Les
courses horaires représentent certainement le meilleur
moyen de préparer le terrain avant une épreuve au
delà du marathon. Elles
permettent à la fois de tester votre mental sur un parcours
répétitif, mais
aussi votre alimentation, votre résistance musculaire
tendineuse et
articulaire. La gestion d’une course dans la durée
pour mieux affronter celle
basée sur la distance, voilà un moyen simple de
vous aider à franchir le cap et
gommer vos dernières réticences
Pour
la plupart des marathoniens, le 100km représente un
grand saut dans l’inconnu. Il s’agit tout de
même de 2 fois ½ la distance. En
terme de temps de course cela représente en moyenne 3 fois
le temps celui du
marathon. La démarche est identique pour un cent bornard. Un
24h cela signifie
deux à deux fois et demi de temps à passer sur le
circuit par rapport au 100km.
Un 6h pour l’un ou un 12h pour l’autre permet
d’aborder « en
douceur »
la distance supérieure. De la même
manière, un 24h permet de se préparer
à un
ultratrail.
Voyons
comment procéder et quels avantages procure cette
démarche. Renforcez
votre mental Une
des caractéristiques des courses horaires, en dehors du
fait que c’est le temps bien évidemment qui les
paramètre, c’est le lieu où
elles se déroulent. Il s’agit
généralement de circuits de 1 à 3km
environ sur
lesquels la répétition des tours
confère une dimension particulière à
la
course. Cette nécessité de tourner ainsi sur le
même anneau pendant des heures,
oblige à une approche mentale différente de celle
d’une course se déroulant
dans de grands espaces. Il va s’agir
d’ « enquiller »
les tours
en faisant abstraction de l’aspect
répétitif. Cela nécessite de se placer
dans
des dispositions mentales particulières.
D’ailleurs lorsque l’on explique aux
profanes que des courses se pratiquent durant 24h sur un boucle
d’un kilomètre,
il n’est nul besoin de long discours pour décrire
leur réaction. Edit Bercès,
la meilleure athlète au monde dans ce domaine des courses
horaires nous donne
un définition très explicite : « L'ultrafond
ne va pas juste
au-delà du marathon, mais au-delà de la
compréhension ».Cela
signifie
qu’une des différences majeures qui existe
réside dans l’approche mentale. Il
va falloir faire preuve de persévérance lorsque
tout incline à s’arrêter et
qu’une petite voix vous chuchote alors :
« mais qu’est ce que je fais
là ? ». A l’inverse,
vous apprendrez à gérer ces moments
d’euphorie,
notamment en début de course, lorsqu’il faut se
contenir en prévision des
périodes difficiles.
Bref,
tout un apprentissage qui est à la fois indispensable
pour appréhender ces épreuves mais aussi souvent
une véritable introspection
qui nous fait aimer les courses longues pour ces moments uniques de
face à face
avec soi-même qu’elles procurent. Une
atmosphère unique En
effet, une course horaire, ce n’est simplement tourner
en rond et faire le plus grand kilométrage possible.
C’est une ambiance
particulière. A la fois chaleureuse et conviviale
grâce à la proximité avec les
bénévoles croisés à chaque
tour et avec lesquels se créent des liens. C’est
un
partage avec les autres coureurs que l’on va croiser si le
parcours s’y prête
ou doubler. C’est un moment d’échange au
ravitaillement, des encouragements
mutuels et du respect qui s’instaurent au fil des
kilomètres. C’est aussi la
motivation d’être avec ses proches avec qui ont va
vivre des moments intenses
grâce à la répétition des
tours qui occasionnent chaque fois des instants
d’intimité propres à ce type
d’épreuve. C’est enfin
l’avantage de pouvoir
courir longtemps sans la contrainte d’un
kilométrage imposé.
Testez
votre ravitaillement Un
des avantages incontestable que présentent les courses
horaires c’est d’offrir la possibilité
d’avoir accès en permanence au stand de
ravitaillement. Certains d’ailleurs ont tendance à
en abuser. Un médecin
fédéral nous rapportait cette anecdote
surprenante de ce coureur de 24h qui
avait pris du poids à l’issue d’une
compétition internationale ! Il est
vrai que la tentation est permanente et que celle-ci
s’accompagne de cette
angoisse du coureur de devoir faire face à
l’hypoglycémie ou à la panne de
carburant. Il faut donc envisager ce type
d’épreuves préparatoires comme un
lieu de validation de vos expérimentations à
l’entraînement. Nous avons maintes
fois rappeler la nécessité de tester dans vos
sorties de préparations, les
produits énergétiques que vous avez
l’intention de prendre en compétition. Cela
est indispensable tant il est surprenant de constater à quel
point chaque
coureur est différent et que ce qui s’appliquera
à l’un peut provoquer les
pires désagréments à
l’autre. Durant votre course horaire, vous irez plus loin
qu’à l’entraînement, en vous
confrontant à la réalité de vos
limites en ce
domaine. C’est dans ces moments que vous apprendrez
à gérer par
exemple cet écœurement des aliments
sucrés si souvent décrit. Votre prudence vous
aura peut être permis de la
contourner en anticipant avec une alternance d’aliments
salés dès les premiers
kilomètres. Vous serez probablement surpris de constater que
tel aliment que
vous n’auriez jamais imaginé ingérer
devient celui qui vous convient le mieux
en ces instants si particuliers. Ce sont ces moments où
l’on ne peut pas
tricher qui vous livreront les clés de votre propre
stratégie en ce domaine.
Vérifiez
la solidité de la carrosserie Sur
les plans musculaires, articulaires et tendineux, on
ne peut jamais être sûr de quoi que ce soit, quel
que soit le niveau de
performance du coureur. Participer à une course horaire est
le moyen de tester
votre solidité à ce niveau. Aucune sortie longue
raisonnable (c’est à dire 3h
au maximum) ne vous renseignera sur les petites tensions et douleurs
qui vont
inévitablement apparaître au bout d’un
certain temps. (variable d’ailleurs d’un
individu à l’autre). Le confort relatif que
procure une épreuve en circuit vous
permet d’évaluer où vous en
êtes sans cette pression de l’abandon qui peut
peser sur vous si vous êtes lancé dans votre
premier 100km ou si dans un ultra
trail. Vous prendrez peut être conscience que cette
économie du geste,
indispensable pour aller loin, doit être
améliorée. Bien souvent, vos
entraînements ne vous ont pas suffisamment
renseigné sur cette nécessité que
l’on découvre trop tard et à ses
dépens le jour J. La possibilité de mesurer et
vérifier votre vitesse en permanence sur une boucle qui
devient vite familière
permet pendant, mais aussi après la course, une analyse qui
vous sera utile
pour envisager votre objectif futur.
On
voit donc à travers cette analyse tous les bénéfices qu'un coureur peut
tirer de ce genre d'épreuves. Si vous n'avez pas encore franchi le pas,
il est temps de vous plonger dans le calendrier des courses pour
trouver celle qui correspond à vos attentes. Une nouvelle facette de la
course de longue durée s'offre à vous !