| Accueil | nutrition et obésité |
La nutrition adulte |
INTRODUCTION | |
| manger varié | manger régilièrement | |
| équilibre et modération | un corps sain dans un esprit sain | |
| ne pas oublier les fruits et légumes | la base de l'alimentation | |
| boire des liquides en abondance | manger moins gras | |
| moderer l'usage de la salière | changement progressifs | |
| pourquoi l'activité physique | promotion santé | |
......................................................................
REFERENCES SUR LA NUTRITION DE L'ADULTE
1. Introduction
Chaque jour, nous sommes bombardés de messages nutritionnels et
de santé et lon nous dresse bien souvent un tableau noir
des problèmes liés au style de vie et au régime alimentaire.
Prendre les bonnes décisions sur notre style de vie, ce qui
implique une alimentation variée, équilibrée et de l'exercice
physique régulier, peut nous aider à profiter sans soucis de
tout ce que la vie a à nous offrir. Faire des choix alimentaires
intelligents tôt dans la vie et à l'âge adulte contribue aussi
à réduire le risque de certaines maladies chroniques comme lobésité,
les maladies cardiovasculaires, l'hypertension, le diabète,
certains cancers ou lostéoporose.
2. Les dix
commandements dune alimentation saine
2.1. Manger varié
Cette allégation santé est la plus répétée dans les
recommandations diététiques du monde entier. Nous avons besoin
de plus de 40 nutriments pour assurer le bon fonctionnement de lorganisme,
mais aucun aliment, à lui seul, ne peut les fournir tous. C'est
pourquoi la consommation d'une large variété de produits
alimentaires (incluant des fruits, des légumes, des céréales
et des graines, de la viande, du poisson et de la volaille, des
produits laitiers et des matières grasses), est nécessaire pour
demeurer en bonne santé. Chaque aliment peut faire partie d'un régime
sain, aucun nest interdit, tout est question de quantité
et de fréquence de consommation. Quelques études ont associé
la diversité alimentaire avec la longévité. En tout cas,
manger varié ajoute aussi au plaisir des repas et des casse-croûte.
2.2. Manger régulièrement
Lacte de manger est un des grands plaisirs de la vie. Il
est donc important de prendre le temps de sarrêter, de se
détendre et de savourer les heures du repas et des collations.
Planifier son alimentation empêche également de sauter un repas
et assure une couverture journalière adéquate en nutriments.
C'est particulièrement indispensable pour les écoliers, les
adolescents et les personnes âgées.
Le petit déjeuner est sans doute le repas le plus important de
la journée. Il aide lorganisme à démarrer au pied levé
en fournissant de l'énergie après une nuit de jeûne. Le petit
déjeuner pourrait aussi contribuer à contrôler le poids. Les
repas sont aussi loccasion de se retrouver en famille ou
entre amis. Aussi, pas de problèmes si vous faites 3 repas
principaux ou 6 repas plus légers, lobjectif est de manger
sainement
ce que lon aime.
2.3. Equilibre et modération
Equilibrer son alimentation signifie se procurer en suffisance,
mais pas en excès, chaque sorte de nutriment dont lorganisme
a besoin. Si les portions demeurent raisonnables, aucune raison déliminer
nos aliments favoris. Il n'existe pas de "bon" ou de
"mauvais" aliments, seulement des bons ou des mauvais
comportements alimentaires... N'importe quelle alimentation peut
saccorder avec un style de vie sain, pour autant quelle
privilégie l'équilibre et la modération.
Des quantités modérées daliments puisées au sein de
toutes les familles alimentaires garantissent un apport énergétique
quotidien bien contrôlé. Si lon prend une collation riche
en graisse, il faut corriger le tir au repas suivant. Des
exemples de tailles de portion raisonnables sont 75-100 g (la
taille d'une paume) pour la viande, léquivalent dun
fruit moyen, ½ tasse de pâtes crues ou une cuillère de crème
glacée (50g). Les plats préparés en portions individuelles
sont une alternative rapide et souvent pratique pour contrôler
les calories ingérées au cours dun repas. Un seul mot dordre
: lire les emballages.
2.4. Un corps sain dans un esprit sain
Le poids idéal dépend dun individu à lautre et
varie selon beaucoup de facteurs comme le sexe, la taille, l'âge
et lhérédité.
Les poignées damour sont le signe évocateur dune
ingestion de calories plus élevée que le besoin. Ces calories
excédentaires proviennent de plusieurs sources - les protéines,
les graisses, les glucides ou l'alcool -, mais la graisse est la
source la plus concentrée dénergie.
Pratiquer une activité physique est un bon moyen daugmenter
les dépenses dénergie, tout en contribuant au bien-être.
Le message est très simple : si vous prenez du poids, mangez
moins et bougez plus !
2.5. Ne pas oublier les fruits et les
légumes
Beaucoup d'européens ne consomment pas les cinq portions de
fruits et des légumes recommandées quotidiennement. De
nombreuses études ont montré une association positive entre la
consommation de végétaux et la prévention des maladies
cardiovasculaires ou et de certaines formes de cancer. Une
consommation importante de fruits et des légumes serait aussi
associée à une diminution de la tension artérielle. Les fruits
et les légumes sont de bonnes sources nutriments essentiels (vitamines,
minéraux, fibres, antioxydants) et la majorité est
naturellement pauvre en graisse et en calories. Alors, pourquoi sen
priver ?
Les nutritionnistes accordent dailleurs aujourdhui
beaucoup plus d'attention aux fruits et des légumes, en tant que
principaux pourvoyeurs dantioxydants. Cest le cas des
vitamines C et E, mais aussi de bien dautres substances
naturellement protectrices : les caroténoïdes (le bêta-carotène,
la lutéine et le lycopène), les flavonoïdes (des composés phénoliques
abondants dans la plupart des fruits généralement consommés et
des légumes, comme les pommes et les oignons ou des boissons aux
extraits végétaux comme le thé, le cacao et le vin rouge) et
les phyto-oestrogènes.
2.6. La base de lalimentation
repose sur les aliments riches en glucides
La plupart des recommandations nutritionnelles stipulent que lalimentation
apporte chaque jour au moins 55% des calories totales sous la
forme des glucides. Plus de la moitié de nos apports énergétiques
journaliers doivent donc comporter des produits alimentaires
comme les céréales, les légumineuses, les fruits, les légumes
et le sucre et ses dérivés. En optant pour le pain complet, les
pâtes et d'autres céréales complètes, on augmente considérablement
la consommation de fibres alimentaires.
Bien que lorganisme assimile tous les glucides par la même
voie physiologique, indépendamment de leur source, on les définit
souvent en deux grandes catégories : les glucides "complexes"
et "simples". Les glucides complexes provenant des
plantes sont essentiellement lamidon et les fibres
alimentaires. Ils sont retrouvés, par exemple, dans les céréales
(riz, pâtes,
), les légumes, le pain, les graines oléagineuses,
les légumineuses et dans certains fruits. Ces glucides complexes
consistent en de longues chaînes de glucides simples reliés
entre eux.
Les glucides simples (parfois appelés sucres simples) sont présents,
par exemple, dans le sucre de bouche, les fruits, les sucreries,
les confitures, les soft-drinks, les jus de fruits, le miel, les
sirops et les gelées. Les glucides complexes et les glucides
simples fournissent tous deux la même quantité dénergie
(4 kcal/g) et contribuent aussi à lapparition des caries
dentaires, particulièrement si lhygiène buccale est déficiente
2.7. Boire des liquides en abondance
Chaque adulte a besoin dau moins 1,5 l de liquide
quotidiennement, et même plus encore sil fait chaud ou au
cours dun effort physique. Leau plate est la seule
boisson essentielle, mais la variété ajoute le plaisir et
parfois quelques atouts santé. Il faut alors choisir des
alternatives comme les jus de fruits, le thé, le café, le lait
et les soft-drinks light.
2.8. Manger moins gras, manger mieux gras
La graisse est un nutriment essentiel à la santé. Elle
constitue une réserve importante dénergie et permet au
corps humain d'absorber, de faire circuler et de stocker les
vitamines liposolubles (A, D, E et K). Les produits alimentaires
contenant de la graisse sont nécessaires pour fournir "des
acides gras essentiels" que le corps ne peut pas synthétiser,
tout du moins en quantités suffisantes. A titre dexemple,
les poissons gras et les suppléments à base de graisses marines
sont les principales sources de notre alimentation en acides gras
oméga-3 : l'acide alpha linolénique (ALA), lacide éicosapentaénoïque
(EPA)et lacide docosahexaénoïque (DHA). Ces acides gras,
tout comme les acides gras oméga-6, l'acide linoléique (LA) et
lacide arachidonique (AA), doivent être consommés chaque
jour dans le régime.
Cependant, trop de graisses, en particulier trop de graisses
saturées, augmentent le taux de cholestérol et le poids
corporel et accroissent le risque de maladies cardiovasculaires
ainsi que le développement de certains cancers.
Il faut donc limiter les quantités de graisses consommées sur
une journée, en particulier les graisses saturées. Les
nutritionnistes recommandent un apport énergétique quotidien
inférieur à 30 % des calories totales, dont moins de 10 % sous
la forme de graisses saturées.
2.9. Modérer lusage de la salière
Le sel (NaCl) se compose dun atome de sodium et dun
atome de chlore. Le sodium est un nutriment présent
naturellement dans beaucoup de produits alimentaires. Le sodium
et le chlore sont indispensables pour maintenir stables le milieu
hydrique intérieur et la tension artérielle.
Pour la plupart des individus, la quantité de sodium consommée
importe peu, mais chez certaines personnes, lexcès de
sodium peut augmenter la tension artérielle. La réduction de la
consommation de sel chez les personnes dites « sensibles au sel
» contribue à réduire le risque dhypertension artérielle.
Le rapport entre la consommation de sel et la tension artérielle
est cependant encore peu clair et les individus concernés
doivent donc consulter leur médecin.
2.10. Commencer maintenant et
effectuer des changements progressifs
Corriger progressivement les mauvaises habitudes en mangeant, par
exemple, une ou plusieurs portions de fruits et légumes par
jour, en diminuant la taille des portions ou en prenant les
escaliers à la place de lascenseur, sont autant de mesures
très simples à appliquer.
3. Pourquoi lactivité physique est-elle
si importante?
Augmenter son activité physique est bénéfique pour la santé,
en raison de son influence sur la balance énergétique et sur le
risque de maladies. Au cours de ces dernières années, plusieurs
journaux spécialisés ont exposé l'importance d'une activité
physique modérée pour le maintien de la santé. Les études
indiquent quun effort physique dau moins 30 minutes
par jour diminue le risque dobésité, les maladies
cardiovasculaires, le diabète, lhypertension et le cancer
du côlon, les principales maladies qui contribuent fortement à
la morbidité et la mortalité en Europe. De plus, tant chez les
enfants que chez les adultes, lactivité physique est
associée à une amélioration de la souplesse, de lendurance,
de lagilité et de la coordination, de la solidité du
squelette et des muscles, à une moindre adiposité, à des taux
de lipides sanguins plus faibles, à une tension artérielle plus
basse et à un risque moindre de fracture de la hanche chez les
femmes. Enfin, bouger, faire du sport aide à se sentir bien dans
son corps et dans sa tête.Laugmentation de lactivité
physique est recommandée dans toutes les tranches dâge
sur la base dau moins 30 minutes quotidiennes, la plupart
des jours de la semaine.
4. Qui est responsable de la
promotion de la santé?
La responsabilité des campagnes de promotion sur lalimentation
équilibrée et l'augmentation des niveaux d'activité physique
implique la participation active des gouvernements, des
professionnels de la santé, de l'industrie alimentaire, des médias
et
des consommateurs ! La responsabilité est donc partagée
et comprend la promotion, au sein dune vie active, dune
alimentation saine, pauvre en graisses, riche en glucides
complexes et qui fait la part belle aux fruits et légumes.
En fin de compte, cependant, ce sont toujours les consommateurs
qui ont leur dernier mot et leurs choix sont influencés par un
grand nombre de facteurs comme la qualité, le prix, le goût, la
tradition, la disponibilité et la commodité. L'éducation de
consommateur, le développement et la mise en oeuvre d'une
alimentation basée sur des recommandations nutritionnelles, l'étiquetage
alimentaire, lenseignement de la nutrition à lécole
et laccroissement des opportunités pour la pratique dun
sport peuvent contribuer à améliorer le « bien-être »
alimentaire des individus.
REFERENCES SUR L'OBESITE ET LA SURCHARGE PONDERALE
1. introduction
Lobésité et la surcharge pondérale posent aujourdhui
un véritable problème de santé publique. La surcharge pondérale
sévère ou lobésité constituent un facteur de risque
pour le développement de plusieurs maladies chroniques telles
que les maladies cardiovasculaires et respiratoires, le diabète
de type 2, lhypertension et certaines formes de cancer,
aussi bien que la mortalité précoce. De nouvelles études
scientifiques et les données compilées par les compagnies dassurances
montrent que le danger pour la santé est déjà bien réel, même
pour une légère augmentation du poids corporel
Lobésité et la surcharge pondérale sont aujourdhui
considérées au titre dépidémies et grèvent fortement
le budget de la santé publique en Europe. Heureusement, changer
de style de vie peut prévenir le pire
2. Que sont lobésité et la
surcharge pondérale?
Lobésité est généralement définie comme une
accumulation excessive ou anormale de graisse dans le tissu
adipeux. La cause sous-jacente est liée à une balance énergétique
positive conduisant au gain de poids : en somme, lindividu
mange plus de calories quil nen dépense.
Une simple mesure permet de définir si le poids est « idéal »
: lIndice de Masse Corporelle (IMC), qui relie le poids à
la taille de lindividu. LIMC est un outil utile,
utilisé en routine par le corps médical et les autres
professionnels de la santé pour estimer la prévalence de la dénutrition,
de la surcharge pondérale et de lobésité chez ladulte.
Il se calcule en divisant le poids corporel (en kg) par la taille
(en mètre) au carré (kg/m2). A titre dexemple, un homme
de 70 kg mesurant 1 m 75 aura un IMC de 22,9.
La surcharge pondérale et l'obésité sont caractérisées
respectivement par un IMC supérieur à 25 et à 30. Entre 18,5
et 25, l'IMC est considéré comme "sain", les
individus avec un IMC entre 25 et 29 sont considérés, "à
risque plus élévé" de développer des maladies associés
et ceux avec un IMC de 30 ou plus, à "risque modéré ou
haut risque" [1].
| INDICE DE MASSE CORPORELLE |
| 18.5 Malnutrition |
| 18.5 - 25 Poids idéal |
| 25 - 30 Embonpoint 30 Obèse |
Distribution de la
graisse : des pommes et des poires
L'IMC ne donne pas d'information sur la graisse totale ou sur sa
distribution dans l'organisme, un facteur important compte tenu
du fait que l'excès de graisse au niveau abdominal a des conséquences
néfastes sur la santé.
Une technique de mesure appropriée est la circonférence du tour
de taille [2]. Celle-ci est indépendante de la taille et compose
une méthode simple et pratique pour identifier les personnes
corpulentes à risque de pathologies liées à l'obésité. Si la
circonférence du tour de taille dépasse 94-102 cm chez l'homme
et 80-88 cm chez la femme, c'est le signe d'un excès de graisse
au niveau abdominal, ce qui augmente la morbidité, même si
l'IMC est relativement correct [3, 4].
La mesure du tour de taille divise les individus en 2 catégories
: les personnes avec une distribution androïde de la graisse (souvent
appelés " pommes "), ce qui signifie que la majorité
de leur tissu adipeux est située dans l'abdomen, autour de
l'estomac et près de la poitrine, et les expose à un plus grand
risque de maladies ; les personnes avec une distribution gynoïde
de la graisse (les " poires "), avec un tissu adipeux généralisé
sur les hanches, les cuisses et les fesses, sont plus exposées
aux problèmes mécaniques (ex. articulations, cuisses). Les
hommes obèses sont plus souvent " pommes " que les
femmes, d'ordinaire " poires " [5].
3. La dynamique de la balance énergétique
: la limite inférieure?
Le principe
fondamental de la balance énergétique est le suivant :
Modifications
des réserves |
L'embonpoint et l'obésité sont sous l'influence d'énormément
de facteurs incluant l'hérédité, les facteurs environnementaux
et comportementaux, le vieillissement et les grossesses [6]. Ce
qui est clair, c'est que l'obésité n'est pas toujours
simplement le résultat d'un excès alimentaire ou d'un manque
d'activité physique. Les facteurs biologiques (les hormones, la
génétique), le stress, les médicaments et le vieillissement
jouent aussi un rôle.
Cependant, la diététique et l'activité physique pèsent
fortement sur la balance énergétique et ils sont aussi les
principaux facteurs modifiables. En effet, des régimes riches en
graisses, de densité énergétique élevée [8, 9] et un style
de vie sédentaire [10, 11] sont les caractéristiques premières
associées à l'accroissement de l'obésité dans le monde. A
l'inverse, la perte de poids se manifeste quand la consommation
d'énergie est inférieure à la dépense au cours d'une période
de temps prolongée. Une alimentation équilibrée combinée à
une activité physique accrue est généralement le conseil préconisé
par les diététiciens dans un régime amaigrissant [12]. Pour en
savoir plus sur lactivité physique ou sur une alimentation
saine.
Les régimes " miracles " qui restreignent sévèrement
les calories ou éliminent certains groupes d'aliments doivent être
évités, car ils privent souvent la " victime " de
nutriments importants et/ou ne peuvent pas être supportés
pendant des périodes prolongées. De plus, ils n'ont pas un rôle
éducatif et peuvent aboutir à des régimes yo-yo (qui supposent
une alternance de gain et de perte de poids suite à des épisodes
de régime ou de boulimie). Cette forme " d'alimentation
" s'avère dangereuse pour la santé physique et mentale à
long terme. Il est important de ne pas être trop ambitieux à
l'heure de fixer ses objectives de perte de poids, car même une
perte de 10% du poids initial entraîne des bénéfices pour la
santé [13].
4. Quelle est la situation actuelle
de lobésité et la surcharge pondérale ?
De plus en plus de preuves scientifiques suggèrent que la fréquence
de la surcharge pondérale et de l'obésité augmente
dramatiquement dans le monde et que ce problème semble aussi
bien s'accroître rapidement chez les enfants que chez les
adultes.
Les données disponibles les plus complètes sur la fréquence de
l'obésité mondiale sont ceux de l'Organisation Mondiale de la
Santé (OMS) au travers du projet MONICA (MONItoring
des tendances et des déterminants dans l'étude de maladies CArdiovasculaires)
[14]. Compilées ensemble, les données montrent que la prévalence
de l'obésité dans la plupart des pays européens a augmenté de
10-40 % en 10 ans, passant de 10 à 20 % chez les hommes et de 10
à 25 % chez les femmes [15]. L'augmentation la plus alarmante a
été observée en Grande Bretagne, où presque deux tiers des
hommes et plus de la moitié de femmes adultes ont un poids
excessif ou sont obèses [16]. Entre 1995 et 2002, en Angleterre,
l'obésité a double chez les petits garçons, passant de 2.9% à
5.7%, et chez les petites filles augmentant de 4.9% à 7.8%. Un
parmis 5 garçons et une parmis 4 filles est en surcharge pondérale
ou obése. Chez les adolescents âgés de 16 à 24 ans, l'obésité
a augmentée de 5.7% à 9.3% et chez les adolescentes de 7.7% à
11.6% [17]. La "International Obesity Task Force"
monitore de façon continue les données de prévalence (www.iotf.org).
5. Quelles sont les conséquences
pour la santé de lobésité et la surcharge pondérale?
Les conséquences sanitaires de l'obésité et de la surcharge
pondérale sont multiples et variées, allant d'une augmentation
de la mortalité précoce à des troubles non fatals mais débilitants,
ayant des effets pervers sur la qualité de vie [18].
Les principaux problèmes de santé associés à lobésité
et la surcharge pondérale sont:
Le
diabète de type 2
Les
maladies cardiovasculaires et lhypertension
Les
maladies respiratoires (le syndrome dapnée du sommeil)
Certains
cancers
Lostéo-arthrite
Les
problèmes psychologiques
Une
diminution dans la perception de la qualité de vie
Le degré du risque est influencé, par exemple, par l'excès de
graisse lui-même, sa localisation, l'étendue de l'augmentation
du poids corporel à l'âge adulte et le niveau d'activité
physique. La plupart de ces problèmes peuvent être améliorés
avec une perte de poids modeste (de 10 à 15 %), particulièrement
si l'activité physique est aussi accrue.
5.1. Le diabète de type 2
De toutes les maladies sérieuses, le diabète de type 2 (qui se
développe habituellement à lâge adulte) ou diabète non
insulino-dépendant (DNID), est celui qui a les liens les plus étroits
avec lobésité et la surcharge pondérale. En effet, le
risque de contracter un diabète de type 2 sélève avec lIMC,
déjà bien en dessous des valeurs correspondant à lobésité
(IMC de 30). Les femmes obèses sont ainsi 12 fois plus à risque
de développer la maladie que les femmes en équilibre de poids.
Le risque augmente avec lIMC, surtout chez les personnes
ayant des antécédents familiaux de diabète, et diminue avec la
perte de poids [19].
5.2. Les maladies cardiovasculaires
et lhypertension
Les maladies cardiovasculaires (MCV) comprennent les maladies
coronariennes, linfarctus et les maladies vasculaires périphériques.
Ces maladies comptent pour une grande proportion (jusqu'à un
tiers) de décès chez les hommes et les femmes dans les pays les
plus industrialisés et leur incidence augmente dans les pays en
voie de développement.
L'obésité prédispose l'individu à plusieurs facteurs de
risque cardiovasculaires, notamment l'hypertension et un taux de
cholestérol sanguin élevé. Chez les femmes, l'obésité est le
troisième prédicateur le plus puissant des MCV, après l'âge
et l'hypertension. Le risque de crise cardiaque pour une femme obèse
est environ trois fois celui d'une femme maigre de corpulence
normale du même âge [20].
Les individus obèses ne vont pas tous avoir un taux sanguin de
triglycérides (les graisses dans le sang) et de mauvais cholestérol
LDL élevés et un taux de bon cholestérol HDL diminué. Ce
profil métabolique se retrouve plus souvent chez les gens obèses
avec une forte accumulation de graisse intra-abdominale ("les
pommes") et augmente le risque de maladie coronarienne. Avec
la perte de poids, les taux de lipides sanguins s'améliorent.
Pour chaque kilo de poids perdu, le cholestérol LDL diminuerait
de 1 %. Une perte de poids de 10 kg peut produire une diminution
de 15 % des taux de cholestérol LDL et une augmentation de 8 %
du cholestérol HDL [21].
L'association entre l'hypertension et l'obésité est bien
documentée et lon estime que lhypertension est
attribuable à l'obésité dans 30 à 65 % des cas en Occident.
En fait, la tension augmente avec lIMC : pour toute
augmentation de poids de 10 kg, celle-ci monte de 2-3mm Hg. A linverse,
la perte de poids provoque une chute de la tension artérielle.
Ainsi, pour chaque réduction de 1 % du poids corporel, la
tension baisse de 1-2mm Hg.
La fréquence de lhypertension chez les individus ayant un
poids excessif est presque trois fois plus élevée que chez les
adultes de poids normal. Et ce risque, entre 20-44 ans, est
presque six fois plus grand chez les personnes obèses.
5.3. Le
cancer
Bien que le lien entre lobésité et le cancer soit moins
bien défini, plusieurs études ont trouvé une association
positive entre la surcharge pondérale et lincidence de
certains cancers, en particulier les cancers hormono-dépendants
et gastro-intestinaux. Chez les femmes obèses, le risque est
plus grand de contracter un cancer du sein, de lendomètre,
des ovaires et des cervicales. Chez lhomme, on suspecte linfluence
de lobésité dans le cancer de la prostate et du rectum. Lassociation
la mieux définie est celle qui lie le cancer du côlon à lobésité
: presque trois plus de risque chez lhomme et la femme.
5.4. Lostéo-arthrite
Les maladies dégénératives des articulations, comme le genou,
sont des complications très fréquentes de l'obésité et de la
surcharge pondérale [22]. Les dommages mécaniques causés aux
articulations résultent généralement d'un poids excessif. Une
douleur dans le bas du dos est aussi un signe commun chez les
personnes obèses et l'un des principaux contributeurs à
l'absentéisme au travail.
5.5. Les aspects psychologiques
L'obésité est sévèrement critiquée dans la plupart des pays
européens, étant perçue comme une image indésirable du corps
humain et comme un manque de caractère. Même les enfants de
moins de 6 ans perçoivent leurs congénères obèses comme des
"paresseux, sales, stupides, laids, menteurs et fraudeurs"
[23].
Les personnes obèses doivent vivre au quotidien avec la
discrimination. Les études montrent qu'une jeune femme obèse
gagne significativement moins aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne
qu'une autre femme de poids normal ou souffrant d'une autre forme
de maladie [24].
Les mangeurs compulsifs sont aussi plus nombreux chez les
personnes obèses et la plupart des individus présentant ce
trouble du comportement alimentaire ont une longue histoire de
boulimie et de fluctuation du poids corporel [25].
6. Quel est le coût de lobésité
et de la surcharge pondérale ?
Des études internationales sur le coût économique de l'obésité
ont montré qu'il représente entre 2 % et 7 % des dépenses
totales des soins de santé, le taux variant selon la manière
dont l'analyse a été effectuée [15]. En France, par exemple,
le coût direct des maladies liées à l'obésité (incluant les
consultations médicales, les soins hospitaliers et les médicaments
pour des maladies ayant un rapport bien établi avec l'obésité)
s'élève à environ 2 % des dépenses totales des soins de santé
[26]. Aux Pays-Bas, ce chiffre grimpe entre 3-4 % [27].
En Angleterre, le coût annuel de l'obésité est estimé à 500
millions de livres dans les dépenses de la sécurité sociale et
l'impact sur l'économie est estimé aux alentours de 2 milliards
de livres. Le coût humain de l'obésité est calculé à 18
millions de jours de maladies par an; à 30 000 décès par an,
aboutissant à 40 000 années de vie professionnelle perdues et
une durée de vie raccourcie de neuf ans en moyenne [28].
7. Quels sont les organismes
responsables de la promotion de la santé?
La promotion dune alimentation saine et de lactivité
physique pour contrôler le poids corporel suppose la
participation active de plusieurs organismes dont les
gouvernements, les professionnels de la santé, lindustrie
alimentaire, les médias et les consommateurs. Ils partagent tous
la responsabilité dencourager une alimentation pauvre en
graisses, riche en glucides complexes et contenant de grandes
quantités de fruits et légumes.
L'accent doit être mis aujourdhui sur la stimulation de lactivité
physique, particulièrement dans les villes, chez les personnes
âgées et les individus sédentaires.