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COURIR AVEC
Déclaration exclusive du Baron Pierre de Coubertin (1910 ) Parue dans la revue: " L'Éducation Physique
" n° 5 Faire du Sport comme on va prendre un verre A la société des sports populaires, nous sommes les
partageux" du sport. Voilà au moins un partage sur l'opportunité duquel tout le monde peut se trouver d'accord... En ce temps de démocratie, nul
n'oserait s'avouer partisan de l'aristocratie sportive. Quelques rameurs anglais sont les derniers à en proclamer le principe. Sur le continent, ils ne
trouveraient point d'imitateurs. Mais le sentiment intime répond-il sur ce point au geste apparent ? Pas du tout ! Qui veut la fin, dit le proverbe,
veut les moyens. En théorie, tous sont d'accord pour souhaiter que les sports se répandent parmi les déshérités de la vie. Mais personne n'est prêt
à consentir les sacrifices nécessaires… Il ne s'agit pas de la bourgeoisie aisée: elle est conquise par le sport, celle-là ! Elle demeure un peu
molle, peut-être en son effort, mais sa conviction est sincère et je pense qu'elle durera. Il s'agit des jeunes qui n'ont rien. Ce serait diablement
ironique de venir dire à ceux-là: "Groupez-vous, établissez des cotisations, créez un fond social… Achetez-vous des jerseys brodés au chiffre de
votre club !" En vérité, tout cela est-il nécessaire pour faire du sport ? Nullement ! Plutôt que de se chercher des distractions malsaines au
cabaret ou ailleurs, la jeunesse à laquelle nous pensons peut, très bien, s'en procurer d'autres dans le domaine du sport... Le tout, c'est de lui
apprendre le chemin et de lui donner envie de le prendre ! Deux camarades qui se rencontrent se disent bien: "Allons prendre un verre…" ou:
" Faisons une partie de billard…" ou encore: " Faisons une partie de cartes…" Pourquoi ne s'offriraient-ils pas de la même façon
une course, un concours de saut ou de lancer ? Une escalade, une passe de boxe ? Oui, pourquoi ? Ne pensez-vous pas que l'hygiène et la moralité y
gagneraient si pareilles coutumes pénétraient dans les mœurs ? Et pourquoi n'y pénétreraient-elles pas ? Vous seriez bien embarrassé de me le dire
! " Pierre de Coubertin.
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J'ajouterai avec quelque audace que si le baron Pierre avait connu nos "Kec", il les aurait sans
doute cités en exemple…
Les Kec répondent exactement aux préoccupations du rénovateur des Jeux Olympiques… Pas besoin de payer pour
participer, pas de contrainte sinon l'horaire comme pour tout défi. Pas besoin de "jersey" ni de formalité particulière… Le plaisir de courir, la
joie de participer de son mieux comme pour une partie de belote ou de mille-bornes… Et la convivialité pour récompense avec l'ivresse de pouvoir respirer et
se dépenser au grand air.
Quand Jean-François Delasalle m'a fait connaître les courses en côte, j'ai trouvé ça populaire, simple,
accessible à l'élite comme aux plus humbles d'entre tous les coureurs et non-coureurs… On peut débuter le sport par les Kec: c'est une bonne école de
l'effort sur soi-même et de la modestie. Je suis autant enthousiasmé par la course de la plus modeste "moustique" que par celle du meilleur
vainqueur. Si je croyais au "mérite", je dirais que chaque coureur de Kec en a autant que son plus lointain camarade d'effort.
A tous les coureurs de Kec, les félicitations de Cap 21 et du baron de Coubertin ! Daniel Cadet.
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