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La légende du Marathon

   
Marathon est un Village Grec de 2000 habitants, situé en Grèce à 39 km au nord-est d'Athènes. Il est aussi le siège d'une célèbre bataille qui a opposé, en 490 avant Jésus-Christ, les Athéniens, commandés par Miltiade, aux Perses. Ce conflit a sauvé la Grèce de l'invasion perse et mit fin à la première guerre médique. Il contribua également au renforcement du prestige des Grecs. A l'issue de la bataille, le célèbre coureur de Marathon, un soldat grec nommé Philippides, accomplit d'une traite à la course, la distance qui séparait le champ de bataille à Athènes où il devait apporter la nouvelle de la victoire.
En arrivant, épuisé par l'effort, il mourut. Les premiers Jeux Olympiques Modernes ont eu lieu à Athènes en 1896, sous l'impulsion de Pierre Fredi, baron de Coubertin. Ils renouaient alors avec la tradition antique laissant de côté l'aspect religieux de la manifestation. Des courses dénommées marathons se déroulaient dans plusieurs villes. Du haut de ses 102 ans, Boston est l'épreuve doyenne. Mais la distance n'était jamais calibrée. Les sportifs couraient sur des distances variables. En 1908 aux Jeux Olympiques de Londres, les britanniques eurent l'idée de donner à cette course un kilométrage étalon. Ils calculèrent alors la distance séparant la terrasse du château de Windsor, ligne de départ, et les derniers 100 mètres du stade olympique de White city, où ils établirent l'arrivée. Ils imposèrent alors une distance réglementaire fixée à 42km 195m.


                                                    
Gravure de Philippidès apportant la nouvelle de la victoire   

Histoires de marathons insolites :



 Le marathon revisité par La Fontaine…
Rien ne sert de courir il faut avoir une voiture à point….
En 1904 aux JO de Saint Louis le marathon se déroule par forte chaleur. Au départ se trouvent 31 concurrents. Pendant 20 kilomètres un cubain, Félix Carnaval mène le peloton de tête. Félix Carnaval est facteur de métier, il est venu à ses frais pour participer à ce marathon. Il avait réussit à collecter les sous nécessaires à la traversée mais s'était fait dérober le peu qui lui restait à son arrivée à la Nouvelle Orléans. C'est en stop qu'il rallia Saint Louis. Sans argent il dut se débrouiller une fois sur le site olympique. Au cours du marathon, il cueillit des pommes, pas encore mures et les mangea. Il faut alors pris de fortes crampes d'estomac et du renoncer à ses chances de victoires.
Outre Carnaval, figure dans le peloton de tête du début de course un américain du nom de Fred Lortz. Après une quinzaine de kilomètres, victime lui aussi de crampes il s'arrête au bord de la route et abandonne. Une voiture accompagnatrice passant par-là le prit à son bord. La voiture continua son chemin en doublant bon nombre de concurrents. A environ 8km de l'arrivée, Lorz, frais et reposé descendit de la voiture et reprit la course. Il dépassa son compatriote Hicks alors en tête et entra le premier dans le stade, sous les ovations des spectateurs. Il se prit au jeu, et fut photographié aux cotés de la fille du président Roosevelt. Mais la supercherie ne dura que jusqu'à l'arrivée du vrai vainqueur de la course, Thomas Hicks accompagné de juges de course. Lorz reconnut les faits et fut donc déclassé. Hicks, exténué et gisant à terre fut déclaré vainqueur dans le temps de 2h28. Un vainqueur qui - à environ 10km de l'arrivée - eut droit à une piqûre de strychnine et une bonne rasade de brandy…. sans glace…. pour surmonter une défaillance.


Le marathon le plus long…
En 1912 aux jeux olympiques de Stockholm, le marathon fait 40,2 km. Au départ se trouvent les grands coureurs du moment comme le Finlandais Tatu Kolehmainen. Sur la ligne de départ se trouve également un japonais, Shizo Kanaguri. Il fait partie de l'imposante délégation japonaise qui participe pour la première fois aux jeux olympiques, et qui comprend au total deux concurrents en athlétisme et quatre officiels !
Shizo Kanaguri est engagé sur le marathon avec l'excellent et surprenant temps pour l'époque de 2h32'45". Agé de vingt ans, il est totalement inconnu du monde de l'athlétisme. Il est venu à Stockholm grâce à une collecte financée par ses camarades. Son voyage fut très long, il passa notamment un mois dans le transsibérien. Arrivé cinq semaines avant le départ de l'épreuve, il eut le temps de s'adapter au climat suédois.
Le jour du marathon, la température atteignit des valeurs élevées, ce qui rendit l'épreuve extrêmement difficile au point qu'un concurrent, le Portugais Lazaro succomba sous la chaleur.
Kanaguri fit la première partie de la course sans difficulté spécifique. Arrivé au 30ème kilomètre, il passa devant une maison où il vit une personne boire un jus de fruit. Probablement fort déshydraté, la tentation fut très forte, si bien qu'il s'arrêta pour boire. L'homme l'invita tout naturellement à entrer dans sa maison pour se désaltérer. Kanaguri fatigué et déshydraté s'allongea sur un canapé pour récupérer un peu. Cette récupération se transforma en un gros somme qui ne prit fin que ……le lendemain. Pendant ce temps, les officiels et la délégation japonaise l'attendaient au stade. La police fut même alertée pour tenter de le retrouver. Le lendemain matin, à son réveil, honteux de sa mésaventure, il ne voulut d'abord pas rentrer au Japon. Il repris néanmoins le chemin du pays du soleil levant. En 1967, à l'âge de 75ans, Shizo Kanaguri revint sur les lieux de sa mésaventure olympique et décida de finir ce qui avait été commencé quelques années plus tôt….Il reprit donc sa course là où elle s'était momentanément arrêtée en 1912 et finit les douze kilomètres restant. Il franchit la ligne d'arrivée dans le temps de 54 ans, 8 mois, 6 jours, 32 minutes et 20 secondes…. mieux vaut tard que jamais……


départ du marathon de St Louis 1904

Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures…
Quelle sensation cela doit être de rentrer en tête dans un stade olympique et de s'entendre acclamé par 80000 spectateurs ! En 1972, aux jeux olympiques de Munich, le favori du marathon est l'américain Franck Shorter. Pourtant à quelques centaines de mètres de l'arrivée, c'est un jeune allemand qui est en tête. Il rentre dans le stade sous les acclamations des 80000 spectateurs présents et persuadés d'ovationner Shorter. Au lieu d'un athlète, il s'agit en fait d'un imposteur.
Norbert Südhaus fait partie d'un camp de jeunes organisé à l'occasion des jeux olympiques. Agé de 16 ans, il trouve que l'ambiance est bien triste après les malheureux événements qui ont eu lieu au village olympique quelques jours plus tôt. Pour s'amuser, il décide sans trop y réfléchir de prendre part à la fin du marathon olympique. Adossé aux barrières de sécurité, il les franchit sans aucun mal et commence alors à courir en direction du stade, un dossard sur le dos. Apres son entrée triomphale dans le stade, spectateurs et officiels découvrent la supercherie. Sitôt la ligne passée, il est emmené auprès du président du comité d'organisation pour quelques explications. Südhaus n'eut aucune sanction suite à son imposture. Quand Franck Shorter, vrai vainqueur de ce marathon entra dans le stade, il n'eut pas droit aux ovations espérées. Il fut bien sur acclamé mais pas autant que ne l'avait été Südhaus. Ce dernier écrivit par la suite une lettre d'excuses à Shorter mais ne reçut pas de réponse en retour. Shorter eu du mal à digérer cet incident et déclara lors des jeux de 1976 qu'on le verrait entrer en tête sur le stade à moins d'un autre plaisantin. Malheureusement le plaisantin qui le devança cette année là, fut encore un allemand, du nom de Cierpinski, qui récidivera son exploit quatre ans plus tard à Moscou en devenant le deuxième homme - après Bikila - à devenir double champion olympique du marathon.

 

   
   
 

 

 

 



     

 

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