
Ma Fort'iche... voyage au bout de la montagne

1 avant la course
Cela fait plus d'une semaine maintenant que je suis tombé dans les bras de Raymond Ramina au bord du lac du Mont Cenis, j'ai refait le parcours plusieurs fois et je n'en reviens toujours pas.
Cette course commence en 2000, en rentrant de mes vacances pyrénéennes et de la course du Canigou, je fais mon CR et lis ceux du Toutou et de la Linotte: voilà ce que je veux faire!!
Courant mars dernier j'épluche les calendriers de course et demande des renseignements à plusieurs organisateurs, je suis tenté entre la raison (6000D) et la folie (Fort'iche ou Mercantour). Le Toutou semblant partant pour remettre le couvert sur la Fort'iche je me lance sur ses traces. Ma Biquette s'associe à ma folie en m'offrant l'inscription pour mon anniversaire.
Je ne suis pas anxieux pour affronter ces 115 km et 7200 m de D+ mais je vois bien que mon entraînement n'est pas au top, mais en Normandie les côtes ne sont pas légions!
Nous partons début juillet pour La Bourboule, le programme de ces vacances est rando ou 40' de course en alternance un jour sur deux.
La première côte en courant me fait craindre le pire, j'explose après 300m et moins de 30 m de D+. Enfin il me reste 2 semaines pour travailler les montées en rando et en course.
Mardi 17 juillet, nous plantons les piquets de notre tente au camping de Valloire, et je passe un coup de fil au Toutou. Rendez vous est pris pour le lendemain, une rando vers la crête des Bataillères avec des amis réunionnais et hautes savoyardes du raid gauloise. Rando tranquille et bonne enfant malgré un temps de chien.
Nous en profitons pour découvrir le balisage: d'horribles flèches oranges taggées sur les rochers, dommage de n'avoir pas renforcé le balisage déjà existant du GR, mais il parait que c'est un projet pour l'an prochain.
Vendredi 20 juillet, récupération du dossard, je me sens tout petit malgré mes 1m87, devant moi un coureur bulgare montre son certificat médical et ses "diplômes" d'ultra marathon: mon dieu! Que suis-je venu faire dans cette galère? Mon état d'esprit chute encore d'un niveau devant la carte du parcours, ma Biquette est quant à elle plutôt confiante, merci!
La pasta party du soir, nous réunis tous. Sous une tranquillité et des sourires de façade, on devine que chacun plonge en lui-même pour se donner la force de passer une bonne nuit, se mettre dans les meilleures conditions possibles pour la promenade du lendemain.
21h30, dodo, la nuit fut brève mais de qualité, à 2h45 je m'extirpe de mon chaud duvet pour me mettre en cuissard court et T short en carline, dehors il fait -2°, je mets une polaire en plus. Sandra dort, je ne la réveille pas malgré sa demande d'hier au soir.
En partant, petite pause aux toilettes où je croise notre voisin de camping surpris de me voir ainsi accoutré en pleine nuit. Il se demandera même le lendemain s'il a rêvé ou non!
3h00, je suis au petit déjeuner sous le chapiteau de Valloire, l'ambiance est studieuse sous l'oeil inquisitoire de la caméra de France 2. La tranquillité de la veille a disparu chacun vérifie qui le contenu de son sac, qui se pommade, qui passe son temps aux toilettes, l'anxiété est palpable.
Vers 4h00, je retrouve mes acolytes pour la vérification des sacs et l'attente du top départ. Raymond Ramina en bon militaire nous demande de coordonner nos montres pour le départ, personne n'a la même heure que lui, enfin un sourire bon enfant sur nos visages.
4h55, il faut rejoindre la ligne de départ.
5,4,3,2,1 TOP! Le peloton s'élance, Toutou me l'avait dit: "je partirai en marchant, c'est pas très dur alors on peut se laisser entraîner et le payer plus tard", j'applique ses conseils et le vois qui part en courant!