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La ménaquinone-7, extraite du natto, prévient l’ostéoporose

(01 Decembre 2005)

La vitamine K est un micronutriment essentiel qui favorise la synthèse de facteurs spécifiques de coagulation sanguine ainsi que celle de certaines protéines impliquées dans le métabolisme osseux et la biologie vasculaire. La ménaquinone-7, extraite du natto, un élément important de l’alimentation traditionnelle japonaise, est une arme particulièrement efficace pour lutter contre la perte osseuse de l’ostéoporose.

Le natto, un aliment à base de graines de soja fermentées, est très riche en vitamine K2 et, plus particulièrement, en MK-7 ou ménaquinone-7, sa fraction ayant la biodisponibilité la plus élevée. Le natto a une place importante dans l’alimentation traditionnelle japonaise depuis plus de 2 000 ans, ainsi que dans la médecine traditionnelle au Japon.

Le natto est préparé en faisant tremper et en cuisant à la vapeur de petites graines de soja entières que l’on laisse ensuite fermenter pendant une courte période (moins de vingt-quatre heures). La bactérie qui intervient dans la fermentation, le bacille Subtilis natto, est reconnue pour avoir un effet bénéfique sur la flore intestinale. Dans les années 1980, il a été démontré que la nattokinase, une enzyme naturelle du natto, avait une activité fibrinolytique et, dans les années 1990, que la vitamine K2 diminuait le risque de fracture de la hanche et d’ostéoporose.

La vitamine K est en fait un groupe de trois substances apparentées : K1, ou phylloquinone, que l’on trouve principalement dans les légumes verts ; K2 qui englobe un ensemble de substances appelées ménaquinones (MK4 à 14) présentes dans les aliments fermentés, comme le natto ou dans la viande, le fromage, le beurre ou le foie ; et K3, ou ménadione, une version synthétique qui agit comme une provitamine.

La vitamine K a été découverte vers la fin des années 1920 par Carl Peter Henrik Dam, biochimiste danois qui étudiait le rôle du cholestérol en donnant à des poulets une alimentation pauvre en lipides. Après plusieurs semaines de ce régime, il constate que les animaux souffrent d’hémorragies qui ne disparaissent pas même après l’ajout de cholestérol à leur alimentation. Il lui apparaît clairement qu’une autre substance, jouant un rôle coagulant, a été retirée de l’alimentation des poulet.

Ce composé est appelé vitamine de la coagulation et reçoit la lettre K, pour Koagulations en allemand. En 1936, Dam parvient à purifier la vitamine K à partir de la luzerne ; sa synthèse chimique est réalisée en 1939 par Edward Doisy. Ces deux scientifiques se partagèrent le prix Nobel de médecine en 1943 pour leurs travaux sur la vitamine K. La vitamine K2 a ensuite été identifiée dans une farine fermentée de poisson. On a également découvert que le côlon humain la produisait lorsque sa flore était saine et abondante. La ménaquinone-7 est la fraction de la vitamine K2 la plus active et qui a la biodisponibilité la plus élevée.

Vitamine K2 et ostéoporose

L’ostéoporose, caractérisée par une perte importante de masse osseuse, est un important problème de santé, spécialement chez les femmes ménopausées. Elle pourrait être le résultat d’une combinaison de différents facteurs de risque. En particulier, la nutrition joue un rôle prépondérant dans l’initiation comme dans la progression de cette maladie.
La vitamine K est un cofacteur de nombreuses voies biologiques. Les réactions de carboxylation sont, en particulier, dépendantes de la vitamine K. C’est ainsi le cas de la carboxylation de l’ostéocalcine, une protéine de l’os contenant de l’acide gamma-carboxyglutamique. C’est également le cas d’un grand nombre d’autres protéines de liaison au calcium comme la calbindine. Ces protéines sont impliquées dans l’absorption du calcium et la minéralisation osseuse. L’ostéocalcine est synthétisée dans les ostéoblastes des tissus osseux. Lorsque l’ostéocalcine n’est pas carboxylée, elle ne peut pas se lier à l’hydroxyapatite. Ses niveaux sériques constituent un bon marqueur du renouvellement métabolique de l’os.
La vitamine K est donc étroitement liée à l’ostéocalcine et à la santé osseuse :

• de faibles niveaux sanguins et dans l’alimentation de vitamine K sont associés à une faible densité minérale osseuse chez les femmes ;
• la prise de suppléments de vitamine K semble stimuler le processus de construction osseuse en augmentant l’attraction du calcium pour le tissu osseux et en améliorant la densité osseuse ;
• une supplémentation en vitamine K réduit également la quantité de calcium perdue dans les urines, signifiant que des quantités plus importantes de ce minéral sont disponibles pour la construction osseuse ;

• la vitamine K2 pourrait ralentir la dégradation du tissu osseux.
La vitamine K aide également l’organisme à fabriquer une protéine appelée la protéine matrice G1a, une autre substance favorisant la construction osseuse.
La vitamine K2 est une vitamine lipo-soluble ; son absorption intestinale à partir de l’alimentation peut diminuer avec l’âge. Un certain nombre d’essais ont montré que la vitamine K2 peut induire une réduction importante de la perte osseuse chez des femmes ménopausées avec une ostéoporose.
Des études in vitro montrent que la vitamine K2 est beaucoup plus active que la vitamine K1 dans la formation osseuse et la réduction de la perte osseuse1.
Dans une étude clinique contrôlée, 172 fem-mes avec une ostéoporose ont reçu quotidiennement de façon aléatoire de la vitamine K2 (45 mg/jour), du 1-alpha-hydroxycalciférol vitamine D3, les deux ou un placebo pendant 24 mois. Le traitement combiné a eu pour résultats une augmentation significative de la densité minérale osseuse (4,92 ± 7,89 %) et la vitamine K seule une élévation de seulement 0,135 % ± 5,44 % qui n’était pas significativement plus importante que les valeurs de départ. Cependant, au bout de 18 et 24 mois, la densité minérale osseuse était significativement plus élevée dans le groupe K2 que dans celui sous placebo. Dans cette étude, une combinaison de vitamines D3 et K2 s’est montrée plus efficace que l’une d’elles seule2.
Une étude longitudinale portant sur 17 femmes ménopausées recevant de la vitamine K2 (45 mg/j) pendant un an a montré que celle-ci pouvait réduire la diminution de la densité osseuse de la colonne vertébrale avec une légère augmentation (0,23 ± 0,47 %) par rapport à un groupe témoin de 19 femmes ménopausées qui ont expérimenté une diminution de -2,87 ± 0,51 %3.
Quatre-vingt-douze femmes ménopausées, âgées de 55 à 81 ans, ont été réparties de façon aléatoire en quatre groupes et ont reçu de la vitamine K2 (45 mg/jour), de la vitamine D3 (0,75 mcg/jour), une combinaison des deux ou du lactate de calcium (2 g/jour). La densité minérale osseuse des groupes vitamine K ou D a augmenté par rapport à celle du groupe sous calcium au bout d’une période de deux ans, alors que le traitement combiné était synergique et augmentait de façon significative la densité minérale osseuse de 1,35 %4.
Ces études montrent le potentiel de la vitamine K2 comme stratégie d’intervention dans l’ostéoporose. D’autres études confirment son efficacité à s’opposer à la réduction de la densité minérale osseuse provoquée par différentes causes comme, notamment, outre l’ostéoporose liée à la ménopause, la maladie de Parkinson, la prise de leuprolide ou de prednisolone, ou l’anorexie.

Prévention de la calcification des artères

On a longtemps pensé que la calcification artérielle était un processus passif qui intervenait en réponse à une lésion tissulaire. Des preuves suggèrent aujourd’hui l’existence d’un processus actif qui a beaucoup de similitudes avec le métabolisme osseux. La calcification artérielle se produit à deux endroits de la paroi des vaisseaux : la media et l’intima. La calcification médiane est appelée artériosclérose de Mönckeberg. À la différence de la calcification de l’intima, l’artério-sclérose de Mönckeberg se manifeste de façon indépendante de l’athérosclérose.

Une calcification artérielle et une ostéoporose concomitante ont été appelées le « paradoxe de la calcification » et se produisent fréquemment chez les femmes ménopausées. Cependant, assez peu d’études sur l’homme ont investigué la connexion existant entre ces deux maladies.
Dans une étude portant sur 45 femmes ménopausées avec une densité minérale osseuse normale ou faible, une relation inverse a été observée entre la densité minérale osseuse et la calcification5. La calcification était significativement plus importante dans toutes les artères des femmes ayant une densité minérale osseuse plus faible que chez les témoins.
Une corrélation a été établie entre le statut en vitamine K et la minéralisation des os et des parois osseuses. Dans une étude de population, le statut en vitamine K, les niveaux d’ostéocalcine et de calcification aortique ont été évalués chez 113 femmes ménopausées6. La présence de calcification osseuse était associée à une plus faible masse osseuse et à un statut marginal en vitamine K. Il y avait une différence de 7 % dans la masse osseuse entre les femmes avec et sans calcification aortique.
Dans une étude de population portant sur 4 500 patients âgés, une relation inverse a été démontrée entre la prise alimentaire de ménaquinones, la calcification aortique, l’infarctus du myocarde et la mort cardio-vasculaire subite7. Des chercheurs s’étonnent qu’aucune étude prospective d’intervention n’ait été publiée et n’ait examiné la déficience en ménaquinones comme un facteur de risque pour la calcification artérielle, ou si une supplémentation en ménaquinones pouvait avoir une incidence sur l’élasticité et la calcification artérielle ou sur l’épaisseur de l’intima-media8.

Prévention du carcinome hépatocellulaire

Des travaux scientifiques indiquent que la vitamine K2 joue un rôle important dans le contrôle de la croissance cellulaire. Une étude a été définie pour déterminer si elle pouvait avoir des effets protecteurs sur le développement d’un carcinome hépatocellulaire chez des femmes avec une cirrhose virale du foie.
Entre 1996 et 1998, 40 femmes avec une cirrhose virale du foie diagnostiquée ont été traitées de façon aléatoire avec de la vitamine K2 ou avec un placebo. L’objectif initial de l’étude était d’évaluer les effets d’une supplémentation en vitamine K2 de longue durée sur la perte osseuse de cette population.

Les femmes ont reçu de façon aléatoire 45 mg de vitamine K2 ou un placebo. À la fin de l’étude, deux carcinomes hépatocellulaires ont été détectés chez deux des 21 femmes prenant de la vitamine K2 contre 9 sur 19 dans le groupe témoin. Les chercheurs en ont conclu que la vitamine K2 pourrait prévenir le développement du carcinome hépatocellulaire chez des femmes atteintes d’une cirrhose virale9.

La vitamine K2 peut interférer avec un traitement anticoagulant et ne doit pas être prise en même temps que ces médicaments

Source : Site Nutranews


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