Marathon d'Orléans 
12 Novembre 2000

     Nous sommes bien parti sous quelques gouttes de pluies le début est en faux plat montant et en ligne droite qui dure les cinq premiers kilomètres. Le vent de face devient ensuite latéral , avec des successions de pentes et de légères côtes, il en sera de même tout le trajet. Je me retrouve rapidement dans un petit groupe environ 5 hommes et une femme, Brigitte Declercq, qui terminera 4ème femme, première vétérane, première française, en moins de trois heures. Nous sommes sur les base de 3 heures exactement, c'est ce que je voulais, pour me laisser 5 minutes de marge afin d'essayer de terminer en moins de 3 heures 05 minutes, temps qualificatif vétéran 1 pour les championnats de France, notez que c'est ma première course à l'ASPTT Auxerre, et donc à la F.F.A..
     Au semi, Brigitte Declercq, qui était alors un peu derrière passe tranquillement devant, je la verrais encore 10 kilomètres avant de la perdre de vue, d'autres gars la suivent et le groupe se disloque complètement.
     Le 29 ème kilomètre arrive et la fatigue également, il me reste alors au 30ème ( passé en 2h07'20"), 12200 mètres à  faire en 57 minutes 40 secondes, ça va être très dur, car la pluie bat et le vent de face. A chaque kilomètre, je calcule de tête la vitesse à garder afin d'arriver au but dans les temps.
     C'est un travail de patience, garder le rythme en prenant chaque coureur comme cible à atteindre, hélas, les concurrents sont de plus en plus espacés. Heureusement, j'ai pris des glucides au 17ème et 28ème, je me suis arrêté quelques secondes, le temps de boire une boisson glucidique (un fond de verre) à chaque ravito.
     De temps en temps j'ai quand même l'impression d'aller vite, certains marathoniens ayant frappés le mur sont scotchés au bitume. Chrono, calculs, vent, pluie et engourdissement des mains puis des bras par le froid, les kilomètres passent malgré tout et toujours des encouragements, mais mes remerciements par un signe de tête se sont transformés en un regard, sans tourner mon visage.
     Reste deux kilomètres, à 12 km/h, il me faut environ 10 minutes 30, ça fait 2 heures 54 passées que nous avons pris le départ, c'est clair, faut pas s'arrêter en route. Pont de l'Europe, dernier verre, sans arrêt, j'essaye de relancer, j'ai l'impression d'être dans de la glu, le pont est long, sans personne dessus, la foule est au fond, ça n'avance pas. Un doute..., non, tu n'as pas le droit, faut y aller, t'es là pour la qualif. Le pont est derrière maintenant, encore un concurrent en vue, tes bras, utilises tes bras !, dernier faux plat. Je suis dans le dernier kilo, 3 heures de courses; j'aperçois Frédéric, enfin (!), <<Vas-y, aide moi >>, il est devant moi, j'essaye de suivre son rythme, Brigitte (ma moitié) est là aussi : <<Accélère !!! reste 200 mètres >> Alors, dans un ultime effort, je vais chercher l'énergie qui subsiste et je fais plus de cinquante mètres en quasi "sur régime", je vire à droite, la ligne à 50 mètres, et le chrono qui s'égrène : 3h04'38,39,40 et je passe en 3 heures 04 minutes et 45 secondes en levant les bras, j'ai ma victoire, ma qualif dans la poche...
                                                                                           ...Grosse fatigue.

Hervé