Retour en page accueil La stratégie du 24 heures Retour en page conseils

Les épreuves de 24h fleurissent dans l’hexagone. Les explications pour comprendre cet engouement sont multiples. Il n’en demeure pas moins vrai que se préparer pour ce type d’épreuve nécessite un investissement physique et mental peu commun. Voyons quels sont les points essentiels à prendre en compte pour se lancer dans le double tour d’horloge.

Courir lentement pour courir longtemps
Le premier écueil à franchir consiste à ne surtout pas regarder le 24h à l’identique des autres épreuves que vous pratiquez. Regardez des moyennes horaires, les trouver ridiculement faibles et excessivement accessibles est le plus sûr moyen de se planter. Il va falloir vous apprendre à courir lentement, ce qui comme l’apprentissage des allure rapides n’est qu’une question de répétition. Il va falloir vous familiariser avec cette vitesse spécifique qui généralement ne correspond à aucune allure d’entraînement. C’est très important.
Il vous faudra être capable de reproduire le geste, le rythme que vous aurez défini comme étant celui de votre objectif. Bien entendu, il n’est pas question de programmer invariablement le même type de séances. N’hésitez pas à « balayer » cette zone de course en allant de votre vitesse moyenne sur 24h, jusqu’à 1km/h plus vite. C’est à dire, dans le cas d’un vitesse moyenne de 9 km/h que vous pouvez rester dans une fourchette de 8.5 à 10km/h environ. Cela se justifie autant pour des motifs de variété de l’entraînement que pour des raisons d’efficacité en course. En effet, la plus rapide des allures sera celle des premières heures, que les plus sages et réguliers arrivent à maintenir 10 à 15 heures. Ensuite les autres serviront dans les moments difficiles et en particulier dans le final où il faudra être capable d’avancer coûte que coûte.


Un départ prudent et maîtrisé
Ce préalable étant défini, la deuxième problématique qui se pose est celle de la stratégie de course. Comment doit on gérer une épreuve dont la seule représentation de la durée suffit à imaginer tous les incertitudes qui peuvent surgir tout au long d’un tel effort ?
 
 Pour avoir des éléments objectifs d’analyse, il nous a paru pertinent d’étudier les tactiques de course des meilleurs athlètes mondiaux à l’occasion des grands championnats internationaux. Que peut on en déduire ?
  1. Qu’il n’est pas possible sur 24h de maintenir une vitesse constante.
Evident ? Pas tant que cela. On s’aperçoit que les meilleurs gestionnaires sont capables de maintenir une vitesse quasi constante durant près des 2/3 de la durée, soit une quinzaine d’heure !
  1. Que le choix de la vitesse de départ est déterminant pour le bon déroulement de l’épreuve.
Cela se traduit concrètement par des départs de course effectuées moins d’un kilomètre heure plus vite que la vitesse moyenne de toute l’épreuve. Ainsi, pour un objectif final de 216km (dans le cas de notre exemple à 9km/h), vous ne devez pas partir au delà de 10km/h durant les premières heures de course. Cette règle se vérifie non seulement avec les athlètes élites femmes et hommes dans les grands championnats mais également avec des coureurs de niveau plus modeste dans des compétitions effectuées dans l’hexagone.
Elle s’adresse donc à tout coureur de 24h quelque soit son niveau. En effet, on remarque que plus celui est bas et plus les risques pris au départ sont grands avec des conséquences à l’échelle de cette erreur (marche précoce, abandon)

Le tableau ci dessous vous donne les vitesses auxquelles il faut partir pour une répartition optimale de votre effort :
Objectif 24h vitesse de départ km à parcourir de 0 à 4h
160 7,40 30
165 7,63 31
170 7,86 31
175 8,09 32
180 8,33 33
185 8,56 34
190 8,79 35
195 9,02 36
200 9,25 37
205 9,48 38
210 9,71 39
215 9,94 40
220 10,18 41
225 10,41 42
230 10,64 43
235 10,87 43
240 11,10 44
Tout est dans la tête ?
On a coutume de dire que pour les épreuves au delà du marathon, c’est le mental qui fait la différence et d’insister sur la place prépondérante qu’il prend dans la réalisation de la performance. Il ne faut pas se leurrer ni se tromper de priorité. On a tous déjà constaté à quel point la volonté et le moral sont au beau fixe lorsque tout va bien physiquement, alors que les pensées négatives et la démotivation accompagnent un corps qui refuse de répondre. C’est sur l’entraînement qu’il faut s’appuyer essentiellement pour réussir une performance sur 24h. Tant que votre organisme est en forme, toutes les fonctions périphériques sont au diapason. C’est lorsque l’effort devient difficile que tout se dérègle. Un plan d’entraînement adapté à votre niveau et à vos contraintes (professionnelles, familiales, sportives) suivi assidûment est le garant d’une course abordée dans les meilleures conditions. C’est en vous préparant physiquement et non en courant autour d’une piste pendant des heures pour vous forger un mental (ou du moins en croyant à cela) ou en sortant en pleine nuit pour apprivoiser le sommeil que vous serez prêts le jour J.

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