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L'altitude est "la hauteur
d'un point par rapport au niveau moyen de la
mer." Cette définition simple du
dictionnaire nous semble une évidence. Cette
évidence est récente, puisqu'elle
découle de la définition de Blaise
Pascal de l'altitude : "Les
points d'un même altitude sont
équidistants du centre de la Terre."
De cette définition Jacques Cassini,
astronome français du XVIIIe siècle,
en conclut qu'il suffit de mesurer la hauteur des
lieux par rapport au niveau de la mer, celle-ci
étant, théoriquement, à une
distance fixe du centre de la Terre.
Ceci posé, il reste à définir
le niveau zéro, car la mer, à un
point donné, n'est jamais à la
même altitude avec les marées et les
vagues. C'est pour cela qu'en 1860 un décret
ministèriel fixe ce fameux "niveau 0" au
trait indiquant 40 centimètres sur
l'échelle de marée du fort Saint Jean
de Marseille.
Le choix de Marseille s'explique par la très
faible amplitude la Méditerranée sur
ses rivages français.
Ce choix, plus ou moins, arbitraire ne satisfaisait
pas tout le monde. D'où l'installation d'un
marégraphe mesurant en permanence le niveau
de la mer à Marseille, dans l'anse Calvo,
entre le 3 février 1885 et la 1er
Janvier 1897. Un comité du nivellement
général de la France pris le niveau
moyen des mesures faites sur cette période
pour en définir le niveau 0 des altitudes en
France.
Jusque là, tout est simple, mais cela se
complique par deux petits détails amusants
:
- Le niveau 0 des altitudes n'est pas le niveau
0 marin. Celui-ci est plus bas, les cartes
marines ayant comme référence le
niveau des plus basses eaux de coefficient 120
(en simplifiant).
- Il existe différents types d'altitude.
Pour faire simple, si l'on prend les altitudes
rencontrées pour aller d'un point à
un autre, qu'ensuite on calcule le
dénivelé total parcouru et qu'on
l'ajoute à l'altitude de départ, on
ne trouve pas forcément l'altitude du
point d'arrivée. Ceci pour des raisons
compliquées, qui m'échappe un peu
beaucoup.
D'où, la création d'un réseau
de nivellement à travers le territoire
français.
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De ces différents types d'altitudes, il a
fallu choisir une méthode unique de calcul.
Puis de là, tisser un ensemble de points de
repère d'altitude définie au
millimètre près à travers la
France.
Ces repères sont placés le long des
axes de communications (routes, voie de chemin de
fer...) et des rivières.
Ce réseau est subdivisé en 4 niveaux
de points.
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Le réseau français de
nivellement de précision
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Ordre
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Longueur (km)
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Nombre de repères
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1er
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13754
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22440
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2éme
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18510
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30040
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3éme
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45600
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76080
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4éme
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169330
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263310
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Total
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247194
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391870
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Profil de rivière
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50.000 environ
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60.000 environ
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Total
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300.000 environ
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450.000 environ
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Le point origine de ce réseau est un rivet,
comme on se l'imagine bien, fixé à
Marseille dans le bâtiment du
marégraphe à l'altitude : 1,661.
C'est de ce point que sont calculées toutes
les altitudes du territoire métropolitain,
sauf pour la Corse.
En effet, la Corse est couvert par le réseau
IGN78, dont le point origine est à Ajacio,
place Albatucci, à l'altitude 3,640.
Autre détail amusant, la Corse n'a pas le
même point zéro que le continent.
Celui-ci a été calculé a
partir de mesures faites entre 1912 et 1937 dans le
port d'Ajacio.
Pour ce qui est des départements
d'Outre-mer, chacun à son propre
réseau. Ceux-ci datent de 1955.
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Pour permettre de connaître l'altitude de n'importe quel point du territoire, même en dehors
des axes de communication principaux, on utilise le réseau géodésique.
Il s'agît d'un ensemble de
points remarquables dont les coordonnées géographiques (latitude, longitude et altitude) sont très
précisément référencées.
Ainsi, il suffit de calculer l'altitude d'un point par rapport à ce repère.
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Le réseau de nivellement est
symbolisé sur le terrain par un ensemble de
rivets, de repères. Chacun étant
définie par ses coordonnées
géographique, son altitude et son code de
référencement dans le
réseau.
Ces repères sont implantés, on vient
de la voir, le long des axes principaux et des
rivières. Leur emplacement est choisi sur
des supports verticaux durables (bâtiments
publics ou privés, ouvrages d'art...). Ils
ne sont indiqués sur les cartes IGN
25.000e, sous l'indication (RN.) que
lorsque le répère n'est
implanté sur aucun bâtiment.
Ces repères ne sont pas mis au hasard, des
régles existent, en moyenne il y en a un
tous les 650 mètres, un peu plus souvent en
zone urbaine, un peu moins souvent en zone rurale.
Et le dénivelé maximum entre deux
repères est de 50 mètres. Donc si
vous faîtes attention autour de vous, vous
trouverez souvent de ces petites plaques.
Chaque répère porte une plaque
indiquant son altitude. Depuis le fin des
années 1980, n'y est plus indiqué
qu'une altitude arrondie au métre
près. En fait les progrès techniques
(l'utilisation de satelitte par exemple) permettent
de se passer de ses repères. Il ne sont
laisser en place que par interêt patrimonial.
Il est possible, de retrouver sur le site internet
de l'IGN, la liste précise de tous les
points des réseaux de nivellement
français.
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De ce que nous avons dit sur la
détermination de l'altitude 0, certains
auront remarqué que celle-ci est
défini à Marseille pour la France
continentale, à Ajacio pour la Corse. Or la
France n'est pas une île.(si! si!) Ainsi elle
a des pays frontaliers qui possèdent leur
propre altitude 0.
Par exemple, la Suisse utilise pour son
réseau de nivellement fédéral
comme référence le repère de
la Pierre du Niton, dans la rade de
Génève. L'altitude de ce point a
été fixé définitivement
en 1903 à 373,6 mètres au dessus du
niveau de la mer, à partir des travaux du
nivellement français.
Il y a donc théoriquement un suivi entre les
altitudes françaises et helvétiques.
Par contre entre la France et la Belgique, cette
concordance n'existe pas, puisque le point de
répère initial du système de
nivellement belge a été
calculé suivant le niveau moyen de la mer
à Ostende entre 1878 et 1895.
Pour compenser les différences d'un pays
à l'autre il a été créé deux organisme l’AIG
(Association International de
Géodésie) et le REUN (Réseau
Européen Unifié de nivellement)qui
permettent de se mettre d'accord sur l'altitude des
points frontaliers et éventuellement de
s'accorder pour les travaux transnationaux. C'est
grâce à cela qu'il n'y a pas de marche
de quelques centimètres au milieu du tunnel
sous la Manche.
Par exemple lors de l'établissement de la
ligne de chemin de fer du Gothard entre la Suisse
et l'Italie il a fallu faire un point de
nivellement pour définir le point de
jonction entre les lignes des deux pays et de
préférence à la même
altitude. Ce point de nivellement est défini
de cette façon : "le
repère en question se trouve à la
cote altimétrique 223,68 du nivellement
suisse correspondant à la cote 220,839 du
nivellement italien". Cet exemple montre
bien les différences de système de
référence altimètrique entre
les pays.
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