L'Ultra Tour du Mont Blanc


de Jean Marc Enguiale


Cliquez sur son prénom, pour mieux connaître Jean-Marc.


Ultra Trail du Mont Blanc. Voilà des mots qui résonnent dans mon esprit depuis longtemps déjà. Depuis mon envie de participer à cette belle course. Il y a trois distance au choix : 67 kms avec arrêt à Courmayeur (Italie), 110 kms avec arrêt à Champex (Suisse), et le tour complet avec 150 kms et retour à Chamonix.
J'opte pour le 110 kilomètres qui sera pour moi déjà un bel objectif.

U

comme Ufo. Les Ultras Fondus sont une communauté de coureurs passionnés et fêlés à la fois, les retrouver et en découvrir de nouveaux lors de ce trail est pour moi un véritable plaisir.

T

comme Tentation. Le Mont Blanc est un mythe à travers le monde. Le défier, même sur une petite partie, est un rêve. En faire le tour, serait pour moi mon exploit. Tentation de toucher mes limites.

M

comme Montagnes. Vu le parcours, c'est clair, cela se voit tout de suite : avec des cols à plus de 2500 mètres d'altitude, des pentes à plus de 15 %, les montagnards auront un avantage certain, quant à nous, les mecs des plaines, ben, on fera comme on pourra.

B

comme Beauté. Voilà là aussi une des raisons de mon déplacement dans les alpes : la beauté des paysages. Côtoyer de près le Mont Blanc et admirer ses différentes faces ainsi qu'avoir une vue majestueuse sur la vallée ont penché énormément aussi dans mon choix.


J'arrive 3 jours avant le départ dans les alpes. Le mercredi donc, il fait pour l'instant beau, le soleil est là, tout va bien. En écoutant la météo du soir, il est annoncé pluie et orages à partir de vendredi. Optimiste, je me dis qu'ils se sont trompés !
Le vendredi je me rends à Chamonix pour le retrait du dossard et la pasta party. Malheureusement, ils (les gars de la météo) avaient vu juste : il pleut..
Mais bon, le plaisir de découvrir des UFO's, d'en revoir d'autres et l' excitation à l'approche du départ font que la pluie est le dernier de mes soucis. Pour l'instant du moins.

Je passe la nuit dans l'appartement d'Etienne et le réveil à 2H30 est un peu dur. Je me prépare en vitesse, enfile ma tenue tout en déjeunant (j'ai opté pour le gâteau" Flap Jack"). 1 heure après, nous voilà sur la ligne de départ. Nous faisons quelques photos avec les UFO's.
Je ne ressens aucun stress ni aucune tension lié à cette course. Pourtant la distance ou le dénivelé pourraient me causer des maux de têtes. Il vaut mieux positiver et se dire que l'on est à la recherche du plaisir.

Le compte à rebours est lancé : 5.4.3.2.1.Partez !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Le départ est tranquille et on s'élance dans les rues désertes de Chamonix où parfois on rencontre quelques fêtards de la nuit, qui visiblement, se demandent ce qui se passe. Ça papote tranquillement dans le peloton. J'ai opté pour une tenue légère : tee shirt à manche courte (estampillé Ufo s'il vous plait) et short. Bien sûr, j'ai ma frontale sur la tête en guise de casquette. J'ai aussi décidé de prendre les bâtons de randonnée car je pense qu'ils me seront très utiles. Durant ces premiers kilomètres"bitumeux", d'ailleurs, le bâton est un sujet de discussion très à la mode.

Puis on attaque les premiers sentiers. La nuit, tout est différent, la perception des bruits, des distances, des obstacles, rien n'est comparable au jour. Phil est à mes cotés, du coup cela me rappelle quand on faisait équipe lors du raid 28 (voir le compte rendu sur mon site). J' allume ma frontale mais quelque chose me chagrine : j'ai l'impression que ma frontale déconne un peu et que l'éclairage n'est pas vraiment bien orienté par rapport à mes sorties d'entraînement. Cela va m'occuper l'esprit pendant quelques kilomètres et puis le déclic :" ben oui, gros naze que tu es, tu l'as mal mise. " Je manipule l'engin et hop voilà, là c'est bon. Je ne dis rien dans l'assistance, sinon ça va rigoler.
Coté paysage, même s'il fait noir, nous sommes à flanc de vallée dans une forêt et dans le contrebas, nous pouvons voir les villages. Du moins leurs éclairages, c'est un joli spectacle. Dans une nuit noire, voir toutes ces petites lumières qui surgissent de nulle part, m'a toujours fasciné. Lors de mes entraînements de nuit l'hiver dernier dans la région parisienne, je restais parfois arrêté à voir au loin Paris et sa banlieue éclairées, alors que tout est noir et silence autour de moi.

Mais ici, il faut pas trop traîner car il y a des barrières horaires.

Les chemins sont pour l'instant facile techniquement et nous rejoignons les Houches pour un premier ravitaillement liquide après 8 kms de course. Au ravitaillement, on se retrouve à plusieurs UFO's (il faut dire qu'avec 60 participants inscrits, c'est sûr que l'on finit par se croiser)

Nous allons attaquer la première difficulté de la journée : le col de Voza. On prend 500 mètres de dénivelé en 5 kms. Autrement dit, ça grimpe déjà. Et hop, on marche. La montée se passe sans problème, les chemins sont toujours" rapides", et aucune difficulté technique n'apparaît à l' horizon. J'alterne marche et course, comme de nombreux coureurs, et fais équipe notamment avec Etienne, mon hébergeur de la nuit précédente mais aussi compagnon de route lors de la Trans Oasis. Dans la descente de ce col, je me remets à courir, d'ailleurs, je compte en profiter tant que j' ai la force pour le faire et que j'ai pas mal aux jambes.
Le jour commence à se lever, j'ai éteint la frontale depuis belle lurette mais je décide de l'enlever uniquement au prochain ravitaillement. Le jour s'est levé avec ses premiers mauvais signes : car, on ne peut s'empêcher de lever les yeux au ciel et de voir que les nuages sont gris. bref, que le soleil sera certainement pas de la partie.

La pluie est toujours le dernier de mes soucis.

Les paysages sont verdâtres, de temps en temps on croise des agriculteurs avec leurs vaches. Et hop, on se pousse un peu car les bêtes sont assez imposantes et j'ai pas envie de recevoir un coup de tête. Entre Champel ( kilomètre 19) et les Contamines (kilomètres 24), il s'agit d'une partie de parcours plus nerveuses, c'est une succession de montées et de descentes assez brèves, qui conviennent parfaitement aux trailers des plaines comme moi. De petits groupes de coureurs, plus ou moins espacés, se forment, se croisent, se regroupent et se défont sans aucune logique. Par contre, il commence à pleuvoir. Ca déjà, c'est moins bon. Je décide de faire rapidement un petit arrêt et de sortir du sac de quoi me protéger. J'ai deux choix, soit ma veste gore tex, soit une veste plus légère. J'opte pour la seconde en me disant qu'à Courmayeur, si je repars, je serais bien au sec avec la gore tex. Ai je fait le bon choix ? L'avenir proche me le dira. J'en profite également pour enlever la frontale.

La pluie ne me fait pas peur.

Nous arrivons aux Contamines au premier ravitaillement solide à trois UFO's :"Nitram », un coureur que je connaissais pas mais fort sympathique, Etienne et moi même. J'en profite pour boire 2 à trois verres (comme au premier ravitaillement) et je mange quelques morceaux (chocolat, barres de fruits). Je repars juste avant mes compagnons mais il ne s'agit pas d' une tentative d'échappée, c'est juste pour prendre de l'avance dans le but d'aller au petit coin.

La pluie s'arrête et reprend parfois. Pour l'instant, elle ne me dérange pas d'autant plus qu'elle en rend pas la progression plus difficile.

Certains diront, c'est dommage ces nuages bas, ça gâche la beauté des montagnes. Personnellement, je trouve que cela fait un peu apocalypse, style fin du monde. Alors profitons en, courons !!!!!!!!!
Surtout que nous sommes dans la plaine et que le parcours est agréable, plat et on en plus on longe une rivière.

Aux alentours de Notre dame de la Gorge, le parcours est plus compliqué : il faut non seulement monter, mais aussi faire attention sur les chemins car il s'agit d'une partie très rocailleuse avec de nombreuses dalles. Ça glisse parfois mais avec l'aide des bâtons, l'équilibre est plus facile à trouver. Nous progressons toujours à trois dans cette montée. Nous discutons de tout et de rien, en fait, nous apprenons à nous connaître, pour l'instant tout les voyants sont au vert, l'alternance marche / course y est pour beaucoup.

Un photographe apparaît, assis sur son siège. Et voilà une belle photographie. Nous continuons ensemble jusqu'au ravitaillement de la Balme (kilomètre 32). Les choses sérieuses ont déjà commencé depuis plusieurs kilomètres : On ne fait plus que grimper, et donc marcher, du moins pour nous.

La pluie est toujours là, de plus en plus présente. Les chemins sont un peu plus glissants maintenant mais le moral est toujours là.
La pluie, je crois qu'elle fait partie intégrale du décor.

A partir de ce ravitaillement, la pluie redouble d'intensité, avec en prime, le vent, qui commence à souffler. Je repars avec Etienne," Nitram" ayant décidé de passer la vitesse supérieure. Etienne décide alors de sortir son poncho" Adidas". Contre la pluie, je sais que l' efficacité est excellente mais avec le vent, j'émets des réserves." T' inquiètes, tu vas voir"qu'il me répond".

La montée au col du Bonhomme est longue et dure. Il y a des passages difficiles, surtout à cause de la pluie. Des chemins de boue commencent à se former et parfois, les pieds glissent. Heureusement, j'ai les bâtons pour me maintenir. Plus personne ne parle. Je commence à avoir un peu froid. Il faut dire que ma veste légère protège super bien de la pluie, par contre du froid glacial.

Enfin, nous arrivons au col du Bonhomme. Altitude 2500 mètres. Bienvenue en enfer, je dirais même. Je plante le décor : Pluie ou neige fondue, bourrasques de vent qui vous font dévier soudainement du sentier, nous sommes dans les nuages (ou brouillard) et la visibilité est de suite tomber à une vingtaine de mètres devant. La situation se complique dangereusement à cet endroit du parcours. Et en plus, j'ai devant mes yeux , depuis de nombreuses minutes, un fantôme noir qui déambule sur les sentiers. On dirait que ce fantôme noir qui essaye de s'envoler. Noir, comme la couleur du poncho d'Etienne. Car, ce dernier est juste devant moi , qu'il a du mal à maintenir le poncho à cause du vent, et qu'il doit lutter pour que celui ci ne lui gène pas la vue. La bataille fait rage et on dirait bien un fantôme, comme en voit dans les séries B à la télé. "Ouuuuuuuuuuhhhhhhhh, je suis Etienne...", je rigole de la situation.
D'ailleurs, on profite de ces conditions (oui on aime ça) en prenant des photographies. Nous ne nous éternisons pas trop car il fait vraiment froid . Nous rejoignons la Croix du Bonhomme, toujours dans ces conditions météorologiques difficiles. Bientôt la descente s'annonce.

La pluie ne s'arrête pas, j'ai l'impression qu'elle est collée à mes chaussures.

Ça y est, nous amorçons la descente. Du coup, les conditions sont un peu plus clémentes. Le vent ne souffle plus du coté de ce versant. J'en profite pour courir un peu, ça fait du bien moralement. J'expérimente la ligne droite, à la manière des ténors du trail. D'une part parce que j'en vois certains le faire et d'autre part, les sentiers sont devenus très boueux et très glissants, après le passage de nombreux coureurs et qu'il est plus sécurisant de courir dans l'herbe humide. Enfin presque.
J'aurais l'occasion de glisser deux ou trois fois dont une belle frayeur : Si chaque fois, je me rattrape avec les bâtons, ce coup ci c'est loupé, je pars en arrière, chute sur le sac à dos, et hop, c'est parti pour une belle glissade. Le sac faisant office de luge (ils sont très polyvalents les sacs raidlight je vous dis), je m'offre involontaire une descente sur une bonne quinzaine de mètres. Non seulement j'arrive pas à m'arrêter ou freiner, mais en plus je prends de la vitesse.heureusement je finirais ma course dans le sentier en contre bas. Je ne sais pas si le spectacle offert à quelques concurrents les a refroidi, en tout cas, tout le monde, y compris moi même, finissons cette descente sagement en empruntant la totalité des sentiers, tous en file indienne.

La pluie continue toujours, plus fine mais toujours présente.

Nous voilà dans un petit village en contrebas des montagnes, il y a un point de contrôle où les bénévoles nous annoncent le refuge des Mottets à 30 minutes. On ne saura jamais si les bénévoles parlaient du trajet effectué en voiture, en hélicoptère, en jet ski, ou en vélo. En tout cas, la montée bitumée sera un véritable calvaire. certainement pour avoir espérer le ravitaillement à 30 minutes, il nous faudra moins de temps pour constater que l'on est bien plus loin que cela. Dans cette montée, je me retourne souvent car Etienne a disparu de mon chant de vision. Je m' inquiète car, même si je descends un peu plus vite que lui, il aurait du me remonter dans cette ascension.

Si la pluie nous a abandonné pendant quelques temps elle est vite revenue signaler sa présence.

Voici enfin le refuge des Mottets à 1870 d'altitude. Et là une très grosse surprise m'attends. Mes parents sont là, aussi trempés que moi. On se fait la bise, ils prennent des nouvelles. Je réponds que ça peut aller, sauf que j'ai froid. Nous prenons des photographies. Mon père me dira que les conditions s'améliorent un peu jusqu'à Courmayeur. En tout cas, il aura la réplique exacte :" Décidément, tu as de la chance, chaque fois que tu fais une course en montagne il fait mauvais." Il fait allusion à la Fila Sky Race de l'année dernière où les conditions avaient aussi été dures.
Je me ravitaille tranquillement, je remplis ma poche à eau. Et toujours pas d'Etienne. Voilà au moins dix minutes que je suis aux Mottets. Enfin le voilà qui arrive. Il m'expliquera qu'il a encore des problèmes d' alimentation et qu'il rejette tout ce qu'il avale. Arf, pas de chance. Je décide de l'attendre avant d'attaquer la montée au prochain col. il y a aussi" Jésus" des UFO's. On en profite pour prendre encore des photos et hop, on repart. De suite, on est dans le vif du sujet. Ça grimpe dur et fort de suite après le refuge. Le vent gronde à
nouveau.
Quant à la pluie, vous l'avez deviné, elle est toujours là. A croire que quand je fais un pas, elle en fait un aussi.

Dans cette montée, Etienne a du mal. Visiblement il est pas dans son assiette. Plus on monte, plus Etienne devient un petit point. Je suis en compagnie de"Jésus », on alterne marche et petite pause, au milieu d'un troupeau de moutons. Ils sont tellement nombreux que je m'amuserais pas à les compter. En tout cas, leurs laines me réchaufferaient bien. Après une longue montée, nous arrivons au Col de la Seigne, à 2520 mètres d'altitude . Je prends"Jesus » en photo avec comme fond le Mont Blanc. Enfin, ce que l'on peut en deviner malgré les nuages toujours aussi présents.
Je lui dis de continuer, je décide d'attendre Etienne. Je retourne en arrière et certains coureurs me regardent, d'un air de dire que celui là, il est fêlé ou il a perdu quelque chose. Après plusieurs minutes, Etienne arrive. Ça ne va pas mieux. Re photo. Nous attaquons ensemble la descente et Etienne me dit de continuer seul. D'après mes estimations, il y a une descente puis un long plat et nouvelle descente sur Courmayeur. Je décide de le laisser et comme je me sens bien, j'y vais en courant. Enfin, j' alterne marche et course car pour moi, il est toujours question de continuer jusqu'à Champex.

Sur le plateau qui mène jusqu'au lac Combal, c'est plat comme dans nos plaines parisiennes. Du coup, j'en profite pour courir; Je suis surpris de la mécanique humaine. Même si des douleurs sont là, la volonté permet de surpasser tout cela.

J'arrive au lac de Combal et je fais une petite pause. Mon entre jambe me fait souffrir à cause d'un début de brûlure. Je décide de remettre une couche de crème nok. Il y aussi un ravitaillement, j'en profite pour boire et m'alimenter.
Je repars tranquillement. Et là, je vais m'apercevoir que j'ai foiré dans mes estimations. Pauvre Etienne.

Au fait, il ne pleut plus.

En effet, j'avais oublié un col sur le chemin. Donc, vous l'avez compris , on remonte. Cette ascension est longue, d'autant plus longue que maintenant les écarts entre concurrents sont plus grands. Parfois, au loin j'en vois un, parfois j'en double un qui me redouble 200 mètres après. Tout le monde souffre en silence. Si la pluie a disparue, ou presque, c' est le vent glacial qui a pris la relève. Et là, j'ai vraiment froid. Les sentiers sont assez roulants, heureusement je dirais. Mais ça grimpe toujours, en fait je le savais pas, mais on remontait à 2450 mètres, alors forcément, les pentes sont parfois raides. Plus loin, sur une pierre, je vois l'inscription" Normandie". Je n'en pense rien et après quelques virages je comprends tout : des vaches à perte de vue, qui broutent paisiblement l'herbe. Je souris en repensant à l'inscription. Il y en a même sur mon sentier. Allez, un petit coup de bâton sur le train arrière de l'animal, et hop, il se pousse. Non mais, il va pas m' arrêter en si bon chemin. Si je fais plus attention à l'endroit où je mets les pieds, c'est surtout pour éviter les bouses de vaches, très nombreuses par ici.

Il fait froid, mais la pluie a pris du retard sur mon allure. Tant mieux.

Après l'arête du Mont Favre (58ème kilomètre), c'est la descente qui commence. On alterne faux plats descendants et descentes. Je recommence à courir un peu. Ahhh, ça fait du bien. Je suis seul maintenant. Je regarde les paysages tout en continuant d'avancer. c'est magnifique malgré le ciel gris. Et quel silence, c'est tout simplement divin.
J'arrive au ravitaillement du col Chécroui. Je m'arrête et je me ravitaille . Tiens, ils parlent français (car je le signale, nous sommes en Italie) . Et ben, j'aurais mieux fait d'être sourd. Car ils discutaient des conditions météorologiques après Courmayeur. J'ai pris un coup au moral car dans les conditions énoncées, je sais que je suis pas équipé pour continuer.

Néanmoins, Courmayeur est plus très loin, je préfère m'élancer et décider ensuite de la tournure des évènements.

Au fait, ils annonçaient de la pluie orageuse pour la nuit, cela me changera pas trop.

La descente sur Courmayeur fut un véritable calvaire pour mes cuisses. Longue et cassante descente. Chemins larges certes mais impossible de marcher dans ces descentes, en tout cas, moi, j'y arrive pas. Je cours tout en grimaçant et je vois Courmayeur se rapprocher. A petits pas, je vois la fin de cette première partie du parcours. De zigzags en zigzags, Courmayeur m'ouvre ses bras. Les chemins rocailleux font place à une route goudronnée. La pente s'adoucie au fur à mesure de mon arrivée sur la ville . Et voilà, je me trouve seul à l'entrée du village. Quelques applaudissements sont là, je me remets à courir quand je vois mes parents. Je traverse les ruelles désertes en leur compagnie, en marchant. j' apprends de mon père que les conditions climatiques ne vont pas en s' arrangeant et que vu ma tenue légère de" danseuse des plaine", il va falloir penser à s'arrêter. Il ne fait que confirmer mes doutes.

Dommage, car j'avais oublié la pluie depuis plusieurs kilomètres.

Après un peu plus de 14H, j'arrive à Courmayeur, je dis à l'organisation que j'arrête là, je récupère mon tee shirt, mon sac et file au vestiaire. A ce moment là, ils affichent le dernier bulletin météo. On ne sait jamais . Pluie orageuse, neige à partir de 2100 mètres, températures proche de zéro, bref, rien de bon et je suis soulagé d'avoir pris une bonne décision.

Au final, très belle course, et déjà rendue mythique par les conditions climatiques. bravo pour l'organisation qui a fait presque un sans faute pour la première édition. Nous pouvons, les coureurs, remercier chaleureusement tous ces bénévoles qui ont affronté la pluie, le froid, la nuit, pour nous accueillir avec le plus grand sourire.

Personnellement, je suis assez content de moi. Quelques douleurs musculaires (la dernière descente a fait mal), des ravitaillements dans l 'ensemble bien gérés (pour une fois, j'avais emporté jusque ce qu'il fallait), une bonne maîtrise des bâtons (enfin il me semble)..voilà mes points positifs. Par contre, gros point négatif concernant ma tenue vestimentaire. J'étais vraiment parti léger et je n'avais pas prévu des vêtements adaptés à l'effort en montagne (cuissard long, tee shirt manche longue, polaire...), il ne faudra pas que je me fasse avoir la prochaine fois.


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