Retour accueil  Quel est le bon poids pour courir ? Retour conseils

 
Si chez les marathoniens de haut niveau on observe les mêmes silhouettes que celles que l’on voit sur les stades, c’est à dire des athlètes affûtés aux limites de l’extrême maigreur. Il n’en est pas de même pour les courses de longue durée où d’autres types de morphologies sont visibles. Doit-on en conclure que le poids n’est plus un sujet de préoccupation pour les athlètes au delà du marathon 

A chacun son véhicule

 
Une formule1 ne ressemble en rien à une voiture de rallye qui elle même a peu de points communs avec un 4x4 du Paris-Dakar. Il en va de même avec les coureurs. Celui qui pratique la route jusqu’au marathon se distingue d’un centbornard lui même étant différent d’un coureur de trail. Chacun est adapté au type de course qu’il pratique surtout lorsqu’il est spécialisé dans une discipline. Si les différences sont moins perceptibles de visu qu’avec une voiture, elles n’en demeurent pas moins bien réelles. C’est la raison pour laquelle le poids d’un athlète pourra différer en fonction des contraintes que sa spécialité lui impose. Voyons pour quelles raisons et dans quelles mesures.

Un morphotype différent pour tous

Nous sommes tous différents. On peut même dire : unique. Le premier piège à éviter dans une démarche de gestion de son poids est de prendre comme référence les modèles que nous renvoient les critères actuels que véhiculent les médias. Chez les athlètes féminines notamment l’image de sportives d’une grande maigreur à incité trop de championnes en herbe à des conduites excessives en matière restriction alimentaire. Il faut savoir que comme pour beaucoup de domaines, nous sommes déterminés génétiquement. C’est le cas de la VO2max qui correspond à la cylindrée de notre moteur de coureur. Certes l’entraînement pourra avoir une influence importante sur l’optimisation de notre potentiel, mais on ne fera jamais d’un cheval de traie un étalon de course hippique.

C’est la même chose, ou presque pour notre silhouette appelée également morphotype (1). Une personne à l’ossature importante avec un corps musclé et large ne pourra prétendre à devenir élancée et légère.. Cette espèce de carte génétique ne peut être changée et il faut faire avec ce que dame nature nous a doté. Par contre, il est possible avec l’entraînement et une alimentation adaptés de modifier notre morphotype pour tendre vers l’activité de notre choix. Pour le coureur de longues distances c’est avant tout un poids réduit et une endurance maximale qu’il va falloir rechercher.

(1) : On définit ainsi les caractéristiques physiques (génétiques) qui reflètent l'apparence (morphologie) d'un individu. On parle, par exemple, d'une personne longiligne, mince ou au contraire trapue, massive

Comment connaître son poids idéal ?

Quel que soit votre morphotype, il est essentiel de faire en sorte de ne pas avoir de surcharge pondérale. Ce n’est pas parce que l’on court des distances importantes qu’il faut négliger cet aspect ou croire qu’un surplus de lipides sera utile en cours de route. Même le plus maigre des coureurs à en stock de quoi parcourir plusieurs 100km à la suite, en puisant exclusivement dans ses lipides. Inutile donc de se croire obligé de partir avec des réserves … visibles !

Pour autant il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il est plus néfaste de peser un kilo de moins qu’un kilo de trop. Le système immunitaire, les possibilités de récupération de l’organisme peuvent être affectées par les privations nécessaires pour atteindre un poids qui sera d’autant plus difficile à maintenir qu’il sera en deçà de celui qui correspond à votre véritable état de forme. Comment savoir quel est celui qui est le vôtre ? Il s’agit de celui (plus ou moins un kilogramme) que vous parvenez à stabiliser sans contraintes excessives (2). Pour le connaître servez-vous de votre cahier d'entraînement. Mentionnez-y vos sensations, vos chronos d'entraînement, vos performances, évaluez votre récupération et pesez-vous régulièrement dans des conditions identiques (le matin, à jeun, au lever de préférence). Notez régulièrement votre poids.  Après quelques semaines, analysez ces données. Vous verrez que vous êtes au mieux à un poids particulier. Repérez celui qui correspond à vos périodes de forme. C’est le vôtre !

Plus on s'en écarte et plus les risques croîtront, certaines maigreurs excessives facilitant, comme on le sait, les blessures, les troubles du comportement alimentaires ou les carences. Hors en course de longue durée, il est illusoire de prétendre s’entraîner et encore moins s’aligner à une épreuve d’ultra si l’organisme n’a pas à sa disposition toutes les réserves nécessaires.

(2) On récupère de manière optimale, on réussit ses séances d’entraînement et de bonnes performances en compétition. On dort bien, la tête et les jambes évoluent à l'unisson. On n'est pas agressif. On a pas faim en permanence. Cet état correspond à un poids précis (à +/- 1 kg)

 (3) Attention ! Les chiffres relevés d'une année à l'autre peuvent évoluer.

Comment atteindre le poids idéal ?

 Dès lors que vous avez fixé votre objectif à atteindre en terme de poids, il suffit pour déterminer celui que vous avez à perdre, de le soustraire de celui que vous faites en début de préparation. Ensuite, comme la tortue de la fable, rien ne sert de courir il faut partir à point. Cela signifie qu’il faut commencer le plus tôt possible afin de perdre régulièrement chaque jour un petit peu de masse grasse (4). Il faut absolument s’abstenir (comme le lièvre !) de faire le forcing à l’approche de l’objectif sous peine de risquer de saborder votre préparation par des restrictions sévères qui ne feront que vous affaiblir et même vous fragiliser en vue de votre objectif

(4) La mesure du taux de masse grasse constituerait le meilleur indice de la perte de poids si sa détermination n'était pas entachée d'un important risque d'erreur, liée autant à la méthode employée qu'à l'expérience du manipulateur. A raison de 400 g de graisses perdues par semaines, c'est un déficit quotidien moyen de 60 g qu'on doit enregistrer, soit la moitié du poids d'un petit verre d'eau et bien moins que ce qui sépare deux graduations consécutives sur la balance !

On distingue trois types de morphotype (voir tableau ci-dessous). Ils existent rarement dans l’absolu car nous présentons tous des caractéristiques intermédiaires, mais nous pouvons définir cependant à quelle catégorie nous appartenons.

Type

Caractéristiques

Comportement

Mésomorphe

  • visage carré ou rectangulaire
  • corps musclé et large
  • épaules horizontales plus larges que le bassin
  • membres longs
  • ossature solide
  • tension artérielle faible
  • digestion normale

Le mésomorphe possède un tempérament anxieux, au caractère volontaire, autoritaire. Il est rapide et efficace dans le travail. Un entraînement modéré suffira au mésomorphe afin d'améliorer ses performances. Étant tonique sur le plan musculaire il devra veiller à travailler son élasticité musculaire (stretching).

Peu de disposition pour les sports d’endurance

Endomorphe

  • visage arrondi
  • corps étroit
  • épaules étroites
  • membres courts
  • ossature fine
  • tendance à la rondeur et à la prise de tissus adipeux
  • digestion lente prédisposant à la prise de poids
  • tension artérielle normale

L'endomorphe possède un tempérament lymphatique, calme, à l'activité lente et méthodique. Il est prédisposé à développer sa force. Ayant un poids corporel souvent élevé il devra veiller à une alimentation équilibrée qui devra répondre à sa dépense énergétique, sans excès afin de contrôler son poids. L'endomorphe devra  travailler en priorité son endurance qui influencera son poids.

Ectomorphe

  • visage triangulaire
  • épaules et bassin étroits
  • membres longs
  • ossature fine
  • grand et mince (faible taux adipeux)
  • faible masse musculaire
  • grande facilité de souplesse
  • forte activité nerveuse
  • pulsations cardiaques élevées

L'ectomorphe possède un tempérament agité, nerveux, avec tendance à l'hyper activité. L'intérêt pour l'ectomorphe de suivre un entraînement adapté peut considérablement améliorer ses capacités sportives. L'ectomorphe peut se permettre de s'alimenter pratiquement avec tous les aliments car la prise de poids est difficile

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