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Le régime Okinawa

Retour à l’alimentation

En bref

Perte de poids

Possible

Choix d'aliments

Légèrement varié

En pratique

Légèrement difficile à suivre à court et à long terme.

Attention

La restriction calorique sans surveillance médicale pour une personne ne souffrant pas d’embonpoint ou d’obésité n’est pas conseillée.

 Algues : déconseillées aux personnes atteintes d’hypothyroïdie ou d’hyperthyroïdie.

 Risque de basculer dans des périodes d’excès alimentaires difficiles à contrôler.

Les origines

Ce régime porte le nom d’un archipel du Japon où l’on retrouve la plus longue espérance de vie (86 ans pour les femmes et 78 ans pour les hommes) ainsi que le plus grand nombre de centenaires à l’échelle de la planète. Okinawa compte 400 centenaires pour une population de 1,3 million d’habitants, soit 34 centenaires par 100 000 habitants. À titre comparatif, on compterait près d’un millier de centenaires au Québec pour une population de 7,2 millions d’habitants.

Non seulement les Okinawaïens sont les plus nombreux à dépasser le cap des 100 ans, mais ils vieillissent en santé. Ils vivent plus longtemps en pleine possession de leurs moyens. Mais que font-ils pour obtenir de tels résultats ?

Surtout des femmes!
Pas moins de 86 % des centenaires de l’archipel d’Okinawa sont des femmes.

Le Japonais Makoto Suzuki, cardiologue et gérontologue, est l’un des premiers à s’être intéressés au secret des centenaires d’Okinawa. Dans les années 1970, il y séjourne dans le but de créer un dispensaire. Il est alors intrigué par la présence de plusieurs centenaires, sans qu’il n’y ait de service de santé adéquat.

Le Dr Suzuki convainc le ministère de la Santé du Japon de financer une étude sur ces centenaires. L’enquête The Okinawa Centenarian Study (OCS) débute en 1976. Avec son équipe, le Dr Suzuki collige de nombreux renseignements sur les habitants de l’archipel.

Ces analyses révèlent que le secret de longévité des centenaires est attribuable en partie à l’hérédité, mais aussi à leur mode de vie dont une alimentation faible en gras et en calorie.

Depuis peu, la diète et le mode de vie des centenaires d’Okinawa attirent l’attention des journalistes, des professionnels de la santé et des chercheurs. Ce sont les jumeaux Bradley et Craig Willcox, membres de l’équipe de recherche du Dr Suzuki, qui ont fait connaître au reste du monde le secret de longévité des Okinawaïens. Ils ont publié divers livres sur le sujet : le premier en 2001, The Okinawa Way et le plus récent, il y a peu, The Okinawa Diet Plan. Ce dernier ouvrage propose une version occidentale de la diète d’Okinawa pour ceux qui veulent perdre du poids.

Les grands principes

Les objectifs

Les grandes lignes

Le régime Okinawa est un régime semi-végétarien faible en matières grasses (moins de 25 % des calories totales). L’un des objectifs de ce régime est d’induire une restriction calorique sans devoir compter les calories, afin d’atteindre un poids santé et de bien vieillir.

Pour y parvenir, il faut manger en suivant le principe de la densité énergétique des aliments. La densité énergétique correspond à la valeur calorique par 100 g d’aliments, divisée par 100.

Dans le régime Okinawa, on recommande de consommer :

Aliments à très basse densité énergétique (moins de 0,7)
à consommer à volonté

Aliments

Densité calorique

eau, thé

0

concombre, laitue, tomate, radis, endive, courgette

0,1

potiron, goya (courge amère), brocoli, asperge, citron

0,2

champignon, haricot vert, pastèque, goyave, oignon, fraise, soupe aux légumes, lait de soya nature

0,3

betterave, abricot, orange, melon, pêche

0,4

algues fraîches

0,5

ananas, pomme, prune, pêche, poire, yogourt nature sans gras, tofu

0,6

 Aliments à basse densité énergétique (0,8 à 1,5)
à privilégier

Aliments

Densité calorique

banane

0,9

avocat, pomme de terre, poissons blancs (maigres), coquillages, volaille, oeuf, patate douce

1

riz, pâtes, sushis, poitrine de dinde

1,4

légumineuses

1,5

 Aliments à haute densité énergétique (1,6 à 3)
à consommer en petite quantité

Aliments

Densité calorique

hoummos, crème glacée de soya

1,7

poissons gras

1,8

bagel de blé entier, pain

2,3

viandes maigres

2,2

fruits secs, fromage de soya

2,6

agneau, pizza, glace, confiture

2,8

raisin

3

 Aliments à très haute densité énergétique (3 et plus)
à consommer rarement

Aliments

Densité calorique

noisette

3,8

fromage cheddar, biscuit à l’avoine

4,0

biscuit Graham

4,2

beignet

4,3

bacon

5

noix

5,2

croustilles, chocolat noir

5,4

pistache

5,7

arachide

5,7

amande

6

mayonnaise, beurre

7,2

huile

8,8

 Le régime Okinawa recommande de respecter d’autres principes :

Guide alimentaire du régime Okinawa adapté pour l’Occident

Tous les jours

  • 7 à 13 portions de légumes
  • 7 à 13 portions de céréales complètes ou de légumineuses
  • 2 à 4 fruits
  • 2 à 4 portions de soya ou de chou
  • 2 à 4 portions d’aliments riches en calcium (brocoli, poissons, yogourt, fromage, etc.)
  • 1 à 3 portions d’aliments riches en oméga-3 (poissons, fruits de mer, noix et graines)
  • Huile végétale et condiments (herbes, épices, sauce soya) avec modération, 1 à 2 c. à table maximum
  • Du thé
  • 8 verres d’eau

Optionnel, par semaine

  • 0 à 7 portions de viandes, volailles et oeufs
  • 0 à 3 portions d’aliments avec sucres ajoutés
  • Alcool avec modération

Les mécanismes d'action

Allégués

Consommer des aliments à basse et très basse densité énergétique permet de manger moins de calories, en raison de leur teneur élevée en eau, en fibres ou en protéines. Ces aliments procurent rapidement la sensation de satiété, ce qui permet d’arrêter de manger avant d’être complètement rassasié.

Aussi, la restriction calorique induite par la consommation d’aliments à basse et très basse densité énergétique engendre moins de déchets métaboliques, donc moins de radicaux libres. C’est ce qui permettrait de vivre plus longtemps. En effet, durant la transformation des aliments en énergie, l’organisme produit beaucoup de radicaux libres qui, au fil des années, détériorent les mitochondries (petites « usines » présentes à l’intérieur de nos cellules qui produisent de l’énergie).

Selon le Dr Jacky Thouin, la restriction calorique permet aussi de réduire les taux d’insuline dans le sang et d’oestrogènes qui circulent dans l’organisme. Elle entraîne de même l’augmentation de la réponse immunitaire et protège contre l’obésité, l’insulinorésistance, les cancers hormonodépendants et l’athérosclérose, selon cet auteur.

Démontrés

Il est vrai que les centenaires d’Okinawa consomment peu de calories. Dans une étude parue en 1996, l’apport calorique des hommes et des femmes centenaires d’Okinawa était d’environ 1 100 calories par jour, ce qui est moins que les apports caloriques recommandés pour ce groupe d’âge.

La consommation de portions satisfaisantes d’aliments à densité énergétique faible procure la satiété. Elle peut en effet aider à perdre du poids. Chez l’animal, il a été démontré que la restriction calorique améliorait la longévité. Chez l’humain, à court terme, la restriction calorique apporte certains bienfaits, notamment une amélioration du bilan lipidique (cholestérol, triglycérides). Une étude prospective, publiée dans The Journal of Gerontology en 2004, a révélé que les hommes qui consomment 15 % à 50 % moins de calories que la moyenne réduisent leur risque de mortalité toutes causes confondues.

Il n’existe pas de données scientifiques au sujet de l’effet à long terme d’une restriction calorique sur l’être humain. Certains chercheurs s’inquiètent de possibles conséquences négatives, notamment les risques de carences nutritionnelles.

Les résultats d’une étude ont démontré que les aliments traditionnellement consommés dans la région d’Okinawa ont des propriétés anticancer plus élevées que ceux consommés dans le reste du Japon.

Retenons aussi que le secret de longévité des habitants d’Okinawa tient non seulement à leur alimentation et à leur degré d’activité physique, mais aussi à des facteurs socioculturels, psychologiques et héréditaires.

Menu type d’une journée

 

Régime Okinawa traditionnel

Régime Okinawa à l’occidentale

Repas du matin

Soupe miso et tofu

Riz

Thé vert

Pain de seigle

Fromage cottage

Pomme

Thé

Repas du midi

Salade d’algues

Aubergine grillée

Riz

Brochette d’anguille

Papaye, concombre

Thé vert

Riz brun

Spaghetti au basilic et fèves de soya

Salade de champignons

Thé

Repas du soir

Riz aux haricots rouges et goya

Ananas

Poisson à l’italienne

Tofu épicé

Vinaigrette aux concombres

Papaye

Thé

Avantages et inconvénients

Satiété et bien-être

Parce qu’il contient des fibres et une bonne quantité de protéine, le régime Okinawa procure la satiété. Toutefois, le fait de ne pas pouvoir manger à sa faim durant les repas peut être difficile à appliquer à long terme.

En pratique

Plusieurs variétés de légumes, d’herbes, d’épices et d’espèces de poisson du régime Okinawa ne sont pas offertes en Occident. On peut certainement les remplacer, mais on ne peut s’attendre exactement au même résultat, du moins quant à la longévité.

Dans sa version adaptée pour l’Occident, le régime Okinawa est plus ou moins facile à suivre à court et à long terme. Mais encore faut-il apprécier les aliments du règne végétal (produits céréaliers, tofu, fruits et légumes).

À l’extérieur de la maison, on peut suivre le programme Okinawa en choisissant un restaurant où l’on sert du poisson ou des plats végétariens.

Perte de poids

Il n’existe pas d’étude concernant la perte de poids que pourrait procurer le régime Okinawa. Toutefois, la consommation de portions satisfaisantes d’aliments à densité énergétique faible améliore la satiété et peut donc aider à perdre du poids.

Attention

Mon commentaire

Dans son ensemble, le régime Okinawa est intéressant. Dans une société où l’obésité est en croissance, le concept de la densité énergétique des aliments aurait avantage à prendre plus de place dans les recommandations nutritionnelles.

Quant au concept de la restriction calorique - en vue d’améliorer l’espérance de vie en bonne santé-, il nécessite de faire l’objet d’études à long terme chez l’humain avant d’être appliqué à tous.

Rédaction : Hélène Baribeau, nutritionniste Dt.P., M.Sc.
Document créé le :
14 novembre 2006

Source : http://www.passeportsante.net/ Haut de page