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Voici le compte rendu sur le championnat du Canigou du 6 août 2000, où je m'alignais avec le dossard 116.
Nous sommes arrivés le vendredi 4 à Vernet les bains, au camping 2 étoiles. La tente avait vue sur le Canigou qui nous narguait 2000 mètres plus haut.

Durant les 2 jours précédent la course nous n'avons pas vu une fois le sommet.
Même si je suis juste venu pour finir dans les temps, ce panorama a apporté un peu de prise de tête: "c'est trop dur pour moi, je ne suis pas assez entraîné", "je ne finirais pas dans les temps"...
Jour J - 1, samedi 5 août.
Retrait des dossards après la sieste!
Promenade à Perpignan, et achat de tubes de fortifiant pour la course, ainsi que d'une paire de bâton de rando pour la Lapoupoue.
Dépôt de la voiture en centre ville, à 1 Km du camping pour avoir du rechange après la course.
Jour J, dimanche 5 août
Levé 4h30 (un dimanche de vacances!!), petit déjeuner rapide et montée en ville pour le départ de la rando à 5h30 où Madame Lapouneur s'aligne.
Il règne une très bonne ambiance dans le centre de Vernet les bains, celui ou celle qui voulait faire une grasse matinée en est pour ses frais. Un groupe de jeunes de retour de boîte de nuit nous accueille au son de la chanson du groupe Zebda :"Motiver"
Après le départ des marcheurs, je retourne à la voiture pour tenter de dormir un peu, sans succès.
Sur les coups de 7 h, je me dirige vers la ligne de départ et vois à un café de la vidéo de l'an passé: retour des doutes au grand galop.
A l'heure H, nous sommes 470 à nous élancer dans la fraîcheur du matin (il faisait nettement meilleur à 5 h 30), je fait les 2 premiers Kilos en 12 minutes (+247 m), pépère.
Ensuite pour la montée vers le col de Jou, (2 Km) et début de la vrai montée en tout terrain, + 328 m, ça devient dur-dur mais en tirant sur les bras on tient un rythme de 10 mn au kilo. Col de Jou 5 minutes d'arrêt, ravito, pipi.
De là au refuge de Marialles, 4 Km et + 593 m le peloton où j'étais explose sur cette longue et large route forestière. Je fait des dépassements dans cette portion où tout le monde marche (2 semaines de rando avant ça aide). La route s'arrête au Refuge de Marialle où se trouve le second ravito.
Le chemin, maintenant, descend vers un torrent pour mieux remonter après, mais en pente douce puis il reste en balcon, avant un nouveau torrent et une montée un peu plus raide et l'arrivée au refuge Arago au Km 13, +465 mètres depuis le dernier ravito. Durant cette portion, j'ai couru tout le long doublé du monde et rattrapé mes premiers randonneurs au Km 10.
Du refuge Arago, je vois un long faux plat où serpente un serpent multicolore de coureurs marchant et de randonneurs randonnant. Ici le froid se fait sentir, surtout que le vent s'est levé, j'enfile un sweat, que j'avais en réserve dans mon sac à dos. ceux qui n'ont qu'un Tee-shirt ou un maillot sont gelés.

Durant la montée du faux plat, je ne fais pas exception : je marche, non pas à cause de la pente, ni de puls trop élevé mais certainement à cause de l'altitude car, personnellement,
j'ai l'impression d'avoir du mal à respirer au moindre effort.
Maintenant commence les choses sérieuses, j'aperçois le pierrier de montée et la fameuse cheminée sur ma droite. Certes la montée vers la cheminée est raide mais comme un bon chemin de randonnée en montagne,
donc je le prends à un rythme de rando soutenu et je continue de doubler dans la montée. Cela devient plus difficile car le chemin n'est pas large, les blocs de roches eux le sont, et il y a foule.
De plus le vent est très fort, le vent est très froid. certains ont les mains gelées. J'entend un hélicoptère, la Lapoupoue me diras qu'il s'agit de quelqu'un victime d'un malaise emmené vers l'hôpital.
La cheminée est un passage d'escalade facile, mais trop encombré, surtout ne pas tomber en arrière, ne pas glisser le trou est là. De plus des pierres tombent poussées, involontairement, par ceux de devant.

Enfin le sommet du Canigou. Après 3 h 30 d'effort pour 16 malheureux Km! bon d'accord on a
gravis 2134 mètres au total. Nous sommes à 2784 mètres, le paysage est... dans les nuages. il y a un
fort vent, la Lapoupoue a même eu de la grêle. le lendemain nous avons acheté une carte postale pour découvrir le panorama. 
Il y a un ravitaillement en eau, je prends un verre en me mettant à l'abri de la table d'orientation, il fait vraiment très froid. On nous informera à l'arrivée qu'il faisait 0° au sommet.
Maintenant la descente, d'abord dans un pierrier encombré de pierres :-) de concurrents et de randonneurs qui montent au sommet par ce versant qui est plus simple. Ensuite chemin dans la végétation, où
je profite d'un virage en épingle à cheveux pour tomber et avoir un début de crampe au mollet gauche. Heureusement il disparaît immédiatement. Au refuge des Cortalets, 2150m, premier ravito de la descente, je prends mon
temps pour bien boire et manger car ce début de descente a été éprouvant et je n'ai pas eu le temps de boire ou de manger. j'enlève mon sweat il n'y a plus de vent depuis quelques kilomètres et je part.
Rapidement on rejoint une route forestière, où je voit des adeptes du Papy :
"ne suivons pas les balises qui coupent la descente mais faisons tous les lacets" je les appelle pour leur indiquer leur erreur mais ils ne m'entendent pas et continuent.
Maintenant la descente entre en forêt et se fait tout schuss ou presque jusqu'au refuge de Baltag, 1582 m,
km 23.
Après quelques nouveaux raidillons dans la forêt, on retrouve la route forestière.
Pendant plusieurs kilomètres je suis vraiment seul. Depuis le sommet je courrais en solitaire mais toujours
avec du monde en vue que je doublais régulièrement, mais la personne! "Ca y est je suis entré
dans la secte du neurone fripé!!" me dis-je. Mais non de temps en temps du rubalise orne les arbres et
comme ce n'est pas Noël, cela prouve que je suis sur le bon chemin.
L'attaque des raidillons est difficile les cuisses me font mal et ralentissent fortement ma descente.
La vision de la Lapoupoue en dessous de moi me redonne des ailes. Avec deux autres camarades de galères
nous nous traînons au ravitaillement de la Citerne, 1070 m, Km 26. de là descente sur un torrent,
traversée du torrent avec des pierres glissantes et surtout remontée hors du lit du torrent archi
dur. Le chemin est en balcon avant une descente vers le col de Juell, 899m, Km 28., où des pompiers nous
offrent à boire...de l'eau. Le petit groupe où je me trouve me dépasse mes cuisses et la fatigue
ne me permettent plus de dévaler la descente sans frein. Au retour sur la route je remets le turbo et remonte
4 coureurs du groupe, seuls un ou deux ne sont pas revus.
Arrivée dans Vernet, je regarde mon chrono et me rend compte que je peux finir en moins de 5h25,
j'en remet une couche et fini au sprint sur la dernière ligne droite et fini ce calvaire en 5h24.
Je reçois une médaille assez jolie et un diplôme avec mon nom et mon temps. La Lapoupoue arrive une demi heure après, puis je vais me faire masser par une jolie masseuse, aaaaaaahhhh!!!!!.
Repas dans les jardins du Casino, remise des prix, et mauvaises nouvelles:
- Les agents de l'ONF se sont pleins du passages de plusieurs coureurs en dehors du chemin dans un zones protégées, l'ONF menace même de déposer plainte, d'où de graves menaces pour une édition 2001 du Canigou.
- Le podium des 10 premiers regroupe 9 catalans français et espagnols, et un ariégeois. Le premier Frédéric Frézoul a bouclé le tout en 2h54'11'' c'est le premier français sous les 3 h depuis la création de l'épreuve, il manque le record de 50 secondes.
Avec mon temps de 5h24'41'' je fini 308e, et pourrais monter sur le podium en VH4 ou VF3!!!!
La Lapoupoue avec 7h46 finie 88e des randonneurs dont les premiers l'ont fait en courant!
Après discussion avec plusieurs coureurs les avis sont unanime : c'est la première édition
où le temps était aussi mauvais, mais le plaisir est toujours renouvelé.
Finalement, la course a été reconduite en 2001 et une nouvelle course de 100 Km est organisée dans le massif du Canigou début juin: le Grand Trail de Castelnou, qui reprend une partie de ce parcours.
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