

2 Cours Forest! Cours!
Nous y voilà, c'est parti, plus le temps de penser à autre chose.
Il fait froid, il fait nuit! Nous avons chaud au coeur et une envie grande comme ça d'y aller.
Bizarrement je ne me souviens que difficilement de cette partie de la course. Si! Cela me revient! J'ai laissé, comme beaucoup de monde ma frontale dans mon sac pour la mi-course. Heureusement le chemin n'est pas trop difficile, rapidement je double Reine-May et Nicolas (des copains Réunionnais) et retrouve le Toutou. Nous attaquons ensemble le raidillon vers le col des Rochilles.

Je m'arrête pour prendre une photo de ces crêtes autour de nous qui s'illumine alors que nous sommes toujours à l'ombre et au froid. Cette pause artistique permet au Toutou de s'envoler devant moi de quelques dizaines de mètres. Je suis content pour lui, même si secrètement j'aurais aimé rester à son contact et profiter de son soutien moral et de son expérience, mais ses doutes semblent partis tant mieux, vas-y fonce José!
Au col (2496m), 1er ravitaillement, je vois derrière moi Reine-May et Nicolas, je les attends et nous partons ensemble pour le col de la Plagnette (2530m), le chemin est gelé, les rochers très
glissants je rattrape de justesse Reine-May qui partait en glissade vers le lac en contre bas.
Nous franchissons ensemble ce 1er sommet de la journée. La descente est entamée par un névé où je marque le chemin et guide mes comparses réunionnais. Le sol est toujours gelé, les torrents sont omniprésents, mais que le paysage est beau!!

On récupère rapidement une route d'exploitation-piste de ski qui descend lentement sur les hauts de Valloire, là quelques coureurs manquent le chemin qui coupe quelques lacets, je les rappelle. Nous retrouvons ainsi Bernard (un ami à R-M et N) qui était parti sur la route.
Nous arrivons à 4 au 2d ravitaillement. Là j'aperçois un coureur italien qui dans la descente a glissé sur un névé et s'est ouvert le front, les secouristes lui mettent un bandage des plus impressionnants. A partir de maintenant, il faut émarger à chaque point de contrôle. Je viens juste de signer que mes partenaires sont déjà repartis vers d'autres cieux.
NON!!! Je ne dois pas partir sur leurs traces, je prends le temps de me restaurer et de souffler, je tombe la polaire. Je repars tranquillement vers le col des trois-croix (Km 26), je suis en pleine forme, mon esprit vagabonde sur les paysages, je tente d'imaginer le retard, certainement conséquent, sur José... Que la descente sur Valmeinier est longue sur cette route forestière.
Jamais content!! Je profite de ce passage pour doubler quelques concurrents. Sur la route qui nous remonte sur le village de Valmeinier j'aperçois les 3 réunionnais de tout à l'heure, je gagne du terrain sur eux!! Au détour d'un virage une copine avec un appareil photo, elle est surprise de me voir aussi près des premiers (de notre groupe) et me trouve en pleine forme.

Pendant la montée vers la station de Valmeinier et le 1er gros ravitaillement, je rejoins un légionnaire qui ne semble pas être en grande forme (il abandonnera dans la montée du col des marches, un truc dans le dos?) et nous pestons ensemble contre les escaliers.
Grande surprise au ravitaillement: José est là!! avec femme et fils, à moitié nu, mais là! Il se changeait! Patricia me demande de mes nouvelles et tente de téléphoner à Sandra qui n'a pas voulu me suivre sur le parcours. José m'annonce être en forme et avoir trouvé pourquoi il était là.
Après mettre sustenté, je pars dans la longue foulée du Toutou. Le principe est simple, il faut suivre les pylônes du télécabine, donc un mur à prendre plein pot, pour rejoindre le GR. Je laisse immédiatement José partir à son rythme. Dans ce raidillon, deux coup au moral me frappe: j'ai perdu ma casquette dans la première partie du parcours, mon appareil photo n'est pas à sa place je pense l'avoir oubliais au ravito! J'hésite même à faire demi tour (je ne pensais pas être aussi fragile psychologiquement à ce moment de la course). De plus, la chaleur est à son comble, j'ai un méga coup de bambou, je n'arrive pas à monter, je me fais dépasser par une vingtaine de personnes.
Je cherche au plus profond de moi quelque chose pour continuer: rien!! Je fais ma énième pause dans cette montée vers le col des marches. Je décide de faire des portions de montée d'une cinquantaine de mètres puis de faire une pause. Allez, maintenant jusqu'au rocher après le virage! Oui, réussi, maintenant encore deux lacets et la pause! etc...
Vers le sommet, je retrouve les motards avec qui je parle 30 secondes, des randonneurs me sorte leur bouteille et m'offre de boire une gorgée, je n'ose refuser malgré ma poche à eau dans le dos, "reprenez en encore! Vous en avez besoin pour finir votre exploit!!" C'est bien plus que de l'eau qu'ils m'ont donnée ces messieurs, ils ne peuvent pas le savoir mais ils m'ont offert la fin du col des marches. J'y suis! 2725 mètres d'altitude, 40 Km de couru! Que c'est dur!!!
Je signe et regarde les temps, je viens de perdre 25 minutes sur José dans cette montée!!
La descente vers le lac de Bissorte est relativement rapide, je m'offre même un névé en glissade pour le plaisir. Oui mais ce plaisir n'est que de courte durée (~35 minutes) déjà il faut se remettre en marche vers la crête des Bataillères (2804m).

J'utilise la même technique que pour finir le col des marches: je monte par petites étapes. C'est toujours aussi dur, mais je m'accroche. Une pause pipi et on repart! Mais voilà que pour corser mon affaire un autre besoin naturel se fait sentir!! Je n'ai rien pour le satisfaire dans mon sac à dos! Je peux vous dire, que la fatigue, le manque de pèche et ce nouveau désagrément cela ne vous amène à penser qu'à une chose: Abandonner! De toutes façons il faut passer la crêtes des Bataillères, j'y suis enfin.

Maintenant la descente vers Valfréjus, je reconnais le chemin, c'est celui de la rando de mercredi, mais je n'arrive pas à regarder le paysage je ne pense qu'à 2 choses, mes jambes douloureuses et cette envie d'aller aux toilettes.