La course de Benoît Z

Photo du site de France2
Deux possibilité s'offre à vous :
  • Pour ceux qui préfère lire une interview classique
  • Ou le récit de cette course, ou pour une fois, ce n'est pas le coureur qui raconte sa course mais moi qui tente de raconter celle de quelqu'un d'autre, aussi est-ce un peu la reprise du film " 24h dans la tête de John Malkovic ".Nous allons vivre "Dans la tête de Benoît Z". Les éléments de ce récit sont tirés d'entretiens que nous avons eu dans le courant du mois d'Avril 2003 (à lire dans la page interview).
  • Dans la tête de Benoît Z

    Nous sommes le dimanche 6 avril, il est 6h00 l'heure d'ouvrir un œil et de commencer à penser à la course. Il reste encore 3 heures avant le départ sur les Champs Elysées. A 6h30, le petit déjeuner est pris, un peu de gâteau énergétique et du ???


    Le temps de se préparer et il faut se présenter sur la ligne de départ, il est 8h30. Maintenant, il convient de faire monter progressivement le rythme cardiaque et de réchauffer les muscles, un demi heure de trot lent servira à cela.

    9h C'est le départ, il faut tout de suite se placer dans le groupe de tête, l'objectif est de réaliser 2h07 comme l'an passé et pourquoi pas de remonter sur la plus haute marche du podium. Surtout il ne faut pas calculer, le but c'est la ligne d'arrivée dans 42,195 kilomètres, pour faire une perf aujourd'hui il faut suivre le groupe sans se poser de question. Et surtout rester concentré sur la course, sur le chrono final.


    Il y a quelques points de repères à passer pour voir si la forme est bien là, le 10e km passé en un peu moins de 30 minutes. Certes la place est relativement modeste (94e sur 29 406) mais la forme est là et l'objectif est toujours envisageable. (Benoît est sur une base de moins de 2h06)
    Rapidement, il apparaît que l'homme à surveiller est Mike Rotich.

    Le prochain test est le passage du semi, en 1h03'05'' à la 42e place (Benoît est sur une base de 2h07'30") l'objectif est toujours faisable, les mois de travail intensif portent leurs fruits. Il ne faut pas que la tête fasse échouer ces efforts. Chaque mètre parcouru est une récompense, une étape franchie vers la réédition du chrono de l'an passé.


    Les ponts du bord de Seine, sont passés tout est toujours au vert, on approche du fameux mur du marathon, le 30e kilomètre. Il est passé en 1h30'45" à la 23e place. (Benoît est sur une base de 2h06,12) Les lièvres se sont écartés, plusieurs coureurs commencent à lâcher prise à payer une baisse de forme, un départ trop rapide.Cela fait du bien au moral de lâcher petit à petit ses principaux rivaux. Nous ne sommes plus que 9 dans ce groupe dont le Kenyan Mike Rotich et Driss El Himer du groupe France.


    Les jambes commencent à faire mal, mais tous connaissent la même douleur, mais il faut savoir être fort aujourd'hui, ne pas se déconcentrer surveiller autour de soit qui semble bien, qui semble moins bien. Au 35e, c'est Driss qui veut attaquer. Heureusement, je suis toujours aussi concentré sur mes camarades. L'attaque est parée, nous ne sommes plus que 4 (Driss, Mike Rotich, Wilson Onsare et moi), et il n'y a que trois places sur le podium. Tout reste à faire et il ne reste que 7 kilomètres. Il faut attaquer pour tenter de faire lâcher prise aux autres sans pour autant y laisser trop de force et le payer juste avant la ligne, mais aussi parer les attaques.

    Au 40e, Mike place une accélération que personne ne peut suivre. Non, il ne faut pas baisser les bras. Il faut tenter de revenir, il reste 2,195 kilomètres. Les séances d'entraînement doivent servir maintenant à retrouver au fond de moi la volonté et l'énergie pour repartir à l'assaut.

    Driss et Wilson ne peuvent me suivre, je reviens même sur Mike mais celui-ci à la ressource pour rester devant. La ligne d'arrivée est en vue.
    Mike est devant, je ne pourrais pas le reprendre, un regard sur l'écran géant me confirme que je ne crains rien pour la deuxième place, un regard sur le chrono me confirme que j'ai totalement réussi mon contrat.
    Il temps de laisser éclater la joie, de profiter du moment présent. Mike a gagné de 3 secondes, mais peu importe, la vraie victoire c'est d'avoir égalé le chrono de l'an passé, d'avoir établi un nouveau record personnel.


    Etait-il possible de passé Rotich en économisant des forces à tel ou tel moment de la course ? En accélérant plutôt ici que là ?
    Peu importe, la meilleure performance européenne est faite. Le principal est le plaisir d'avoir atteint l'objectif : faire un chrono équivalent à celui de l'an passé. Il ne reste plus qu'à reprendre la vie du bon côté, sans se priver (c'est un des enseignements du stage fait au Kenya, il y a 3 ans) et de se remettre en condition pour rééditer ce temps au marathon du championnat du monde de Paris St-Denis au mois d'Août. Et après on verra.

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