Témoignage d'un premier 100km.

Comme au marathon, c'est la fraîcheur des les jambes qui dicte le rythme
possible, et en bon débutant qui n'écoute pas les conseils des anciens,
j'ai consumé ma fraîcheur en étant trop rapide au début, et je l'ai payé
comptant en ne pouvant aller que très lentement sur les 40 derniers km de
la fin.
J'ai vraiment eu la sensation d'une course en deux phase: le premier tour,
puis les 4 autres.
Au premier tour, j'étais sur une allure de 4'40" au mille, et j'ai
rapidement sentis que je n'irai pas au bout sur ce rythme.
En observant les coureurs qui avaient l'air expérimentés avec lesquels je
courais au premier tour, j'ai remarqué que la plupart d'entre eux avaient
une foulée spéciale. Une espèce de foulée économique de coureur qui
marcherai presque, ou de marcheur athlétique qui courrai presque.
J'ai donc ralenti dès le début du deuxième tour, en me calant à 5' au
mille, et en essayant d'adopter cette foulée économique, la plus fluide
possible pour ne pas faire venir de crampes, et sur laquelle j'avais
l'impression de pouvoir durer indéfiniment.
A chaque tour, j'emportais sur moi une outre à tuyau genre "Camel back"
remplie d' 1 litre d'eau sucrée (6 sucres/l ).
J'avais en fait deux outres, et à chaque tour, mon épouse m'échangeait
l'outre vide contre une pleine.
Je ne me suis pas arrêté, sauf pour uriner une bonne dizaine de fois, et
sauf aux points de contrôle le temps d'une lecture de code barre.
Je n'ai pas du tout marché.
J'ai passé le Semi en 1h40, le Marathon en 3h22, et le 60ème en 5H 00' 45"
Sur cette foulée économique, j'ai en fait, involontairement,
imperceptiblement, et constamment ralenti.
De 5' au mille au deuxième tour, je suis passé à  6 au troisième, puis à 7
sur les deux derniers tours.
J'ai été accompagné par mon épouse à vélo sur les deux derniers tours. Cela
m'a soutenu moralement, et a aidé à rompre la monotonie de la fin de
course.
Je n'ai pas souffert véritablement.
Passé le 80 ème je commençai à y croire vraiment, mais j'avais l'impression
que le temps s'étirait, que l'épreuve s'éternisait...
Puis le 98 ème est arrivé, puis le 99 ème...
Dans le dernier kilomètre, je comptais chaque centaines de mètres.
Puis les frissons, l'émotion et les larmes sont arrivées...
Puis l'arrivée est arrivée.

Le premier a terminé en 8h 02'.
Pour ma part, j'ai fini en 9h 43' 02", ce qui me place 11ème sur 40 au
départ.
Si je fait le bilan de mes allures, et par rapport à une vitesse objectif
de 5' au mille, j'ai gagné 10' au premier tour,
et j'ai perdu 1h20 sur les deux derniers.
Sur l'ensemble de la course, pour aller plus vite, il faut donc plutôt
mieux aller moins doucement sur la longue fin que plus vite sur le court
début.

J'aimerai courir un prochain 100km en mois de 9h.
Pour cela, je compte m'exercer et travailler cette foulée pas naturelle
mais si économique, m'entraîner réellement à vitesse 100km ( entre 5' et
5'25" au mille ) et non pas toujours trop vite comme je l'ai fait cette
saison, et résister à la tentation de partir trop vite le jour de
l'épreuve.

Pensez vous que ces résolutions soient bonnes ?
 
 
 

Informations sur l'épreuve

Date
09/05/02 ( jeudi de l'ascension )

Lieu
Steenwerk. ( entre Lille et Armentières )

Circuit
5 boucles de 20km entièrement sur petites routes plates . ( seules bosses,
2 fois par tour: ponts au           dessus de le voie du TGV nord )5 points
de ravitaillements par tour, dont 3 avec pointage obligatoire ( lecture de
code barre sur le   dossard ) et massage possible.

Départ
6h00 le 08/05/02

Arrivée
Au plus tard à 19h00 le 09/05/02.

Météo
Temps couvert, lèger brouillard, température 10 à 15°, vent modéré 20 à 30
km/h

Remarque
Il y a en fait deux épreuves sur le même circuit.
Une épreuve "marche" de 100km, avec départ le 08/05/02 à 19h00, et arrivée
au plus tard le 09/05/02 à 19h00.
Plusieurs centaines de personnes prennent le départ de cette épreuve, et
les coureurs qui préfèrent courir la nuit peuvent prendre ce départ.
Une épreuve "Course" de 100km avec départ le 09/05/02 à 6h00, et arrivée au
plus tard le 09/05/02 à 19h00.
La cohabitation de ces deux épreuves, ainsi que les différences de vitesses
entre marcheurs et coureurs, fait que l'on est jamais longtemps seul sur le
circuit.

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