouge qui doivent me conduire
vers mon but. Et puis un GR c'est globalement du chemin, or depuis mon arrivée à Conflans Sainte Honorine ce matin,
je suis sur de la route, d'où un renouveau de ma marche, de ma motivation.
Le sentier me donne rapidement une vue sur Mantes la Jolie et ses tours. Et quand je regarde les cartes du
topo-guide, je vois qu'elles vont être mes compagnons de route pour longtemps. Cette journée va m'apprendre
beaucoup sur les propriétés privées françaises, elles ont toutes un nom poétique, engageant, je ne compte plus
les "propriétés privées", "chiens méchants", "attention au chien", "attention pièges" et dans cette région les
"effondrement de mine". Globalement, peu de "do mi si la do ré" ou de "Sam suffit" |
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J'avance toujours d'un bon rythme sous le soleil. Je traverse peu de forêt et le terrain est plutôt plat.
Dans l'après-midi je m'arrête dans un troquet de campagne pour refaire le plein de ma poche à eau et
siroter un soda. Que du bonheur!! Enfin, juste le temps de rester assis car dès la reprise je sens mes
jambes me tirailler. Je fais bonne mine à la serveuse, ne dit rien et sort avec le sourire sans en penser moins.
Si je commence à avoir mal aux jambes je vais être bien. Heureusement, après quelques hectomètres il n'y parait plus.
Sur le plateau, plus rien, que du plat, sans arbre, ni piquet, ni rien, là j'apprécie vraiment mon
topo-guide pour ces indications, sans lui je ne pouvais deviner les changements de direction pour
atteindre le bois. |
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Mais les jambes deviennent de plus en plus dures, la fatigue se fait sentir. Je sais que je ne pourrais pas
être à 60 kilomètres de Sartrouville ce soir. Donc mon objectif n'est pas faisable, je ne serais pas
au Havre dimanche soir. Le coup de grâce vient en débouchant d'un bois juste avant la charmante et paisible
localité de Follainville - Dennemont, sise à quelques kilomètres au nord de Mantes la Jolie. Le topo-guide
nous indique "sortir du bois, descendre immédiatement à droite puis obliquer à gauche et rejoindre l'église
de Follainville" Je suis ces indications et monte un raidillon de chez raidillon, après avoir suivi un chemin
en descente pour rejoindre cette fameuse église. Au bas de la pente je vois bien une balise qui va vers ce
lieu de culte avec écrit en dessous "vers Triel", mais je pense à une erreur du baliseur.
Au sommet de la colline, je trouve un banc à l'ombre, adossé à l'édifice, je m'y vautre. Et regarde la carte
et lis le topo. Gloups!!! Re-Gloups!!! Il y a écrit "Par la rue Pasteur, descendre jusqu'à une croix de pierre"
Mais j'ai croisé une croix de pierre, en bas de la côte. Est-ce moi? Est-ce le balisage? Est-ce un labourage
un peu trop vigoureux? En tout cas le chemin qui aurait du me mener, par du plat, où je me trouve je ne l'ai
pas trouvé, je me suis donc rajouté, au total, 1 kilomètre et une bonne côte. Je décide de faire des étirements
sur le mur. Idée stupide. Ne jamais faire d'étirement quand on a les jambes comme des bouts de bois!
Cela fait mal. Je me rassois le moral en berne, serais-je capable de poursuivre ma route demain?
Dois-je téléphoner à Michel qui m'a généreusement proposé de venir me chercher en voiture en cas de problème
et passer la nuit chez lui à Sartrouville? Passer la nuit sur la place de Follainville? Ca sert à quoi
de vouloir faire tout ce truc à pied alors que je pourrais être avec ma femme? Toutes ces questions et bien d'autres
me traversent l'esprit plus ou moins vite, alors que les crampes font de même dans mes jambes.
Je me fais peine à voir. Après 10 à 15 minutes, je décide de reprendre ma route pour rejoindre Vétheuil
dans 6 kilomètres.
Les jambes sont douloureuses, je descends pas à pas vers ma croix de pierre de tout à l'heure.
Je monte sur le versant en pestant contre tout. Mais comme par magie, mes douleurs sans vont. Une nouvelle montée
et je découvre la vallée de la Seine, Pour la première fois depuis bien longtemps je ne vois plus Mantes la Jolie.
Des perdrix partent devant moi, la vie est belle. Le chemin descend sur Saint Martin la Garenne, et j'y vais d'un pas
toujours aussi rapide. Depuis ce matin je tourne autour de 7 à 8 Km à l'heure. |
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Je monte à travers les maisons sans problèmes mais d'un seul coup, la proximité de l'objectif final
me coupe les jambes, j'ai l'impression de traîner, de ne plus pouvoir avancer. Les rues de Vétheuil
sont très longues. Enfin une place, une terrasse de café, je m'installe et attend le serveur. J'attend.
J'attends! Je dois faire peur à voir, personne ne vient. Je me relève, aïe! et vais vers l'épicerie pour acheter
trop babiole pour ce soir et un Yop pour maintenant.
J'interroge l'épicier pour avoir un coin où monter la tente ce soir. Il ouvre de grands yeux, me demande
d'où je viens, où je vais... Il est ébahi. Finalement on m'indique un coin sur le bord de Seine, j'y vais.
Je remarque que cela se trouve après la rue des "fraîches femmes".
Je monte la tente avec difficulté. Je me force à manger. Je n'ai plus aucune force, aucune volonté.
Quelques étirements sur le banc. Et Je me couche.
Au total, ce mercredi, 55 kilomètres de marche en 10h pauses comprises, des douleurs partout,
un moral au plus bas. Je suis inquiet pour demain. |
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