Le lac du Bourget



Je vous propose dans ces quelques lignes de mieux découvrir le lac du Bourget, afin de vous donner envie de venir le voir, si ce n'est déjà fait, et de mieux l'apprécier pour tous. Bonne promenade!
Merci à tous ceux qui m'ont aidé dans la réalisation de cette page, plus particulièrement les institutions qui m'ont autorisé à prendre des images de leur site.

La Chambotte depuis Hautecombe
Géologie
Le Lac du Bourget est le plus grand lac naturel de France, fier constat. Pour le situer sur une carte, rien de plus simple : la tache bleue entre Annecy et Chambéry, c’est lui.
Bizarrement, la géologie le situe entre la fin des plissements du massif du Jura : montagne de la Charve et de la Chambotte.

Voilà le cadre géologique est tracé, ou presque, il reste à préciser que le lac fait 18 kilomètres de long pour une largeur maximale de 3,2 kilomètre à Grésine. Ce qui nous donne une surface de 44,5 Km² soit le plus grand lac naturel de France.
Comme à cette surface il faut ajouter une profondeur moyenne de 85 mètres (145 mètres au plus profond) cela fait un très beau volume d’eau douce 3 600 000 000 m3 soit la consommation annuelle française d'eau.

Carte de localisation régionale
Carte tirée du site du projet Grand Lac
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Légendes
Balayons tout de suite la légende annonçant que le lac est le résultat du travail des glaciers pour le creusement du fond, puis la fonte de ceux-ci 120000 avant notre ère qui aurait donné naissance à un vaste lac allant de Rumilly à Grenoble et Albertville. Après différents épisodes glaciaires le lac serait arrivé à son état actuel il y a 15000ans.

Laissez moi rire : Le lac, comme tout le monde le sait, est apparu peu de temps après la création du monde par Dieu. Celui-ci avait demandé à trois anges de surveiller les jeunes sommets des Alpes. Puis il leur demanda d’aller superviser d’autres montagnons (jeunes montagnes). Les anges peinés de devoir quitter les sommets nord alpins laissent chacun tomber une larme. Chaque larme a donné naissance à un lac : Léman, Annecy et le Bourget.

Pendant que nous y sommes, mettons un point final à ces rumeurs géologiques annonçant que la Dent du Chat, sommet dominant le sud du lac, serait le fruit de l’érosion différenciée de la crête du mont du Chat. Fi ! Là encore remettons les pendules à l’heure :

Le roi Arthur était de passage dans la région accompagné de ces fidèles chevaliers. Les habitants de la région lui demande de chasser du col, permettant le passage du lac vers la vallée du Rhône, un chat satanique.
Pourquoi ce chat était-il satanique ? Pour cela remontons un peu en arrière. Antoine un brave pécheur du lac est bredouille. Or cela fait plusieurs jours qu’il ne pèche rien, sa femme et ses enfants ont faim. Aussi promet-il au diable de relâcher le premier poisson qu’il pécherait.
Satan entend sa promesse et un premier poisson est pris. Le poisson est de bonne taille, Antoine le garde, se disant que Lucifer lui pardonnerait de ne rejeter que le second poisson pris. Oui mais le second est encore plus gros que le premier et Antoine le garde pour lui malgré les conseils d’un démon venu lui rappeler sa promesse. Le troisième poisson subit le même sort que les deux précédents.
La quatrième fois qu’Antoine retire sa canne à pêche c’est un chaton qui est sorti. La promesse était pour un poisson pas pour un chat, celui-ci est destiné à chasser les rats de la maison familiale.
Le chaton, punition du malin, grandi vite, devient énorme, dévore Antoine et se place au col. De là, il laisse passer les voyageurs sur le col, sauf un tous les vingt. Voilà donc le chat que doivent chasser Arthur et ses chevaliers. Rapidement ils viennent à bout du monstre, la bête est lancée au fond du lac, sauf une dent plantée au dessus du col pour rappeler la punition maléfique. Mais n’allez pas croire pour autant en être quitte. Le fléau n’est que prisonnier des eaux du lac et ses colères soulèvent des tempêtes qui font chavirer les embarcations de ceux qui ne tiennent pas leurs promesses.

Le mont du Chat
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Faune
Les eaux du lac accueillent une chaîne alimentaire complexe allant des planctons microscopiques aux poissons en passant par les mollusques et les crustacés.
Regardons quelques uns des habitants de ces eaux :

La moule zébrée (dreissena polymorpha) il s’agît d’une moule d’eau douce originaire des affluents de …la mer Caspienne et de la mer Noire. Elle est arrivée dans les lacs alpins au XVIIIe siècle en s’agrippant à la coque des navires de commerce.

Les poissons, de plus de trente espèces différentes, se partagent les eaux du lac. Certains venant des cours d’eau du bassin versant (hotu, barbeau, chevaine…), d’autres ayant été introduit par l’homme (poisson chat, sandre…). Mais de tous ces poissons les locataires les plus prestigieux sont, sans conteste, l’omble chevalier et le lavaret, réputés pour leur chaire fine et délicate.

Ces habitants des profondeurs côtoient ceux de la surface, les oiseaux. Plus de 110 espèces viennent nicher aux abords du lac. Certains sont ne sont que des locataires de passages.


Parmi ces hôtes en transit par la Savoie à l’automne, se rencontrent des passereaux, des balbuzards pécheurs ou des canards … D’autres oiseaux font du tourisme saisonnier, et viennent profiter de l’hiver sur le lac (48 espèces) comme les foulques, les grèbes huppés ou les grands cormorans.

Nous ne pouvons observer la présence de certaines de ces espèces que grâce à l’existence d’une flore abondante autour et dans le lac. Pour nous en convaincre, restons quelques instants en bordures du lac.
Les zones humides, celles où végétations et lac se rencontrent pour donner nourritures, gîtes et abris pour la reproduction à de nombreuses espèces. De nombreuses roselières à base de carex, de joncs lacustres et de roseaux sont visibles au nord et au sud du lac. Elles sont l’hôtel des fauvettes aquatiques, des foulques macroules entre autre.

Avant de passer à un autre animal, l'Homme, il ne faut pas oublier dans les marais bordant le lac la cistude d'Europe, charmante tortue réintroduite en 2001, le Castor d'Europe et l'innofensive couleuvre vipérine.
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Histoire
Parmi les habitants des bords du lac se rencontre aussi l’humain. Cette espèce n’est arrivée dans la région que vers 3500 ans avant notre ère dans la région de Hautecombe, pour disparaître vers -850.
Les traces laissées par ces spécimens laissent supposer une vie accès sur la chasse, la pèche mais avec aussi un peu d’agriculture. Les villages devaient abriter leurs propres potiers et fondeurs de bronze.

Ce n’est que vers 400 que les hommes reviennent prendre possession des rives du lac. Surtout sur le massif du Chat, au dessus des risques de montée des eaux, la rive Est est peu peuplée.

Le lac près de la côte sauvage

Sautons les étapes pour regarder l’installation humaine au début du XXIe siècle : le massif du Chat (la côte sauvage) est délaissé au profit de la rive Est.
La rive sud, avec Aix les bains et Chambéry est intégrée à l'axe urbain Génève - Grenoble, celui-ci augmentant sa population de 15000 personnes tous les ans.
Au total, c’est plus de 170 000 habitants sur le bassin versant et une capacité hôtelière de 30 000 lits.

La pression urbaine autour du lac
Carte tiré du site du projet Grand Lac
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Pêche
Les activités économiques sont variés mais peu de monde travaille sur le lac : les loueurs de bateaux, pédalos et les pêcheurs.
Laissons de côté les premiers pour nous concentrer sur les pêcheurs professionels.

La pêche professionnelle sur le lac regroupe entre neuf et douze pécheurs. Ceux-ci ont obtenu une licence de pêche après dépôt d’une demande auprès des services départementaux compétents (DDAF), une fois l’accord de principe accordé, ces prétendants doivent faire un stage de six mois sur le lac.
En moyenne, c’est une centaine de tonnes par an qui est remontée dans les filets, pour la plupart ce sont des lottes, des perches et des truites qui forment le gros des prises.

La technique de pêche consiste en l’immersion de filet de 15 mètres de haut sur 100 mètres de long flottant entre deux hauts. Ils servent à récolter principalement des truites et des lavarets.
Les prises doivent être déclarées espèces par espèces chaque année.

La pêche amateur est limitée à 500 permis pour la pêche à la traîne. Chaque pêcheur est limité à un maximum de 10 prises par jour et 300 par an pour les salmonidés. Ces prises doivent être indiquées sur un carnet de pêche.
Carte des zones de pêche sur le lac
Carte tirée du site de l'INRA de Thonon
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L'Opération Lavaret
La pêche du Lavaret, pour ces qualités gastronomique est passée de 97 tonnes en 1953 contre seulement 300 kilos en 1982. De ce constat est venu la mise en œuvre de l’Opération Lavaret. Ce n’est pas un film avec Jean Réno et Christian Clavier mais la mise en œuvre de moyen pour lutter contre l’eutrophisation du lac.

Le lac est trop bien nourri, l’eutrophisation étant la trop forte présence d’un nombre limité d’espèces végétales dans le lac. Pourquoi ? Les eaux du lac sont trop chargées en fertilisant (azote, oligoéléments…) d’origine urbaine et agricole. Cette trop grande présence de végétaux diminue la transparence de l’eau qui liée à leur décomposition entraîne un appauvrissement de l’oxygène de l’eau.
En résumé le lac est pollué. D’où l’Opération Lavaret destinée à réimplanter le poisson symbole du lac. Pour ce faire est mis en place l’élevage en pisciculture. Cette technique améliore la survie de ces bébés poissons en passant d’un taux de survie de 1 pour mille à 40%. C’est en moyenne plus de quatre cent mille lavarets adolescents qui sont relâchés tous les ans dans le lac.

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Le projet Grand Lac
C’est bien mais cela ne suffit pas l’eau du lac souffre toujours d’eutrophisation, d’où la naissance en 2000 et pour 15 ans du projet grand lac dont le but, entre autre, est d’améliorer la qualité des eaux. Le projet Grand Lac est la troisième génération de mesures prises, depuis 1975, visant à améliorer la qualité de l'écosystème du lac.
Pour diminuer la pollution du lac, l’accent a été mis dans un premier temps sur la limitation des apports en produits toxiques dans le lac.
Pour cela, une série d’actions est mise en place vers les habitants temporaires et permanents des 61 communes traversées par les cours d’eau allant au lac, afin de les sensibiliser dans leurs comportements civiques. Parmi ces actions, une exposition itinérante « la salle de bain » va de commune en commune présenter comment par des gestes simples il est possible de diminuer la pollution.


Loisirs sur le lac

Mais en plus vient, bien évidemment, des réalisations visant à diminuer les arrivées de polluant, comme le dit le site du projet Grand Lac :
  • Poursuite des efforts en matière d'assainissement sur toutes les communes du bassin
  • versant - eaux de pluie
  • Entretien des berges et des cours d'eau.
  • Préservation des milieux naturels les plus remarquables.
  • Collecte et traitement des déchets, suppression des lieux de décharge sauvages.
  • Maîtrise de toutes les sources de pollution et éducation des usagers à de nouveaux
  • comportements.

Pour information, le lac recevait en 1974 (avant les premiers travaux d’assainissement) 300 tonnes de phosphore et 1800 tonnes d’azote.
Dans le même ordre d’idées, le conservatoire du littoral s’est porté acquéreur de 4 sites autour du lac afin de préserver ces sites écologiques remarquables.

Carte des zones appartenant au Conservatoire du littoral
Carte tirée du site du Conservatoire du littoral
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Bibliographie, sitographie

Quelques lectures :
  • Le lac du Bourget, plus grand lac naturel de France, guide du patrimoine n°2, maison du lac, 1990.
  • Alpes Loisirs, n°23, avril - juin 1999
Quelques sites :

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