Le trail de la Vallée des Lacs - Eric Bonnotte

Cette course remplace désormais le 100 km de Gérardmer. Autant dire que ce 100 bornes réputé à vécu ! l’épreuve concoctée par Michel Lavest deviendra, à ne pas en douter, une référence dans les prochaines années !

J’arrive à 6 heures du mat sur le parking des pistes de ski de la Mauselaine, dominant Gérardmer. Un souffle d’air chaud m’accueille lorsque je sors de la voiture : ça promet ! Nous sommes tout de même à 850 m d’altitude, à 6h et la température avoisine les 15 degrés !

Le départ est donné à 7 heures. Sur les 260 inscrits, il y a du beau linge comme on dit et quelques costauds sont aux premières loges sur la ligne de départ : Keck, récent vainqueur du grand défi des Vosges, claudel, le dijonnais super-costaud, Bernardot, duathlète plutôt balaise, Greffier, coureur belfortain, testeur nike, qui a déjà 600 km de compétition dans les cannes depuis décembre dont le Mandala trail… et bien sur J.C. Enderlin, qui court toujours pour le Challenge des trails de l’est. On se sent tout petit…
La cloche retentit et c’est parti pour 53 km et 2200 m de D+. C’est parti en réalité comme pour un 100 mètres ! A fond ! je n’avais jamais vu cela avant ! et pourtant, d’entrée de jeu, il y a 400 m de D+ non-stop pour atteindre le sommet de pistes. Devant, les types bourrent comme des malades !
Personnellement, je prends mon rythme diesel. On verra plus tard pour le turbo !
Arrivée à la tête de Grouvelin, première surprise : je rattrape Gilles Greffier. Il suffoque en tentant de m’expliquer qu’il a voulu s’accrocher aux premiers. Il est sec ! il tire la jambe et sera contraint à l’abandon pour visiblement un sérieux problème de ménisque. La première descente s’effectue sur une succession de sentiers magnifiques. Les vallées Vosgiennes nous ouvrent grand leurs portes. Il fait bon, le soleil brille merveilleusement et le décors est absolument splendide. Enfin, on plonge presque verticalement sur le premier ravito au km 16 ; deuxième surprise : s. Bernardot est quelques mètres devant moi, l’œil d’un poisson qu’à pas vu la mer depuis longtemps ! lui aussi subit le contre-coup du départ canon : il n’a plus de jambes.
On quitte le ravito pour s’élancer dans un single-track (comme on dit en VTT) qui grimpe très raide dans une forêt de sapins. Ca sent bon la résine de pin, il fait frais à l’ombre de ces grands arbres… c’est le paradis ! ensuite, c’est du délire : tous les types de chemins s’offrent à nous : de la grande piste roulante au sentier ultra-raide et technique alpin, avec des vues sur des lacs vissés au fond de  gorges très étroites… c’est magique. Le parcours a vraiment été travaillé et choisi à merveille pour les amoureux de la nature que nous sommes !
La montée au Honneck s’effectue en douceur. On attend le point culminant de la course en slalomant entre les promeneurs du dimanche qui regardent d’un air bizarre les extra-terrestres qui montent la haut en courant ! troisième surprise pour moi : juste avant le sommet, je double P. Keck qui me paraît à la rue. Il s’est visiblement perdu et n’a plus de jambes : il accuse l’effort violent du départ, puisque c’est lui qui, d’entrée de jeu, a donné le ton !
La descente qui suit est fabuleuse : un sentier en balcon qui me rappelle le trail du Verdon. On surplombe le lac de Longemer et il faut faire attention ou l’on pose les pieds : par endroit, la chute pourrait être dangereuse. On longe un profond ravin, on traverse des pierriers… La totale. Je ne m’attendais pas à cela dans les Vosges !
Enfin on arrive au dernier point d’eau : 750 m d’altitude ; Il faut remonter au sommet, à la tête de Grouvelin, 400 m plus haut sur 6 ou 7 km. La montée est longue, mais les jambes sont encore là. J’en profite pour sortir un peu le turbo….
Reste le final : pour rallier l’arrivée, c’est très simple, il suffit de suivre…. la piste rouge du Tétras !!! C’est « la » piste de descente des Vosges ; A ski, elle doit-être sympa. En courant, après 53 km, elle est plutôt difficile ! mais quel plaisir ! un régal que cette arrivée plongeante sur Gérardmer, inoubliable…. Moment d’émotion lorsque l’on passe sous la banderole d’arrivée. On se promet que l’on reviendra. C’était magique !

Cette épreuve deviendra, avec le temps, c’est clair, « Le Trail » qu’il faudra avoir fait !

Pour les arrivées :
Vainqueur : Claudel, en 4h50’. Second : J. C. Enderlin en 5h05.
Pour ma pomme, je termine sixième en 5h19. et une fois de plus, je suis tout étonné de ce classement. J’en reviens toujours pas… faut vraiment que je le fasse ce contrôle anti-dopage ! serais-je dopé à l’insu de mon plein gré ?

Eric

D'autres récits de courseHaut de page