La Saintélyon 2004 |
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Le week-end s’annonçait particulièrement intéressant avec en premier lieu la rencontre
avec Gamajade, Marathman et
Fabienne puis le resto avec les Ufo's, tous unis pour cette grande messe de la Saintélyon. Peu importe les performances de chacun, on était là pour le plaisir et passer un bon moment. Qu’elle idée ai je eu de me lancer dans cette course c’est la question que je me suis posée dès
la première côte du parcours de la Saintélyon, qu'allais-je faire dans cette galère ? Moi qui n’est
jamais dépassé les 42kms et toujours sur le bitume. Et je m’inscris la fleur au fusil dans la doyenne
des ultras avec plus de 1000m de dénivelé positif et 68kms au compteur. Moi qui n’est jamais participé
au moindre cross ou trail mais maintenant il faut assumer et juste par fierté personnelle arriver
jusqu’au bout et dans un temps raisonnable. Sur la ligne de départ le morale est bon Gamajade et Marathman sont là et ne laissent rien paraître.
On plaisante, on rit jusqu’au moment du départ. A minuit tous ces fous noctambules sont lâchés et on a 7km pour s’échauffer et se préparer à affronter
le pire (pour moi en tout cas). St Etienne- les Sorbiers Je pars tranquillement la route est longue et j’ai décidé depuis longtemps de courir en dedans jusqu'à
st Genoux, car la fin du parcours sur bitume me conviendra mieux. Sorbiers arrive sans problème et je continue mon chemin. Dès la première grosse côte je décide de
marcher à bon pas pour ne pas laisser toutes mes forces. Je double un concurrent avec un fort accent
canadien qui me dit "la course est encore longue", j’acquiesce et continue de monter. Dès que la pente
me le permet je recommence à courir et vaille que vaille j’avance tant bien que mal avec la peur de
l’inconnue, de la nuit et de l’abandon. Jusque là tout se passe bien. Les sorbiers- st Christo Le parcours est encore facile et je n’éprouve pas de difficultés particulières le temps est clément
et je commence à m’habituer à courir la nuit. J’éprouve même un certain plaisir. J’arrive à St Christo
en 1h31'37" donc à plus de 10km/h de moyenne peut être un peu trop vite mais pour le moment tout est ok.
Je passe par le ravito rapide et dès la sortie une côte, que j’entame en marchant en appliquant
toujours mon principe. St Christo- Ste Catherine Ça n’arrête pas de monter, je lève les yeux et je vois toujours des frontales plus haut toujours plus
haut ça n’arrêtera donc jamais de monter ?
Puis c’est la descente sur Sainte Catherine un appui mal
assuré et je manque de tomber. Je me rattrape par miracle et là, pour la première fois, je décide de
marcher dans cette descente. J’ai peur de la chute qui ruinerait tous mes espoirs de terminer et
cette descente me fait mal aux genoux et chevilles. J’arrive à Ste Catherine en 2h53'55" je suis encore à plus de 10km/h. Ce qui est intéressant dans cette course c’est que l’on sait que dans plus ou moins 10 km il y a un
ravitaillement et un peu de réconfort à la clef et puis on se dit quand tu y seras il ne restera plus
que xx km et surtout ne pas penser l’inverse. Sainte Catherine- St Genoux C’est la partie la plus sombre du parcours, la plus difficile pour moi, presque le trou noir 1h10
pour faire cette portion, je n’avance plus je me souviens de ce passage en sous-bois mais pas
grand-chose de plus et cette montée vers St Genoux qui n’en fini pas. Le ravito arrive avec plaisir. St Genoux- Soucieu en Jarrest On redémarre avec une côte mais cette fois c’est sur du bitume et la route se fait plus clémente.
Je retrouve mon terrain de prédilection, les jambes ne sont pas trop mauvaises et j’arrive à trouver
un rythme où je me sens bien, j’arrive à rattraper pas mal de concurrents et au classement par
catégorie je passe de la 643ième place à la 237ième
le parcours Ste Catherine- Soucieu à vraiment fait des ravages. J’arrive à Soucieu en 4h59'13" Soucieu- Lyon Tout cette partie c’est faite au mental. Je repars de Soucieu avec un bon moral, le bitume est toujours
présent. J’avance toujours correctement jusqu’au moment où l’on commence à descendre a travers les
vergers, ce qui m’annoncent rien de bon car nous nous dirigeons tout droit vers le Garon pourtant la
passerelle n’y est plus. Mais le voisin a accepté que l’on passe chez lui et je prends un sérieux coup
au moral. Je n’avance plus, j’ai mal au genoux et aux bouts de mes pieds, on m’attend à Chaponost et
je commence à me poser la question si je ne vais pas arrêter là. Non ! Je ne le ferai pas, ils se sont levés à 5h pour me voir et me ravitailler. Je ne vais quand même
pas arrêter devant eux. Ils m’attendent place de l’église, je la vois au loin. Que ça paraît loin ! virage
après virage et toujours pas d’église quand enfin des visages familiers. J’abandonne mon camel back il
ne reste que 14kms, je vais les faire. Je vais réussir, il le faut. Toute cette fin de parcours, je vais la faire plus en marchant qu’en courant. Mes genoux n’en peuvent
plus dès que je commence à courir. La côte de Sainte Foy arrive puta... Qu’elle est longue je commence à zigzaguer de gauche à droite pour
qu’elle me paraisse moins dure les rares spectateurs doivent me prendre pour un fou mais j’avance. Un calcul rapide me fait penser que je peux encore obtenir le diplôme de bronze mais pour cela il faut
que je cours un peu, mais c’est faisable. Je m’accroche à cette idée, j’ai mal mais il faut que j’y arrive,
je guette avec impatience les panneaux kilométriques mais qu’ils sont longs à apparaître. Les kilomètres
font plus d’un kilomètre, habituellement ça arrive plus vite et enfin le panneau du dernier. Il faut que
j’appelle ma famille, je veux leur faire partager mon bonheur mais à 8h elle dort encore je laisse un
message « j’ai gagné !j’ai fini la course ! » sur le répondeur mais avant de raccrocher je m’aperçois
que j’ai parlé en pleurant alors pour la rassurer je fini par "je suis content !oui ! content ! ", la ligne
d’arrivée est passée en 8h05 et là je ressens d’un seul coup un grand vide plus rien, soulagé sûrement,
content certainement, et fier de m’a performance. Et puis ce sont les retrouvailles avec Marathman et Gamajade surpris d’apprendre qu’il est juste 3
minutes devant moi. Le temps de prendre une douche et de manger un peu, l’envie de retrouver mon lit est la plus forte.
Alors amis à un prochain rendez-vous sur semi ou marathon et pourquoi pas sur la Saintélyon 2005. Ce fut un week-end exceptionnel qui marque la vie du coureur amateur que je suis. |
| Nom | Prénom | Temps | Classement |
|---|---|---|---|
| Guichard | Gilles | 05:00:51 | 1er |
| Erceau | Christophe | 05:02:20 | 2e |
| Gorry | Franck | 05:08:35 | 3e |
| ... | ... | ... | ... |
| Bellotti | Lucile | 06:02:05 | 52e 1ere femme |
| ... | ... | ... | ... |
| Duparc | Philippe | 08:04:19 | 743e |
| ... | ... | ... | ... |
| Badaoui | Rabhra | 15:04:34 | 1583e |
| Gibergue | Pierre | 15:12:48 | 1584e |
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