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Le Raid28 2006 de l'équipe
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L'initiation de dégâts des zoosLe Raid28 se vante d'être la troisième dimension de la course à pied.
Quelles sont ces dimensions ?
C'est bien joli tout ça, mais cela fait 4 dimensions. Il est bien
rare de voir une publicité minimiser un événement. Donc, le Raid28
est arrivée à s'affranchir de notre espace temps pour entrer dans un
monde parallèle, l'espace Turoom. Ce monde parallèle est régi par trois dimensions seulement. Il n'est
perceptible que par quelques initiés, qui ont du passer par de
nombreuses épreuves. Pour faire simple, cette initiation se déroule en
une seule nuit, au plus froid de l'hiver dans une région quasi
désertique : la vallée de Chevreuse et la Beauce. Les candidats à la connaissance doivent accomplir un parcours initiatique, dont aucun ne sortira indemne. La première dimension : Dans l'espace Turoom, c'est la progression. Se rendre de Bures sur Yvette, le centre du monde dans cet univers à un quelconque point de celui-ci. Généralement à une grosse soixantaine de kilomètres. La progression doit obligatoirement se faire à pied, et commencer de nuit. La progression est importante, elle conditionne les autres dimensions. Elle fait prendre conscience de la justesse des fables de Monsieur de La Fontaine : « Rien ne sert de courir, il faut partir à point », « Dégâts des zoos », est parti au trot, après quelques heures a continué au petit trot, puis à marcher vite (notamment pour rejoindre le PC12) , ensuite marché et enfin nous nous sommes traînés entre le PC14 et l'arrivée. « On a toujours besoin d'un plus petit que soi », Prenons les membres de « Dégâts des zoos », un capitaine-lieutenant Blueberry, un Lapouneur à plus 1m80, un Ecureuil au delà des 1m75 puis un Shadock et une Souris plus petits. L'un apporte sa forme physique qui lui permet, tel un chien fou, de gambader en avant du groupe, sur ses côtés pour valider les preuves de son passage (accompagné par le capitaine-lieutenant, le chien fou ayant parfois tendance à gambader follement et oublier son travail comme à la balise 15 qui était en plein milieu du passage!). La dernière apporte une touche de sensibilité féminine, de bonne humeur et éclaire ces camarades orienteurs. Cette initiation reprend les traditions judéo-chrétiennes et musulmanes : avec la traversée du désert de Beauce, l'immersion dans les eaux de la Bièvre et le pèlerinage en groupe. La deuxième dimension : Dans l'espace Turoom, c'est le décryptage de signes cabalistiques. Il s'agît de reconnaître sur des cartes des signes correspondants à des descriptions succinctes. Pour ensuite aller vérifier sur le terrain, si cette reconnaissance est exacte. Cette acte doit être accompli dans l'ordre prédéterminé par le mage Jano. Le respect de ce rite détermine la qualité de la progression. Toutes les dimensions sont liées entre elles. Pour mener à bien cette initiation, chaque groupe de pèlerins fait appel à des initiés de premier niveaux : les orienteurs. Ils doivent jongler avec leurs connaissances des mathématiques pour passer d'une échelle à une autre. D'où le loupage de la première balise de la spéciale Mémory, mauvais calcul de distance. De même, ils jonglent avec les référentiels couleurs pour passer d'une carte IGN à une carte FFCO. Le blanc de l'une est le jaune de l'autre. Cette initiation est aussi le moyen de faire travailler la mémoire de chacun. Là, notre Ecureuil a eu du mal. On ne compte plus les recherches de sa boussole, la perte de nos stylos pour le report des balises. La troisième dimension : Dans l'espace Turoom, c'est l'humain. C'est la dimension la plus importante : arriver à faire progresser ensemble 5 personnes, dont au moins une femme. Il est plus simple de faire seul 100km en trail que 70km à 5. Il faut tenir compte de l'entraînement de chacun, de l'état de forme du moment, de la capacité à supporter le caractère des partenaires. Au fil du temps, les hauts et les bas dans la forme de chacun oblige les uns et les autres à aller un peu plus vite que son rythme pour ne pas trop freiner les camarades, ou un peu moins vite que ses possibilités pour ne pas asphyxier les copains en difficultés. Cette dimension humaine est double, on vient de le voir. Il s'agît de supporter les autres, les tirer, les pousser, les aider. Mais c'est aussi un grand dialogue intérieur. Prenons le cas du Lapouneur : Au fil de la nuit le manque d'entraînement se fait sentir, surtout avant les lueurs de l'aube. Il ne faut pas le montrer aux autres, en tout cas pas trop, rester au contact du groupe, voire en prendre la tête pour imposer son rythme sans pour autant freiner la progression globale. Dans le même temps une petite voix vient sournoisement « Ton train est à 18h. C'est le dernier pour rentrer à la maison. On va trop lentement pour que tu puisses le prendre. Tu as mal. Ne te force pas trop. Ne gâche pas ta saison. Personne ne t'en voudra si tu ne peux continuer. Et tu auras ton train. » Et moins ça va, plus la petite voix vient parler du train. Ça, c'est la petite voix du diablotin sur l'épaule gauche, sur la droite un angelot susurre « Il faut tenir, les autres comptent sur toit . Si tu arrêtes toute l'équipe aura perdu. Penses au bouquin que tu lis(*), Lui il n'aurait pas abandonné » Et finalement, c'est l'auréolé qui l'emporte et même il vient chercher au fin fond du Lapouneur l'énergie pour le faire courir avant la 2e barrière horaire, alors qu'il ne marchait qu'avec difficultés quelques hectomètres avant. L'aventure intérieur, c'est aussi arriver avec les larmes aux yeux, de douleur, non ! De plaisirs d'avoir réussi à finir, de tristesse de n'être plus que 4. Pourquoi plus que 4 ? Là encore, c'est l'élément humain qui est grand. L'Ecureuil qui donne tout pour que l'équipe passe la barrière horaire, malgré une cheville mal en point et qui finalement ne peut plus continuer pour avoir tout donné. A Nogent le Roi, l'initiation est terminée, qu'en reste-t-il ? Que
l'on ne peut que sortir grandi de tout cela. Les deux premières
dimensions sont importantes et pas faciles mais elles ne sont que les
catalyseurs de la troisième celle qui fait du Raid28 une épreuve
inimitable où l'on découvre des hommes et femmes dans ce qu'ils ont de
meilleur : le coeur. (*) Le livre : "La mort suspendue" de Jo Simpson qui est resté seul en montagne avec une jambe cassé dans le fond d'une crevasse de glace et qui est arrivé à redescendre au prix de bien des souffrances. |
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