Episode IIIVoici enfin, non pas la conclusion, ni la fin de notre aventure mais celle de la journée. Pour ceusses qui n'auraient pas suivi, nous somme au PC1, il est 8h45, les premiers y sont passés à 6 h. Avec une moyenne de 5 Km/ h le point était accessible pour 6 h 40, je vous laisse méditer cela. Étant donné notre heure de passage au PC1, un membre de la famille Turoom nous annonce que nous devrons choisir entre la spéciale CO et la spéciale Canoë, notre choix est fait depuis longtemps: le canoë. Le jour est levé, l'orientation fine est finie pour le raid, la place est aux brutes, aux dures, mon rôle primordial est fini :-). Le parcours est facile Maintenant, un seul chemin ou presque, la différence se fait sur l'endurance au mal et sur les spéciales. Au détour, d'une balise le Toutou croise des concurrents le sandwich jambon beurre à la main, le voilà qui bave, c'est tout juste s'il ne fait pas le beau pour avoir des miettes. Avant d'arriver au départ de la spéciale CO, nous avons croisé plusieurs groupes de scouts d'Europe. Si leur opinion politique est discutable (et encore), leur pratique des activités de plein air est choquante. A un carrefour, un groupe nous demande le nom de l'endroit où nous sommes, ils pensaient être 500 m plus au sud, ces jeunes étaient en pleine forêt sans un adulte pour les guider et surtout sans carte ni boussole! (ce sont les mêmes qui font du bateau en Bretagne..:-((( ) En arrivant au départ de la CO, on nous remet la carte et la feuille à poinçonner pour une spéciale que nous ne ferons pas. Nous croisons là nos rivaux de BMS Triathlon pour la dernière fois. Dire que nous n'avons pas fait la CO serait faux nous avons quand même le meilleur temps de la spéciale, en temps brut 24', n'ayant validé qu'une seule balise nous avons 3h15' de pénalité. Nous étions persuadés que la CO était sur une boucle, son parcours était dans le sens de la course. Nous aurions facilement pu la faire en entier en 1h20 soit un gain de 2h15 sur notre choix :-( Depuis quelques temps , l'Instit va mieux contrairement au Toutou qui montre des signes de fatigue, il ne dit rien de son mal, fait des étirements régulièrement et fait preuve de beaucoup de volonté, de mordant. L'Electron ne dit rien mais n'en souffre pas moins Le Lapouneur (que le Papy appelle maintenant "la lapoune" signe de sa confusion sexuelle) a froid aux mains, mais ce qui s'appelle froid à ne plus pouvoir bouger les doigts, ce froid je le garderai plus ou moins jusqu'à l'arrivée. Et là, pour me sauver Papy sort des chaufferettes qui d'après le collègue qui les lui a refilé montent jusqu'à 50° (certainement Fahrenheit)et pourraient décongeler un mammouth pris dans les glaces de Sibérie en 30 secondes, mais certainement pas un Lapouneur trempé en Beauce. L'effet est, comment dire, psychosomatique, les seuls points positifs sont que j'ai pu avoir quelque chose de sec dans mes mains pendant quelques minutes et que le collègue du Papy a vidé un placard. Nous venons de quitter le PC2, nous arrivons sur le plateau, il n'y a plus de forêts seulement les champs, la pluie et le vent Le Toutou nous informe d'un temps de passage obligatoire avant 13h30 au PC3 pour pouvoir faire du canoë. Ce PC3 est au lieu dit "la remise du bateau", nous étions persuader que cela signifier faire du canoë, pourtant un hangar à 150m d'altitude à plus de 3 Km de tout point d'eau aurait du nous avertir de notre erreur. Enfin la perspective de la barrière horaire et de manquer l'épisode canoë nous redonne des ailes et dévoile un capitaine motivé, poussant les uns, tirant les autres pour aller au delà de la fatigue. La déception est grande quand on nous annonce que c'est à 13 ou 4 Km selon les personnes. A la question de maman Turoom "Ca va bien?" Papy répond "Oui, sauf le collègue qui a mal au genou" "bien il faut voir le médecin" Le Toutou sentant que celui-ci lui interdirait de continuer lance un regard furieux vers le Papy, s'emmitoufle dans son coupe-vent et sort. Nous le suivons, regrettant immédiatement la chaleur du PC3. Nous repartons avec encore plus de vent pour le PS suivant à 4 km au bord d'un canal, où nous annonçons notre volonté de faire le canoë. Le signaleur nous déclare que le point d'embarquement est à 9 Km. Le Toutou est immédiatement en action sur le chemin de halage, il galope à grandes enjambés, enfin il marche vite. Après 300 mètres, L'Électron s'arrête, il a froid et ne se sent pas la force de faire 9 Km puis du canoë dans son état. Sans hésitation, on décide de faire demi tour, annoncer que l'on ne fera pas la spéciale au PS et de prendre la route directe pour l'arrivée. Le Papy tente vainement de souffler dans son sifflet pour avertir le Toutou et l'Instit qui cavale devant. Je le fait à sa place et part avec l'Electron vers la route. Le Papy reste à attendre nos complices. Arrivé sur la route, le parapet du pont sert d'abris à notre Electron avant le retour de toute l'équipe. Je discute avec le bénévole de Turoom pendant ce temps là. Lorsqu'ils arrivent, ils sont surpris de voir un Electron sur le pied de guerre, ils le pensaient dans une voiture ayant abandonné. Nous partons pour le "sprint" final. Ce renoncement nous donne 3 h 30 de pénalité. Vu notre état nous aurions mis plus de temps que cela. La première équipe a mis 1h30 pour faire les 9 Km séparant le PS du canoë. En passant dans le centre de Maintenon, nous rencontrons les parents de L'Électron , qui nous accompagne jusqu'à l'arrivée. Nous passons main dans la main la ligne, on s'embrasse on se sert les mains, il est 15 h et c'est fini. L'animateur demande à parler au capitaine pour une interview, celui-ci présente notre équipe et on sent au ton de ce membre de la famille Turoom que le sourire qu'il affiche n'est plus condescendant comme au départ mais admiratif (?). Nous apprendrons plus tard que les organisateurs ne pensaient pas que nous serions encore en course au levé du jour. Une douche froide plus tard, nous nous retrouvons un verre de champagne à la main, devant un bol de soupe et des pâtes. Régulièrement l'un d'entre nous se lève pour voir les résultats, pendant longtemps l'espoir d'être dans les 10 premiers est là. Finalement nous ne sommes que 11e, avec un temps, pénalités comprises (pas la CO, pas le canoë), de 22h ..'. Nous sommes à 3 heures du 10e, donc pas de regret pour nos erreurs de carte perdue ou de parcours, de toutes façons on ne pouvait être dans les 10 premiers. Bilan:1 ce fut dur, mais quel pied. 2 les membres de l'équipe Turoom, toujours souriant et attentifs. 3 un classement final inespéré, si on avait fait les spéciales... 4 une équipe super, bonne entente où chacun a su prendre sa place, les promesses d'engueulades n'ont pas été tenues. 5 nous n'avions pas le bon équipement pour faire face aux éléments, ce qui explique certains problèmes physiques. 6 toutes nos amitiés à l'équipe du Blutch. 7 dommage que le site raid28 n'ait pas donné les résultats en direct comme promis. L'équipe:Le capitaine, un peu stressé au départ on mangera des frites pendant 3 générations encore à Épernay. Efficace pour motiver ses troupes et perdre ses cartes. Il a su cacher ses moments de faiblesses, s'il en a eu. L'Instit, stressée elle aussi, elle a eu du mal à plastifier nos cartes, arme importante pour ce genre de sport. Certes la fin de nuit fut difficile pour elle, la fin de course par contre nous l'a fait voir de dos, elle était toujours devant en train de courir. L'Électron , de bonne humeur, une capacité à porter la feuille de poinçonnage hors du commun. Pourquoi son malaise? mauvaise alimentation, froid, fatigue? peu importe il est toujours là prêt à en faire le double la semaine prochaine. Le Toutou, pas un mot plus haut que l'autre malgré ses problèmes, efficaces pour trouver les balises et lire une boussole. Il n'est pas le plus rapide de la ménagerie en course, mais pour la marche quelle fusée. Le Lapouneur, le responsable lecture de carte (seulement une erreur), mériterait de se procurer un équipement de raid plus efficace. Est capable de dire 25 fois à l'arrivée "on est les premiers de ceux qui n'ont pas fait la CO et le canoë" |
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