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Frédéric Rossignol : Rien ne pourra l’empêcher de chanter

(Extrait de Running Attitude n° 52)

 

230km en 24 heures, ça en impose non ? Mais lorsqu’on sait cette que cette performance a été réalisée par un coureur, dont le pronostique médical qui  avait été délivré à son sujet, suite à une blessure qui paraissait irrémédiable, fut l’arrêt définitif de la course à pied et l’impossibilité pure et simple de recourir, voire même de remarcher normalement un jour. Cela force alors carrément l’admiration. C’est sans doute pour cela que pour Frédéric, courir ce n’est « que du bonheur » . Chaque jour il en goûte avec délectation les moindres délices, car il sait que ce plaisir quotidien a bien failli lui échapper pour toujours.

 

En 2006 , il comptera 20 ans de compétition. Mais il les a déjà fêté avec un peu d’avance en 2005 où après être monté, en avril, sur le podium des 100km de Chavagnes avec une performance de 7h43 Il remporte en septembre les 24h de Saint Maixent. Quelle est donc la recette d’une pareille longévité, mais surtout  la clé d’une telle résurrection ? «  La volonté et l’envie »  avance simplement ce miraculé du sport. Ca paraît simple, non ?

Il en faut en effet de ces qualités morales quand, après avoir eu à subir une intervention chirurgicale au pied le médecin qui vous opère est réservé pour vous garantir simplement de pouvoir marcher à nouveau normalement, alors courir …..

 

« Ma plus grosse blessure a failli être fatale pour mon quotidien sportif mais surtout pour celui de toutes mes activités personnelles et professionnelles.

En octobre 2000, je ne pouvais plus me chausser au pied droit et chaque pas devenait un enfer …cela faisait plusieurs mois que j’étais soigné pour une ténosynovite achilléenne, je ne courrais plus depuis juin. Une rencontre avec un podologue qui sur un cliché radiographique avec un angle différent des autres effectué par ses confrères, a su déceler une excroissance osseuse entre le calcanéum et l’attache du talon d’Achille va faire basculer ma vie. Cette excroissance a pour nom « La Maladie de Halgund ». Il n’y a qu’une solution, l’intervention chirurgicale qui a eu lieu début Novembre 2000.

On m’a retiré 1cm de talon pour faire basculer l’excroissance dans une cavité vide et sans frottement. Le talon coupé en deux était fixé par une vis de 5cm (qui m’accompagne au quotidien dans mon sac de sport pour ne pas oublier d’où je reviens !). Derrière cela, ce fut terrible : 6 mois en béquilles sans appui même partiel, 2 séances de kiné par jour avec pour seul objectif, tenter de retrouver la possibilité de marcher sans trop boiter ... Horrible !!

Je me suis battu au quotidien pour retrouver la totalité de mes facultés de marche avec en tête l’idée, non seulement, de remarcher mais de recourir un jour !!

Cette traversée du désert a duré de Novembre 2000 à Juillet 2002. Et en août 2002, je rechaussais mes running pour 20 minutes de jogging inoubliable.

Le chirurgien était incrédule ... pour lui c’était impossible ! Aujourd’hui encore, ça reste inexpliqué pour lui que je puisse avoir repris un entraînement comme celui que je réalise quotidiennement et à chaque nouvelle réussite sportive, je ne peux m’empêcher de penser à lui  …

Ma seule explication : « Vouloir c’est pouvoir »’, il faut juste se donner les moyens et ne pas baisser les bras…Aujourd’hui, je suis heureux … »

 

Carte d’identité

 

Nom : ROSSIGNOL           

 

Prénom : Frédéric

 

Age : 41ans

 

Situation familiale : Vie Maritale (2 enfants)

 

Profession : Responsable Logistique Transport (Horaires décalés)

 

Records :

 10 Km : 32’09’’ (1995)

 Semi marathon : 1h10’12’’ (1995)

 Marathon : 2h29’06’ (1995)

 100km : 7h35’29’ (1996)

 6 heures : 81kms500 (2000)

 24heures : 230kms206 (2005)

 

Entraîneur : Gilbert GINDRE

 

Club : Angélique Club de NIORT

 

 

Entraînement :

 

OBJECTIFS :

A court terme :   240kms sur 24heures et 7h30’ sur 100kms

A long terme :   + 240kms sur 24heures et  -7h30’ sur 100kms

 

 

Nombre Sorties / Semaine : 6/8


Semaine type :

 

Lundi : Footing

Mardi : Footing + 6 à 10x1000m en 3’30’’

Mercredi : Footing

Jeudi : Footing + 30’ à 80’ à 15km/h

Vendredi : Footing ou Repos

Samedi : Footing

Dimanche : Sortie Longue : 1h45’ à 3h dont 1h30’ à 2h30’ a 14km/h

 

Interview :

 

Les séances que tu aimes, ou que tu n'aimes pas :

 

Sur une préparation de 100kms, j’aime toutes les séances et la diversité de celles –ci. Je n’aimais pas au début les sorties longues mais le fait d’intégrer du rythme a changé ma vision et le plaisir.

Sur une préparation 24heures. Je n’aime pas les séances de vitesse spécifique et le plus difficile pour moi est de se caler à ces allures. Moralité : La préparation 24 heures devient vite monotone, c’est pour cela que je fais la quasi-totalité de mes entraînements en groupe.

 

 

Comment gères tu ton métier, ta vie de famille et la course à pied ?

J’ai la chance de travailler en horaires décalés, ce qui me laisse du temps de libre la journée pour pouvoir m’entraîner à loisir sans que cela empiète sur la vie familiale.  Au niveau familial, mes premiers supporters sont ma petite’’ tribu’’, la course à pied est souvent à l’ordre du jour sans que cela soit une obsession.

 

Tes débuts en course à pied ?

Je me suis mis à la course à pied en avril 1986 suite à un accident de travail. Dans le cadre d’une rééducation d’un genou, on m’a conseillé la course et ce fut le début d’une belle histoire …

 

Et l’Ultra, pourquoi ?

J’ai toujours été fasciné par le Marathon dès le départ ,mais mes idoles étaient des coureurs d’ultra. Et donc, rapidement en 1987, j’ai couru le Marathon de Lille en 3h15’ et je me souviens que je me suis dit ce jour là lorsque j’ai franchi la ligne d’arrivée que je ferais un 100km quand j’aurai un bon chrono sur Marathon et un 24 heures l’année de mes 40 ans.

 

Comment ?

En 1996, suite à une déception au marathon de Londres je décide que je serais aux départ des 100km de Steenwerck le mois suivant. Pour mon premier coup d’essai, je fais 7h35’29’’.

 

Tes points forts :

L’envie, la motivation et surtout la passion intacte et renforcée depuis mon opération. Mais aussi, le respect et l’humilité par rapport à ces distances au delà du Marathon.

 

Tes points faibles :

Ne pas croire en mes possibilités.

 

Meilleur souvenir :

Le Marathon de Turin, c’était comme dans un rêve ! Les kilomètres défilaient et les temps de passage étaient à la seconde près, de ceux espérés et notés par Michel Olivar mon entraîneur à l’époque.

 

Moins bon souvenir :

Mon abandon sur 100km à Millau en 1997, peu avant le Km 60. J’étais cuit et je me suis écroulé dans le fossé ! Je n’ai jamais refait Millau, mais j’y retournerai pour le finir.



Que représente pour toi la compétition ?

 

Comme je cours peu durant l’année en compétition (5 en 2005),

C’est pour moi le point d’orgue de plusieurs semaines ou de mois d’entraînements. J’aime l’ambiance de l’arrivée sur le lieu de l’épreuve, le retrait des dossards, les retrouvailles …Cette saveur reste intacte même au bout de bientôt 20 ans de compétition.

 

Quelles réactions t’inspire la perception que l’on a de ta discipline ?

 

Je suis dépité de voir le peu d’intérêt de nos instances fédérales ou des médias à ce sujet. Il semble que les temps changent. Le niveau baisse dans ces disciplines mais comme toutes les autres malheureusement.

Mais aujourd’hui, Bruno Heubi ,en véritable chef d’orchestre, contribue à donner une nouvelle image des épreuves au-delà du Marathon. Je souhaite y contribuer également ! Comment ?? On va y réfléchir…

 

La course qui te fait rêver : Le Spartathlon    

 

Un livre de chevet ?

Je viens de découvrir ‘’La saga des pédestrians » de Noèl Tamini.

 

Un sportif comme modèle?

Jean Gilles Boussiquet

 

Pourquoi ?

61 ans et toujours là sur le bitume avec des performances qui font rêver !

Un personnage simple et tendre ... loin des stéréotypes des starlettes sportives, brushing et jolies fringues !

Une image de celui qui donne l’envie et qui impose le respect.

 

Un coureur que tu admires ?

Mince, j’en ai trois…

Pascal Fétizon, Philippe Rémond et Bruno Heubi.

 

Pourquoi?

Pascal Fétizon, le naturel à l’état brut, motivé comme un cadet à  43 ans

Philippe Rémond, la classe pure et qui a compris comment durer,

42 ans en novembre et toujours au haut niveau.

Bruno Heubi, la sagesse … celui qui m’apporte le plus dans ces réflexions, analyses, études sur l’entraînement. D’un niveau régional au départ qui à force de travail et persévérance a obtenu ses galons internationaux !! Chapeau …

 

 

Une citation qui t’inspire : « QUE DU BONHEUR »

 

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