LA PREMIERE EDITION DE L’INTEGRALE DE RIQUET
Les 28,29 et 30 juin 2002, naissait parmi les
courses réservées aux ultra-marathoniens , « l’Intégrale
de Riquet » la petite dernière.
Son avenir semble fort prometteur, vu les visages
rayonnants des participants, lors du repas de clôture, le dimanche
30 juin, près du port de l’embouchure.
Tout a commencé, le vendredi 28 juin 2002,
au bord de l’étang de Thau, dans la commune de Marseillan, là
où les eaux du Canal du Midi se mêlent à celles de
l’étang.
Peu à peu, à la fraîcheur
matinale se sont rassemblés trente extra-terrestres (2 femmes, 28
hommes) au pied du phare des Onglous pour vivre ensemble une formidable
aventure.
En trois jours, ils vont parcourir à
pied plus de 240 kilomètres sur le chemin de halage du Canal du
Midi et découvrir à ciel ouvert 300 ans d’histoire.
La famille de l’Ultra compte peu de membres,
les meilleurs étaient là.
Après les retrouvailles, les souvenirs
communs échangés autour d’un petit déjeuner servi
par la sympathique municipalité de Marseillan, Monsieur l’adjoint
au sport, a accompagné le groupe sur le sentier du phare.
10h20, 28 juin, départ de l’équipée
pour 52 kilomètres, accompagné d’un léger vent marin,
sous un ciel d’un bleu azur.
Très rapidement, le groupe s’est étiré
dans ce décor de verdure, le chant des cigales cadençant
les foulées. La chaleur accablante du Sud à vite réduit
le rythme. Dès le début, on a vu se dessiner le podium de
la première étape. C’est avec le sourire aux lèvres
que Maurice MONDON a franchi la ligne d’arrivée à Capestang,
après 04h 01 minutes 44 secondes de course. 10 minutes plus tard
arrivait Gérard BAVATO.
En fin d’après-midi, sur la place du village
à l’ombre des platanes, dans un décor à la Pagnol,
se sont échangées les premières impressions, soignées
les premières blessures, compté le premier abandon.
Dans cet atmosphère typique du Midi, les ultra-marathoniens se sont
tout de suite senti à l’aise. Ce fut un véritable repas
de famille, très convivial.
Le canal est magnifique, l’aventure aussi, on
a mis le pied à l’étrier, il faut se ressourcer pour continuer
la course. L’étape de 123 kilomètres s’annonce difficile
à vivre.
Le palmarès de chacun a été
exposé devant Monsieur le Maire de Capestang venu honorer ces sportifs,
de tous les coins de l’hexagone.
Après une brève nuit à la
fraîcheur matinale, nous avons retrouvés, sur le petit pont
de pierre, fleuri pour l’occasion, le gratin de l’Ultra.
6h20, 29 juin, le ciel s’annonce prometteur, les
jambes des athlètes trépignent d’impatience, jusqu’où
vont-elles conduire ces sportifs ? Tous pensent franchir la ligne d’arrivée,
là-bas, très loin à Castelnaudary. La quiétude
de l’eau, la beauté du cadre, rien ne laisse à penser que
l’enfer est au milieu des vignobles du minervois auprès de tant
de richesses architecturales. Le pire est à venir. Peu à
peu, au fur et à mesure, les écarts se creusent, chacun prend
son allure. Les kilomètres s’égrainent, les heures aussi
au rythme du chant des cigales. Le paisible chemin de halage commence à
ressembler à l’enfer du dedans. La douleur au début sournoise,
s’extériorise, la beauté du paysage ne suffit plus pour calmer
la souffrance. Le temps passe vite, trop vite et l’arrivée est encore
bien loin, pour certains vraiment trop loin. Il vaut mieux s’arrêter,
ne pas casser la machine. Demain, on arrive dans la métropole toulousaine,
il faudra franchir la ligne. Alors, on décide de stopper avant la
catastrophe. Les surhommes de tête ont donné un rythme démoniaque,
les écarts sont énormes. On perd le moral, mais, jamais la
maîtrise de soi, toujours courtois. Ecluse après écluse,
le chemin de halage déroule son tapis de cailloux et de poussière,
les racines des platanes centenaires déforment la chaussée
obligeant à redoubler d’attention malgré la pesante lassitude.
La soif, la faim, la fatigue, la douleur, c’est un terrible cocktail, une
véritable galère.
Enfin, l’écluse Saint Roch à Castelnaudary
est en vue, l’ultime édifice à atteindre pour clore cette
journée extra ordinaire. Toujours avec la même constance,
Maurice MONDON, le stéphanois, termine ce périple en
11 h 06 minutes et 5secondes. Malgré la fatigue, les traits tirés,
le visage pali, ses yeux rieurs soulignés de cernes, il va bien.
Il semblerait que le plus épuisé de cette équipée,
soit son accompagnateur, qui depuis le départ l’a assisté
efficacement. 123 kilomètres d’effort très bien géré
avec une régularité déconcertante.
Le ciel ensoleillé a laissé place
à une ondée passagère. Les minutes défilent,
, Jean-Pierre GUYOMARC’H se place en deuxième position en
11 h 20 minutes et 9 secondes, célèbre champion de 24 heures,
détenteur de ce titre de 1993 à 2000, le troisième
sera Gérard BAVATO.
Par navette, au rythme des arrivées, les
sportifs vont sur le lieu de restauration et d’hébergement. Là,
les attend Patrick PENETRO, le masseur kinésithérapeute,
qui pendant des heures va exercer ses talents de magicien pour permettre
à tous, de prendre le départ pour la dernière étape,
du 30 juin.
22 heures, les personnes chargées de l’encadrement
commencent à montrer quelques signes d'angoisse, les derniers sont
signalés à environ 14 km du point d’arrivée. La lueur
du jour décline, la nuit sera certainement là avant les ultimes
coureurs. Le comité organisateur prend la sage décision de
récupérer les participants encore sur la route, (9 abandons).
Mais, on ne traite pas des sportifs de l’extrême comme de simples
joggers. On se devra d’attendre sagement, malgré l’inquiétude
croissante, qu’ils franchissent l’arche d’arrivée. Par cette nuit
sans lune, où l’on devine à peine le chemin. IL suffirait
de peu, la fatigue aidant de glisser dans les eaux troubles de notre cher
Canal.
L’aventure tarde à se terminer, il faudra
exactement que les douze coups de minuit retentissent pour que Brigitte
MONNET et Fabrice KLABALZAN franchissent la ligne, soit 17 h 40 d’effort.
9 h du matin, 30 juin, au pont de CASTELNAUDARY.
28 au départ, aucune trace de fatigue, envie de terminer, de voir
jusqu’où coulent les eaux de ce magnifique canal, ultime tronçon
à parcourir.
Il n’y aura pas de casse, tout le monde arrivera
au port de l’embouchure. Maurice MONDON qui aura tenu brillamment sa place
en tête tout le long de ce week-end franchit l’arrivée après
20 h 07 minutes et 26 secondes, suivi du régional Gérard
BAVATO, le troisième étant le recordman de France 1993 –2000
des 24 heures et récent vainqueur des 24 heures de BRIVE avec 243
kilomètres, Jean-Pierre GUYOMARC’H.
Le palmarès de ces athlètes est particulièrement impressionnant : Des titres de champions de France, vice champion d’Europe, etc…..
Merci Mesdames, merci Messieurs d’une si
belle prestation, c’était du haut de gamme, du nec plus ultra. Cette
épreuve s’annonce déjà comme incontournable dans le
monde de l’ultra-marathon .
Résultats de la première édition de l'Intégrale de Riquet
Classement général:
1 Maurice Mondon 20h 07’262
Gérard Bavato 21h 13’26
3 Jean-Pierre Guyomarc'h 21h 31’27
4 Dominique Provost 22h 04’45
5 Philippe Favreau 23h 21’06
6 Jean-Louis Majorel 23h 26’17
7 Hubert Gautron 24h 34’52
8 René Heintz 26h 01’26
9 Jean-Pierre Vozel 26h 07’40
10 Christian Savigny 26h 32’00
11 Fernand Taurines 26h 44’19
12 Patrick Merle 27h 29’57
13 Christophe Rochotte 27h 45’15
14 Eric Derivaz 28h 25’35
15 Daniel Muller 29h 04’31
16 Patrick Balcar 29h 13’02
17 Bernard Ponza 30h 05’00
18 Pierre Russias 30h 17’30
19 Fabrice Klabalzan 32h 12’15
20 Brigitte Monnet 32h 20’32 (1ère féminine)
Etape 1 : Onglous - Capestang (52
km)
1 Maurice Mondon 04h 01'44
2 Gérard Bavato 04h 11'54
3 Jean-Pierre Guyomarc'h 04h 23'48
4 Dominique Provost 04h 29'52
5 Philippe Favreau 04h 29'52
6 Jean-Louis Majorel 04h 41'25 etc... (30 classés)
Etape 2 : Capestang - Castelnaudary
(123 km)
1 Maurice Mondon 11h 06'05
2 Jean-Pierre Guyomarc'h 11h 20'09
3 Gérard Bavato 11h 21'37
4 Dominique Provost 11h 49'48
5 Jean-Louis Majorel 12h 24'52
6 Philippe Favreau 12h 52'30 etc... (21 classés)
Etape 3 : Castelnaudary -Toulouse
(65 km)
1 Maurice Mondon 04h 59'37
2 Gérard Bavato 05h 39'55
3 Dominique Provost 05h 45'05
4 Jean-Pierre Guyomarc'h 05h 47'30
5 Philippe Favreau 05h 58'44
6 Jean-Louis Majorel 06h 20'00 etc... (20 classés)