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Histoires d'athlètes

 

 

Histoires d'Athlètes




 

Gabriela  ANDERSEN-SCHEISS


Gabriela Andersen-Scheiss était monitrice de ski dans l'Idaho, Etats-Unis, lorsqu'elle représenta la Suisse aux Jeux Olympiques de 1984. Vingt minutes après l'arrivée de la championne olympique, Joan Benoit, Gabriela Andersen-Scheiss, alors âgée de 39 ans, pénétra chancelante dans le stade, victime d'un coup de chaleur. Sa jambe droite était raide et son bras gauche pendait mollement sur le côté. Sous le regard des spectateurs pantois, les médecins constatèrent qu'elle transpirait encore - ce qui était bon signe - et la laissèrent continuer. Il lui fallut 5 minutes et 44 secondes pour parcourir le dernier tour de stade en titubant, s'arrêtant parfois et se tenant la tête. Elle franchit finalement la ligne d'arrivée en tombant dans les bras des médecins qui l'attendaient. Gabriela Andersen-Scheiss se classa 37e. A la grande surprise de tous, elle récupéra rapidement et fut autorisée à quitter les installations médicales au bout de deux heures seulement.

 

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Joan  BENOIT

Jusqu'en 1984, aucune course féminine de plus de 1 500m n'avait été inscrite au programme des Jeux Olympiques. Le marathon - qui se court sur une distance de 42km195 - fut finalement inclus au programme à Los Angeles. Cette admission fit date dans l'histoire olympique. Le 18 avril 1983, Joan Benoit s'imposa au marathon de Boston en 2:22:43. Elle détenait toujours le record du monde lorsqu'eut lieu le premier marathon olympique féminin le 5 août 1984. Joan Benoit se qualifia pour les Jeux Olympiques en remportant les épreuves de qualification aux Etats-Unis, dix-sept jours seulement après avoir subi une arthroscopie du genou droit. Aux Jeux de Los Angeles, elle était la favorite aux côtés de la Norvégienne Grete Waitz, qui avait jusqu'alors remporté les sept marathons auxquels elle avait pris part. Grete Waitz avait également battu Joan Benoit à dix reprises au cours de leurs onze rencontres précédentes sur diverses distances. Or, cette fois-ci, Joan Benoit prit la tête après quatorze minutes seulement et distança ses concurrentes, étonnée que personne ne la suivît. Avant que Waitz ne commence à l'inquiéter au bout de 30km, il était trop tard. Joan Benoit remporta la course avec 400m d'avance.



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Abebe  BIKILA

Abebe Bikila est né en Ethiopie le 7 août 1932, le jour même où eut lieu le marathon des Jeux Olympiques de Los Angeles. Vingt-huit ans plus tard, en 1960, l'Ethiopien participait au marathon des Jeux de Rome. Bikila, qui courait pieds nus, décida, avec son entraîneur Onni Niskanen, d'attaquer à un peu plus d'un kilomètre de l'arrivée. A cet endroit précis, les marathoniens passaient devant l'obélisque d'Axoum, un monument qui avait été pillé par les troupes italiennes et ramené d'Ethiopie à Rome. Lorsque Abebe Bikila atteignit l'obélisque, il était au coude à coude avec le Marocain Rhadi Ben Abdesselem. Mais Bikila parvint à distancer son adversaire, franchissant la ligne d'arrivée avec 200 mètres d'avance. Bien que personne n'eût jamais remporté le marathon deux fois de suite jusqu'alors, l'Ethiopien décida de concourir à nouveau aux Jeux Olympiques de 1964 à Tokyo, et ce malgré une appendicectomie subie 40 jours avant la compétition. Mais, cette fois, c'est avec des chaussures aux pieds qu'il prit le départ. Abebe Bikila se détacha nettement à mi-parcours et, continuant sur sa lancée, remporta le marathon avec plus de quatre minutes d'avance sur ses poursuivants, en un temps record de 2h12'11".

 

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Hannes Kölehmainen

Hannes Kölehmainen fut le premier des grands coureurs de fond finlandais. Aux Jeux de 1912, il gagna le 5 000m avec un nouveau record du monde, le 10 000m et l'épreuve de cross en individuel, dans laquelle il remporta également l'argent par équipe. Sa victoire au 5 000m lui donna également l'occasion de battre un record du monde. Il fut en effet la première personne à courir cette distance en moins de 15 minutes. Il établit aussi un record du monde au 3 000m dans les éliminatoires de l'épreuve par équipe. L'annulation des Jeux de 1916 empêcha indubitablement Kölehmainen de remporter davantage d'honneurs olympiques en athlétisme. Néanmoins il se lança dans les épreuves sur route avec son premier marathon en 1907. Kölehmainen termina quatrième en 1917 au marathon de Boston et, en 1920 à Anvers, il s'attribua la médaille d'or de cette discipline. Plus tard, il établit des records du monde au 25 et au 30 km. Aux Jeux Olympiques de 1952 à Helsinki, Kölehmainen fut choisi pour enflammer la vasque lors de la cérémonie d'ouverture et c'est Paavo Nurmi qui lui tendit le flambeau après avoir fait le tour du stade.



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Spyridon LOUIS

Né le 12 janvier 1873 à Maroussi près d'Athènes, Spyridon Louis, un berger grec de 24 ans, fut le véritable héros des Jeux de 1896. Aucune autre épreuve ne comptait plus pour les Grecs que le marathon de 40km. Cette course fut instaurée pour honorer la légende de Pheidippides, le messager qui aurait apporté la nouvelle de la victoire grecque à la bataille de Marathon en 490 av. J-C en courant de Marathon à Athènes. Le 10 avril 1896, Spyridon Louis, portant les chaussures que lui avaient données les habitants de son village, partit de Marathon avec seize autres coureurs. Il prit la tête quatre kilomètres avant le stade panathénien et, à la grande joie des 100 000 spectateurs présents dans le stade et tout autour, il remporta la course avec plus de sept minutes d'avance sur ses concurrents. Quarante ans plus tard, Spyridon Louis se remémorait les moments qui ont suivi sa victoire : "Cet instant avait quelque chose d'incroyable et je m'en rappelle encore comme d'un rêve… Des brindilles et des fleurs pleuvaient sur moi. Tous les spectateurs criaient mon nom et jetaient leur chapeau en l'air… . "



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Alain MIMOUN

L'Algérien Alain Mimoun représenta tout d'abord la France aux Jeux Olympiques de 1948. Dans le 10 000m, il termina deuxième derrière Emil Zatopek. En 1952, Mimoun de nouveau se plaça deuxième dans le 10 000m mais, de nouveau, ce fut Zatopek qui l'emporta. Quatre jours plus tard, Mimoun s'attribua sa troisième médaille d'argent, cette fois-ci dans le 5 000m. Le vainqueur ? Emil Zatopek. Aux Jeux Olympiques de 1956, Mimoun opta pour le marathon...et affronta Zatopek dans sa dernière course. Cette fois-ci, ce fut Mimoun qui prit la tête. Juste avant la marque de mi-parcours, il s'échappa pour une victoire avec une minute et demie d'avance. Mimoun attendit son vieux compagnon Emil Zatopek sur la ligne d'arrivée, qui y parvint en sixième position. "Emil" lui dit Mimoun " ...c'est moi qui ai gagné". Zatopek enleva sa casquette, salua Mimoun et l'embrassa. "Pour moi" se souvint Mimoun plus tard, "cela valut toutes les médailles". Revenant sur ses courses olympiques, Mimoun fit observer, "Je regarde ma carrière comme un château : ma médaille d'argent à Londres représente les fondations, les deux d'Helsinki en sont les murs et la médaille d'or à Melbourne y a mis le toit".



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Paavo NURMI

Paavo Nurmi est l'un des quatre athlètes à avoir remporté neuf médailles d'or, un exploit des plus impressionnants lorsque l'on sait que ces médailles sont venues récompenser des victoires dans des épreuves de fond et que le Finlandais fut interdit de compétition olympique sous prétexte de professionnalisme. Paavo Nurmi participe pour la première fois aux Jeux Olympiques en 1920, dans l'épreuve du 5 000m, et décroche à cette occasion une médaille d'argent, derrière le Français Joseph Guillemot. Trois jours plus tard, Nurmi s'impose face à Guillemot dans le 10 000m. Trois jours plus tard encore, il finit premier de l'épreuve de cross-country, s'adjugeant par la même occasion une médaille d'or supplémentaire car cette course compte également pour l'épreuve par équipes, laquelle est facilement remportée par la Finlande. Le 10 juillet 1924, aux Jeux de la VIIIe Olympiade à Paris, Paavo Nurmi réalise l'un des plus grands exploits de l'histoire olympique : il commence par décrocher l'or dans le 1 500m avant de s'imposer, deux heures plus tard, dans le 5 000m. Le surlendemain, au cours de l'une des journées les plus chaudes qu'ait jamais connues la capitale française, le Finlandais remporte l'épreuve de cross-country (10 000m) avec 1 minute 24,6 secondes d'avance et obtient une autre médaille d'or dans l'épreuve par équipes. Le lendemain, alors que la plupart des autres coureurs récupèrent, Paavo Nurmi finit premier du 3 000m par équipes. Il avait espéré pouvoir défendre son titre dans le 10 000m, mais les officiels finlandais refusèrent de l'inscrire dans cette épreuve. De retour en Finlande, c'est un Paavo Nurmi en colère qui prouve ce dont il est capable, établissant du même coup un record du monde dans le 10 000m qui va tenir près de 13 ans. En 1928, Paavo Nurmi conclut sa carrière olympique par une victoire dans le 10 000m et une deuxième place dans le 5 000m et le steeplechase (à cette date, les courses de cross-country ont été supprimées du programme olympique).



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Dorando PIETRI

L'Italien Dorando Pietri était un parfait inconnu lorsqu'il entra dans le stade à la fin du marathon des Jeux Olympiques de 1908. Or, le récit des événements qui suivirent allait le rendre célèbre dans le monde entier. Dorando avait participé aux Jeux intermédiaires de 1906 à Athènes, mais il n'avait pas fini la course. Aux Jeux de 1908 à Londres, c'est le Sud-Africain Charles Hefferon qui menait le marathon, mais l'épuisement le gagna, et Dorando le dépassa à environ un kilomètre du stade. Lorsque l'Italien fit son entrée sur la piste d'athlétisme, la foule l'acclama. Mais, rapidement, le public se rendit compte que quelque chose n'allait pas. Hébété, Dorando se dirigeait dans la mauvaise direction. Des officiels lui indiquèrent alors le chemin mais l'Italien s'écroula. On l'aida à se remettre debout, mais il tomba encore ... et encore ... et encore. Enfin, un autre coureur, l'Américain John Hayes, arriva dans le stade. Les officiels relevèrent Dorando et l'aidèrent à franchir la ligne d'arrivée. Cette aide extérieure valut au coureur italien d'être disqualifié, mais son courage le rendit célèbre. La reine Alexandra lui offrit une coupe en or. Irving Berlin écrivit une chanson en son honneur. Et ses exploits suscitèrent un véritable engouement pour le marathon dans le monde entier, engouement qui gagna également les Jeux Olympiques.



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Ville RITOLA

Dans les années 1920, Paavo Nurmi et Ville Ritola dominent la course de fond. Aux Jeux Olympiques de 1924 à Paris, Ritola réalise une incroyable performance, remportant quatre médailles d'or et deux d'argent. Dans sa première course, le 10 000m, il s'impose avec un demi-tour d'avance et bat son propre record du monde de plus de 12 secondes. Trois jours plus tard, il finit premier du 3 000m steeple avec une avance de 75 mètres sur ses adversaires. Le lendemain, il termine deuxième derrière Nurmi dans le 5 000m. Il remporte ensuite une autre médaille d'argent, toujours derrière Nurmi, dans l'épreuve de cross-country individuel et décroche l'or avec l'équipe finlandaise dans cette même épreuve par équipes. Pour finir, Ritola s'impose, en compagnie de Nurmi et de Katz, dans le 3 000m par équipes. En 1928, aux Jeux Olympiques d'Amsterdam, Ritola finira deuxième - derrière Nurmi - dans le 10 000m. La dernière épreuve à laquelle il participera sera le 5 000m. Ritola distancera cette fois Nurmi dans le dernier virage, franchissant la ligne d'arrivée avec 12 mètres d'avance. Cette victoire portera le nombre total de ses médailles à cinq d'or et trois d'argent .



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Derartu TULU

Derartu Tulu, qui appartient à l'ethnie des Oromos, passa son enfance sur les hauts plateaux éthiopiens de l'Arsi, où elle élevait du bétail. Ce n'est qu'à 16 ans qu'elle se rendit compte qu'elle courait vite, extraordinairement vite. Dans la finale du 10 000m aux Jeux Olympiques de 1992 à Barcelone, la Sud-Africaine Elana Meyer creusa l'écart dès le sixième kilomètre et seule Derartu Tulu fut en mesure de suivre la cadence. Elana Meyer tenta d'obliger l'Ethiopienne à la dépasser, mais celle-ci ne céda pas. Enfin, juste avant le début du dernier tour, Derartu Tulu prit la tête de la course pour franchir la ligne d'arrivée avec 30 mètres d'avance. Elle attendit ensuite Elana Meyer et c'est main dans la main que les deux femmes - la première athlète d'Afrique noire championne olympique et une Sud-Africaine blanche - effectuèrent un tour de stade pour célébrer leur victoire, symbolisant ainsi l'espoir de voir naître une Afrique nouvelle. Derartu Tulu participa une nouvelle fois aux Jeux Olympiques en 1996, mais elle ne se classa que quatrième. Sa carrière était cependant loin d'être finie. Aux Jeux de Sydney en 2000, elle s'inscrivit une nouvelle fois dans le 10 000m. Retrouvant la forme qu'elle avait huit ans auparavant, elle prit la tête de la course dès que la cloche signala le début du dernier tour et vola vers la victoire devant sa coéquipière Gete Wami. Derartu Tulu est la première femme à avoir remporté deux médailles d'or dans des épreuves olympiques de fond.



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Lasse Virén

Lasse Virén, policier de profession, fit ses grands débuts aux Jeux Olympiques de Munich en 1972, à l'âge de 23 ans. Il courut d'abord le 10 000m. Occupant la cinquième place à mi-course, il trébucha et chuta. Se redressant instantanément, il revint à la deuxième place en 230 mètres. La situation changeait sans cesse en tête. Alors qu'il ne restait qu'un tour et demi, Virén accéléra, lâchant ses adversaires un par un. Virén franchit la ligne d'arrivée avec six mètres d'avance et battit le record du monde de la distance établi sept ans auparavant. Dix jours plus tard, en finale du 5 000m, Virén repoussa l'assaut du Tunisien Mohamed Gammoudi et s'imposa, réalisant ainsi son premier doublé 5 000/10 000m. Aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976, la finale du 10 000m fut moins ardue. A 450 mètres de la ligne d'arrivée, il dépassa le Portuguais Carlos Lopes, qui avait mené la course presque de bout en bout, et il termina avec 30 mètres d'avance sur lui. En revanche, la finale du 5 000m fut plus âpre. Bien qu'ayant entamé le dernier tour en tête, Virén était très proche d'un peloton de cinq coureurs: tous se tenaient en cinq mètres à peine. A la sortie du dernier virage, Virén repoussa une violente attaque du Néo-Zélandais Dick Quax et réussit finalement le pari de devenir double champion olympique sur 5 000m et 10 000m. On notera d'ailleurs que Virén est le seul athlète double champion olympique sur 5 000m. De nouveau présent aux Jeux Olympiques de Moscou en 1980, Virén prit la cinquième place sur 10 000m, et il abandonna en cours de marathon, victime de malaises intestinaux. Lasse Virén défendait haut et fort les vertus de l'entraînement en forêt: "La tranquillité de la nature est un facteur de renforcement des ressources mentales; lorsque vous courez dans les bois, il faut changer de rythme pour éviter les racines, et cela demande une vigilance permanente, comme en compétition".



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Miruts YIFTER

Miruts Yifter dut attendre huit longues et frustrantes années avant de pouvoir remporter une médaille d'or olympique. En 1972, il finit troisième du 10 000m, mais ne se présenta pas au départ du 5 000 pour d'obscures raisons. Des motifs politiques, mais aussi le fait qu'il s'était perdu dans les couloirs du stade, furent avancés à l'époque. En 1976, il ne put participer aux Jeux en raison du boycott imposé par son pays. Quatre ans plus tard à Moscou, Miruts Yifter put enfin se remettre de ses déceptions. Lors de la finale du 10 000m, il prit la tête de la course dans les 300 derniers mètres pour s'imposer de quelques foulées devant ses adversaires. Cinq jours plus tard, dans la finale du 5 000m, il se retrouva "enfermé" alors qu'il entamait son dernier tour de stade. Mais, alors qu'il ne restait que 300m à parcourir, son coéquipier, l'Ethiopien Mohammed Kedir, s'écarta et Miruts Yifter put une fois encore voler vers la victoire. Une partie du mystère entourant Miruts Yifter avait trait à son âge, qui oscillait, d'après les dires, entre 33 et 42 ans. Miruts Yifter n'éclaircit jamais cette énigme, déclarant aux journalistes : "On peut me voler mes poules, on peut me voler mes moutons. Mais personne ne peut me voler mon âge".



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Emil ZATOPEK

Emil Zátopek débute sa brillante carrière olympique aux Jeux de Londres en 1948 en participant à l'épreuve du 10 000m. Menant la course à partir du dixième tour (il en reste alors 15 à courir), il grignote un tour sur tous ses adversaires sauf deux et franchit la ligne d'arrivée avec plus de 300m d'avance. Trois jours plus tard seulement, il participe à la finale du 5 000m. Au début du dernier tour, il est devancé de 50 m par le Belge Gaston Reiff. Zátopek galvanise alors la foule en se lançant dans un sprint, mais Reiff le voit arriver et l'emporte d'un mètre et demi. Bien que déjà impressionnants, les exploits d'Emil Zátopek en 1948 ne sont qu'un prélude à ce que le coureur accomplira aux Jeux Olympiques d'Helsinki. En 1952, il commence par défendre avec succès son titre dans le 10 000m, où il s'impose avec une avance de 100m. Dans le 5 000m, alors qu'il n'est que quatrième et qu'il ne reste qu'un demi-tour de piste à parcourir, Emil Zátopek accélère l'allure dans le dernier virage, dépasse ses adversaires et franchit la ligne d’arrivée avec cinq mètres d'avance. Un peu plus tard dans l'après-midi, son épouse, Dana, remporte l'or au javelot. Mais Zátopek n'en reste pas là. Alors qu'il n'a jamais couru le marathon, il s'inscrit à l'épreuve et, après s'être facilement débarrassé de tous ses concurrents, l'emporte avec deux minutes et demie d'avance sous le regard admiratif des spectateurs finlandais qui scandent son nom. Emil Zátopek est le seul coureur à s'être imposé dans le 5 000m, le 10 000m et le marathon au cours d'une même édition des Jeux. Il courra une dernière fois le marathon en 1956 à Melbourne, mais, opéré d’une hernie six semaines seulement avant les Jeux, il ne finira que sixième.



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