Mon premier 24 heures à
St Doulchard les 22 et 23 novembre 2003
Préambule :
J'avais visé depuis le milieu de l'année de faire un 24 heures,
pour ça j'avais été aux 12 heures de Gravigny le 20
septembre, mais parti beaucoup trop vite je n'avais pas réussi à
finir.
Le souci majeur était mon entraînement, mon foncier m'autorisanr
à faire le lièvre pour Bibi le 26 octobre en 3h08 et de récidiver
le 16 Novembre en tant que guide de Jean-claude Perronnet, non voyant, 3
semaines plus tard, soit 6 jours avant St Doulchard, en 3h16 mais quand
on connaît mes huit dernières semaines d'entraînements,
courses comprises [s-7=28 kms, s-6=74 kms, s-5=62 kms, s-4=17 kms,s-3=39
kms,s-2=56 kms, s-1= 43kms, s-0=0, soit un maigre total de 319 kilomètres
en près de deux mois], on peut se demander pour avoir la folie
de s'essayer de faire un 24 heures en ayant toutes les chances.contre soit.
Quand l'année à été bonne, record personnel sur
semi, sur marathon, sur 100 kilomètres, il faudrait pouvoir
s'arrêter et devenir raisonnable, mais quand on est un Shadock
les limites dépassent souvent les bornes.
Je suis donc arrivé à St Doulchard la veille de la course,
très tôt dans l'après midi, histoire de me familiariser
avec les lieux, j'ai rencontré de suite Bruno Faugeron, l'organisateur,
très disponible ainsi que quelques coureurs dont Joseph Grall, V3,
et Bernard Haumon, je suis aller avec ces deux dernier boire une mousse et
discuter courses, sympa.
Après, avec d'autres nous avons mangé dans le secteur et sommes
aller retrouver nos lits.
Au gîte, il y avait d'autres coureur dont une Marmotte (que ne n'ai
démasquée que le lendemain), Loïc Lebon et son épouse.
Après une nuit courte, entre mes deux camarades de chambrée,
l'un toussait et l'autre ronflait , et même avec des bouchons d'oreille
c'était loin d'être terrible, nous nous sommes levé à
6 heures du mat', alors que nous avions le temps, mais il y avait un tel
va et vient, qu'il ne servait plus de resté couché.
P'tit dèj' classique, on se prépare doucement pour tuer le
temps ; levé de Jean-Pierre Guyomarc'h arrivé dans la nuit,
il ne coure pas mais coach Christine Bodet. Enfin vers 9 heures ¼
nous levons le camp pour aller sur notre lieu de torture. Là, on trouve
chacun notre table, les noms sont inscrits et une chaise, pour nos affaires.
En moins de deux, il y a une nuée d'UFO, qui se rassemble. Tous le
monde est prêt avant l'heure, photos de groupe, puis photos de tous
les coureurs (vaux mieux les prendre avant, ils sont plus jolis), nous avons
repéré les champions, et il y en a !
La course :
Cà y est, 11 heures le départ est donné de la piste
en « cendré », de beaux petits grains qui se feront un
plaisir de sauter dans nos godasses à chaque passage, c'est terrible.
Pour une fois, je laisse tout le monde filer, sur 63 partants, je doit être
15 ème avant la fin, en fait je me base sur les données de
ma montre GPS, et tache de ne pas être à plus de 5'30 au kilo,
j'entend Diogène qui m'appelle, l'attends pour faire un bout de chemin
avec, il s'étonne de me voir à l'arrière (voir Gravigny).
Après deux heures, je suis régulier j'ai fait 22 kms, j'ai
mon petit rythme, mais le circuit est assez spécial : La ligne de
pointage est juste avant la salle, 5 mètres de descente pour y pénétrer
et courir entre les tables coureurs à droite et le ravitaillement
à gauche sur de la moquette , on sort, attention aux planches bouchant
les trottoirs calées par un grand paillasson, quelques mètres
en biais et on remonte un trottoir par une planche sous les tribunes du stade,
10 mètres de couloir et sortie avec légère descente
sur la piste en cendrée que l'on prend vers la gauche, côté
extérieur (pour le mesure des 1000 mètres au tour),on sort
après ¾ de tour avec un virage assez sec à gauche
et en légère descente sur bitume, à droite à
la sortie du stade sur les trottoirs, là c'est tout plat; on tourne
à droite, puis très léger faux plat montant avec une
descente de trottoir, enfin on prend à droite dans une allée
large légèrement montante, mais pleine de cailloux qui finiront
par lasser, cette allée tourne vers la gauche ; en ha
ut pour prenons à droite pour arriver face aux pointeurs et nous virons
à droite vers la salle.
Je commence à m'alimenter de temps à autre, sans trop charger
mon estomac, mais de suite j'ai des douleurs gastriques avec énormément
de gaz, mon ventre devient très dur, mais je fais avec. Comme je m'étais
allégé le matin a cause du stress, je prends juste deux Immocel
en prévention. Mon rythme est tranquille, je n'ai pas varié,
mais certains ont baissé de cadence, j'attends de résultat
de 4 heures de course (affichage 15/20 mn après), mais là stupeur
: 43 kms au tableau, 47 à ma montre , je refais un tour pour vérifier
le métrage, c'est ok, reviens dans la salle pour le ravitaillement
et des étirements et regarde cette montre qui affiche + 10 mètres
quand j'en fait 1 seul. Ce doit être des interférences dues
aux poutrelles métalliques de la salle, je fais plusieurs vérifications,
garde la montre, mais vire le GPS dans mon sac, il est inutile dans ce cas.
Mon moral en à pris un coup, mais il faut repartir, je fini par digérer
cette histoire, fait des kilomètres avec Pitou, l'ambiance est bonne,
mais la longue nuit arrivera bientôt.Oignon me dit qu'il se fera masser
après le 100 ième, c'est une bonne idée, à ce
moment il m'en reste 25, je sens légèrement un point dans le
mollet gauche, il faudra éviter la contracture, je baisse mon allure.
J'aurais bien voulu passer ce 100 ième kilomètres entre 10h
et 10h1/4 de course mais pour le passer en moins de 11h00, je demande même
à Christine Bodet, qui termine 1ère femme si je peux la suivre
sur un tour pour y arriver, c'est bon, ça passe. Une pause pour manger
et m'essuyer le visage, depuis onze heures que je courre, le mari de Nicole
(une coureuse) s'inquiète de me voir dégoulinant de sueur,
il faut dire que je m'hydrate bien, mais moi-même je trouve ça
curieux. Je continue un peu mais là ce commence à alterner
marche et course, je fini par mettre le clignotant pour aller vers les kinés.
Il y a une peu d'attente, mais ensuite, Le Kiné s'occupe mes pieds,
il ne touche pas aux ongles qui commencent à m'en vouloir d'avoir
fait plus de cents bornes mais vide une ampoule sur le petit doigt, pendant
que La kiné me masse et s'occupe les petits muscles, c'est très
agréable, mais il va falloir repartir (certains coureurs sont aller
la voir plusieurs fois, on se demande pourquoi).
Mi-course, comme je n'ai pas couru depuis 35 mn j'en suis à 102 kms,
c'est pas le pied. j'alterne encore un peu course sur bitume et marche sur
la piste ainsi que sur le chemin qui termine le tour, ou alors je fais un
tour en courant, puis il tour en marchant (7,5 km/h). Entre temps j'ai décidé
de faire la nuit en marchant et de ne recourir qu'a l'aube. C'est là
que j'ai passé ma partie la plus agréable de ma course, à
mon entrée sur la piste, Petit Coureur, se joins à moi, il
a un problème de tendo
n, il marche mais ne veut plus se risquer à courir, nous marchons
donc ensemble, mais sur un bon rythme. Sur une moyenne de 13 kms toutes les
deux heures arrêts compris, on ne perds pas trop de temps sur les coureurs
(en pleine nuit, il n'y en a pas beaucoup), peu d'arrêts, des ravitaillements
à la volée, nous allons tenir plus de 8 heures à ce
rythme. La nuit passe à merveille avec Petit Coureur, quelquefois
je délire un peu, il me passe des trucs dans la tête qui me
font rire sans raison, je lui d
is de ne pas en faire de cas, ceux sont les nerfs. Nous avons au moment de
notre rencontre 18 kilomètres d'écart, je vise maintenant 180
kms lui peut largement battre son record.
Pendant toutes la nuit, pour avons parler, de chose et d'autres, souvent
de l'épreuve, tout en faisant notre marche « commando »,
on a doublé plus d'un fois des coureurs (n'est-ce pas Diogène,
mais tu n'a pas été le seul). A un moment, on se demandait
si on été plus de 10 sur le circuit, pas vu Oignon depuis 3
heures, on savait qu'il avait eu des problèmes gastrique, Christine
était allé faire une sieste, d'autres dormaient, mais nos passages
dans la salle étaient brefs et nous n'avions pas beaucoup le temps
de prendre des nouvelles. Puis j'ai commencé à souffrir de
partout, surtout des pieds, je les savais depuis très longtemps mal
en point, il n'était plus question pour moi de vider le sable, rentré
au fil des tours. Mais à un tendon derrière le genou gauche,
mal au ventre à nouveau, et une grosse saturation. J'ai dit à
Petit Coureur « va chercher bonheur », il fallait qu'il parte
car je n'avais plus la pêche, il m'a incité à forcer
un peu plus, mais je lui ai dit je si je forçais, je n'étais
pas sur d'allé au bout des 24 heures. Il lui fallait partir pour son
propre record, je n'avais pas à le ralentir, il m'avais déjà
laissé la corde sur le parcours pendant très longtemps c'était
déjà trop.
Il reste alors 3 heures de courses, je ralenti pendant un bon tour,
me ré-alimente en glucose, et le rythme revient à 6 km/h, coup
de fil à Bibi, tous le monde est derrière les UFO, je reçoit
des messages des Zanimos, mais ne peut répondre, si je veux garder
un peu de batterie pour l'après course. Bibi me dis qu'on me pousse
pour arriver à 175 kms, je pendant encore que c'est faisable si je
n'est pas de coup de bambou. Oignon ressurgit, nous faisons plus d'un tour
ensemble en marchant, il me dit que nous sommes dans le même tour,
Christine à un kilomètre de moins. Il s'arrêtera vider
ses chaussures et se ré-alimenter. 1 tour ½ plus tard il me
repasse en courant, ça va mieux, il finira sa course avec Christine.
Petit Coureur me passe une fois, comme quoi il fallait bien qu'il parte devant.
Dernière heure, j'en suis à 172 kms, toujours à 6 de
moyenne, mais là je me dis, « cool, c'est bon, tu fais trois
tours peinard et tu attends dans un coin, j'en fais un, mais l'avance que
j'avais, fait que même tranquillement, j'ai fait 175 kms et il reste
encore 29 minutes ; Un tour après on me dit au pointage, tu peux faire
2 tours en 19 minutes, hou là ! ça fait juste. Je fait l'avant
dernier en poussant un peu, reste moins de 9 mn. Là une jeune femme,
se joint à moi pour le pointage, comme je marche elle doit suivre
sans problème, nous discutons un peu, j'arrive près du collège,
il y a une pendule à partir de laquelle j'avais repéré
qu'il me fallait 3mn30 pour arriver au pointage, il en reste moins
de trois. Je dis à mon accompagnatrice qu'il va falloir courir,
l'amorce est compliquée, je lui demande si on va plus vite qu'en marchant,
elle n'en est pas convaincue, je me détends, j'allonge plus, les muscles
se délient, je fais abstraction de mes douleurs plantaire, courre
de plus en plus vite, passe la ligne alors qu'il reste pratiquement 1 minute
avant le gong, j'arrive à ma table, demande ma chaise et attends la
fin.
178,021 kilomètres, je me fais apporter à boire, et là
je craque complètement, les larmes me viennent, j'ai souffert, mais
ça je sais faire.
Conclusion :
Les conditions climatiques ont été idéales, mais il
faudra je me m'entraîne un peu la prochaine fois, ça pourrait
être un peu mieux. Notre binôme avec Petit Coureur m'a été
salutaire, j'espère que je l'ai libéré assez tôt,
mais il est clair que marcher huit heures au milieu de la nuit, à
vive allure, ne m'aurait pas été permis seul. Une solidarité
UFO interne (merci beaucoup à Mme Oignon) et externe (appels, messages
Ufo / Zanimos), et également beaucoup de sympathie entre coureurs
ainsi que de leurs accompagnateurs ont rendus cette épreuve très
supportable.
Merci à Oignon, pour ces bulles de Champagne qui font du bien et bravo
à tous.