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Les 100km de Ponthieu 2005 - Yvon Kerroux (Le Chacal) |
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Engagés dans des discussions avec le Shadock et quelques
autres, le coup du départ nous surprend, alors que le monde n’était pas encore
tout à fait reconstruit..
Le temps de démarrer le chrono, et je pars derrière le Shadock, qui cause
toujours …
272 au départ, ça fait du monde sur les petites routes de ce circuit de 25 km,
dont la variété pour une course sur route a finalement quelque chose
d’exceptionnel. Apres une descente rapide sur le 1er km, que je gèrerai par la
suite en accélérant carrément pour ne pas freiner, on attaque 5km de faux plat
qui nous emmènent au premier ravito. C’est là que je vais perdre le Shadock,
que je pensais suivre un peu à condition qu’il s’adapte à mon rythme régulier,
parce que le fractionné sur ultra, c’est pas trop mon truc. Pour atteindre le
5eme il faut monter la première vraie côte du parcours, où j’accélère un peu
pour rattraper le Shadock, que je ne vois plus .
A la deuxième portion de 5 km, toujours en faux plat montant, on fait
connaissance avec le grand invité de cette journée : Le vent ! Je verrai
plusieurs abandons dans cette portion, à partir du 50eme, quand les ambulances
et autres voitures balais vont commencer à tourner sur le circuit . Au 10eme ,
on rejoint les accompagnateurs vélo après un aller retour de 2 ou 300 mètres,
si pratique pour ajuster les distances . C’est aussi l’occasion de voir les
concurrents devant , dont le groupe compact qui entoure Bibi et ses 2
adversaires du jour, et les coureurs derrière, dont le Shadock que je cherchais
devant …
Quelques photos, et l’électron est en selle pour une cavalcade de 8h à la
poursuite de Dieu sait quel temps perdu. Je compte rouler dans les 5’/kilo, ce
qui est facile à compter. Pour l’instant on est 5 a 10s plus rapide, ce qui
n’est pas dramatique. Ayant assez évolué par rapport au début de ma
préparation, je suis plus souple aujourd’hui quant à l’objectif du jour. C’est
mon premier 100 bornes, ce sera donc mon record à condition de l’emmener au
bout, et je veux surtout le réussir afin d’avoir une référence sur la distance.
Il faut donc essayer de maintenir le rythme le plus longtemps possible, et
gérer l’usure si et quand elle se produira, car il n’est pas question non plus
de foncer dans un mur, quel qu’il soit.
Vers le 13e kilo, on attaque le passage « Trail « comme le baptise vite
l’Electron : Une descente sur un chemin caillouteux, qui fera bien mal aux
articulations dans le dernier tour , puis retour sur la route pour rejoindre le
15eme km sur une petite route en creux de vallon, , ou l’effet Venturi produit
un très fort vent de face. Juste derrière c’est la 2eme côte, la plus raide
mais aussi la plus courte, relativement facile à gérer car sans vent, et menant
directement au ravito où j’attaque les premières rasades de potion magique
choisie pour la circonstance (désolé pour ceux qui cherchent des secrets,
c’était de l’Isostar standard). Ensuite, c’est la forêts et ses 8 km de lignes
droites à l’abri du vent, que j’aurai à chaque fois plaisir a retrouver. Elle
me rappelle mes terrains d’entraînements, et je n’ai jamais eu de gros souci à
gérer les lignes droites à perte de vue qui ne mènent nulle part, à l’image de
la vie.
Ce terrain sera le siège d’une petite joute avec 2 ou 3 autres concurrents à la
fin du 2e tour, avec petite accélération à la clé. Heureusement pour moi, je
renoncerai très vite à ce petit jeu passablement suicidaire.
Dans ce premier tour, où on reconnaît le parcours, on échange beaucoup avec les
autres participant(e)s, surtout dans la forêt, où le vent et le dénivelé nous
laissent en paix.
Les 2 derniers km du circuits sont très durs, avec à nouveau un effet venturi
plein face, puis la longue montée sur l’arrivée, agrémentée il est vrai par le
passage devant la zone de stationnement des véhicules coureurs, où les
encouragements fusent. Ce passage, avec la zone de départ /arrivée au bout,
sera propice je crois à pas mal d’abandons.
2eme Tour. Avec mon Electron de suiveur, qui s’occupe consciencieusement du
ravitaillement et des temps de parcours, nous allons mener ce deuxième tour
rondement, avec un passage au Marathon en 3h26 et très vite la mi-parcours, où
les choses sérieuses vont commencer.
Juste deux mots que je voulais rajouter, a propos des
bénéfices de l'entraînement et du plan de préparation Heubi-one
1. Les douleurs
- Travailler sur fatigue, ce que je faisais peu avant semble avoir été très
efficace dans la gestion de la douleur musculaire ou articulaire, en
m'apprenant à la traiter comme une simple gêne, faisant partie de la course.
2. Le mental
- Je pensais avoir un mental d'acier, parce j'ai souvent lutté dans le passé
pour finir des courses , parfois en allant chercher des ressources en allant un
peu au-delà du raisonnable . Mais je sais maintenant que c'est plus facile et
plus efficace quand le physique est là. Moralité: le physique est bien la base
sur laquelle s'appuie le mental.
Et puis juste en conclusion, ce premier 100 s'est magnifiquement bien passé ,
et même si j'ai un petit regret pour ceux qui ont calé dans ces conditions
difficiles, ben j'suis content . Voilà je voulais juste vous le dire ( et
j'essaierai de faire mieux la prochaine fois, arf .. )
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